Un rêve de Compostelle est devenu réalité
La
proposition de vivre un pèlerinage vers Compostelle avec l'Assomption
fin juillet a réuni dix pèlerins : six venant de France et quatre
d'Espagne. Un moment heureux que nous vous partageons en passant
comme
une invitation au voyage
Pour les chiffres et les rythmes :
300
km de Léon en Castille vers la ville de l'Apôtre en Galice. Du
15 juillet au 29. Lever à six heures, premier pas à sept après
le temps de prière autour de l'évangile du jour. Marche jusqu'à
une heure. Attente au point de rendez-vous donné le matin pour savoir
s'il y a de la place dans le gîte
" Les groupes bénéficiant
d'un appui motorisé (comme nous avec la camionnette) ne sont pas prioritaires
" en espagnol, en français et en anglais dans le texte
(On
l'accepte d'autant plus facilement que l'on est moins fatigué). Si l'on
a pas de place à l'auberge on dort dans l'étable, ou sous tentes.
Le repas de midi préparé par le chauffeur de la camionnette (Juan-Antonio, Benoît ou Thierry) est vite avalé. Ensuite la douche ou la sieste. Puis vient le soir, soudain, et l'on se retrouve pour l'Eucharistie. Un jour présidée en langue espagnol avec incrustations en français, le lendemain c'est l'inverse. Olivier, le Congolais hispanisant, traduit dans un sens et dans l'autre les paroles autour de l'Évangile . Puis après le repas du soir préparé à tour de rôle, c'est le coucher. Le prix modique des hébergements (trois ou quatre euros) ne gâche rien.
Quelques clins d'il " Assomption " au fil de la marche :
Un groupe varié:
Par
les nationalités : trois espagnols, un Congolais, deux malaysiens chinois
de la 3ème génération, un vietnamien et trois français.
et par les expériences de vie : Norman et Syao Yen se préparent
au mariage, François-Marie, le troisième asiatique, se prépare
au noviciat AA, Olivier l'africain prononcera ses vux perpétuels
le 28 septembre à Madrid
Anne et Benoît sont à des
tournants de leurs vies étudiantes et professionnels. Juan Jé(sus)
le benjamin, toujours pressé par ses 18 ans d'arriver le premier et Francisco
affable, et toujours en quête de rencontrer d'autres pèlerins.
Un groupe qui a eu la chance de s'ouvrir :
Par exemple : Ariane et deux de ses filles, Solenne et Emérencienne sont venus au troisième jour de marche, nous partager leur émerveillement renouvelé devant cette merveilleuse invention qu'est l'automobile. Chaque chauffeur à tour de rôle, a pu en discuter plus longuement lorsque la fatigue d'une mère de famille nombreuse lui permettait de bénéficier d'un copilote En retour elles nous ont aider à prier en chemin.
Trois anecdotes :
L'entraide
presque chaque soir pour percer et faire percer les ampoules aux pieds.
La marche dans le brouillard à " O Cebreiro " étape charnière entre la Castille brûlante et la Galice mouillante.
La course du " Botafumeiro ", le turbo-encensoir de la Cathédrale de Compostelle qui monte jusqu'à la voûte puis vient frôler le sol du chur de l'autel.
Deux moments forts :
La visite de Julien, le photographe envoyé par le Pèlerin Magazine (voir le numéro spécial du mois d'Octobre). Il nous a fait monter les tentes. Il nous a partagé un peu de la passion de son métier. Il a marché avec nous.
Le mot écrit à Compostelle par chacun pour Monique-Anne, dont la maman est décédée la veille du départ. Monique-Anne est sur Orante elle avait prévue de faire la marche.
Une intuition :
Il y a une émotion particulière qui naît au cur du pèlerin de Saint Jacques, celle de placer ses pas sur un chemin parcouru depuis des siècles. Elle naît par exemple, après un salut adressé sur la route du retour, à ceux que l'on croise et qui eux dirigent leurs pas vers Santiago. Elle naît au grès des rencontres, aux gîtes d'étapes, avec ceux qui viennent de plus loin et marchent depuis plus longtemps que soi. Elle naît lors de retrouvailles inattendues après plusieurs jours de chemins parallèles Il y a sans cesse quelqu'un en marche. Et ce qui unit celui qui peine dans un passage plus difficile, celui qui admire un paysage en marchant et celui qui se repose pour l'étape du lendemain, c'est le chemin. Une parabole de l'unité dans la diversité : un même chemin où chacun découvre à son rythme que le Chemin de Dieu, c'est l'homme.

Un témoignage d'Olivier :
1. Nous sommes en route...
Pour moi, ce pèlerinage de Santiago représente notre vie. Il signifie
que nous ne voulons pas nous installer, que nous résistons à tout
ce qui tend à nous abroutir. Notre vie c'est un chemin, avec ces "haut-et-bas".
