
TROIS ANS DURANT, BEAUCOUP D’ÉNERGIE A ÉTÉ DÉPLOYÉE POUR PRÉPARER LE PÈLERINAGE NATIONAL DE 2008, ANNÉE JUBILAIRE DES APPARITIONS DE LA VIERGE À BERNADETTE SOUBIROUS ET 135E ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE L’HOSPITALITÉ NOTRE-DAME DE SALUT. AVANT LA FIN DE SON SECOND MANDAT DE PROVINCIAL, ANDRÉ ANTONI AVAIT LANCÉ LE SLOGAN « 20000 PÈLERINS AU NATIONAL DE 2008! », NOMBRE SYMBOLIQUE POUR SIGNIFIER UN OBJECTIF DE MOBILISATION DE L’ASSOMPTION ET DE RENOUVELLEMENT DU PÈLERINAGE.
Les habitués du National ont effectivement perçu que cette
année n’était pas tout à fait comme les autres. Le nombre
des pèlerins et celui des malades pris en charge, les délégations
d’autres pays et continents, la forte présence du Pélé
Mosaïque, des propositions pour les bébés, les familles et les
couples, une plus forte présence d’Assomptionnistes, un renouvellement
des célébrations de l’Hospitalité et de la famille de
l’Assomption… autant de traits parmi d’autres encore qui traduisent
la mise en oeuvre d’un projet pastoral renouvelé et d’un
nouvel élan.
La participation
La grande affluence était immédiatement perceptible sur l’esplanade
du sanctuaire, à la grotte et dans la basilique St Pie X. La
veille de l’ouverture on pointait 10 000 inscrits et on évalue très
raisonnablement à 13 000 le nombre de pèlerins ayant suivi le
National, soit le double des années précédentes. Des délégations
étrangères - environ 1 500 personnes - souvent accompagnées
d’Assomptionnistes ou d’Oblates ( voir encadré), ont fortement
coloré cette « édition » 2008, lui donnant plus que par le passé
une dimension d’Église universelle. Quant aux malades, les responsables
de l’Hospitalité, comptant sur un nombre habituel de
défections, avaient fait du surbooking. Il y eut des désistements,
mais pas autant que les années précédentes et il a fallu faire
preuve d’ingéniosité et d’un surcroît de dévouement pour
accueillir les quelques 1 200 malades.
Lourdes comme un chemin d’Emmaüs
Tous les matins (à l’exception du 15 août) l’Eucharistie était célébrée
dans la basilique St Pie X qu’emplissaient à eux seuls les
pèlerins du National. Les écrans vidéo, une assez bonne acoustique
et l’animation des célébrations ont facilité la participation
et le recueillement. Alain Marchadour avait été chargé de décliner
le thème de la rencontre d’Emmaüs. Une édition spéciale de
La Croix a publié les homélies dans lesquelles il a fait le lien entre
l’expérience vécue à Lourdes et celle des disciples sur la route et
à l’auberge d’Emmaüs.
Un pélé, des pélés
Au fond, le National recouvre des pèlerinages
à la carte, dont le but est de
rejoindre la diversité des pèlerins et de
leurs attentes. Cela en fait sa richesse
et sa complexité. Les malades et les
handicapés demeurent les préférés,
objet d’une infinité de soins et d’attentions,
mais il y a aussi les enfants, les
adolescents, les familles avec cette
année des nouvelles propositions pour
les bébés de 6 mois à 2 ans ( Pèlé
Sourire) et des rencontres pour les
couples animées par le CLER. Le
National est le seul grand pèlerinage à
proposer une démarche d’ensemble
adaptée aux enfants et à leurs parents.
200 familles, 700 enfants étaient
concernés cette année, nombre limité
par les possibilités matérielles d’accueil
et d’animation.
Autre forte particularité du cru 2008, la présence des 850 personnes du Pélé Mosaïque qui n’auraient pas d’ellesmêmes eu les moyens de venir à Lourdes. Grâce à la volonté obstinée de laïcs assomptionnistes, à la générosité de donateurs et de Fondations, à la mobilisation des Comités de l’Hospitalité NDS, à la participation d’associations (fraternités PSA, la Batellerie, Aux Captifs la Libération, la paroisse de Vaulx-en-Velin…), elles ont pu participer à ce grand rassemblement avec un programme et un accompagnement adaptés. C’est un signe fort que les pauvres aient une vraie place parmi nous.
