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Montpellier
CONFERENCE DU 21 OCTOBRE 2010 Le Père d’Alzon et ses fils en pays d’Hérault L. Secondy I – Le Père d’Alzon et sa
seconde patrie L’Hérault
une partie majeure de l’Alzonie, de Lavagnac à Lamalou[1].
Emmanuel n'a jamais oublié sa « seconde
patrie », celle que forme une grande partie du diocèse voisin de Montpellier. A son départ de
Rome, en 1836, il lui faut choisir entre trois options : ira-t-il à Nîmes,
restera-t-il à Paris ou rejoindra-t-il Montpellier ? Il opte pour Nîmes. Mais ses
attaches dans l’Hérault sont nombreuses, en particulier celles familiales de
Lavagnac et de ses environs immédiats qui ont enchanté ses jeunes années,
celles du séminaire de Montpellier où il s'est forgé des liens solides dans les
rangs du clergé. Plus tard, celles de la
station thermale de Lamalou, où il vient refaire ses forces physiques et spirituelles,
en surmontant ses épreuves de santé. Il s’est même porté candidat à des
élections cantonales en 1861. Il n’est pas toujours bien vu dans le diocèse. A Montpellier,
son zèle ultramontain a si fort indisposé Mgr Lecourtier que celui-ci l'a privé
en 1860 des pouvoirs de confesser et de prêcher dans tout ce diocèse où
pourtant l'abbé d'Alzon ne manquait ni d'appuis, ni d'amis ni de partisans. La
situation se modifiera complètement
lorsque l’un de ses anciens élèves, l'abbé de Cabrières, qui a été
directeur du collège de l’Assomption, sera nommé évêque de Montpellier en 1873. Présentons d’abord Lavagnac. Lavagnac, c’est dans ce château proche de Montagnac qu’Emmanuel passa son enfance et une partie de son adolescence, de 1816 à 1823. Cette belle résidence dominant la plaine de l’Hérault achetée à la Révolution par un Faventine était passée dans le patrimoine de Mme d'Alzon. Elle fut réparée par Henri d'Alzon pour devenir la demeure principale et habituelle de la famille. Elle a été un domaine où, toute sa vie, Emmanuel aima se retremper. Il s'y est préparé à son entrée au grand séminaire de Montpellier. Il a quitté sa famille à partir de ces lieux, le soir du 14 mars 1832, mais il resta toujours attaché de cœur à Lavagnac, à ses habitants et à la population de Montagnac. Jeune, il aimait faire de l'Hérault un bassin de natation et de promenades en barque. Il parcourut les collines avoisinantes à cheval ou à pied, amateur d'équitation et de chasse. De Lavagnac il écrivit des piles de correspondance pour toutes les directions. La propriété agricole comptait plus de 190 hectares constitués en cultures céréalières, vignobles, pâtures et forêts. Jean de Puységur accroîtra la part des vignobles et fera aménager de grandes caves. Sur la partie basse du parc, un beau lac où voguaient des cygnes et des jardins à la française agrémentaient cette ouverture en direction de la plaine. Dans la chapelle, le P. d'Alzon célébra une première messe pour ses parents en juillet 1835. Il aimait arpenter une allée du parc pour dire le bréviaire. De 1816 à
1860-1864, le château fut habité par les parents d'Emmanuel, Henri et Jeanne-Clémence
et leur fille Augustine. Lors du partage, Emmanuel laissa Lavagnac à sa seconde
sœur. A Montagnac, repose une grande partie de sa famille Marie, comtesse de Puységur, deuxième
sœur d'Emmanuel, Augustine sœur
aînée du P. d'Alzon et Clémence de Faventine, Vicomtesse d'Alzon,
sa mère. Montpellier tient aussi une
place importante dans la vie du Père. « Mme d'Alzon qui a toujours préféré la ville à
la campagne, a d'abord profité de ses séjours dans la capitale, puis elle a
fait choix de la ville de Montpellier où elle aimait résider dans un ancien
hôtel de la rue des Trésoriers de France[2],
maison Roche ». C'est là qu'elle mourut en 1860 comme sa fille
Augustine. Emmanuel est un familier de la ville de
Montpellier. Le jeune homme à 22 ans prit la décision d'entrer au grand
séminaire de cette ville où il demeura du 15 mars 1832 à la fin juin 1833. Ce couvent-séminaire comprenait deux étages de
cellules, pas moins de 120 cellules. Il servit à la fois de petit et de grand
séminaire durant 70 ans[3]. Il trouva le régime d'études trop haché, le
milieu trop fermé, le compagnonnage un peu rudimentaire, la nourriture un peu
frustre, l'ambiance très anti-menaisienne et les professeurs inégaux. Mais il y
apprit la régularité d'une vie commune, il noua des relations amicales
notamment avec le futur abbé Soulas et le futur Dom Roch Boussinet. Le
supérieur du séminaire, l'abbé Grasset, était entouré de prêtres de valeur,
notamment les abbés Vernières, Fabre, Ginoulhiac.[4] Emmanuel le reconnaîtra
plus tard par comparaison quand il se sera frotté aux enseignants du Collège
Romain. Emmanuel fit le catéchisme à Montpellier, à des enfants de l'Hôpital
général construit de 1680-1682. A Lamalou, le P. d'Alzon a
séjourné au moins 13
fois dans cette station thermale,
d'après la chronologie établie par le P. Siméon Vailhé. Il fréquenta aussi d'autres lieux de
cure : Eaux-Bonnes, Vichy dans l'Allier, Bagnères de Bigorre. Son médecin le Dr Combal, le recommanda au
médecin des eaux de Lamalou le Dr Privat qui dirigeait l'Hôtel-des-Bains. Emmanuel
l’avait rencontré pour la première fois, dans la diligence de Montagnac à
Montpellier en mars 1832. « Quand je vois passer M. d'Alzon, il me semble que c'est l'Eglise qui
passe » Avec un enthousiasme reconnaissant, Emmanuel d'Alzon
se fit le propagandiste de
Lamalou : « Les eaux où je suis produisent réellement des prodiges,
quoiqu'elles soient peu connues ». Ses fréquents séjours devinrent une
occasion de vie spirituelle intense. A la suite du P. Perier-Muzet, on pourrait
continuer à présenter les lieux où le P. d’Alzon passa et eut quelque attache
dans l’Hérault. Contentons-nous de dire qu’il tenait à cette contrée. Est-ce
pour autant que la congrégation s’y implanta par la suite ? En fait, il faut
attendre 1910 pour voir ses disciples arriver. Les Assomptionnistes y sont toujours en 2010, un siècle plus tard. Voyons
les principaux lieux de leur
installation. II – Les
implantations des Assomptionnistes en Pays d’Hérault 1 -
Montpellier : rue Bonnard (1910-1929)
Le 23 octobre 1910, Mgr de Cabrières a autorisé les
fils du P. d’Alzon à s’installer dans ce diocèse à la demande du P. Emanuel Bailly.
