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Message du Supérieur Général
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Montpellier
                                     

CONFERENCE DU 21 OCTOBRE 2010

Le Père d’Alzon et ses fils en pays d’Hérault

L. Secondy

I – Le Père d’Alzon et  sa seconde patrie

   L’Hérault une  partie majeure de l’Alzonie, de Lavagnac à Lamalou[1].    Emmanuel n'a jamais oublié sa « seconde patrie », celle que forme une grande partie du  diocèse voisin de Montpellier. A son départ de Rome, en 1836, il lui faut choisir entre  trois options : ira-t-il à Nîmes, restera-t-il à Paris ou rejoindra-t-il  Montpellier  ? Il opte pour Nîmes. Mais ses attaches dans l’Hérault sont nombreuses, en particulier celles familiales de Lavagnac et de ses environs immédiats qui ont enchanté ses jeunes années, celles du séminaire de Montpellier où il s'est forgé des liens solides dans les rangs du clergé. Plus tard,  celles de la station thermale de Lamalou, où il vient refaire ses forces physiques et spirituelles, en surmontant ses épreuves de santé. Il s’est même porté candidat à des élections cantonales en 1861. Il n’est pas toujours bien vu dans le diocèse. A Montpellier, son zèle ultramontain a si fort indisposé Mgr Lecourtier que celui-ci l'a privé en 1860 des pouvoirs de confesser et de prêcher dans tout ce diocèse où pourtant l'abbé d'Alzon ne manquait ni d'appuis, ni d'amis ni de partisans. La situation se modifiera complètement  lorsque l’un de ses anciens élèves, l'abbé de Cabrières, qui a été directeur du collège de l’Assomption, sera nommé évêque de Montpellier en 1873.  Présentons  d’abord Lavagnac.

    Lavagnac, c’est dans ce château proche de Montagnac qu’Emmanuel passa son enfance et une partie de son adolescence, de 1816 à 1823. Cette belle résidence dominant la plaine de l’Hérault achetée à la Révolution par un Faventine  était passée dans le patrimoine de Mme d'Alzon. Elle fut réparée par Henri d'Alzon pour devenir la demeure principale et habituelle de la famille. Elle a été un domaine où, toute sa vie, Emmanuel aima se retremper. Il s'y est préparé à son entrée au grand séminaire de Montpellier. Il a quitté sa famille à partir de ces lieux, le soir du 14 mars 1832, mais il resta toujours attaché de cœur à Lavagnac, à ses habitants et à la population de Montagnac. Jeune, il aimait faire de l'Hérault un bassin de natation et de promenades en barque. Il parcourut les collines avoisinantes à cheval ou à pied, amateur d'équitation et de chasse. De Lavagnac il écrivit des piles de correspondance pour toutes les directions. La propriété agricole comptait plus de 190 hectares constitués en cultures céréalières, vignobles, pâtures et forêts. Jean de Puységur accroîtra la part des vignobles et fera aménager de grandes caves. Sur la partie basse du parc, un beau lac où voguaient des cygnes et des jardins à la française agrémentaient cette ouverture en direction de la plaine.  Dans la chapelle, le P. d'Alzon célébra une première messe pour ses parents en juillet 1835. Il aimait arpenter une allée du parc pour dire le bréviaire.

 De 1816 à 1860-1864, le château fut habité par les parents d'Emmanuel, Henri et Jeanne-Clémence et leur fille Augustine. Lors du partage, Emmanuel laissa Lavagnac à sa seconde sœur. A Montagnac, repose une grande partie de sa famille Marie, comtesse de Puységur, deuxième sœur d'Emmanuel, Augustine sœur aînée du P. d'Alzon et  Clémence de Faventine, Vicomtesse d'Alzon, sa mère.

Montpellier tient aussi une place importante dans la vie du Père. « Mme d'Alzon qui a toujours préféré la ville à la campagne, a d'abord profité de ses séjours dans la capitale, puis elle a fait choix de la ville de Montpellier où elle aimait résider dans un ancien hôtel de la rue des Trésoriers de France[2], maison Roche ». C'est là qu'elle mourut en 1860 comme sa fille Augustine. Emmanuel est un familier de la ville de Montpellier. Le jeune homme à 22 ans prit la décision d'entrer au grand séminaire de cette ville où il demeura du 15 mars 1832 à la fin juin 1833.  Ce couvent-séminaire comprenait deux étages de cellules, pas moins de 120 cellules. Il servit à la fois de petit et de grand séminaire durant 70 ans[3]. Il  trouva le régime d'études trop haché, le milieu trop fermé, le compagnonnage un peu rudimentaire, la nourriture un peu frustre, l'ambiance très anti-menaisienne et les professeurs inégaux. Mais il y apprit la régularité d'une vie commune, il noua des relations amicales notamment avec le futur abbé Soulas et le futur Dom Roch Boussinet. Le supérieur du séminaire, l'abbé Grasset, était entouré de prêtres de valeur, notamment les abbés Vernières, Fabre, Ginoulhiac.[4] Emmanuel le reconnaîtra plus tard par comparaison quand il se sera frotté aux enseignants du Collège Romain. Emmanuel fit le catéchisme à Montpellier, à des enfants de l'Hôpital général construit de 1680-1682.

