Le projet " Vacances solidaires à Barati"
24 août - 11 septembre 2002

Depuis trois ans, pendant deux ou trois semaines d'été, un groupe vient partager les activités de l'orphelinat que les Oblates tiennent à Barati. Au programme : jeux, sorties, cours, travaux manuels, vaisselle…
Cette année, le groupe était international: nous nous sommes ainsi retrouvés à 10 : outre les 3 assomptionnistes (Iossif, Ovidiu, Nicolas), il y avait 3 françaises, 1 espagnole et 3 roumains.
Imaginez nos difficultés de langues : les garçons (17 ans, lycéens au petit séminaire des franciscains) ne parlent pas français, et très peu l'anglais. Les filles (24 - 25 ans; travaillent, sauf Marie-Paule qui est une lycéenne de 19 ans) ne parlent pas roumain. Sara, l'espagnole, ne parle pas français. Elle communique en anglais avec Nicolas et en Espagnol avec les autres filles… !

Nous nous sommes retrouvés le 24 août au soir à Barati: les garçons arrivés dans l'après-midi, ainsi qu'Ovidiu, et les filles arrivées de Bucarest avec Iosif, vers minuit. Le lendemain, dimanche, permet à celles qui ont pris l'avion la veille de se reposer (promenade jusqu'à Margineni), et à Nicolas d'arriver à Bacau avec un jour de retard sur les autres.

La première semaine commence par trois jours de programme régulier : classe avec les enfants le matin (par binômes : un roumain et un non roumain), et activités avec eux l'après-midi après la sieste. Par classe il faut comprendre révision par niveaux (math, roumain, français…) et par activité indifféremment jeux ou promenade ou chant. Sœur Monica arrive le mercredi, avec des projets de travaux qui vont changer cela : les garçons sont sollicités les deux derniers jours pour divers travaux dans les maisons ou appartements annexes, ou dans les champs. Les filles s'occupent des plus petits, ou aident à la cuisine.

Le week-end, nous partons avec deux jeunes sœurs à Iasi puis dans la Bucovine. Le samedi nous découvrons la Moldavie et ses villages catholiques (arrêt sur le perron grouillant d'une église dans laquelle va avoir lieu des professions perpétuelles de franciscains, passage dans la famille de Iosif à Butea, achat de concombres sur la route à Baltati), puis la capitale et son histoire. Nous logeons dans l'appartement de la communauté des Oblates de Iasi. Le dimanche, nous visitons les superbes monastères de Voronet, Sucevita et Moldovita. Cette virée, de l'avis de tous, a été très appréciée, et a permis de souder le groupe.

La deuxième semaine, nous avons déjà en tête quelques idées d'activités à proposer pour nous guider : faire des instruments de musique avec les enfants. Les mardi et mercredi nous nous séparons pour accompagner les enfants dans diverses sorties ; à Trebes dans les bois, à Bacau dans l'appartement des petits… et dans une maison pour les grandes filles qui est encore en travaux et qui doit être terminée pour la rentrée. Le jeudi nous faisons une grande sortie toute la journée avec la majorité des enfants dans un prairie au bord des bois, et le vendredi nous revenons à nos instruments.

Le dernier W-E est celui des festivités : il y a le spectacle du samedi soir qui occupe grands et petits pour la préparation, et il y a le dîner du dimanche soir (mousse au chocolat et tortillas) qui occupe les filles toute la journée. Le lundi s'est dans les pleurs et les cadeaux qui nous repartons : les uns chez eux en Roumanie, les autres à Bucarest pour une journée de visite avant de reprendre l'avion.

Des témoignages :

Robert:
Toujours je me suis posé la question " quelle va être l'atmosphère d'un orphelinat ? ". Après une année d'expérience avec les enfants de cet orphelinat, je suis retourné heureux pour une autre expérience. Cette fois ci, j'avais déjà une certaine expérience en ce qui concerne le travail près des enfants. Le but de ce vacance était de revivre la même expérience heureuse de l'année dernière, en participant à des activités proposées, et en rentrant davantage dans le programme et en cherchant davantage la profondeur de ce travail que je ferais. L'intégration avec le groupe et les enfants s'est bien passé, parce que dans mon village je travaille avec des enfants. Pour parler du groupe, cela était bien mais un peu difficile parce que les moyens de communication étaient difficiles, à mon avis. Les activités ont été nombreuses et heureuses. Mais, je faisais tout cela, pour les enfants et cela me donnait la force d'oublier l'effort physique que je faisais. Pour ce temps, j'essayé d'être toujours à la hauteur.
En ce qui concerne les sorties que nous avons faites, elles ont été extraordinaires, sans exception. Elles étaient plus nombreuses que l'année dernière, et cela m'a fait être content de ce temps que nous avons passé ensemble. En ce qui concerne le programme, il était équilibré, avec des exceptions pour certaines journées.
Dans cette expérience avec les étrangers, j'ai laissé davantage à eux de faire le choix, parce qu'ils étaient nos invités pour les activités. Les français se sont bien impliqués, mais je crois qu'il y a des mentalités qui sont différentes, pour cela j'ai fait l'effort d'accepter l'autre tel qu'il est. Pour moi c'était extraordinaire, mais on sentait que pour avoir une collaboration entre nous, cela était un peu difficile à réaliser et à faire. J'étais heureux de participer à ce projet Vacances Solidaires à Barati, 2002.