Les deux premiers pères, Charles Bornel et Edmond Bouvy logent à la Providence.
En février 1911, le nouveau supérieur, le P. Thomas Darbois, qui a été curé de
St-Jean de Fos pendant les hostilités, prend possession d’un nouveau logis, 14
rue Bonnard. C’est dans ces locaux que
se retrouvaient les enfants du patronage du Sacré Cœur[5] fondé en 1878 par la
conférence de Saint-Vincent de Paul de Sainte-Eulalie. Ils sont accueillis alors par les Pères de Timon-David.
Le P. François-Régis Serine, qui va
devenir le bâtisseur de Sainte-Thérése, est nommé en 1912 à la résidence de la
rue Bonnard. Les Assomptionnistes s’occupent du patronage. Le P. Aymard Faugère
en est responsable en 1911 et 1912. Il reviendra après la guerre de 14 dans
cette communauté comme supérieur. On suit cette histoire avec la nomination de ce même Aubert Aymard Faugère
en août 1922 comme chargé du patronage inter-paroissial du Sacré-Cœur. En 1924, on a besoin
de lui comme préfet de division au collège de Nîmes. Il quitte donc
Montpellier, mais le patronage continue.
Les activités des pères, qui sont cinq en 1914-1915, consistent à faire
du ministère : catéchisme,
prédication, confession dans les paroisses, les communautés et les
pensionnats. Mais depuis 1921, les Assomptionnistes sont devenus propriétaires
de la maison de la rue Bonnard. Ils restaurent, agrandissent, aménagent et
développent leurs activités. Le 15 décembre 1924, ils fondent le Bureau de
Presse qui deviendra la Librairie
catholique du boulevard Jeu de Paume. En 1926, ils inaugurent l’œuvre des
colonies de vacances du patronage : du 2 au 20 août, 22 enfants et deux
religieuses vont à la montagne, à
Rimont, en Ariège, près de Saint-Girons, dans l’ancienne abbaye de Cambelongue.
En 1927, les Assomptionnistes prêchent
le carême dans diverses églises du diocèse. De telles activités incitent Mgr
Mignen à confier aux pères la fondation
d’une nouvelle paroisse. La résidence de la rue Bonnard sera finalement vendue,
après un difficile accord des deux parties, la congrégation et le diocèse, en
fin décembre 1928[6].
2 - Saint Guilhem-le-Désert (1921-22,
vocations tardives) En octobre 1910, Mgr de Cabrières avait autorisé les Fils du Père d’Alzon
fonder des œuvres dans son diocèse, « en
particulier, (celle) des Vocations ecclésiastiques, connue sous le nom
d’Alumnats, pour les enfants pauvres qui se destinent au sacerdoce»[7]. L’idée du fondateur de ces
établissements, conçue en 1871, était de « faire
appel au dévouement et à la
générosité des classes pauvres, pour ouvrir
à ces
enfants le chemin du Sacerdoce… On y élèverait
gratuitement les enfants
désireux de se donner à Dieu, et qui à cause de la
pauvreté de leurs parents ne
pourraient être reçus dans les séminaires
diocésains… Il concevait un genre
d’éducation très spécial…
C’était la mise à exécution des
prescriptions du
Concile de Trente, sur le modèle des écoles
cléricales et monacales[8].
» Le 21 novembre 1913, le cardinal donnait son agrément aux
Assomptionnistes pour qu’ils créent dans l’ancien monastère de Saint-Guilhem,
restauré par ses soins, une Maison de formation pour les vocations tardives[9]. Il
y mettait cinq conditions, acceptées par leur Supérieur général, parmi
lesquelles trois principales : les religieux se chargeraient de la
paroisse ; les élèves reçus pourraient venir de tous les diocèses et
auraient la liberté d’entrer dans un Grand Séminaire ou dans une
congrégation ; enfin, l’immeuble resterait à la disposition des Pères « autant de temps que la dite Congrégation
pourrait y accomplir l’œuvre des Vocations ci-dessus énoncée. ». Le
religieux désigné comme curé fut un
Aveyronnais, le Père Marie-Lucien Couderc. Mais l’affaire ne se fit pas tout de suite[10] et la
guerre retarda encore la réalisation de ce projet. Il faut attendre 1921 pour
qu’il prenne tournure. Le 24 septembre, La
Semaine religieuse de Montpellier annonce que l’abbaye de Saint-Guilhem
ouvrira ses portes à une vingtaine de jeunes gens, tous des vocations tardives,
originaires de tous les diocèses, et désireux de se préparer au sacerdoce.
L’évêque confirme alors aux Assomptionnistes « la jouissance de l’abbaye, tant qu’ils seront chargés de
l’administration de la paroisse ». Les Pères se donnent pour mission
de former ici « des hommes faits,
des hommes aux traits affermis… redevenus écoliers pour compléter des études à
peine ébauchées, officiers ouvriers, ingénieurs ou cultivateurs [11]».
L’origine des élèves est fort diverse : ils sont une vingtaine, venus de
toutes les provinces de France : trois de Bretagne, trois de Franche-Comté,
deux de l’Hérault, un de Paris, un de Lyon, un de l’Alsace, un de la Gironde,
un de l’Auvergne, un du Vaucluse, un de l’Ardèche, un de La Réunion, un
d’Athènes et même un de Russie. Des Belges aussi. En effet, les Assomptionnistes
avaient décidé de transférer à Saint-Guilhem deux sections de vocations
tardives venant de Sart-les-Moines, en Belgique, à une dizaine de kilomètres de
Charleroi. A la fin de la première année d’études à Saint-Guilhem, quatorze
d’entre eux vont rejoindre les Essarts, près de Rouen[12]. Le cardinal de Cabrières avait béni et encouragé cette œuvre d’autant
plus volontiers qu’elle émanait de son maître vénéré, le P. d’Alzon. Son
successeur, Mgr Mignen, se montre moins bienveillant. Il désire une situation
nette et elle ne l’est pas à ses yeux. Il écrit au Supérieur général des
Assomptionnistes le 24 mai 1923 : «
Je suis obligé de croire qu’on n’a pu vous remettre à titre gracieux une maison
acquise, restaurée et meublée aux frais du diocèse et sacrifier ainsi 80 000 à
100 000 francs sans obtenir au moins, pour le diocèse de Montpellier, un
traitement plus privilégié, de plus grands avantages que les autres diocèses ou
pour votre congrégation.[13]»
Il ne refuse pas l’offre que lui font les religieux de lui rendre la
maison : « Votre proposition me
permettrait d’ajouter une seconde école presbytérale à celle que je vais
établir dès cette année à N.D. du Suc ». Cependant, il consentirait à leur
en laisser la jouissance, mais à une condition : « que les jeunes gens de mon diocèse y soient reçus de préférence
aux autres et y soient mis en mesure, par des études secondaires suffisamment
complètes, d’entrer directement dans mon grand séminaire, sans avoir à faire de
stage, plus ou moins prolongé, dans une autre maison de formation ». Les Assomptionnistes refusèrent les
conditions de Mgr Mignen qui leur imposait un loyer de 2000 francs par an
et un bail de 25 ans[14]. Le
Supérieur général lui confirma leur départ le 9 mai 1923 : « Nous nous retirerons au cours des
vacances ». Il suffira que l’évêque lui indique la date précise où lui
seront remises la paroisse et l’abbaye.[15]
« L’exiguïté du local nous
obligerait à de trop grandes dépenses pour aménager la maison et y abriter
toutes les vocations tardives[16]».