A Lamalou, le P. d'Alzon a séjourné au moins 13 fois dans cette station thermale, d'après la chronologie établie par le P. Siméon Vailhé.  Il fréquenta aussi d'autres lieux de cure : Eaux-Bonnes, Vichy dans l'Allier, Bagnères de Bigorre. Son médecin le Dr Combal, le recommanda au médecin des eaux de Lamalou le Dr Privat qui dirigeait l'Hôtel-des-Bains. Emmanuel l’avait rencontré pour la première fois, dans la diligence de Montagnac à Montpellier en mars 1832. « Quand je vois passer M. d'Alzon, il me semble que c'est l'Eglise qui passe »

    Avec un enthousiasme reconnaissant, Emmanuel d'Alzon se fit  le propagandiste de Lamalou : « Les eaux où je suis produisent réellement des prodiges, quoiqu'elles soient peu connues ». Ses fréquents séjours devinrent une occasion de vie spirituelle intense. A la suite du P. Perier-Muzet, on pourrait continuer à présenter les lieux où le P. d’Alzon passa et eut quelque attache dans l’Hérault. Contentons-nous de dire qu’il tenait à cette contrée. Est-ce pour autant que la congrégation s’y implanta par la suite ? En fait, il faut attendre 1910 pour voir ses disciples arriver. Les Assomptionnistes  y sont toujours en 2010, un siècle plus tard. Voyons les  principaux lieux de leur installation. 

II – Les implantations des Assomptionnistes en Pays d’Hérault

1 - Montpellier : rue Bonnard (1910-1929) 

   Le 23 octobre 1910, Mgr de Cabrières a autorisé les fils du P. d’Alzon à s’installer dans ce diocèse à la demande du P. Emanuel Bailly. Les deux premiers pères, Charles Bornel et Edmond Bouvy logent à la Providence. En février 1911, le nouveau supérieur, le P. Thomas Darbois, qui a été curé de St-Jean de Fos pendant les hostilités, prend possession d’un nouveau logis, 14 rue Bonnard. C’est dans ces locaux que  se retrouvaient les enfants du patronage du Sacré Cœur[5] fondé en 1878 par la conférence de Saint-Vincent de Paul de Sainte-Eulalie. Ils sont  accueillis alors par les Pères de Timon-David. Le P. François-Régis Serine, qui va devenir le bâtisseur de Sainte-Thérése, est nommé en 1912 à la résidence de la rue Bonnard. Les Assomptionnistes s’occupent du patronage. Le P. Aymard Faugère en est responsable en 1911 et 1912. Il reviendra après la guerre de 14 dans cette communauté comme supérieur. On suit cette histoire  avec la nomination de ce même Aubert Aymard Faugère en août 1922 comme chargé du patronage inter-paroissial du Sacré-Cœur. En 1924, on a besoin de lui comme préfet de division au collège de Nîmes. Il quitte donc Montpellier, mais le patronage  continue. Les activités  des pères, qui sont cinq en 1914-1915, consistent à faire du ministère : catéchisme,  prédication, confession dans les paroisses, les communautés et les pensionnats. Mais depuis 1921, les Assomptionnistes sont devenus propriétaires de la maison de la rue Bonnard. Ils restaurent, agrandissent, aménagent et développent leurs activités. Le 15 décembre 1924, ils fondent le Bureau de Presse qui  deviendra la Librairie catholique du boulevard Jeu de Paume. En 1926, ils inaugurent l’œuvre des colonies de vacances du patronage : du 2 au 20 août, 22 enfants et deux religieuses vont à  la montagne, à Rimont, en Ariège, près de Saint-Girons, dans l’ancienne abbaye de Cambelongue. En 1927, les Assomptionnistes  prêchent le carême dans diverses églises du diocèse. De telles activités incitent Mgr Mignen  à confier aux pères la fondation d’une nouvelle paroisse. La résidence de la rue Bonnard sera finalement vendue, après un difficile accord des deux parties, la congrégation et le diocèse, en fin décembre 1928[6].

2 - Saint Guilhem-le-Désert (1921-22, vocations tardives)

En octobre 1910, Mgr de Cabrières avait autorisé les Fils du Père d’Alzon fonder des œuvres dans son diocèse, « en particulier, (celle) des Vocations ecclésiastiques, connue sous le nom d’Alumnats, pour les enfants pauvres qui se destinent au sacerdoce»[7].

