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3ème partie: Toronto (du 22 au 31 Juillet).
Lundi 22 juillet. Avec Agnès nous quittons
à regrets cette charmante famille d'accueil québécoise.
C'est niaiseux [bête] de se quitter quand on commence à
s'apprécier.
Mais c'est promis, un jour je reviendrai pour faire du canoë avec vous,
au milieu des baleines, sur ce fleuve magique qu'est le Saint Laurent.
Du
groupe, personne n'oubliera cette terrible journée du 22 juillet où
nous avons rejoint Toronto (à 540 km), sous la chaleur, dans un bazou
[vieux bus scolaire jaune]. A l'arrivée, nous sommes accueillis
par un orage, une pluie torrentielle et notre chauffeur se trompe de rue. Résultat
: on arrive en retard dans la paroisse Sainte Jane Frances, tenue par des pères
franciscains, à 15 km au nord du centre ville.
On est véritablement tanné [crevé]. Une nouvelle
famille d'accueil nous est proposée, cette fois avec mon ami roumain
Ionut, ce sera une famille indienne anglophone. Serai-je inquiet ? Pantoute
[pas du tout]. On est conscient d'avoir beaucoup de chance, quand on
pense qu'au même moment, des groupes dépassant la centaine se retrouve
dans des salles avec seulement un tuyau d'arrosage dans la cour pour se laver
Anthony et Pramela ont quitté l'Inde voilà 30 ans et ils sont à présent à la retraite. Lui est ministre eucharistique (sorte de grand enfant de chur) à la paroisse et aide les pères. Elle est une superbe cuisinière qui saura nous réconforter de nos efforts. Il faut dire que nos boîtes à lunch composées de petits sandwichs et légumes crus ne pèsent pas sur nos estomacs.
Bref, au calme de Saint Bruno (30 000 habitants), succède le vacarme de cette mégapole de 8 millions d'habitants. L'humidité est grande vu qu'on se trouve sur les bords du lac Ontario. Sans cesse, les ventilateurs tournent dans chaque pièce. La fatigue aidant, je trouve le sommeil de suite.
Les jours suivants se passent à Exhibition Place, un espace immense où se trouvent des immenses halls. Là, chaque matin, les différentes nationalités assistent aux catéchèses suivies de la messe. L'après-midi, chacun est libre d'assister aux activités (danses, théâtre, forums de discussion ) ou encore de déambuler à travers les différents stands (congrégations religieuses, associations ).
Durant la première catéchèse,
Mgr Turcotte, archevêque de Montréal, saura transmettre son message
aux jeunes en usant de multiples images. Par exemple, l'histoire de deux feuilles
sur un arbre pouvant représenter deux individus. Une feuille se trouve
tout en haut de l'arbre au soleil, balancée par le vent et ignore l'autre
feuille en bas à l'ombre, cachée, immobile, et qui lui fait remarquer
subtilement : c'est pas grave, quand l'hiver viendra, on se retrouvera côte
à côte au sol.
Pas besoin d'être granola [écologiste] pour comprendre qu'un jour
viendra où toutes nos différences seront annihilées. Autre
exemple : pour donner du goût à un plat, il suffit de quelques
grains de sel, sinon c'est trop salé, donc mauvais. Tout cela pour relativiser
peut-être le faible nombre de participants à ces JMJ en comparaison
avec l'édition de Rome.
La
deuxième catéchèse exposée par Mgr Ricard, archevêque
de Bordeaux se voulait plus directe. Vous êtes la lumière du Christ,
vous qui portez la parole de Dieu. Dans ces sociétés sécularisées,
marquées par l'indifférence, les jeunes chrétiens isolées
ne doivent pas avoir la tentation de se fondre dans la masse. La lumière
n'est pas faite pour être placée sous le boisseau. Ce ne sont que
les poissons morts qui se laissent aller au grès du courant. Alors, soyez
comme ces saumons qui ici au Canada, remontent si allègrement les rivières.
Pour entrer dans cette dynamique, trois choses vous sont nécessaires
: un lien personnel au Christ, se placer sous la conduite de l'Esprit Saint
et enfin avoir le soutien fraternel de communautés chrétiennes
vivantes.
Enfin, la dernière catéchèse assurée par Mgr Lustiger, archevêque de Paris, sera axée sur la Miséricorde divine. Il nous propose de briser le cercle inexorable de la vengeance dans ce monde de haine. Il nous demande de dépasser le simple pardon de réciprocité qui consiste à accorder son pardon à ceux qui nous ont déjà pardonnés. Si Dieu a donné gratuitement, alors nous aussi, nous devons pardonner gratuitement. Seul un acte dénué de mérite peut nous pousser à aimer nos ennemis et ainsi rompre le cercle de la vengeance. Pour se justifier, le Cardinal racontera son expérience d'une rencontre à Czestochowa, où il fut profondément marqué par l'accueil des jeunes polonais envers les jeunes russes après toutes les cruautés perpétrées C'est vraiment par le pardon que l'on découvre l'amour de Dieu en nos curs.
