Etendre nos bras et vivre la foi dans la joie

 C’est le thème du camp des jeunes qui a été organisé à Valpré du 28 juillet au 4 août, à la suite du camp des jeunes 2004 à Amplefort ( GB). Malgré des difficultés, des imprévues qui demeuraient au début de ce projet pour cette année, nous avons réussi finalement à tenir jusqu’au bout dans la coresponsabilité, la confiance et l’espérance. Le résultat : il y avait une quarantaine de garçons et de filles venus de partout en France et quelques-uns venus du Danemark qui sont enthousiastes de participer. Comme Nguyen Phap, étudiant à Paris l’a  répété maintes fois « nous sommes un petit nombre mais nous essayons d’avoir une grande qualité ». L’objectif du camp des jeunes était clair : passer des jours de vacances ensemble, vivre un moment de convivialité, de rencontre fraternelle, partager un peu de notre vie, s’amuser, développer des initiatives à travers des jeux collectifs, individuels, aller en pèlerinage en visitant des monuments religieux, culturels, mais aussi de faire une belle expérience de la vie de l’Eglise aujourd’hui dans les communautés religieuses. « Les séjours à Valpré m’ont apporté des choses bonnes et intéressantes. Je suis heureux de rencontrer beaucoup de jeunes que je ne connaissais pas avant. Même s’il y avait des diversités entre nous, ils sont devenus mes copains comme si nous nous connaissions depuis longtemps. En effet, j’ai découvert la richesse multiforme de chacun. Est- ce vraiment un cadeau excellent en été que Jésus Christ m’a offert pendant mon séjour ? Sans aucun doute ! Que cela continue ! » disait Nguyen Phap.

Le temps fort de fraternité et service mutuelle

Dès le premier jour, les jeunes sont divisés en trois groupes ; chaque groupe se choisit un délégué qui prend en charge son groupe et qui tient informés les moniteurs chaque fois que cela est nécessaire. Ces groupes sont surnommés d’un nom parmi des saints et des saintes. Et puis, chacun à son tour, chaque groupe prend en charge une tache quotidienne : faire la cuisine ; mettre des couverts ; vaisselle, nettoyage et animation des temps de prière matinale. Vinh, étudiant qui vient de Paris expliquait « nous avons de la chance d’y vivre une expérience pratique de travailler en équipe, de service, de prière, d’effort physique et d’apprentissage à nous aimer différents, c’est vraiment un environ magnifique pour moi ». Mr Ta Tuyet ajoutait encore dans le carnet de souvenirs : « la vie pleine de mutations et de  tourbillons de temporalité du monde d’aujourd’hui, les vacances familiales avec des jeunes, des frères et des sœurs qui ont marqué en moi beaucoup de souvenirs inoubliables dont je n’avais jamais eu l’expérience: bien manger ; s’habiller à l’aise ; partager notre propre pensée ; chanter de tout notre cœur ; s’échanger des sourires charmants ; pédaler pour étendre ses muscles ; prier ensemble; un peu de temps d’intériorisé, et alors les adultes rajeunissent, les ados grandissent ».

Dans le programme durant toute la semaine, nous avons essayé d’intercaler des  jours de sorties, des jours de jeux et des jours de partage. Nous avons fait trois sorties ensemble : une à Taizé, où nous avons passés une nuit. Nous avons rencontré tant de jeunes, venus de toute l’Europe et issus de toutes les confessions chrétiennes ( protestants, orthodoxes et catholiques) rassemblés dans une très bonne ambiance, priante et dans la simplicité, cela redonne beaucoup de confiance dans l’avenir. Nous en avons de nouveau retiré tellement de joie et de force spirituelle. Toan, séminariste du diocèse d’Autun m’a partagé qu’il a vraiment senti le caractère œcuménique du rassemblement, il voit un énorme désir d’accueillir et de témoigner la joie d’être ensemble dans la communion du Christ. La deuxième sortie, c’est une découverte de la ville de Lyon qui est plutôt une marche sur les pas de premiers témoins de la foi, nous avons terminé cet itinéraire au lac de Miribel pour se baigner. La dernière sortie est plus aventureuse, plus audacieuse par rapport aux deux autres. A la veille de la fête du saint Curé d’Ars,  nous avons décidé d’aller à Ars en vélo, 70 km aller-retour, c’est vraiment un grand effort pour ceux et celles qui pédalent pour la première fois: une réelle expérience de vie sur le chemin, connaître ses limites en acceptant la fatigue, mais c’est aussi la joie d’aller au-delà de soi-même, de se surmonter. Thao Hien, mère de trois enfants, disait : « j’ai passé un parcours de 70 Km en vélo incroyable, il a transformé beaucoup de choses en moi, autour de moi. Surtout, je comprends mieux le sens de ma vie chrétienne qui est semblable à un pèlerinage ».