Il y avait encore des activités spécifiques aux délégations étrangères - dont des rencontres avec évêques et cardinaux de leurs pays - aux grands jeunes et, pour tous les pèlerins, la possibilité de participer à des conférences ou de suivre un atelier tel celui Apprendre à prier: quatre soirs durant, le Fr Yves, Carme, y a initié plus de 100 personnes, particulièrement attentives, aux composantes de la vie spirituelle et aux méthodes d’oraison. Les Orantes de l’Assomption proposaient elles aussi, sous la tente Écoute et Parole une expérience de la prière à partir de l’Évangile d’Emmaüs et de la contemplation de Jésus priant.
Le National évolue et tend à sortir des
catégories connues. Il demeure un vrai
pèlerinage porteur d’une démarche de
conversion, mais il est aussi le lieu
d’une expérience d’Église universelle,
une occasion de rencontres avec
d’autres croyants, un temps de ressourcement
et de formation, un peu comme
une retraite spirituelle. On comprend
que nombreux sont celles et ceux qui
reviennent fréquemment y puiser l’élan
nécessaire à une nouvelle année.
Les jeunes
Les vacances aidant, beaucoup de
jeunes sont présents à Lourdes durant le
National ; ils contribuent à donner à ce
grand rassemblement l’image d’une
Église jeune et joyeuse. « Ca fait du bien
de voir que l’Église de France n’est pas
composée uniquement de personnes du
troisième âge comme dans nos
paroisses rurales » dit un laïc d’un diocèse
de l’Ouest.
Ces pèlerins là viennent le plus souvent
dans un esprit de service (accueil, encadrement
des mouvements de foule, pisciniers,
brancardiers, service d’étages
dans les accueils de malades, animateurs
des pèlés enfants.) mais aussi,
semble-t-il, pour se retrouver entre
jeunes croyants dans une ambiance festive
et parfois tardivement animée. Ils
attirent prêtres et séminaristes traditionalistes
en mal d’influence et pas facilement
contrôlables.
Mais cette année, l’Assomption a plus
fortement marqué sa présence, en particulier
au « Camp des jeunes » où
Frères et Soeurs de la « famille » assuraient
l’accueil, une présence à la fois
vigilante, disponible et amicale.
Une innovation : l’accueil-inscription des
jeunes où l’on s’est bousculé pour s’inscrire
comme brancardiers (1 200 jeunes
inscrits en deux jours !), cependant que
des temps de sensibilisation à la relation
au malade et à la démarche de
pèlerinage continuaient à être assurés
pour les brancardiers débutants.
Nouveau encore : les rencontres-débats
sous la Tente Jeunes du village d’accueil
: où va ma vie ? L’Eucharistie ; La
Résurrection. Nombreux sont encore les
jeunes qui ont participé à la veillée préparée
et animée par l’Assomption (RA
et AA), et plus nombreux encore à la
grande et bruyante soirée festive sur la
prairie, le soir du 15 août. A ces jeunes
bien identifiés, il faut ajouter tous ceux,
nombreux, venus seuls ou avec leurs
parents.
Le National est donc (aussi) un pèlerinage
de jeunes et la « pastorale » des
grands jeunes reste un défi pour
l’Assomption.
La famille de l’Assomption
Plus encore que d’autres années, le
National 2008 a donné l’occasion à la
famille de l’Assomption de collaborer et
de se manifester publiquement. Jacques
Nieuviarts n’a jamais envoyé autant de
lettres de mission. Jugez-en : 108 à des
Assomptionnistes, 5 à des laïcs aa, 24 à
des Oblates, 67 à des Petites Soeurs, 9 à
des Religieuses (sans compter la communauté
de Lourdes très engagée), 12 à
des Orantes et associées. Les Conseils
Généraux des cinq congrégations
étaient aussi très présents. La rencontre
de l’après-midi du 14 août dans la basilique St Pie X a fait alterner évocation audiovisuelle de l’histoire
de l’Assomption, de ses cinq congrégations et du National, des
témoignages de religieuses, religieux et laïcs et des moments de
prière. Un peu long, ont dit certains, mais il s’en dégageait l’impression
d’une mission commune à travers des charismes complémentaires.