   L’idée du fondateur de ces établissements, conçue en 1871, était de « faire appel au dévouement et à la générosité des classes pauvres, pour ouvrir à ces enfants le chemin du Sacerdoce… On y élèverait gratuitement les enfants désireux de se donner à Dieu, et qui à cause de la pauvreté de leurs parents ne pourraient être reçus dans les séminaires diocésains… Il concevait un genre d’éducation très spécial… C’était la mise à exécution des prescriptions du Concile de Trente, sur le modèle des écoles cléricales et monacales[8]. »

Le 21 novembre 1913, le cardinal donnait son agrément aux Assomptionnistes pour qu’ils créent dans l’ancien monastère de Saint-Guilhem, restauré par ses soins, une Maison de formation pour les vocations tardives[9]. Il y mettait cinq conditions, acceptées par leur Supérieur général, parmi lesquelles trois principales : les religieux se chargeraient de la paroisse ; les élèves reçus pourraient venir de tous les diocèses et auraient la liberté d’entrer dans un Grand Séminaire ou dans une congrégation ; enfin, l’immeuble resterait à la disposition des Pères « autant de temps que la dite Congrégation pourrait y accomplir l’œuvre des Vocations ci-dessus énoncée. ». Le religieux  désigné comme curé fut un Aveyronnais, le Père Marie-Lucien Couderc.

Mais l’affaire ne se fit pas tout de suite[10] et la guerre retarda encore la réalisation de ce projet. Il faut attendre 1921 pour qu’il prenne tournure. Le 24 septembre, La Semaine religieuse de Montpellier annonce que l’abbaye de Saint-Guilhem ouvrira ses portes à une vingtaine de jeunes gens, tous des vocations tardives, originaires de tous les diocèses, et désireux de se préparer au sacerdoce. L’évêque confirme alors aux Assomptionnistes « la jouissance de l’abbaye, tant qu’ils seront chargés de l’administration de la paroisse ». Les Pères se donnent pour mission de former ici « des hommes faits, des hommes aux traits affermis… redevenus écoliers pour compléter des études à peine ébauchées, officiers ouvriers, ingénieurs ou cultivateurs [11]». L’origine des élèves est fort diverse : ils sont une vingtaine, venus de toutes les provinces de France : trois de Bretagne, trois de Franche-Comté, deux de l’Hérault, un de Paris, un de Lyon, un de l’Alsace, un de la Gironde, un de l’Auvergne, un du Vaucluse, un de l’Ardèche, un de La Réunion, un d’Athènes et même un de Russie. Des Belges aussi. En effet, les Assomptionnistes avaient décidé de transférer à Saint-Guilhem deux sections de vocations tardives venant de Sart-les-Moines, en Belgique, à une dizaine de kilomètres de Charleroi. A la fin de la première année d’études à Saint-Guilhem, quatorze d’entre eux vont rejoindre les Essarts, près de Rouen[12].

Le cardinal de Cabrières avait béni et encouragé cette œuvre d’autant plus volontiers qu’elle émanait de son maître vénéré, le P. d’Alzon. Son successeur, Mgr Mignen, se montre moins bienveillant. Il désire une situation nette et elle ne l’est pas à ses yeux. Il écrit au Supérieur général des Assomptionnistes le 24 mai 1923 : « Je suis obligé de croire qu’on n’a pu vous remettre à titre gracieux une maison acquise, restaurée et meublée aux frais du diocèse et sacrifier ainsi 80 000 à 100 000 francs sans obtenir au moins, pour le diocèse de Montpellier, un traitement plus privilégié, de plus grands avantages que les autres diocèses ou pour votre congrégation.[13]» Il ne refuse pas l’offre que lui font les religieux de lui rendre la maison : « Votre proposition me permettrait d’ajouter une seconde école presbytérale à celle que je vais établir dès cette année à N.D. du Suc ». Cependant, il consentirait à leur en laisser la jouissance, mais à une condition : « que les jeunes gens de mon diocèse y soient reçus de préférence aux autres et y soient mis en mesure, par des études secondaires suffisamment complètes, d’entrer directement dans mon grand séminaire, sans avoir à faire de stage, plus ou moins prolongé, dans une autre maison de formation ».

   Les Assomptionnistes refusèrent les conditions de Mgr Mignen qui leur imposait un loyer de 2000 francs par an et  un bail de 25 ans[14]. Le Supérieur général lui confirma leur départ le 9 mai 1923 : « Nous nous retirerons au cours des vacances ». Il suffira que l’évêque lui indique la date précise où lui seront remises la paroisse et l’abbaye.[15]  « L’exiguïté du local nous obligerait à de trop grandes dépenses pour aménager la maison et y abriter toutes les vocations tardives[16]». Les étudiants seront transférés à Lorgues, dans le Var, dans une maison qui regroupera les élèves de Saint-Guilhem et de Rouen. Le déménagement était prévu pour la fin juillet. L’annonce du départ fait l’objet d’une information, on ne peut plus laconique, dans La Croix de Saint-Guilhem d’août 1923 : « Des circonstances imprévues nous obligent à nous transférer à Poussan [17]». Point à la ligne. Les lecteurs de la Revue n’en sauront pas plus. L’évêque récupère alors les lieux et y installe sa deuxième école presbytérale.