Cette fois-ci, il y avait trois familles avec leurs enfants qui ont vécu avec nous durant ce camp. Il me paraît important de proposer aux familles de passer un temps ensemble avec les jeunes. Car la plupart des jeunes vit loin de leurs familles et ils n’ont pas d’occasion de retourner en vacances dans le pays natal. Alors, l’atmosphère familiale est nécessaire pour eux, expliquait Hieu, postulant AA : « je suis joyeux et content que ce ne soit pas seulement un camp des jeunes mais qu’il y ait la présence de familles. Ils sont comme nos parents, nos frères et sœurs dans la famille : quelle ambiance familiale, cela me fait moins nostalgie ! J’espère vraiment revenir chaque année ». C’est la même idée que sœur Thien An a notée dans le carnet de souvenir: « le camp d’été, c’est une bonne occasion pour les jeunes vietnamiens vivant à l’étranger de se rencontrer : de goûter les spécialités du pays natal à travers des repas conviviaux et fraternels. Ici nous avons vraiment vécu comme les enfants d’une même famille, sans barrière d’age, de sexe, de profession, de langue et tout le monde vivait pleinement  avec les  autres ».

Le temps d’approfondissement de la foi et d’identité de la propre culture :

Tout d’abord, il faut mentionner les jeux auxquels nous avons joués pendant notre séjour : jeux scouts, jeux de piste, chant et mimes…tous ces jeux ont pour le but de permettre aux jeunes de se construire, de développer leur amitié vécue en équipe, de grandir dans la foi, la solidarité et leurs convictions. En particulier, le jeu de recherche du « trésor », avec le sujet « qui est le Christ » permet d’approfondir la foi et la persévérance. Pour arriver au but, les jeunes doivent répondre à des messages au cours de la route, il faut connaître un peu la Bible et travailler ensemble afin de trouver les réponses justes. Sam, postulant AA a confié « vivre tout de mon être et travailler ensemble pendant une semaine. J’ai ressenti plus concrètement  le sens de la vie donnée pour les autres sans réserve, sans égoïsme mais en étant généreux et désintéressé…le souvenir des jours du camp des jeunes est comme une lampe allumée qui éclaire les moments difficiles dans ma vie ».

Il y eut également deux partages sur deux thèmes différents : le premier a été présenté par le père Etienne Nguyen Phan Khiem, aumônier de la communauté vietnamienne de Lyon, sur le sujet « Comment  rencontre le Christ ?». En tant que docteur en christologie, il a partagé avec nous depuis l’expérience de sa vocation jusqu’un parcours de l’Evangile. Voici ce que dit le Père Etienne : « être chrétien consiste dans la mise en œuvre de la vocation que l’on a reçue le jour de notre baptême, c’est à dire suivre le Christ. Comment peut – on suivre ce Dernier si on ne L’a pas encore rencontré ? En fait, il s’agit d’une rencontre personnelle de chacun d’entre nous avec Lui et de se laisser séduire par Lui et de Lui, chacun reçoit des grâces qui l’aideront à L’aimer et à devenir son disciple ». De plus, nous avons tous apprécié beaucoup son partage pendant la messe : «  il faut se nier soi-même pour devenir soi-même » à partir de l’Evangile ce jour –là, le grain de blé dans Jn 12, 24. Il a ajouté encore « pour vivre la foi, il faut s’attacher sans cesse à Jésus crucifié, être unifié avec lui et en même temps  reconnaître notre faiblesse, passer les épreuves pour mieux comprendre le mystère pascal, cela signifie participer à sa lumière, à sa force, à sa paix et sa joie éternelle, cela signifie retrouver en nous une présence de Dieu plus nouvelle et plus pleine ».

Le deuxième thème est le « caractère national de la culture vietnamienne », il nous a été  partagé par Nguyen Phap. Nous avons choisi ce sujet car nous voulons revivre la culture vietnamienne, y compris parmi des jeunes vietnamiens de l’étranger qui connaissent mal leur pays. Je retiens une question: « Comment la culture vietnamienne s’est -elle formée ? La formation de la culture vietnamienne était aussi complexe que le devenir du pays dans le passé. En effet, sur la base de civilisation de la culture du riz humide, le peuple vietnamien a dû résister à des mouvements de sinisation (pendant la colonisation des chinois) et en même temps a dû adopter les systèmes d’idéologies socio-politiques et religieuses de ces derniers pour organiser et développer son pays ( pendant l’indépendance). Mais grâce à l’esprit de souplesse et de sélection, le Viet Nam a réussi à former, en s’étant gardé d’être sinisé, sa culture avec sa propre identité ».  Et puis nous avons eu un temps de carrefour pour partager quelques questions qu’il nous a données sur ce thème. Le soir, c’était une soirée de musique traditionnelle vietnamienne, chaque groupe a joué sa « pièce de théâtre » interprétant un récit ou une légende de la culture vietnamienne. C’était une belle découverte et une preuve de l’esprit créatif chez les jeunes !

Le temps qui fut plus émouvant, ce fut le moment de la séparation. Il était difficile de dire au revoir à chacun et chacune. Pourtant, chacun a son propre chemin, nous devons prendre la route en acceptant que se séparer, c’est mourir un peu ! En tout cas, nous, les jeunes, nous avons besoin de vivre la foi comme une joie grâce à l’amitié vécue et l’expérience personnelle qui naît de la rencontre avec Seigneur. Ce camp a été une réponse adéquate à nos attentes, il reste comme un petit bagage efficace, et une espérance dans notre vie.

 

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