L’Assomption était encore visible en ses diverses
composantes dans le Village d’Accueiloù une tente d’information
lui était réservée. Dans ce Village, PSA et Orantes tenaient aussi
des permanences.
L’Assomption encore lorsque plus de cinquante hommes et
femmes se sont publiquement engagées dans l’Hospitalité en
une cérémonie évoquant celle d’une profession et au cours de
laquelle l’esprit de l’Assomption a été souvent mentionné.
Assomption, toujours, le 15 août à la Cité Saint Pierre où des
membres des Fraternités PSA se sont engagés par promesse dans
la Fraternité Notre Dame de l’Assomption.
Et il y avait aussi ce groupe bien vivant et dynamique d’Espagnols
arborant fièrement sur leurs tee-shirts la mention Laicos
Assuncionistas, ces Assomptionnistes (et ces Oblates) des autres
contrées de la Province de France mais aussi des USA, du Brésil,
du Chili, de Madagascar, du Congo.
Enfin, il faudrait évoquer l’engagement d’un grand nombre de
religieux, de religieuses, de laïcs dans l’animation et l’encadrement
de ce pèlerinage aux cent visages, ou simplement présents
et disponibles pour des confessions ou un entretien. Cette année,
une mention spéciale pourrait être attribuée aux Frères vietnamiens,
coréens, bulgares ou russes pour la prise en charge de
leurs compatriotes.
Dans la grande tolérance vestimentaire actuelle, quelques habits
assomptionnistes faisaient concurrence ici ou là aux soutanes
séculières des prêtres de St Pierre, de St Martin ou de congrégations
religieuses mal identifiées. Mais cette année la visibilité de
l’Assomption passait surtout par un fort engagement des religieux.
Une cure d’Évangile
Le National évolue à l’image de nos sociétés et de l’Église. Il
devient de plus en plus coloré et métissé. Les croyants d’Asie,
d’Afrique, de l’hémisphère Sud, les malades, les gens simples et
les pauvres y prennent place grandissante au point qu’ils pourraient
en devenir le « coeur du coeur ».
« Lourdes, c’est une mosaïque de peuples - et plus encore cette
année - de jeunes et d’anciens, de handicapés et de bien portants,
de chrétiens et de non-croyants. C’est l’entourage même de
Jésus. C’est comme dans l’Évangile. Lourdes, c’est une cure
d’Évangile, de fraternité vécue. C’est un miracle permanent dont
il faudrait s’inspirer dans la vie tous les jours. C’est le signe parlant
de l’Eucharistie qui nous rassemble en un peuple de frères,
où les petites gens, les pauvres qui seront plus nombreux cette
année, ont droit au même respect que les autres. Nous avons
tous devant Dieu la même dignité ! Qu’est-ce que Lourdes pour
moi ? Une page d’Évangile à vivre » (Claude Maréchal, in
www.assomption.org, Newsletter du 15/08/08).
Jean-Michel Brochec
![]() |
Voix du Rouergue et du LibanLe caractère exceptionnel du pèlerinage 2008 a été aussi marqué par les chants arabes interprétés par Sr Keyrouz et par la Cantate mariale composée par le P. Gouzes qu’ont exécutée 200 choristes à la basilique St Pie X dans la foulée de la veillée de l’Hospitalité. Cette Cantate, d’un genre indéterminé, relevait à la fois du concert et de la célébration liturgique, de la tradition latine et de la tradition orientale, des accords de la musique classique et des dissonances contemporaines. Désorientés et peut-être aussi fatigués par l’heure tardive, de nombreux pèlerins ont quitté la basilique. Ceux qui sont restés jusqu’au bout ont réservé une ovation enthousiaste aux exécutants et à leur chef de choeur. |
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ILS ONT LA MÊME ORIGINE MAIS ILS NE VIVENT PAS DANS UN MÊME PAYS; ILS PARLENT UNE MÊME LANGUE MAIS PAS DE LA MÊME MANIÈRE. LEUR PROVENANCE ET LEUR NOMBRE SONT IMPRESSIONNANTS: 250 D’ALLEMAGNE, 200 DE PARIS, 50 DU VIETNAM, 30 DE SUÈDE, 20 DES ÉTATS-UNIS… QU’EST-CE QUI A POUSSÉ CE MILLIER DE VIETNAMIENS À SE RASSEMBLER DES QUATRE COINS DU MONDE?