3 - Ppoussan (Saint-Roch), 1920-1933 [18]

  Peu de temps avant leur départ de Saint-Guilhem, les Assomptionniste s’étaient installés à Poussan. Ce projet remontait à quelques années. Le 6 mai 1921, Mgr Vernier écrivait au Supérieur général : «Le Cardinal a accepté avec joie que vous vous installiez dans la maison de Poussan. Si vous consentez d’y placer des classes d’humanités, il ne voit aucun inconvénient à ce que vous ouvriez votre établissement sous le titre de « Séminaire annexe[19]». Un retard de deux ans va se produire vu le grand nombre de réparations à faire. Le 9 mai 1923, le supérieur général des A.A. demande une érection canonique pour cette institution baptisée Saint-Roch. Or l’école a reçu ses cinq premiers élèves le jour du sacre de Mgr Mignen, le 21 novembre 1922. Arrivé à Montpellier, le nouvel évêque manifeste son mécontentement en apprenant que les Pères n’ont pas attendu son autorisation pour ouvrir la maison. Le 27 mai suivant, il émet deux réserves : que soient sauvegardés les droits des paroissiens qui ont dû faire des efforts financiers pour lotir les lieux et  que les jeunes du diocèse élevés à Saint-Roch de Poussan lui soient rendus dès qu’ils auront terminé leur cycle d’études de grammaire (fin 3e), sauf s’ils se destinent expressément à l’état religieux. Il consent finalement à donner son autorisation, le 2 septembre 1923, à condition d’ajouter aux classes inférieures, les cours d’humanités, dès qu’il y aura des élèves susceptibles de les suivre. Ainsi aura-t-on dans ce village un alumnat de grammaire de 1922 à 1927, auquel s’ajouteront toutes les classes d’humanités de 1927 à 1933 - la rhétorique s’y fait à partir de 1927. Dès la fin de cette première année scolaire dix d’entre eux quittent la maison pour aller poursuivre leurs études ailleurs.

   On peut s’étonner de trouver à Poussan un immeuble scolaire aussi important. Quelle est l’origine de cette maison ? La propriété appartenait aux frères de Saint-Gabriel. Construite en 1863, elle avait été acquise vers 1880 par une Société civile qui l’avait laissée à la disposition des Frères qui n’avaient à payer que les impôts et à y faire les réparations. Ces religieux furent expulsés en 1902. La Société y implanta alors une école libre où furent reçus les filles et les garçons, et une maternelle. Elle  ferma en 1908 faute de ressources. Y passèrent ensuite des convalescents de la guerre. Puis plus rien. L’immeuble était dans un état déplorable quand les Assomptionnistes envisagèrent de s’y installer. Mais il y avait une grande et belle chapelle, de vastes dortoirs bien aérés, des salles de classes bien conçues, pour une centaine d’internes. En fait, leur nombre ne dépassa jamais 53. On fit donc de grands travaux pour rendre la maison habitable

   La chapelle, spacieuse, est dédiée à Saint-Roch. Elle va donner son nom à l’alumnat. Elle a été construite par la confrérie de Saint Roch. Tout au long des Bulletins se révèle le culte du « Saint Guérisseur de Montpellier[20] » et l’Ecole va profiter de cette réputation pour se faire mieux connaître.

   Les effectifs augmentent assez vite : en un an, on est passé de 5 à 34 élèves. Ils accèdent à ce village  par le train, depuis la gare de Montbazin. Ils viennent de partout : des Pyrénées, de la Gascogne, du Languedoc, de la Haute-Loire, mais surtout des diocèses de Rodez et de Montpellier – sur neuf nouveaux en septembre 1924, on en compte quatre de l’Hérault, deux du Gard (Nîmes) , un de la Haute-Saône et le dernier du Puy-de-Dôme. Les pensionnaires sont admis entre onze et treize ans, sous certaines conditions : qu’ils aient manifesté le désir d’être prêtre, pour le diocèse, dans la vie religieuse ou pour les missions - un enfant qui déclare ne pas vouloir être prêtre ou chez qui les directeurs ne découvrent pas de signes de vocation ne sera jamais gardé - qu’ils soient animés d’une sincérité, qu’ils appartiennent à une famille pratiquement catholique et d’une honorabilité bien établie, qu’ils soient doués de moyens intellectuels permettant de faire de sérieuses études, d’une intelligence suffisante pour faire de bonnes études. L’œuvre recherche « les vocations pauvres[21] », comptant sur la charité chrétienne pour les accueillir gratuitement en vue de les préparer au sacerdoce. Donc « pas d’enfants maladifs,  pas d’enfants d’intelligence trop faible et trop bornée, pas d’enfants douillets et gâtés. Mais des enfants généreux, pieux, dociles [22]».