Les étudiants seront transférés à Lorgues, dans le Var, dans une maison qui
regroupera les élèves de Saint-Guilhem et de Rouen. Le déménagement était prévu
pour la fin juillet. L’annonce du départ fait l’objet d’une information, on ne
peut plus laconique, dans La Croix de
Saint-Guilhem d’août 1923 : « Des
circonstances imprévues nous obligent à nous transférer à Poussan [17]».
Point à la ligne. Les lecteurs de la Revue n’en sauront pas plus. L’évêque
récupère alors les lieux et y installe sa deuxième école presbytérale. 3 - Ppoussan
(Saint-Roch), 1920-1933 [18]
Peu de temps avant leur départ de
Saint-Guilhem, les Assomptionniste s’étaient installés à Poussan. Ce projet
remontait à quelques années. Le 6 mai 1921, Mgr Vernier écrivait au Supérieur
général : «Le Cardinal a accepté
avec joie que vous vous installiez dans la maison de Poussan. Si vous consentez
d’y placer des classes d’humanités, il ne voit aucun inconvénient à ce que vous
ouvriez votre établissement sous le titre de « Séminaire annexe[19]». Un retard de deux ans
va se produire vu le grand nombre de réparations à faire. Le 9 mai 1923, le
supérieur général des A.A. demande une érection canonique pour cette
institution baptisée Saint-Roch. Or l’école a reçu ses cinq premiers élèves le
jour du sacre de Mgr Mignen, le 21 novembre 1922. Arrivé à Montpellier, le
nouvel évêque manifeste son mécontentement en apprenant que les Pères n’ont pas
attendu son autorisation pour ouvrir la maison. Le 27 mai suivant, il émet deux
réserves : que soient sauvegardés les droits des paroissiens qui ont dû
faire des efforts financiers pour lotir les lieux et que les jeunes du diocèse élevés à Saint-Roch
de Poussan lui soient rendus dès qu’ils auront terminé leur cycle d’études de
grammaire (fin 3e), sauf s’ils se destinent expressément à l’état
religieux. Il consent finalement à donner son autorisation, le 2 septembre
1923, à condition d’ajouter aux classes inférieures, les cours d’humanités, dès
qu’il y aura des élèves susceptibles de les suivre. Ainsi aura-t-on dans ce
village un alumnat de grammaire de 1922 à 1927, auquel s’ajouteront toutes les
classes d’humanités de 1927 à 1933 - la rhétorique s’y fait à partir de 1927.
Dès la fin de cette première année scolaire dix d’entre eux quittent la maison
pour aller poursuivre leurs études ailleurs.
On peut s’étonner de trouver à Poussan un immeuble scolaire aussi
important. Quelle est l’origine de cette maison ? La propriété appartenait
aux frères de Saint-Gabriel. Construite en 1863, elle avait été acquise vers
1880 par une Société civile qui l’avait laissée à la disposition des Frères qui
n’avaient à payer que les impôts et à y faire les réparations. Ces religieux
furent expulsés en 1902. La Société y implanta alors une école libre où furent
reçus les filles et les garçons, et une maternelle. Elle ferma en 1908 faute de ressources. Y
passèrent ensuite des convalescents de la guerre. Puis plus rien. L’immeuble
était dans un état déplorable quand les Assomptionnistes envisagèrent de s’y
installer. Mais il y avait une grande et belle chapelle, de vastes dortoirs
bien aérés, des salles de classes bien conçues, pour une centaine d’internes.
En fait, leur nombre ne dépassa jamais 53. On fit donc de grands travaux pour
rendre la maison habitable
La chapelle, spacieuse, est dédiée à Saint-Roch. Elle va donner son nom
à l’alumnat. Elle a été construite par la confrérie de Saint Roch. Tout au long
des Bulletins se révèle le culte du « Saint
Guérisseur de Montpellier[20] »
et l’Ecole va profiter de cette réputation pour se faire mieux connaître.
Les effectifs augmentent assez vite : en un an, on est passé de 5 à
34 élèves. Ils accèdent à ce village par
le train, depuis la gare de Montbazin. Ils viennent de partout : des
Pyrénées, de la Gascogne, du Languedoc, de la Haute-Loire, mais surtout des
diocèses de Rodez et de Montpellier – sur neuf nouveaux en septembre 1924, on en
compte quatre de l’Hérault, deux du Gard (Nîmes) , un de la Haute-Saône et le
dernier du Puy-de-Dôme. Les pensionnaires sont admis entre onze et treize ans,
sous certaines conditions : qu’ils aient manifesté le désir d’être prêtre,
pour le diocèse, dans la vie religieuse ou pour les missions - un enfant qui
déclare ne pas vouloir être prêtre ou chez qui les directeurs ne découvrent pas
de signes de vocation ne sera jamais gardé - qu’ils soient animés d’une
sincérité, qu’ils appartiennent à une famille pratiquement catholique et d’une
honorabilité bien établie, qu’ils soient doués de moyens intellectuels
permettant de faire de sérieuses études, d’une intelligence suffisante pour
faire de bonnes études. L’œuvre recherche « les
vocations pauvres[21] »,
comptant sur la charité chrétienne pour les accueillir gratuitement en vue de
les préparer au sacerdoce. Donc « pas
d’enfants maladifs, pas d’enfants
d’intelligence trop faible et trop bornée, pas d’enfants douillets et gâtés.