Spontanément on pense à la présence du cardinal J B. Pham Minh Man, archevêque de Saigon. Mais il faut savoir que sa présence faisait polémique . Un peu avant les JMJ de Sydney, le cardinal Man a écrit une lettre aux trois évêques qui accompagnaient des jeunes de 26 diocèses du Vietnam. Il regrettait que lors de trois dernières JMJ, l’affaire du drapeau jaune avec trois lignes rouges soit allée à l’encontre de la communion entre jeunes vietnamiens. Ce drapeau qui appartenait à la République du Sud du Vietnam avant 1975 est devenu le drapeau des réfugiés Vietnamiens. Mais avec l’arrivée des communistes, le drapeau rouge avec l’étoile jaune au centre est devenu l’emblème officiel de la République Socialiste du Vietnam. Dans sa lettre, le cardinal écrit « Que signifie le drapeau ? Une fois, il est considéré comme le symbole d’un pays, une autre fois, il devient le symbole du capitalisme, du communisme, du nationalisme… La mère (le Vietnam) est toujours la mère qui nous met au monde et qui nous élève qu’elle s’habille en rouge (le drapeau communiste), ou en jaune (le drapeau de l’ancienne République du Sud) ». Ces mots ont provoqué l’indignation des Vietnamiens de la diaspora, surtout les réfugiés politiques. La présence de l’archevêque à Lourdes a été remise en cause. Il lui a été conseillé de ne pas y aller. D’ailleurs, il a annulé ses visites pastorales aux États-Unis et il n’était pas présent à Sydney alors que c’était prévu.
Une promesse tenue
Pour tenir sa promesse envers l’Assomption,
il a cependant accepté de venir à Lourdes,
mais avec beaucoup de prudence. Lors de
sa première conférence devant 600
Vietnamiens, il a fait attention à tous ses
mots. Il avait l’air fatigué sans doute à cause
de son long voyage mais aussi, probablement,
à cause de la pression exercée sur lui.
Heureusement cette conférence s’est passée
paisiblement comme
une rencontre de
famille, cela grâce
aux
Assomptionnistes
qui ont fait comprendre
que le cardinal
était venu à
Lourdes comme un
pèlerin parmi
d’autres. Avec tous,
il est venu prier
pour l’Église qui est
au Vietnam, pour la
liberté et la démocratie
dans ce pays.
De plus, tous les
aumôniers des communautés
catholiques
vietnamiennes
en Europe ont été invités à
encourager les fidèles à respecter ces rencontres
qui, par leur dimension internationale,
dépassent les seuls Vietnamiens.
Dans sa conférence, il a dressé un tableau de
la situation de l’Église du Vietnam, surtout
de son diocèse, soulignant l’émergence de
problèmes tels qu’un massif exode de la
campagne vers les villes, les jeunes qui perdent
les points de repères, les changements
rapides de la vie politique et économique,
l’augmentation des fléaux sociaux… Il a terminé
sa conférence en répondant à une
question sur le divorce qui commence à augmenter
au Vietnam.
Valeurs traditionnelles et intégration
Le lendemain, le 15 août, après la célébration
solennelle de l’Assomption, le cardinal
est venu à l’église sainte Bernadette pour
écouter les responsables des communautés
catholiques vietnamiennes en Europe. Ces
derniers ont pris le temps de présenter leurs
communautés, leurs activités et leurs difficultés.
Le grand enjeu est de trouver l’équilibre
entre l’intégration dans la société et la
sauvegarde des valeurs traditionnelles. Plus
à l’aise que la veille, le cardinal Man a
exprimé son désir d’accompagner ces communautés,
pas seulement en Europe mais
aussi dans les pays asiatiques comme la
Corée, les Philippines… Il propose à
l’Assomption de faire un trait d’union entre
ces communautés en commençant par le
moyen d’Internet. Un beau projet qui reste à
concrétiser.
La dévotion à la Vierge Marie
Revenons à la question du début : pourquoi
ce rassemblement à Lourdes ?