    Les Pères s’efforcent de donner à la maison « une allure monastique ». Tous les jours, les enfants psalmodient Prime, Vêpres et Complies. On les voit parfois réciter des prières les bras en croix. Durant la retraite, ils ne lisent que des vies de saints. Dans les alumnats, on insiste traditionnellement sur la communion fréquente, voire quotidienne, et ceci avait lieu déjà bien avant les décrets libérateurs de Pie X, de 1903 et 1910 (Quam singulari ). Les alumnistes ont un régime particulier : ils ne vont en vacances chez eux qu’une fois par an : un mois de grandes vacances,  c’est tout. Les congés de Noël et de Pâques se passent dans leur Maison de Poussan[23]. « Notre vocation n’a pas à courir les dangers où tant de jeunes âmes, hélas ! brûlent leurs ailes. » Heureusement il y a les grandes promenades vers Valmagne, Saint-Félix de Montceau, Murviel-lès-Montpellier, Sète, Montpellier. Le pèlerinage à Lavagnac, berceau du P. d’Alzon, est traditionnel pour les rhétoriciens qui vont quitter les lieux[24]. En 1929, on note un changement de supérieur : c’est le P. Léon Couderc qui revient à Poussan. Le P. Dhers s’en va.

   Sait-on quelque chose sur l’efficacité de la maison ? En janvier 1930, le chroniqueur annonce que douze anciens portent la soutane, dont cinq bacheliers et dix autres se dirigent dans la même voie. Où vont-ils à leur sortie ? Les lettres de remerciements publiées en décembre 1930 dans la revue montrent des destinations bien différentes : l’un est au scolasticat de Scy, d’autres dans divers grands séminaires : Francheville, Le Puy, Nîmes, Rodez, deux autres au noviciat de l’Assomption. Lors de leur départ,  les Pères publient leur bilan dans la Croix de Poussan[25]. Entre 1922 et 1933,  ils ont accueillis dans ce village 185 enfants, dont 26 sont entrés à l’Assomption.

   Le succès a l’air assuré. Alors, pourquoi partir ? Le bâtiment est en si mauvais état qu’il en devient dangereux.  «Les murs sont détériorés au point qu’ils nous font craindre pour la vie de nos enfants», écrit le supérieur en février 1931[26]. On n’a pas le choix. Il faut partir. Les Assomptionnistes envisagent alors à construire à Nissan-lès-Ensérune. Mgr Mignen autorise ce transfert, le 17 février 1931. Mais cela ne se fit pas. Ce fut l’est du département qui fut choisi.

4 – Vérargues.  Institution Notre-Dame de la Paix, 1933-1953, départ en 1963

   Ce village qui se trouve près de Saint-Christol fut choisi pour remplacer Poussan. Il est à 6 km de Lunel, d’où sont issus  plusieurs assomptionnistes : Saturnin Aube,  Joseph Maubon, André Jaujou, Siméon Vailhé. Est-ce la raison de ce choix ? La première rentrée fut de 16 élèves ; le chiffre monta à 25 l’année suivante. La maison était située dans un vaste parc de 9 hectares, riche de toutes sortes d’espèces d’arbres. Les Assomptionnistes élevèrent le bâtiment d’un étage, transformèrent les communs en réfectoire, étude et dortoir et construisirent la chapelle qui fut bénite en 1938.

   De 1922 à 1950, lit-on dans la revue de l’Ecole, Le Rameau de Notre-Dame de la Paix, l’œuvre de N.D. des Vocations a donné à l’Eglise « plus 70 prêtres et missionnaires ». A cette date, Valergues compte 50 jeunes « qui se préparent à la Relève de demain[27] ». En l’année scolaire 1949-50, la maison venait de recevoir un groupe de vocations tardives.

    C’est en juillet 1954 que cet alumnat d’humanités (3e-1ère) cesse ses fonctions. Les Assomptionnistes de la province de France possèdent alors sept maisons de formation de jeunes, dont une en Belgique. Ils ne peuvent plus tenir autant d’écoles à cause de la baisse des vocations et du nombre de professeurs nécessaires dans chacune d’entre elles. Vérargues compte à ce moment-là onze Religieux, dont deux Frères. De plus, la maison ne suffit plus à son recrutement.  Impossible de subsister dans de telles conditions. Les Pères opèrent alors des regroupements et l’établissement de Vérargues fusionne avec l’alumnat-collège de Soisy. 

    La propriété  demeure encore quelques temps entre leurs mains. Plusieurs religieux y restent pour s’occuper de l’entretien des lieux et deux d’entre eux au moins, les pères Ulijn et Witzig,  desservent des paroisses voisines[28]. Finalement, les locaux et le parc seront vendus le 27 décembre 1963. C’en est fini des écoles apostoliques et alumnats dans le diocèse de Montpellier. 