Marian:
Pour moi, le but était d'aider les enfants, de vivre et communiquer avec eux. Je voulais découvrir les enfants qui vivent dans un orphelinat. Je me suis proposé de travailler avec les enfants, et de faire l'effort de les aider de tout cœur. En grande partie, j'ai réalisé ce que je me suis proposé, et pour cela je suis très content. Avec le groupe je me suis bien intégré, mais j'ai eu du mal avec les français, parce que je voulais les connaître, mais la langue faisait un mur entre nous. J'étais disponible en grande partie à toutes les activités proposées, à la maison et à Oituz, où j'ai travaillé pour des enfants. Le temps était bien, les sorties le soir, je les ai aimées. En ce qui concerne la sortie en Bucovine, je l'ai aimé beaucoup, parce que j'ai découvert la richesse des monastères orthodoxes. Le programme était bien structuré et bien rempli. En ce qui concerne le groupe, je crois pour l'avenir on doit être impliqué davantage à tout ce qui est proposé, plus des jeux à faire avec les enfants. J'ai aimé cette expérience que j'ai eu avec les enfants, pour cela j'aimerais bien participer une autre fois si c'est possible.

Stefan:
Etant une personne qui aime les enfants, je ne pouvais pas résister à la tentation qui m'a été proposé de venir à Barati et de travailler près des enfants. J'ai travaillé avec des enfants, mais jamais je ne me suis imaginé que dans un orphelinat il y a une telle vie de groupe comme dans une famille. Ce projet m'a fait voir en positif un orphelinat, avant j'avais du mal à m'imaginer cela. Ce projet m'a fait découvrir des personnes d'Europe, et nous avons partagé ensemble nos expériences de vies. Le but pour moi, c'était de venir ici et de me découvrir davantage en tant que personne, qu'homme. J'ai pu faire une certaine expérience, durant ce temps de vacances. En ce qui concerne le travail avec les enfants cela était très facile pour moi, parce que j'ai l'habitude de chez moi, où je travaille dans la paroisse avec des enfants. J'ai participé à toutes les activités proposées durant ce temps. En ce qui concerne la disponibilité, j'ai voulu me donner à fond à tout. En ce qui concerne les sorties, j'ai beaucoup aimé les visites des monastères en Bucovine. Les activités avec les enfants pouvaient être plus nombreuses. En ce qui concerne le groupe, pour l'avenir, je crois qu'il faut plus d'ouverture et d'unité, pour pouvoir travailler ensemble. J'ai eu cette possibilité de me connaître davantage, et de voir des enfants qui vivent dans l'orphelinat comme dans une grande famille. L'expérience était très enrichissante, et je ne crois pas que j'oublierais vite. J'espère avoir l'occasion de visiter les enfants, si ce n'est pas possible de participer dans les années à venir à un autre projet comme celui-ci. J'espère d'avoir été à la hauteur, du moins je voulais y être. C'était extraordinaire.

Iosif :
Le projet s'est bien passé, parce que c'est pour la première fois que nous essayons de travailler ensemble: des roumains et des français. Je sais très bien que ce n'est pas facile de mettre deux cultures ensemble, étant donné que se sont deux mentalité différentes, mais…je crois que nous devons accepter l'autre; on a du mal à accepter l'autre parce qu'il n'est pas pareil comme moi.
Mais, comme je disais, le projet s'est bien passé, les jeunes ont fait l'effort de travailler ensemble, de communiquer les uns avec les autres, de se comprendre avec des gestes si les paroles avaient du mal à se faire entendre. C'est une bonne expérience qui nous montre qu'on doit accepter l'autre tel qu'il est avec ses qualités et ses défauts.
Le but c'est de se compléter mutuellement l'un par l'autre. c'est pour cela que les équipes étaient formées d'un roumain et d'un français. Le plus difficile c'était pour Sara, mais le soir on prenait du temps pour partager ce que chacun d'entre nous avait vécu durant la journée, et là, elle avait cette possibilité de s'exprimer en sa propre langue, étant donné que les filles françaises savaient l'espagnol.

Pour l'avenir, en parlant avec les sœurs et les jeunes, nous sommes arrivés à la conclusion que le projet doit continuer, pour cela il doit être proposé plus largement et d'avance à l'Assomption et plus largement, pour pouvoir trouver des jeunes motivés et impliqués pour participer à un tel projet social. Je crois que ce projet a besoin d'être vu comme un projet social proposé par l'Assomption à tous ceux ou celles qui désirent découvrir la Roumanie, voir un orphelinat qui n'a rien à voir avec les Orphelinats ( de Roumanie ) que la télévision française nous montre.
Pour l'année prochaine, nous espérons bien que le projet pourrait commencer au mois de juillet, voir 10 juillet jusqu'à la fin du mois, avec des sorties: à Bucarest, en Bucovine, à Màgura, voir aussi Lacul Rosu, etc.

 Page réalisée par D. Remiot
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