Mais des enfants généreux, pieux, dociles [22]». Les Pères s’efforcent de donner à
la maison « une allure
monastique ». Tous les jours, les enfants psalmodient Prime, Vêpres et
Complies. On les voit parfois réciter des prières les bras en croix. Durant la
retraite, ils ne lisent que des vies de saints. Dans les alumnats, on insiste
traditionnellement sur la communion fréquente, voire quotidienne, et ceci avait
lieu déjà bien avant les décrets libérateurs de Pie X, de 1903 et 1910 (Quam singulari ). Les alumnistes ont un
régime particulier : ils ne vont en vacances chez eux qu’une fois par
an : un mois de grandes vacances,
c’est tout. Les congés de Noël et de Pâques se passent dans leur Maison
de Poussan[23]. « Notre vocation n’a pas à courir les
dangers où tant de jeunes âmes, hélas ! brûlent leurs ailes. »
Heureusement il y a les grandes promenades vers Valmagne, Saint-Félix de
Montceau, Murviel-lès-Montpellier, Sète, Montpellier. Le pèlerinage à Lavagnac,
berceau du P. d’Alzon, est traditionnel pour les rhétoriciens qui vont quitter
les lieux[24].
En 1929, on note un changement de supérieur : c’est le P. Léon Couderc qui
revient à Poussan. Le P. Dhers s’en va.
Sait-on quelque chose sur l’efficacité de la maison ? En janvier
1930, le chroniqueur annonce que douze anciens portent la soutane, dont cinq
bacheliers et dix autres se dirigent dans la même voie. Où vont-ils à leur
sortie ? Les lettres de remerciements publiées en décembre 1930 dans la
revue montrent des destinations bien différentes : l’un est au scolasticat
de Scy, d’autres dans divers grands séminaires : Francheville, Le Puy,
Nîmes, Rodez, deux autres au noviciat de l’Assomption. Lors de leur
départ, les Pères publient leur bilan dans la Croix de Poussan[25].
Entre 1922 et 1933, ils ont accueillis dans ce village 185 enfants, dont
26 sont entrés à l’Assomption.
Le succès a l’air assuré. Alors, pourquoi partir ? Le bâtiment est
en si mauvais état qu’il en devient dangereux.
«Les murs sont détériorés au point
qu’ils nous font craindre pour la vie de nos enfants», écrit le supérieur
en février 1931[26].
On n’a pas le choix. Il faut partir. Les Assomptionnistes envisagent alors à
construire à Nissan-lès-Ensérune. Mgr Mignen autorise ce transfert, le 17
février 1931. Mais cela ne se fit pas. Ce fut l’est du département qui fut
choisi. 4 –
Vérargues. Institution Notre-Dame de la Paix,
1933-1953, départ en 1963 Ce village qui se trouve près de
Saint-Christol fut choisi pour remplacer Poussan. Il est à 6 km de Lunel, d’où
sont issus plusieurs
assomptionnistes : Saturnin Aube,
Joseph Maubon, André Jaujou, Siméon Vailhé. Est-ce la raison de ce choix
? La première rentrée fut de 16 élèves ; le chiffre monta à 25 l’année
suivante. La maison était située dans un vaste parc de 9 hectares, riche de
toutes sortes d’espèces d’arbres. Les Assomptionnistes élevèrent le bâtiment
d’un étage, transformèrent les communs en réfectoire, étude et dortoir et
construisirent la chapelle qui fut bénite en 1938.
De 1922 à 1950, lit-on dans la revue de l’Ecole, Le Rameau de Notre-Dame de la Paix, l’œuvre de N.D. des Vocations a
donné à l’Eglise « plus 70 prêtres et missionnaires ». A cette
date, Valergues compte 50 jeunes « qui
se préparent à la Relève de demain[27] ». En l’année
scolaire 1949-50, la maison venait de recevoir un groupe de vocations tardives.
C’est en juillet 1954 que cet alumnat d’humanités (3e-1ère)
cesse ses fonctions. Les Assomptionnistes de la province de France possèdent
alors sept maisons de formation de jeunes, dont une en Belgique. Ils ne peuvent
plus tenir autant d’écoles à cause de la baisse des vocations et du nombre de
professeurs nécessaires dans chacune d’entre elles. Vérargues compte à ce
moment-là onze Religieux, dont deux Frères. De plus, la maison ne suffit plus à
son recrutement. Impossible de subsister
dans de telles conditions. Les Pères opèrent alors des regroupements et
l’établissement de Vérargues fusionne avec l’alumnat-collège de Soisy.
La propriété demeure encore quelques temps entre leurs mains.
Plusieurs religieux y restent pour s’occuper de l’entretien des lieux et deux
d’entre eux au moins, les pères Ulijn et Witzig, desservent des paroisses voisines[28]. Finalement, les locaux
et le parc seront vendus le 27 décembre 1963. C’en est fini des écoles
apostoliques et alumnats dans le diocèse de Montpellier. 5 - Montpellier : Sainte
Thérèse L’histoire en a été contée par M. Bouquier. Après trois années de
négociations, 1928-1931, fut posée la première pierre, le 21 mai 1931. Le
27 septembre une ordonnance de Mgr Mignen crée la paroisse. La construction en fut
confiée au P. Régis Serine et le plan fut
dressé par l’architecte Julien Boudes.
Pour trouver de l’argent le p. Serine usa de tous les moyens possibles : abonnement
à la Semeuse de Rose, timbres, achat
de pierres par des bienfaiteurs, quêtes,
kermesses. La bénédiction et l’inauguration de l’église eurent lieu du 5 au 8
novembre 1942. 6 - Notre-Dame d’Espérance a 40 ans Reportons-nous aux années 60. Trois faits marquants se conjuguent
pour expliquer la naissance de cette église-chapelle : une rapide augmentation
de population de Montpellier et la naissance de nouveaux quartiers ; le
fait que depuis des décennies, le diocèse ne cesse de construire des églises et
des chapelles, pour répondre aux besoins nouveaux ; le prolongement de la
scolarité secondaire, dont l’ouverture
du lycée de Mas de Tesse, le 2e lycée féminin de la ville, est l’une
des premières réalisations. Deux projets convergents se rencontrent :
celui de l’aumônerie – plus de mille filles dans ce lycée - et celui de Ste
Thérèse qui veut se donner un nouveau lieu de culte, à la limite de son
territoire. Ils se fédèrent sous
l’action de prêtres dynamiques, assomptionnistes et diocésains, dont Daniel Tedeschi, Charles Mauras et
Michel Bertès. 1963, le lycée du Mas
de Tesse vient d’ouvrir. Aumôniers et parents des élèves de l’aumônerie
décident d’acheter un terrain, rue de la Piscine Saint-Côme (Las Sorbes). Quatre ans plus tard, le chantier s’ouvre.