 5 - Montpellier : Sainte Thérèse

   L’histoire en a été contée par  M. Bouquier. Après trois années de négociations, 1928-1931, fut posée la première pierre, le 21 mai 1931. Le  27 septembre une ordonnance de Mgr Mignen crée la paroisse. La construction en fut confiée au  P. Régis Serine et le plan fut dressé par  l’architecte Julien Boudes. Pour trouver de l’argent le p. Serine usa de tous les moyens possibles : abonnement à la Semeuse de Rose, timbres, achat de pierres par des bienfaiteurs,  quêtes, kermesses. La bénédiction et l’inauguration de l’église eurent lieu du 5 au 8 novembre 1942.   

 6 - Notre-Dame d’Espérance a 40 ans

  Reportons-nous aux années 60. Trois faits marquants se conjuguent pour expliquer la naissance de cette église-chapelle : une rapide augmentation de population de Montpellier et la naissance de nouveaux quartiers ; le fait que depuis des décennies, le diocèse ne cesse de construire des églises et des chapelles, pour répondre aux besoins nouveaux ; le prolongement de la scolarité secondaire, dont  l’ouverture du lycée de Mas de Tesse, le 2e lycée féminin de la ville, est l’une des premières réalisations.  Deux  projets convergents se rencontrent : celui de l’aumônerie – plus de mille filles dans ce lycée - et celui de Ste Thérèse qui veut se donner un nouveau lieu de culte, à la limite de son territoire. Ils se fédèrent  sous l’action de prêtres dynamiques, assomptionnistes et diocésains,  dont Daniel Tedeschi, Charles Mauras et Michel Bertès.  1963, le lycée du Mas de  Tesse vient d’ouvrir. Aumôniers  et parents des élèves de l’aumônerie décident d’acheter un terrain, rue de la Piscine Saint-Côme (Las Sorbes).  Quatre ans plus tard, le chantier s’ouvre. Aux prêtres cités s’est  adjoint  un groupe de laïcs, dont M.M Falgas, Baus et  Me Aussel. L’abbé  Bertès collecte de l’argent. Les Assomptionnistes payeront le reste. Et voilà le grand moment venu : la chapelle est bénite et l’autel  consacré  par Mgr Tourel  le 7 décembre 1968.  Une idée sous-tend l’œuvre de M. Puech : créer « une  église conçue pour rassembler comme une coque de navire, pour naviguer dans le temps » Les vitraux  de   Mme J.  Gérardin délivrent leur message : « Du lever au coucher du jour, le Christ, notre soleil de justice vient avec nous, tirer le filet pour notre monde. Sur nos rivages, son feu, son pain, sa source, nous donnent vie ». Manquait  le traditionnel clocher d’où se fait  l’appel à la prière. Il viendra, dix ans après, doté de deux cloches : l’une venu du pensionnat Sainte-Odile,  l’autre, de la chapelle de  l’Adoration perpétuelle. L’orgue installée dans le chœur provient  du grand séminaire. La chapelle paroissiale est jeune, vivante, populeuse, chantante. Les lycéennes y abondent. Peut-on déceler quelques traits originaux qui marquent ces 40 années d’existence ? Le  4 juillet  1967, la paroisse Ste Thérèse est chargée de coordonner la pastorale de NDE, suivant l’accord conclu avec l’aumônier du Mas de Tesse. Le 22 novembre 1969, Michel Bertès sera chargé de coordonner la pastorale de cet ensemble. La place des Assomptionnistes fut importante dès  les premières années (Pères Hooghe, Tedeschi, Scaglia, Burlet…). Les Pères quittèrent un temps NDE pour y revenir 27 ans après, le 20 septembre  en 2002.  C’est la dernière page du livre d’Or de NDE, mais pas la fin de  cette histoire

III - L’Hérault terre de recrutement assomptionniste 

   Sur les 415 membres de tous ordres, congrégations, instituts et sociétés que nous avons recensés de 1800 à 2000 comme étant originaire de l’Hérault ou rattachés d’une manière ou d’une autre au diocèse de Montpellier, figurent 27 Assomptionnistes, sans compter le P.  Castel  qui bien que  rattaché à Lunel dans les annuaires diocésains, est né à Carcassonne, et Michel Rey qui a quitté la congrégation après lui avoir appartenu durant plusieurs années. Nous allons présenter ces recrues pour nous faire une idée de leur origine, de leur formation, de leur personnalité et de leur mission. 

