Pélé-vélo. Lyon - Lourdes Août 2007.

AU DÉPART DE LYON, CE SONT DOUZE AVENTURIERS INTERNATIONAUX, FRANÇAIS, CONGOLAIS, CORÉEN ET VIETNAMIENS, QUI ONT PRIS LA ROUTE DE LOURDES APRÈS AVOIR REÇU, EUX AUSSI LA BÉNÉDICTION DE NOËL LE BOUSSE. « ON SE MET À LA DISPOSITION DE LA ROUTE, ALORS ON PEUT SE METTRE À LA DISPOSITION DE DIEU ET DES FRÈRES. N’AYONS PAS PEUR, ALLONS-Y! »

Ellipse: La tête...les jambes...le cœur 
Joie et prière vous accompagnent tout au long du voyage.    
Ellipse: Que sur le chemin vous rencontriez un petit bonheur : respirer l’air frais, être en paix avec la vie, roulant à toute allure, oubliant toutes vos peines…bonne route
 

Voilà la prière et l’encouragement que Noël et Bernard sont venus apporter aux douze aventuriers internationaux: Français, Congolais, Coréen et Vietnamiens avant de départ. Un d’entre nous disait: on se met à la disposition de la route, alors on peut se mettre à la disposition de Dieu et des frères. N’ayons pas peur, allons-y !

On se l&egrave;ve t&ocirc;t, on se lave, on mange ensemble, on prie ensemble, on affronte de rudes mont&eacute;es &hellip; Mais on rit, on chante et l&rsquo;on s&rsquo;entraide&hellip; comment dire cette grande solidarit&eacute; et surtout l&rsquo;amicale discr&eacute;tion avec laquelle tout se d&eacute;roule: c&rsquo;est la d&eacute;couverte de soi, des autres et de la beaut&eacute; de cr&eacute;atures. Chacun a fait l&rsquo;exp&eacute;rience tr&egrave;s forte de son physique, ses limites et de sa relation avec Dieu. L&rsquo;impression que sans Lui, sans esprit d&rsquo;&eacute;quipe, on ne pourrait pas y arriver. <o:p>

Des prunes mûres cueillies au long de la route, une pression à la brasserie, une bonne soupe au pistou et une tisane conviviale qui nous requinquent après 90 km. C’était le paradis terrestre !

Les moments détendus, simples mais forts: visite et découverte des villes durant chaque étape. Il est vraiment d’une sorte de tourisme pour les pauvres. A Lourdes, oublier la fatigue physique des jours précédents: être pèlerin avec eux, la joie de pouvoir faire sourire les malades, la joie de les rendre heureux malgré leurs handicap, découverte d’une autre façon de vivre, la joie tout simplement de se mettre au service des autres. Voilà, le pèlerinage est toujours un commencement d’une nouvelle vie en relation à Dieu et aux autres ! 

Pierre-Jean Le Viet Than
À Valpré

   SUR LE CHEMIN DE LA FOI       

Depuis plusieurs années, nous entendions parler de Lourdes et de ses miracles. Le souhait était qu’un jour nous puissions faire l’expérience de cet endroit de prière où des hommes et des femmes ont rencontré l’amour de Dieu à travers la tendresse maternelle de la Vierge Marie. C’était le rêve d’un pèlerinage qui, pendant des années mobilise les moyens, les énergies et du temps. Les fidèles catholiques et les croyants des autres confessions religieuses se mobilisent pendant des années, pour pouvoir un jour fouler le sol de Lourdes. Au Cameroun, au Congo, au Sénégal, en Côte-d’ivoire, des cotisations s’effectuent pendant des années pour le pèlerinage de Lourdes. Comme responsable de groupe de prière au Cameroun, j’ai vu à quel point l’eau de Lourdes pouvait aider et soutenir la foi des croyants toutes confessions confondues.