2. Le pèlerinage de Santiago reste pour moi une expérience unique et heureuse. Elle vaut la peine d'être faite par chacun, d'être communiquée aux autres-. Mais ne peut la communiquer que celui qui l'a déjà faite ; ne peut la faire que celui qui accepte de se mettre en route.
3. Se mettre en route en acceptant les défis du chemin, des intempéries, les défis d'affronter les obstacles, et d'abord ceux de notre fragilité et pouvoir persévérer, malgré tout, jusqu'au bout c'est pour moi reconnaître que notre vie reste un don mais qu'il est aussi une tâche inachevée. Il faut la faire.
4. J'ai expérimenté que Jésus est notre chemin. Comme il a fait pour les disciples d'Emmaüs, il nous a accompagné pendant notre cheminement, nous a parlé par la création et surtout par nos frères- les autres pèlerins. Il nous a révélé sa grandeur.
Fr. OLIVER SIKAHWA a.a.
Autre compte-rendu:
Ce 4è numéro de la Règle de notre père Saint Augustin pourrait bel et bien servir d'introduction à un commentaire sur la vie des communautés. Je le cite cependant pour vous partager mon expérience pendant le chemin de Compostelle. C'était mon premier été comme prêtre.
N'ayez aucune propriété : Il faut tout de suite dire qu' ici nos frères d'Elorrio ont, d'une façon spécial, été présents en mon esprit et dans ma prière vu qu'ils nous ont offert un bon exemple de générosité en mettant la camionnette à notre disposition : de la même manière, notre groupe est entré petit á petit dans cette dynamique de générosité. Certains actes parlent par eux-mêmes. Les premiers jours de la marche, après la vaisselle, qui était faite par quelqu'un du groupe, chacun se chargeait de retirer son assiette. Les derniers jours, chacun prenait la première assiette qu'il rencontrait sans que cela ne lui importe de savoir à qui il appartenait. Y a-t-il dégoût là où il n' y a pas de confiance ? Ce n'était pas le cas.
Il est difficile d'entrer dans une relation intime avec de gens aussi différents, et surtout que tout le monde ne parlait pas français. Mais le chemin nous a ouvert petit à petit une grande fenêtre dans le cur au point qu'on est arrivé à faire confiance les uns aux autre. Des longues conversations avec les uns et les autre , au jour le jour, pas à pas, nous ont aidé à nous connaître. Chaque jour, pour terminer notre journée, nous célébrions l'Eucharistie. C'était, pourrais-je dire le sommet de notre journée. Le cadre variait chaque jour : depuis le vieux bâtiment d'un petit séminaire abandonné jusqu'à l'imposante et belle cathédrale de l'Apôtre en passant par les petites chapelles si différentes (par leur architecture, ornements etc.) des villages ; il nous arrivait aussi de célébrer en plein air.
Comme peuple en marche, image du peuple de Dieu, nous avons parcouru, de village à village, d'auberge à auberge, ces 300 km qui séparent Léon de Saint Jacques dans le partage de notre foi, de nos expériences en essayant de vivre parmi les autres pèlerins et entre nous l'esprit de l'Assomption. Si le chemin de Compostelle reste bien un chemin européen international de foi, notre groupe a été bien représentatif de notre Europe du XXI è siècle : multiracial. Asie, Afrique, Europe ; il est impressionnant de prier avec de gens si différents devant la tombe de l'Apôtre, entre les piliers de la cathédrale médiévale. Nous avons eu l'occasion d'offrir à Dieu ce que nous sommes pour qu'il fasse de nous des Semences de son Royaume.
Et puisque nous n'avons pas tous la même force, les uns marchaient avec un gros sac au dos, d'autres avec un petit sac au dos, d'autres encore sans rien porter Les uns à pas léger, d'autres en pas pesant mais nous avons tous été récompensé également car nous avons tous eu la même chance, celle d'ouvrir davantage nos curs , notre vie à l'Evangile que Saint Jacques lui-même a annoncé et que de milliers de personnes essaient de mettre en pratique en plusieurs endroits du monde. Puisse le Christ nous aider, par l'intercession de l'Apôtre, à vivre en l'Assomption, ce même esprit d'ouverture universelle avec toutes les races, tous nos frères et d'une façon spécial avec ceux qui souffrent :
Je remercie touts nos frères assomptionnistes pour leur participation . C'est pour moi une grande joie d'avoir passé ces quelques jours de partage avec Thierry, Olivier et François Marie. Des jours qui ne seront pas sans laisser des traces en nous ; et personnellement cela m'encourage davantage à poursuivre mon cheminement dans la famille de l'Assomption.
Beni-soit le Seigneur
Frère Juan Antonio, aa