Assomptionnistes de l’Hérault par localités  d’origine

 

Aniane

Peysson Marius, 1864-1902, A. A., Chili 

Argelliers

Scaglia Henri, 1924-

Béziers

Senaux Flavien, 1882-1967, Turquie, Chine 

Carcassonne +  Lunel

Castel  Fernand, 1877-1952, Chili, Argentine

Lacoste

Baudouy Ernest, 1862-1942, Turquie, Palestine

Lunel

Aube Saturnin, 1875-1947,  Orient

Lunel

Jaujou André, 1859-1929

Lunel

Maubon Joseph, 1849-1932, A.A., Turquie, Chili

Lunel

Menard  Marie-Michel, 1857-1884, mort profès

Lunel

Vailhé  Siméon,   1873-1960

Marseillan

Boudou Gérard, 1889-1918, USA, mort à la guerre

Montbazin

Galabert Victorin, 1830-1885,  Bulgarie, Turquie

Montpellier

Carabasse Firmin 1912 -1989

Montpellier

Coulet  Pierre, 1899-1986

Montpellier

Magnien  Emmanuel (frère), 1882-1961, en Orient

Montpellier

Marmont Marie Xavier (1910-2001), Madagascar

Montpellier

Ollier Amédée, 1864-1913, USA, Angleterre

Montpellier

Pagès Louis Paul, 1895-1962

Murviel-les-Montpellier

Périé  Maurice, 1894-1938

Nissan

Peytavi Salvador, 1881-1954, Turquie, Argentine, Chili

Le Pin (Vieussan)

Bergé Maurice 1910-1964, prêtre en 1937

Plaissan

Fabre Abel, 1872-1929, Turquie, Palestine

Popian

Bonnel  Joachim,  1861-1928, Turquie, Chili

Saint-André de Sangonis

Laurès Benjamin, 1873-1968, Turquie, Palestine

Saint-Georges d’Orques

Rey  Michel (a quitté la congrégation)

Saint-Gervais sur Mare

Dressaire Léopold, 1876-1947, Palestine, Turquie

Saint-Pons-de-Mauchiens

Pargoire Jules, 1872-1907, A.A . Palestine, Turquie

Sète

Estève Etienne, 1899-1928

Taussac-la Billière

Pastre Eloi, joseph, Victor, 1915- 1975

 

   Parmi eux, quelques-uns sont des frères (Estève, Magnien, Pagès) ; d’autres, rares,  ne sont pas arrivés à la prêtrise par suite d’un décès précoce (Ménard). Ils sont originaires de  tous les secteurs  du département, d’une vingtaine de communes, dont 5  de Lunel et  6 de Montpellier.

   Parmi eux, on peut distinguer ceux qui ont exercé leur ministère en pays non chrétiens,  que nous qualifierons de missionnaires au sens large du mot, et ceux qui ont œuvré en pays chrétiens.

Les missionnaires : 15 sur 27 ont exercé leur ministère dans les divers continents du monde.

En Amérique, aux  USA : Ollier et Boudou ; en Argentine : Castel (né à Carcassonne, mais qui figure  dans les Annuaires du diocèse de Montpellier, parce  que  jeune il a vécu à Lunel), au Chili : Marius Peysson,

En Afrique, à Madagascar, Xavier Marmont

En Asie, en Chine, Flavien Senaux ;  en Turquie, Pargoire, Dressaire et Fabre, les frère Emmanuel Magnien) ;  en Palestine, Pargoire

 

En Europe, en  Bulgarie, Flavien Senaux

Les non-missionnaires (12)

Bergé Maurice 1910-1937, prêtre en 1937

Carabasse Firmin 1912- 1989, prêtre en 1946.

Coulet Pierre, 1899-1986, prêtre en 1928

Estève  Etienne, 1899-1928, frère, mort accidentellement

Jaujou André, 1859 1929, prêtre, secrétaire du P. Picard et assistant général 1892-1903

Ménard   Marie-Michel 1857-1884, mort profès

Pagès Louis, 1895 -1962, frère, tailleur de profession

Pastre Eloi 1912-1943, prêtre en 1943

Périé Maurice, 1894-1938, prêtre en 1924

Rey  Michel 1925-1961 a quitté la congrégation sorti en 1961 (indult de laïcisation 66)

Scaglia Henri, 1924-

Vailhé Siméon 1873-1960, assistant général (1928-1929), historien du P. d’Alzon

  Parmi eux, les prêtres remplissent diverses fonctions : ministère paroissial et enseignement, essentiellement, dans les collèges et les alumnats. Parmi ces assomptionnistes héraultais, quelques-uns ont joué un rôle particulièrement important pour la congrégation ou l’Eglise. Je retiendrai sept et ou huit  noms ne pouvant présenter les 27 Assomptionnistes  retenus, parmi ceux qui ont laissé un nom : archéologue et épigraphiste comme Pargoire, historiens connus comme Siméon Vailhé, ou E. Lacoste (P. Baudouy), fondateur de mission comme Galabert, défenseur de la communauté noire, Amédée Ollier[29].  

