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1ère Partie : Québec (du 13 au 18 Juillet).
Contrairement aux deux précédentes éditions à Paris et à Rome, où j'étais volontaire pour animer le Festival de la Jeunesse (café internet), cette fois, je décidais de partir en simple pèlerin. Pour cela, je m'étais inscrit dans le projet "Adveniat" de la famille de l'Assomption. Aussi, le 13 juillet, nous étions une cinquantaine à nous retrouver à l'aéroport "Charles de Gaulle", afin d'embarquer pour le nouveau continent et plus précisément le Canada.
Après 7heures de vol, notre première surprise à l'aéroport est de remplir une fiche comportant divers renseignements sur nos bagages ou si nous avions l'intention de visiter une ferme. Le ton est donné, ici on ne rigole pas, on est bien au pays de l'ordre et de la propreté, qu'on se le dise.
En effet, je suis agréablement surpris par le respect des automobilistes entre eux, les pelouses parfaitement entretenues, la courtoisie des policiers. Il est vrai qu'ici prendre un ticket [contravention] coûte très cher
Enfin,
on arrive à la paroisse du Montmartre, située à 5 km du
centre de Québec. Les assomptionnistes qui ont le centre sous leur responsabilité
nous montre nos chambres : deux grandes salles (une pour les garçons,
l'autre pour les filles), avec des matelas au sol. 7 douches à se partager
pour notre groupe de 55, c'est correct [c'est convenable].
Quand je me décide à parler un peu avec les paroissiens, évidemment j'ai l'impression qu'ils ont la bouche molle [ils parlent sans articuler] mais peu à peu leur accent me devient familier, voir plaisant.
Dimanche 14 juillet (jour de fête nationale), la messe se déroule comme en France. La seule différence porte sur les sermons qui sont un peu plus imagés car les canadiens aiment beaucoup les métaphores Je suis fou comme un balai [joyeux] d'offrir un sachet rempli de sel à quelques jeunes présents dans l'assemblée. Puis, c'est le temps du repas offert par les paroissiens avec leurs propres spécialités culinaires, dont l'incontournable sirop d'érable. Idée flyée [extravagante], on nous demande de chanter la Marseillaise, on s'exécute et l'affaire est ketchup [c'est réussi].
Notre
séjour sera rythmé par des temps de prière, des temps de
réflexion assurés par le Père Christian Blanc, assomptionniste,
et des sorties dans cette superbe ville de Québec (600 000 habitants)
le long du fleuve Saint Laurent. Je visite les musées, les églises
catholiques, protestantes et surtout notre groupe rencontre les communautés
religieuses encore très nombreuses qui ont subi de plein fouet la "révolution
tranquille".
Imaginez, qu'en 1960, cette ville comportait près de 130 congrégations féminines, 65 congrégations masculines soit près de 60 000 religieux (plus d'un habitant sur 10). Puis les effets de la révolution culturelle de 1968 en réaction à l'omniprésence et l'omnipotence de l'église dans tous les domaines de la cité aboutissent à une perte inexorable de la foi. A tel point que le séminaire de la région de Québec (13 diocèses) n'a plus que 20 séminaristes De plus, l'église catholique focage [a des difficultés] avec les récents procès dans la région du Yukon, pour ne pas avoir respecté par le passé les us et coutumes des indiens. Ainsi des diocèses font faillite comme des entreprises.
Des
restructurations terribles sont engagées. Ainsi on visite telle église,
qui d'ici quelques mois, verra ses allées latérales fermées
pour en faire des bureaux et l'étage servira de salle d'exposition pour
artistes. Seule la nef restera réservée au culte.
L'entretien des édifices est dispendieux [cher] et parfois on croise des églises (souvent protestantes) transformées en boutiques.
Sans avoir l'air anglais [sans être excentrique], on visite une église fort belle, où tout est faux avec des cloisons en fer ou des piliers en stuc. Elle vient d'être désacralisée pour y courir la galipotte [faire la noce] lors des repas de mariage. Je commence à lyrer [pleurnicher] sur ce triste état matériel de l'Eglise.
Heureusement, il y a cette foi qui perdure dans les curs des québécois depuis 400 ans et l'arrivée des premiers religieux en 1608. Je ne citerai en exemple que le bienheureux Mgr François de Laval, originaire du diocèse de Chartres, et qui exercera son ministère avec zèle et générosité au XVIIème siècle. Homme d'ascèse et de prière, deux dévotions importantes rythment sa vie : la sainte Famille et les saints Anges. Sa sollicitude pastorale se manifeste envers tous, même auprès des Amérindiens. Il a combattu pour faire respecter leur dignité en s'opposant aux commerçants qui les exploitaient par la vente de l'eau de vie. En toute saison, il visite régulièrement son diocèse. Aussi, il s'éteint à l'âge de 85 ans, meurtri par le froid, en voulant rejoindre Montréal (à 250 km) en raquette dans la neige. Cet homme né pour un petit pain [né pour faire le travail dur] reste un exemple de foi pour les chrétiens québécois.
Cette extrême ténacité je la retrouve aujourd'hui chez les surs de la Charité dans leur travail d'accueil et de réconfort physique et spirituel auprès des plus défavorisés. Elles organisent la collecte de vêtements qu'elles serrent [rangent] soigneusement sur des supports [cintres] avant de les proposer. D'autre part chaque midi, elles servent avec l'aide de bénévoles près de 250 repas.
Pour un jour, nous nous sommes joins à eux, et je partage mon repas avec ce frère qui a l'air du diable en calèche [mal habillé]. Je parle de mon pays et j'essaie de comprendre leur situation délicate dans laquelle ils se sont enforgés [empêtrés]. Au delà de cette expérience forte, je garderai surtout présent à l'esprit, ce sourire gratuit et sincère des religieuses. Quels que soient les misères, les doutes rencontrés, toutes ces surs nous ont transmis une véritable joie, preuve qu'elles ont vraiment rencontré Celui qui comble tous les curs : Jésus.
Cette
foi s'exprime aussi lors des grands rassemblements comme celui à Sainte
Anne de Beaupré. En vue de sa fête le 26 juillet, une neuvaine
de préparation est engagée. On peut voir le camping tout proche
se remplir de centaines de fidèles, prêts à participer aux
célébrations ou encore à gravir l'escalier saint. Je remarque
la foule cosmopolite qui se presse en ce lieu, en quête d'un message de
réconfort.
Pour profiter pleinement du paysage, nous visiterons
à proximité les chutes de Montmorency et l'île d'Orléans
avec ses produits que sont les fraises et le fameux sirop d'érable.
Vraiment, je garderai un très bon souvenir de ce passage à Québec.
Par moment, on se croyait vraiment quelque part en Bretagne et l'on peut vraiment
regretter que les vicissitudes de l'histoire nous aient séparé
de cette belle province.
Daniel
Bressol
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à partir d'images envoyées par Benoît LYS et d'un texte rédigé par Daniel Bressol. |