Marqué par le catéchisme traditionnel, les
chrétiens vietnamiens ont une grande dévotion
à Marie. Ils récitent le chapelet dans
l’église, en groupe ou en famille de manière
régulière. Pas de prière sans chapelet donc,
et ce n’est pas sans raison. En effet, avant
que la Bonne Nouvelle soit annoncée au
Vietnam au début du XVIe siècle, ce pays a
connu des cultes de la déesse-mère, par
exemple dans le bouddhisme celui de la
déesse « Quan Am », ce qui veut dire littéralement
« attentive à tous les bruits », « sensible à toutes les plaintes, au moindre soupir émis par les
mortels ». Comme il leur était interdit de pratiquer le culte des
ancêtres, une autre piété populaire, les premiers chrétiens vietnamiens
se sont fortement attachés à la dévotion à la Vierge
Marie, encouragée par les missionnaires de l’époque. Cette pratique
s’est maintenue jusqu’aujourd’hui.
Dans son homélie lors d’une messe célébrée pour les Vietnamiens
dans la basilique Notre-Dame du Rosaire le 16 août, le cardinal
a évoqué deux figures féminines de la Bible : Ève, mère des
vivants et Marie, mère des chrétiens. Il a invité les fidèles à suivre
le chemin d’espérance ouvert par Marie. « Malgré les souffrances
et les épreuves traversées, de la naissance dans des conditions
misérables au pied de la croix, Marie a mis toute son espérance
en Dieu. C’est pour cela qu’elle est la Mère de Dieu, Notre Dame
des martyrs, Notre Dame de la paix… » Cette parole était pertinente
parce la plupart des participants sont venus à Lourdes pour
remercier Dieu, à travers Marie, de ce qu’ils ont vécu depuis leur
départ du Vietnam jusqu’à l’installation dans un pays d’accueil.
« Sans la foi en Dieu et la confiance en Marie, confie un participant,
je n’aurais pas eu le courage de me mettre debout dans des
conditions pareilles : se trouver sur des bateaux remplis
d’hommes, de femmes et d’enfants en plein océan, sans savoir où
on va ; avoir peur dans les camps réfugié en espérant qu’un jour
très proche un pays m’accueillera ; les difficultés aux premiers
jours dans le pays d’accueil… »
Un autre anniversaire
Cette année est
aussi le 20e anniversaire
de la
canonisation de
117 martyrs vietnamiens
(19 juin
1988). Ces 117
saints martyrs ne
représentent
qu’un petit
nombre parmi
ceux qui ont été
persécutés à
cause de leur foi.
Le programme
avait prévu un
chemin de croix
en langue vietnamienne.
C’était
impressionnant de voir ces centaines de personnes, y compris les
personnes malades et âgées, suivre chaque station du Chemin de
Croix en disant une prière ou en chantant d’une voix unanime. On
se serait cru au Vietnam ! Attirés par cette foule, des pèlerins de
différentes origines se sont intégrés au mouvement.
Nguyen C. A., aa,
Paris-François 1er
INTERROGÉS, EN UNE SORTE DE MICRO-TROTTOIR, SUR CE QU’ILS AVAIENT AIMÉ ET MOINS AIMÉ, VOICI LES RÉPONSES DE RELIGIEUX ET DE LAÏCS |
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Ils ont aimé :
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Ils n’ont pas aimé :
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VOICI QUELQUES-UNES DES MERVEILLES QUE LES PÈLERINS LOGÉS À L’HÔTEL RÉGENCE ONT RASSEMBLÉES.
« Rassembler tant de monde, de tant d’horizon… » (une dame)
« J’ai tellement de foule que j’avais jamais vu ; c’était organisé »
(une grand-mère)
« Hier soir, deux amis rencontrés par hasard » (un jeune homme)
« L’enfant est venu près de moi, et on a prié » (un prêtre)
« Une merveille : on m’a demandé la 1re étape d’engagement
dans l’hospitalité » (une accompagnatrice)
« Le bain que j’ai fait aujourd’hui » (un jeune homme)
« L’adoration du St Sacrement après la procession mariale, j’en
reviens pas » (une maman)
« Depuis lundi, je n’ai plus ce mauvais rêve qui vient chaque
nuit » (une maman)
« J’ai prié pour vous, pour Dieu, pour toute la vie » Bisous. « Moi,
c’est pareil » (un couple)
« Merci beaucoup, vivre, c’est beau à Lourdes, et merci Dieu »
(une femme arménienne)
« On est comme une famille, il y a un esprit commun » (une
maman)
« Une merveille de Dieu ? Je suis encore en train de chercher…
Ce qui m’interpelle, c’est de voir tout le groupe qui est rayonnant.