Aux prêtres cités s’est adjoint un groupe de laïcs, dont M.M Falgas,
Baus et Me Aussel. L’abbé Bertès collecte de l’argent. Les
Assomptionnistes payeront le reste. Et voilà le grand moment venu :
la chapelle est bénite et l’autel consacré
par Mgr Tourel le 7 décembre
1968. Une idée sous-tend l’œuvre de
M. Puech : créer « une église conçue pour rassembler comme une coque
de navire, pour naviguer dans le temps » Les vitraux de
Mme J. Gérardin délivrent leur
message : « Du lever au coucher
du jour, le Christ, notre soleil de justice vient avec nous, tirer le filet
pour notre monde. Sur nos rivages, son feu, son pain, sa source, nous donnent
vie ». Manquait le traditionnel
clocher d’où se fait l’appel à la
prière. Il viendra, dix ans après, doté de deux cloches : l’une venu du
pensionnat Sainte-Odile, l’autre, de la
chapelle de l’Adoration perpétuelle.
L’orgue installée dans le chœur provient
du grand séminaire. La chapelle paroissiale est jeune, vivante,
populeuse, chantante. Les lycéennes y abondent. Peut-on déceler quelques traits
originaux qui marquent ces 40 années d’existence ? Le 4
juillet 1967, la paroisse Ste Thérèse
est chargée de coordonner la pastorale de NDE, suivant l’accord conclu avec
l’aumônier du Mas de Tesse. Le 22 novembre 1969, Michel Bertès sera chargé de
coordonner la pastorale de cet ensemble. La place des Assomptionnistes fut
importante dès les premières années
(Pères Hooghe, Tedeschi, Scaglia, Burlet…). Les Pères quittèrent un temps NDE
pour y revenir 27 ans après, le 20 septembre
en 2002. C’est la dernière page
du livre d’Or de NDE, mais pas la fin de
cette histoire III -
L’Hérault terre de recrutement assomptionniste
Sur les 415 membres de tous ordres,
congrégations, instituts et sociétés que nous avons recensés de 1800 à 2000
comme étant originaire de l’Hérault ou rattachés d’une manière ou d’une autre
au diocèse de Montpellier, figurent 27 Assomptionnistes, sans compter le P. Castel
qui bien que rattaché à Lunel
dans les annuaires diocésains, est né à Carcassonne, et Michel Rey qui a quitté
la congrégation après lui avoir appartenu durant plusieurs années. Nous allons
présenter ces recrues pour nous faire une idée de leur origine, de leur
formation, de leur personnalité et de leur mission. Assomptionnistes de l’Hérault par
localités d’origine
Parmi eux, quelques-uns sont des
frères (Estève, Magnien, Pagès) ; d’autres, rares, ne sont pas arrivés à la prêtrise par suite
d’un décès précoce (Ménard). Ils sont originaires de tous les secteurs du département, d’une vingtaine de communes,
dont 5 de Lunel et 6 de Montpellier. Parmi eux, on peut distinguer ceux qui ont
exercé leur ministère en pays non chrétiens,
que nous qualifierons de missionnaires au sens large du mot, et ceux qui
ont œuvré en pays chrétiens. Les missionnaires : 15 sur 27 ont
exercé leur ministère dans les divers continents du monde. En Amérique, aux USA : Ollier et Boudou ; en Argentine : Castel (né à Carcassonne, mais qui
figure dans les Annuaires du diocèse de
Montpellier, parce que jeune il a vécu à Lunel), au Chili : Marius
Peysson, En Afrique, à Madagascar, Xavier Marmont En Asie, en Chine, Flavien Senaux ; en Turquie,
Pargoire, Dressaire et Fabre, les frère Emmanuel Magnien) ; en Palestine, Pargoire En Europe, en Bulgarie, Flavien
Senaux Les non-missionnaires (12)
Parmi eux, les prêtres remplissent diverses
fonctions : ministère paroissial et enseignement, essentiellement, dans
les collèges et les alumnats. Parmi ces assomptionnistes héraultais,
quelques-uns ont joué un rôle particulièrement important pour la congrégation
ou l’Eglise. Je retiendrai sept et ou huit
noms ne pouvant présenter les 27 Assomptionnistes retenus, parmi ceux qui ont laissé un
nom : archéologue et épigraphiste comme Pargoire, historiens connus comme
Siméon Vailhé, ou E. Lacoste (P. Baudouy), fondateur de mission comme Galabert,
défenseur de la communauté noire, Amédée Ollier[29].
GALABERT VICTORIN (1830-1885),
docteur en médecine, Le fondateur de la Mission d’Orient, Il
naquit à Montbazin le 6 novembre 1830. Il fait sa formation médicale à la
faculté de médecine de Montpellier et obtient son doctorat en 1854 avec son
Essai historique sur la variole. En
1855, il se rend à Rome pour faire ses
études de théologie et de droit canon. Il passe son doctorat de droit
canonique et il est ordonné prêtre le 7 juin 1857. De 1858 à 1862, le voilà
professeur à l’Assomption, notamment en sciences naturelles. En 1862, le p.
d’Alzon l’envoie à Constantinople pour jeter une fondation en vue de préparer
les voies d’une union des Bulgares à l’Eglise catholique. Il crée d’abord une
école primaire, Saint-André à Phillipoli, en janvier 1864. Il en sortira en
1884 un véritable collège, Saint-Augustin. A partir de 1865, il devient
conseiller théologique de l’évêque des Bulgares-Unis, Mgr Raphaël Popov
(1830-1876). Il apprend la langue bulgare puis la langue turque. C’est sur ses
épaules que repose le développement de la Mission d’Orient. A sa demande, le P.
d’Alzon créera les oblates qui arrivent
en terre bulgare en 1868. A Vatican I, il est le théologien ultramontain
des rares évêques d’Orient. En 1876, il devient provincial, avec résidence à
Andrinople. Pendant la guerre russo-turque de 1877-1878, il soigne les blessés
des deux camps. Les Russes et les Turcs lui en témoigneront une grande reconnaissance.