Cette année, ce fut une occasion pour nous de participer à cette expérience à travers le « Pélé-vélo ». De Lyon à Lourdes à vélo, avouons-le, ce n’est pas donné d’avance ! Au départ, nous n’y croyons guère. Penser effectuer un trajet de près de 700 km à vélo paraissait à nos yeux comme un mythe. Pourtant, comme l’ange le disait à Marie : « rien n’est impossible à Dieu ». Pendant huit jours, nous avons pédalé, partagé et communié au sein d’un groupe des jeunes bien dévoués. Tout commence dans la communauté assomptionniste de Valpré à Lyon et se termine au camp des jeunes à Lourdes. Lyon est une ville située sur deux collines qui sont : Fourvière et la Croix Rousse. Pour en sortir, il faut qu’on soit de monter, soit de descendre ces collines, ce qui annonce un chemin passionnant : ce fut le cas au moment de notre départ ! Nous avons passé de toute la matinée à tourner dans l’agglomération lyonnaise sans repérer la voie de sortie. Ce fut une belle aventure ! Revenons cependant sur cette courte prière faite par le Père Noël Le Bousse de Valpré qui nous a confiés à la protection de la Vierge Marie et nous a réconfortés par les paroles d’un vieux pèlerin. Le départ enthousiasmé fut progressivement modéré par la longueur de la route et la fatigue du voyage. Au delà de cette expérience physique éprouvante, ce pèlerinage fut cependant une occasion exceptionnelle de rencontres. Sur le chemin de la foi, nous avons rencontré des frères et des amis que nous n’attendions pas. Notons d’abord cette rencontre avec le Curé de St-Bonnet-le-Château, le P. Nicolas Fasoli qui nous a merveilleusement accueillis dans sa paroisse en nous offrant les locaux de l’école primaire paroissiale pour nous abriter. Après une première journée bien remplie, ce fut pour nous comme un moment de retour en nous-même, pour évaluer ce que devait être la suite de la route. Si à St –Bonnet- le- Château, l’épuisement de la première expérience ne nous a pas permis de découvrir la beauté de la ville, ce ne fut pas le cas au Puy-en-Velay. Hébergés dans un campement touristique, sous des tentes comme Abraham, nous avons eu le privilège de visiter cette église perchée au sommet de la colline sur laquelle trône Notre-Dame –de- France. Cette visite a marqué pour la première fois la beauté du pèlerinage. Après une nuit assaisonnée par la prière commune que nous partagions chaque matin et chaque soir, il était question de gravir les massifs du Puy pour nous rendre à Aubrac. Sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, nous avons pédalé en contemplant les beaux paysages du sud de la France. L’occasion nous était aussi donnée de cueillir quelques fruits dans la forêt et nous ravitailler comme des oiseaux qui n’ont rien, mais qui sont nourris par le Seigneur. C’est effectivement à Aubrac que le mystère de la foi a atteint son point culminant, à travers la rencontre de ce jeune Allemand qui marchait depuis quatre mois en direction de St-Jacques de Compostelle. Le témoignage de celui-ci fut impressionnant. Des multiples rencontres faites, retenons celui du diacre permanent de Cajarc. Cet homme fut d’une ouverture hors du commun. Il fut le premier à solliciter pour nous une douche en dehors de la paroisse, notamment à la mairie de Cajarc. Dans une ambiance fraternelle évangélique, c’est à travers ces figures de la foi que nous avons effectivement soupçonné le vrai visage de Dieu.

Comment parler de cette exceptionnelle expérience sans mentionner à ce monastère bénédictin de Moissac ? Un joyau architectural du Moyen Age, en visitant ce monastère, on ne pouvait que s’écrier comme le psalmiste : « l’homme est un peu moindre qu’un dieu. » Et à St-Nicolas de La Grave, nous avons été reçu par ce curé breton, le P. Tavarlu qui s’est montré bienveillant à notre endroit. Il fut le premier à se mettre à notre service pour célébrer une messe. Impossible d’oublier cet homme qui, après nous avoir reçus à l’arrivée, nous a tenu compagnie et fut présent le matin de notre départ. Malgré la bienveillance des uns et des autres, nous n’avions pas encore vu une telle disponibilité sur notre parcours. C’est sa bénédiction qui nous a conduits jusqu’à Lourdes, dans la paix et dans la joie. A Lourdes, nous n’étions pas au bout de nos peines car, il fallait rendre service. Sous la houlette de Pierre-Jean et Régis, deux groupes se sont constitués : les uns pour rejoindre le « Pélé-espoir » et les autres pour se joindre au « Pélé-Eveil ». Il fallait entrer dans le rythme de Lourdes : aider les malades à vivre profondément leur pèlerinage et à vivre une communion qui leur montrait que la maladie n’avait pas le dernier mot dans leur vie, mais que c’est le Seigneur, à travers tous ceux qui partageaient avec eux leur douleur, et la compagnie discrète de Notre Dame de Lourdes.

BALEKE Stanislas, Valpré.
Participant au Pélé-vélo.

 

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