Certains sont venus avec des soucis, ils repartent avec de l’espérance» (un accompagnateur)
« Ici, il y a beaucoup d’enfants. C’est magnifique. La vie de
Bernadette, c’est impressionnant : elle était pauvre, c’est les
pauvres qui donnent, les riches, ils gardent pour eux. » (une
dame)
« Accompagner deux amis dans leur ‘confirmation de mariage’. Être témoin de leur amour, de leur générosité si simple » (un
jeune homme)
« C’est émouvant le parcours de Bernadette. Il y a quelque chose
dans le coeur qui nous dit de continuer même si les pieds sont
fatigués » (une dame)
« Les rencontres avec les personnes que je ne connais pas forcément.
Il y a une communion ensemble. Un premier pas, un regard,
et il se passe quelque chose, et on se retrouve dans les bras l’un
de l’autre. Dans un magasin, un monsieur témoigne ‘le Christ est
Vivant’ et il se passe quelque chose et on s’embrasse » (une
maman)
« On est fatigué, on marche, on marche, mais on se rend compte
le matin qu’on peut se lever et recommencer » (une dame)
« J’étais culpabilisée par un problème familial. J’ai été voir un
prêtre, je suis soulagée. J’ai pu avoir au téléphone une personne
de ma famille que je n’avais pas eue depuis longtemps : Jésus
m’a poussé. J’ai pu me réconcilier après la cérémonie du pardon :
plusieurs personnes, pas une seule, avec qui j’étais en froid »
(une maman)
« Le chant, c’est merveilleux : tous, on fait un même corps. C’est
une merveille de Dieu. On partage dans nos langues : un monsieur
rencontré, on chante en espagnol ! » (une jeune femme)

Une réflexion du P. Paul Riou (Lorgues)
Ce qui m’a le plus frappé à Lourdes, c’est cet amoncellement, cette
somme énorme de souffrances, de handicaps physiques. Cela se voit.
Sans oublier l’amoncellement de souffrances,
de handicaps intimes, invisibles…
Cela représente, aussi, un capital impressionnant
de dévouements, surtout de la part
des jeunes, de solidarité, d’amour, d’espérance,
de foi, de prière. Dans notre train, un
enfant a déclaré, au retour, qu’il avait
découvert Lourdes « cité de la joie ». C’est
peut-être parce que Lourdes, comme
Calcutta, c’est aussi la cité de la souffrance,
la cité de l’amour, la cité de Dieu. J’ai été
également impressionné par le cheminement
liturgique du National, qui fut un chemin
de foi. Les homélies du P. Alain
Marchadour, de Mgr Vingt-Trois et la causerie
de Mgr Lafont, évêque de Cayenne, sont
venues donner une vie nouvelle, une vie
plus forte, à ce cheminement. Au premier
jour, la lecture de l’Exode : Dieu,YHWE, dans
sa majesté ne se laisse entrevoir que de dos, sous peine de mort.
Mais le second jour, pour ainsi dire, changement d’attitude, d’avis,
de la part de Dieu. Dieu se montre, face à face : c’est le texte de St
Jean. Il vient planter sa tente au milieu de nos tentes, il vient camper
au milieu des hommes même s’ils ne le reconnaissent pas et le
rejettent. Mais il suit, piétinant comme nous,
nos chemins humains, de souffrance et d’espérance.
Et le troisième jour, dans St Luc, Jésus assis
avec nous, à la table du Père, rompant et
distribuant le pain d’Emmaüs, ce pain qu’il
avait entamé au soir du Jeudi saint. Pain
rompu, pain partagé, à la tombée de la nuit,
quand il se fait tard. Donc pain de lumière,
pain de vie, pain d’espérance. L’Eucharistie,
qui, selon la parole de Mgr Lafont, suppose
et exige un partage, prend une dimension
sociale, aussi bien pour les personnes que
pour les communautés humaines, nations,
groupes de nations, blocs sociaux. Il n’y a
pas d’Eucharistie vraie s’il n’y a pas partage.
Par l’Eucharistie, nous devenons peuple de
frères, peuple d’Évangile, peuple de partage.
Et finalement ce mot de conclusion du cardinal
André Vingt-Trois : nous découvrons à Lourdes que la mort
n’aura pas le dernier mot.