En 1883, l’Assomption plante sa tente en plein quartier musulman d’Istamboul. Il
a appris à aimer cet Orient. De passage en France en 1885, il meurt à Nîmes d’une
congestion cérébrale. Il n’a que 55 ans. Il est inhumé au cimetière St-Baudile
dans la tombe de l’Assomption près du P. d’Alzon Siméon Vailhé 1873-1960, est l’un des
historiens majeurs du P. d’Alzon - le
Père Jean-Paul Perier-Muzet le qualifie de « figure
savante et originale » (p. 3083). Ce Lunellois va accomplir une œuvre
immense au service de la mémoire du Père et des origines par nombre de travaux,
dont la publication de la biographie du fondateur en deux volumes de 1926 à
1934. Cette œuvre couronnée par l’Académie française est, selon J.P.
Périer-Muzet, « écrite uniquement
d’après les sources, et certaines pages ont même valeur de sources. » Le
critique signale une carence archivistique, « ce
qui, ajoute-t-il, « n’empêche pas
que ce soit une parfaite réussite du point de vue biographique. Sobre,
objectif, un peu froid, il évite toute saveur hagiographique et (son
ouvrage) demeure la biographie fondamentale[30]. » Baudouy Ernest, 1862-1942, A.A, Turquie, Palestine, écrivain sous
le nom de E. Lacoste) Né en 1862 à
Lacoste, près de Clermont-l’Hérault. Il fait sa profession perpétuelle à
Jérusalem. Il fait ses études
théologiques à Rome de 1883 à 1886. Il
en revient prêtre et docteur. Il sera maître des novices à Phanaraki, en Turquie, puis à Livry et à Jérusalem. A partir de 1904, il est
assistant général et procureur à Rome. Pendant la guerre de 1914 il rédige la Lettre à la dispersion de l’Assomption ou
l’Assomption aux armées. Après 1923, il ne fait plus partie de l’équipe
dirigeante des Assomptionnistes. Il s’occupe alors des pèlerinages de Notre-Dame de Salut et des
congrès eucharistiques. Il meurt à 80 ans de la grippe, en 1942. Il a écrit
deux ouvrages sous le pseudonyme de E. Lacoste « Le P. François Picard, second supérieur général de PARGOIRE JULES (1872-1907)),
historien et orientaliste de renom
Il est né à St-Pons de Mauchiens,
le 7 septembre 1872. Premières
études à Poussan, puis dans les alumnats du Gard et de la Drôme de 1884 à 1887,
puis à Nîmes de 1887 à 1889. Il est envoyé au noviciat de Phanaraki, en Turquie
d'Asie. Il est ensuite nommé enseignant dans les maisons d’Orient à l’école
Kom-Kapou et à Phanaraki (1891-1893). Ses études ecclésiastiques se partagent
entre Jérusalem et Kadi-Keuï. Il y est ordonné prêtre le 10 octobre 1897. Il
est choisi pendant ses études même comme professeur de grec de ses
condisciples. Il aide le Père Germer-Durand à déchiffrer et à restaurer les
inscriptions. Lui-même recueillera des inscriptions au Mont Athos. Il est nommé
rédacteur des Echos d’Orient. Il
travaille l’épigraphie grecque et l’histoire de l’Eglise byzantine à Kadi-Keuï.
Mgr Duchesne écrira de lui : "Il
y a dans les Echos d’Orient tel article signé Pargoire ou autrement que je
voudrais avoir écrit ». Dom Baur le félicitera pour son étude sur les
Homélies de saint Jean Chrysostome : "Je considère l’article de
M. Pargoire comme un véritable modèle de critique chronologique … Cet article si petit soit-il est ce
qu’il y a de mieux dans la masse des
écrits modernes sur saint Jean Chrysostome ». Il est membre de
l’institut archéologique russe de Constantinople. Il meurt à 35 ans,
brutalement emporté par une méningite foudroyante le 17 août 1907 dans son
village natal. Il est inhumé au cimetière de Saint-Pons. Mgr de Cabrières fera
élever à sa mémoire un monument en octobre 1907.
Ses œuvres nombreuses sont
toujours des références pour l’histoire des Eglises d’Orient. « Histoire de Byzance de 527 à
847", "Le début du monachisme à Constantinople", "Vie de
saint Auxence". Il participe au "Recueil des inscriptions chrétiennes
de l'Athos", écrit de nombreux articles dans "Les Echos
d'Orient", "La Revue des Etudes Byzantines", "Le Dictionnaire
de Liturgie et d'Archéologie", "Le Dictionnaire de théologie
catholique"... Il est un de ceux qui ont ouvert le dialogue entre
catholiques et orthodoxes. PEYTAVI Gustave, père SALVATOR 1881-1954, un
savant au destin curieux Né le 7 avril 1881 à Nissan. il fait
ses études au collège Saint–Joseph de Béziers de 1894 .I l se présente au
noviciat de Livry-Gargan et prend l‘habit sous le nom de frère Salvator à 1899.
Profès à Phanaraki en Turquie, on l’envoie à ND de France à Jérusalem pour sa
philosophie (1901-1903). Il y prononce ses vœux perpétuels. Au cours des trois
années suivantes, on le trouve successivement en Bulgarie, à Varna, (1903-04),
puis à Bethnal Grenen, à Londres, enfin en Espagne, où il enseigne la poésie et
apprend l’espagnol. Il va ensuite étudier la théologie à Rome (1906-1909). Il
passe son doctorat. Il a une excellente mémoire et une forte intelligence.
Ordonné prêtre le 4 juillet 1909, il est renvoyé en Espagne, à Elorrio, comme
professeur de première. Après un an, le P. Emmanuel Bailly l’appelle à Paris
pour travailler à la Bonne Presse. De 1910 à
1913, le P. Salvatore collabore à la rédaction de La Croix. Il revient
comme professeur à Rome de 1912 à 1915. Il enseigne la morale aux étudiants qui
suivent les cours à l’Université. En 1915, il est mobilisé et affecté à un
service d’infirmerie à Montpellier. Réformé en 1917, il rejoint Rome et reprend
ses cours. En 1919, à 38 ans, il quitte la vie
religieuse, se marie civilement et adhère à la Franc-maçonnerie. En 1933, il va
accepter un temps de reprise à la Trappe d’Aiguebelle et il se réintègre
progressivement à la vie de communauté à Florence, obtenant la levée de toutes
les sanctions canoniques qui l’ont frappé. Il passe quatre ans à Florence
(1933-1937). Il écrit la vie de sainte Gemma Galgani, En 1937, il gagne
quelques mois Jérusalem. Comme il connaît bien l’espagnol, ses supérieurs
l’envoient en Argentine. L’adaptation est dure. De 1938 à 1942, il travaille au
sanctuaire de Santos Lugares. En 1942, il passe au Chili, à la maison de
Santiago, au service du sanctuaire de ND de Lourdes. Pendant dix ans, il prend
en charge les mouvements de jeunes, les accompagnant dans leurs sorties en
campagne et les soutenant dans leurs formations artistiques et théâtrales sur
des représentations à thèmes religieux. Il compose un recueil de chants
liturgiques pour l’année mariale, rédige le Rosario des las ninos organe du
chapelet des enfants, mouvement de prière répandu dans toute l’Amérique de
langue espagnole. Il laisse de nombreux manuscrits lors de sa mort qui a lieu
le 19 mars 1954 à Santiago. Il avait 73 ans. OLLIER AMEDEE 1864-1913, AA, USA, un défenseur de la
communauté noire Né le 4 octobre 1864 à Montpellier, il fait ses études secondaires
au petit séminaire, de 1875 à 1882, puis sa philosophie et sa théologie au
Grand séminaire de cette ville, de 1882
à 1887. Le 25 mars de cette même année, il demande son admission à
l’Assomption. Il fait son noviciat et prononce ses premiers vœux à
Livry-Gargan, puis il est affecté à l’Alumnat d’Arras de 1891 à 1894. Il est ordonné prêtre le 10 août 1894 à Livry.