Parmi toutes les activités visitées, je retiendrai un concert proposé par une jeune congrégation canadienne :"Marie jeunesse" dont la vocation est l'évangélisation des jeunes par les jeunes.
J'évoquerai aussi le café Jubilatio qui m'a permis d'être en lien avec mes amis du groupe jeunes de la Drêche, présents à Anglet, par webcam.
Comment passer sous silence l'ambiance dansante des
brésiliens autour du père Zeca ? Mais le plus beau, fut peut-être
ce spectacle d'une heure relatant l'histoire émouvante de Jean de Brébeuf
et d'une jeune indienne Kateri Tekakwitha. Tout d'abord, ce religieux courageux
que fut Jean de Brébeuf, accueilli par les indiens Hurons, il les qualifiait
aisément de "chrétiens sans le savoir". Leur vie harmonieuse
au milieu de la nature, leur faisait reconnaître le verbe créateur
en toute chose inconsciemment. Malheureusement, la jalousie territoriale des
Iroquois eut raison de l'innocence de Jean qui fut scalpé. En ce qui
concerne Kateri, ses parents sont morts de la maladie des blancs (vérole).
Aussi,
cette jeune indienne préféra vivre sa vie dans la forêt
pour être "l'épaule de la croix de Jésus". Par
bien des aspects, elle me rappelle l'idéal franciscain. Elle n'a rien
fait d'exceptionnel, elle s'est simplement laissée façonner à
l'image du Christ. Evidemment, le sommet de ces JMJ fut la rencontre avec le
Pape à Donsview. Dès le samedi 27 juillet, tous les groupes marchaient
vers cet ancien aéroport, sous un soleil de plomb. Notre pass [carte]
nous permet d'avancer au plus près du podium, à côté
d'un petit marécage dû aux récentes pluies. En attendant
la veillée, certains jouent aux cartes, d'autres construisent des cabanes
en carton pour se protéger du soleil. 20h, enfin, le Pape arrive dans
sa papamobile, c'est l'euphorie. Pour prendre une photo, c'est trop paqueté
[il y a trop de monde]. Dans une atmosphère recueillie, les témoignages
succèdent aux chants. Dans son discours, le Pape nous dit :"Faites
resplendir la lumière du Christ dans votre vie ! N'attendez pas d'être
plus âgés pour vous engager dans la voie de la sainteté
! La sainteté est toujours jeune, comme éternelle est la jeunesse
de Dieu". Peut-être en voulant nous niaiser [faire marcher],
le Pape dira qu'à 22 ou 82 ans (son âge), c'est le même combat
pour la sainteté. Vous le savez sûrement, la nuit fut courte puisqu'une
pluie nous réveilla en sursaut.
Il mouille [pleut], nous voilà bien attelés [dans de beaux draps], c'est mêlant [compliqué]. Et c'est sous une bâche en plastique que nous accueillîmes de nouveau le Pape, le dimanche matin. A peine la messe commencée, la tempête se calma et le soleil chassa les nuages comme dans un conte.
Et le Pape de nous interpeller :"La tromperie la plus grande, la source la plus importante de malheurs consistent dans l'illusion de trouver la vie en se passant de Dieu, d'atteindre la liberté en excluant les vérités morales et la responsabilité personnelle. Le monde actuel a besoin d'être touché et guéri par la beauté et par la richesse de l'amour de Dieu. Il a besoin que vous soyez le sel de la terre et la lumière du monde. Alors n'ayez pas peur, même une petite flamme qui vacille soulève le lourd manteau de la nuit". Nous repartons chacun avec cette espérance renouvelée en attendant les prochaines JMJ, à Cologne, en Allemagne, en 2005.
Après avoir jeté nos vidanges [ordures], pour rentrer plus vite, on peut faire du pouce [auto-stop], ça marche !
Durant les trois derniers jours sur place, j'ai eu la chance de visiter la fameuse CN-Tower (550 m de haut), Fort York (fort britannique datant de 1800) et évidemment les incontournables chutes de Niagara. Sans obstiner [contredire] mes amis canadiens, celles d'Iguaçu au Brésil sont plus impressionnantes. Voilà, le temps de magasiner [faire les courses] pour ramener quelques souvenirs, je pogne [attrape] ma valise pour rentrer en France en chantant le coq [criant victoire] car ce fut un voyage réussi.
Remerciements :
Je tiens à remercier les pères et frères de l'Assomption
d'avoir si bien organisé ce voyage.
Un merci tout particulier aux différentes familles d'accueil qui n'ont
pas eu peur d'accueillir les étrangers que nous étions sous leur
toit.
Un merci chaleureux à l'équipe de jeunes de Saint Bruno, vous
avez réussi à toucher mon cur.
Merci enfin à tous ceux qui ont prié pour ces JMJ.
Daniel Bressol
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à partir d'images envoyées par Benoît LYS et d'un texte rédigé par Daniel Bressol . |