Après une année de surveillance et d’enseignement à l’Assomption à Nîmes
(1894-1895), il est nommé chapelain des
petites sœurs de New-York (1895-1897). Il participe à la fondation
assomptionniste d’évangélisation des Noirs de Louisiane, basée à Klotzville.
Les Blancs du pays estiment que l’œuvre des pères en faveur des Noirs est une
nuisance. Le P. Ollier rentre en France en 1900. Chapelain, il s’occupe alors
des mariniers à l’Isle-Saint-Denis. Il
est envoyé ensuite à Londres de 1903 à 1905, puis transféré à Charlton,
(1905-1906), puis à Brockley ((1906-1908), enfin à Newhaven (1908-1913) pour le
ministère paroissial. Malade, il est envoyé à San Remo où il meurt le 24
décembre 1913. Il n’a que 49 ans. AUBE Saturnin, 1875-1947, Assomptionniste, « un fils du Midi sur
les chemins du monde » en
Orient, Palestine, Turquie, Bulgarie Marius Louis Jacques est né le
30 décembre 1875, à Lunel. Son père, Louis Gérard 38 ans, est cultivateur. Sa
mère née Marie Dalard a 33 ans. Marius fit ses classes primaires chez les
Frères des Ecoles Chrétiennes de la
ville, et ses études secondaires dans
les alumnats assomptionnistes de Roussas et de Brian, de 1888 à 1893. Il
passe sa première année de noviciat à Livry, la deuxième à Phanaraki, en
Turquie (1894-1895). Il prend le nom de frère Saturnin. Il ira poursuivre ses
études ecclésiastiques à Jérusalem, puis Kadi-Keuï (1899-1900) où il est
ordonné prêtre le 25 mai 1902. Il va rester en Orient de longues années : 17 ans à
Andrinople-Karagatch (1902-1919), comme professeur, économe, supérieur, huit
ans vicaire provincial de la Mission d’Orient (1923-1930) en résidence à
Kadi-Keuï, deux ans supérieur à Varna en Bulgarie, pays dont il possède bien la
langue. Malade, il est obligé de regagner l’Europe. Son collège, Saint Michel
de Varna, va fermer deux ans plus tard (1934) Il fut souvent sur des zones de
batailles dans une région du monde, où se disputent les intérêts des puissances :
Turcs, Grecs et Bulgares. Il est ensuite rappelé à Lyon comme premier assistant
de la province et ses conseils sont précieux vu son expérience, à un moment où
les Assomptionnistes redéployent leurs missions vers C’est lui qui chanta la messe à
Lourdes, lors du pèlerinage diocésain de Montpellier, en 1922, où fut célébré
un service funèbre pour le cardinal de Cabrières qui venait de décéder le 22
décembre 1921. Il résidait alors à Andrinoples. Le P. Périer-Muzet relate les
traits de son caractère et le qualifie ainsi : austérité personnelle,
religieux fervent, calme et serein dans des situations difficiles, d’un
tempérament plus positif que spéculatif ; il savait mettre la main à la
pâte pour faire prendre des décisions qui trainaient, il entraînait nombre de
sympathies ; c’était un homme de conviction, à l’application assidue et
méticuleuse. FABRE Abel, Plaissan, 1872-1929,
Turquie, Palestine, un spécialiste de l’art Né à Plaissan dans l’Hérault, le 5 mai 1872, le P.
Abel n’est pas au sens strict un missionnaire, mais il s’est formé en Orient,
pour devenir le critique d’art avisé qu’il fut. Il fait ses premières études à
l’école publique du village, mais aussi chez le curé de la paroisse de 1881 à 1883. L’abbé Vailhé le fera entrer
dans l’alumnat de l’Assomption d’Alès, où il reste de 1883 à 1885. De là, il
passe à celui de Roussas, dans Il va
faire ses années de philosophie et la première de théologie à Jérusalem, puis
va terminer ce cycle à Phanaraki en Turquie en 1894-1895. Ordonné à Livry, il
va s’inscrire à Il
deviendra un critique d’art éminent. Il publie de nombreux articles, et concentre
sa pensée dans trois œuvres principales : Les Pages d’Art chrétien, l’Artiste chrétien, et le Manuel d’Art
chrétien. En 1917, l’Académie Française couronne d’un prix les Pages d’art chrétien. Il meurt à 57
ans d’une attaque d’apoplexie, le 16
janvier 1929. Le P.
d’Alzon, on le voit par cette présentation, a contribué par sa fondation
religieuse, à enrichir le diocèse de Montpellier, qu’il a tant fréquenté,
d’œuvres et d’hommes, sans compter nombre de prêtres et de laïcs qui se sont
formés dans ces établissements depuis la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu’à
nos jours. La paroisse Saint- Augustin de l’Aqueduc et un certain nombre de
pères continue à entretenir son esprit. Cette conférence est, à sa manière, une
petite contribution à la mémoire que les Assomptionnistes d’aujourd’hui
ont à cœur d’entretenir et de faire vivre. Nous sommes heureux d’y
contribuer. [1] Nous avons fabriqué ce terme de géographie
pour cerner une région qui n’a aucune unité, mais qui délimite la zone
principale où le père d’Alzon exerça son action dans le Midi. Cette partie est
rédigée à partir des notes de tous ceux qui ont écrit sur le père d’Alzon, en
particulier Siméon Vailhé et Jean-Paul Perier-Muzet. [2] Ou des Trésoriers de la Bourse selon d’autres auteurs. Nous avons préféré le choix du P.
Vailhé par suite d’un contrat du 17e mentionnant un maître Roche. Reste à poursuivre des recherches sur ce
point. [3] L. Secondy, De Saint-Pons à Saint-Roch, p.
35 à 53. [4] G. Cholvy,
Religion et Société …Le diocèse de Montpellier. [5] Patronage du Sacré-Cœur , Le Livre d’or de la Charité, Montpellier, 1899, p. 125 et suivantes. [6] Les péripéties concernant cette affaire de la rue Bonnard sont racontées dans l’ouvrage de Serge Bouquier Histoire de la paroisse Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de Montpellier, p. 27. [7] A.E., 3 R, Ordres et congrégations religieuses, texte signé par l’évêque et le P. Emmanuel Bailly, supérieur général des A.A., le 28 octobre 1910. [8] La Croix de Poussan p. 189. [9] Lettre du cardinal pour le soixantième anniversaire de son ordination, A.E. 1 H 4. [10] A.E., 3 R texte daté du 31 août 1921. [11] La Croix de Saint-Guilhem, n° 1, de janvier-mars 1922, p. 3. Cette revue comportera 7 numéros, de janvier 22 à août 23. (Archives de Saint-Guilhem). [12] Pour les détails, voir Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats, Le sacerdoce des pauvres, Paris, Bonne Presse, 1954, p. 276. [13]
Lettre de Mgr Mignen datée du 24 mai 1923, : A. dioc.. 1 H 4 . [14] A. dioc. 3 R, Lettre de l’évêque au supérieur général 26 juin 1923. [15] A. dioc. 3 R, lettre du Père Quénard à l’évêque de Montpellier, 9 mai 1923. [16] Ibid., lettre 10 juillet 1923. [17] La Croix de Saint-Guilhem, n° 7, p. 48, La correspondance est désormais à adresser à l’abbé L. Couderc, Institution Saint-Roch, Poussan. [18] Sur cet établissement et celui de Vérargues voir l’ouvrage bien informé du P. Polyeucte Guissard, Histoire des Alumnats, op. cit. le chapitre II, Alumnats de la Province de Paris 1° Poussan, Vérargues, p. 385-392. Ces données sont complétées par les quelques éléments plus maigres tirés des archives diocésaines. [19] A.E.. 3 R, Citation extraite de la lettre du supérieur général des AA à Mgr Mignen, 6 mai 1923. [20] La Croix de Poussan, N° 1, p.2. [21] La Croix de Poussan, p. 150 [22] Ibid., p. 342, en italique dans le texte. [23] Ibid., 18 août-18 septembre 1924, p.62 [24] Ibid., P. 155 [25] La Croix de Poussan, Institution Saint-Roch. Les N° 1 à 35 de janvier 1924 à décembre 1930 figurent aux A. E. de Montpellier, reliés en un volume. De trimestrielle, la revue devient mensuelle en janvier 1930. La pagination reprend alors à 1.. [26] A.E. 3 R, Lettre du supérieur provincial à l’évêque de Montpellier, 12 février 1931 [27] Le Rameau de Notre-Dame, Institution Notre-Dame de la Paix, avril 1950, p. 22 [28] J.P. Perrier-Muzet, Notices biographiques… [29] Une notice sur les missionnaires AA a été publiée dans notre dernier ouvrage Evêques et prêtres de l’Hérault au service de l’Eglise locale et universelle, 1800-2010, Montpellier 2010. [30] J.P. Perier-Muzet, Emmanuel d’Alzon, bibliographie commentée et référencée… cahier du bicentenaire, p. 189. [31] Notice du P. Perier-Muzet sur Abel
Fabre Louis Secondy EVEQUES ET PRETRES DE L’HERAULT AU SERVICE DE L’EGLISE LOCALE
ET UNIVERSELLE (1800-2010) Cet ouvrage où vous retrouverez votre nom, votre commune, votre secteur, ou
votre mission selon les cas, tient à la
fois d’une étude générale et d’un
dictionnaire particulier. Il présente un panorama des évêques et des
missionnaires issus du département de l’Hérault ou rattaché d’une quelconque
manière au diocèse de Montpellier, entre 1800 et 2010. Il rassemble une série
de chapitres et de notices individuelles sur les 17
évêques originaires de ce pays, nommés en
métropole, de Vannes à Nice, en passant par Lyon, Grenoble et Besançon, Albi,
ou en Algérie, et des 7 prélats qui ont exercé cette charge dans des pays lointains : Erythrée,
Madagascar, Gabon, USA), Viêt-Nam, Chine (2 à Pékin). Chacun des 147 missionnaires figurant
dans cet inventaire est l’objet d’une présentation personnelle relatant les
éléments essentiels de sa vie, de sa naissance à son décès : origines
familiale et géographique, études, formation, postes occupés, principales
activités, ouvrages publiés. Les prêtres fidei donum et les séminaristes
en coopération apportent leur témoignage personnel sur leur séjour en Amérique ou en Afrique. Ce travail se termine par une information générale sur les religieux issus de l’Hérault entre 1800 et 2000, regroupés
par familles. La liste établie à ce jour compte 419 noms. Elle est probablement
loin d’être complète. Elle sera consultable sur internet et/ou sur CD par la
suite. EVEQUES ET PRETRES DE L’HERAULT AU SERVICE DE L’EGLISE LOCALE
ET UNIVERSELLE (1800-2010), 405 pages. Bon de commande Prix
25 euros[1]……………………………………………………………+
Frais de port : 5 euros Total………………………………………………………………………............................................... Nom et
prénom……………………………………………………..................................................... Adresse……………………………………………………………………………………………...... ………………………………………………………………………………………………………… Téléphone………………………Email………………………………………………………………… A renvoyer à la
Maison diocésaine, 31 ter, avenue St-Lazare, 34 060 Montpellier Cedex 2, accompagné du
chèque de paiement à l’ordre du Syndicat ecclésiastique. Pour
toute correspondance : Louis Secondy, 9 rue de la Frégate, 34 080
Montpellier. Louis.secondy@infonie.fr,
04-67-52-44-03 et 06 82 23 13 98. Ce livre tiré pour le compte du diocèse
de Montpellier est vendu à prix coûtant. Ob peut retirer ce livre chez L.S. ou
à la Maison diocésaine. Merci de votre intérêt pour le sujet.
Nous
avons largement communiqué dans les trois clochers de la paroisse sous
notre responsabilité. Diffusion de 300 exemplaires de La Croix avec le
supplément Spiritualité "Héritiers du
P. d'Alzon". Diffusion des fiches Croire intitulées "La congrégation des assomptionnistes". Mise à disposition des
livrets de spiritualité sur le P. D'Alzon et St Augustin. A l'église sainte
Thérèse, installation des 3 magnifiques panneaux de
présentation fraîchement fabriqués. Temps de rencontre avant la messe
du samedi soir (45 participants) sur la base des articles de la Croix.
Temps de dialogue et de présentation de la congrégation avec des questions
très intéressantes venues des participants. Le lundi 23
novembre, nous avons fait une sortie de communauté sur les pas du P. d'Alzon.
Visite de l'église de Montagnac à 3 kms de Lavagnac. Visite du site de Lavagnac
en travaux. Voir la très belle photo du château sur le site www.lavagnac.com. L'après-midi,
marche dans les vignes à proximité du château de Lavagnac.
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