 

GALABERT VICTORIN (1830-1885), docteur en médecine, Le fondateur de la Mission d’Orient,

  Il naquit à Montbazin le 6 novembre 1830. Il fait sa formation médicale à la faculté de médecine de Montpellier et obtient son doctorat en 1854 avec son Essai historique  sur la variole. En 1855, il se rend à Rome pour faire ses  études de théologie et de droit canon. Il passe son doctorat de droit canonique et il est ordonné prêtre le 7 juin 1857. De 1858 à 1862, le voilà professeur à l’Assomption, notamment en sciences naturelles. En 1862, le p. d’Alzon l’envoie à Constantinople pour jeter une fondation en vue de préparer les voies d’une union des Bulgares à l’Eglise catholique. Il crée d’abord une école primaire, Saint-André à Phillipoli, en janvier 1864. Il en sortira en 1884 un véritable collège, Saint-Augustin. A partir de 1865, il devient conseiller théologique de l’évêque des Bulgares-Unis, Mgr Raphaël Popov (1830-1876). Il apprend la langue bulgare puis la langue turque. C’est sur ses épaules que repose le développement de la Mission d’Orient. A sa demande, le P. d’Alzon créera les oblates qui arrivent  en terre bulgare en 1868. A Vatican I, il est le théologien ultramontain des rares évêques d’Orient. En 1876, il devient provincial, avec résidence à Andrinople. Pendant la guerre russo-turque de 1877-1878, il soigne les blessés des deux camps. Les Russes et les Turcs lui en témoigneront une grande reconnaissance. En 1883, l’Assomption plante sa tente en plein quartier musulman d’Istamboul. Il a appris à aimer cet Orient. De passage en France en 1885, il meurt à Nîmes d’une congestion cérébrale. Il n’a que 55 ans. Il est inhumé au cimetière St-Baudile dans la tombe de l’Assomption près du P. d’Alzon

Siméon Vailhé 1873-1960, est l’un des historiens majeurs du P. d’Alzon -  le Père Jean-Paul Perier-Muzet le qualifie de « figure savante et originale » (p. 3083). Ce Lunellois va accomplir une œuvre immense au service de la mémoire du Père et des origines par nombre de travaux, dont la publication de la biographie du fondateur en deux volumes de 1926 à 1934. Cette œuvre couronnée par l’Académie française est, selon J.P. Périer-Muzet, « écrite uniquement d’après les sources, et certaines pages ont même valeur de sources. » Le critique signale une carence archivistique, « ce qui, ajoute-t-il, « n’empêche pas que ce soit une parfaite réussite du point de vue biographique. Sobre, objectif, un peu froid, il évite toute saveur hagiographique et (son ouvrage) demeure la biographie fondamentale[30]. »

 

Baudouy Ernest, 1862-1942, A.A, Turquie, Palestine, écrivain sous le nom de E. Lacoste)

  Né en  1862 à Lacoste, près de Clermont-l’Hérault. Il fait sa profession perpétuelle à Jérusalem. Il fait  ses études théologiques à Rome de  1883 à 1886. Il en revient prêtre et docteur. Il sera maître des novices à  Phanaraki, en Turquie, puis à Livry et  à Jérusalem. A partir de 1904, il est assistant général et procureur à Rome. Pendant la guerre de 1914 il rédige la Lettre à la dispersion de l’Assomption ou l’Assomption aux armées. Après 1923, il ne fait plus partie de l’équipe dirigeante des Assomptionnistes. Il s’occupe alors  des pèlerinages de Notre-Dame de Salut et des congrès eucharistiques. Il meurt à 80 ans de la grippe, en 1942. Il a écrit deux ouvrages sous le pseudonyme de E. Lacoste « Le P. François Picard, second supérieur général de la Congrégation des Augustins de l’Assomption – 1831-1903 »  etAjouter à votre panier « Le père Vincent de Paul Bailly, fondateur de « La Croix » et de la Maison de la Bonne Presse ».

PARGOIRE JULES (1872-1907)), historien et orientaliste de renom 

  Il est né à St-Pons de Mauchiens,  le 7 septembre 1872.  Premières études à Poussan, puis dans les alumnats du Gard et de la Drôme de 1884 à 1887, puis à Nîmes de 1887 à 1889. Il est envoyé au noviciat de Phanaraki, en Turquie d'Asie. Il est ensuite nommé enseignant dans les maisons d’Orient à l’école Kom-Kapou et à Phanaraki (1891-1893). Ses études ecclésiastiques se partagent entre Jérusalem et Kadi-Keuï. Il y est ordonné prêtre le 10 octobre 1897. Il est choisi pendant ses études même comme professeur de grec de ses condisciples. Il aide le Père Germer-Durand à déchiffrer et à restaurer les inscriptions. Lui-même recueillera des inscriptions au Mont Athos. Il est nommé rédacteur des Echos d’Orient. Il travaille l’épigraphie grecque et l’histoire de l’Eglise byzantine à Kadi-Keuï. Mgr Duchesne écrira de lui : "Il y a dans les Echos d’Orient tel article signé Pargoire ou autrement que je voudrais avoir écrit ». Dom Baur le félicitera pour son étude sur les Homélies de saint Jean Chrysostome : "Je considère  l’article de M. Pargoire comme un véritable modèle de critique chronologique …  Cet article si petit soit-il est ce qu’il  y a de mieux dans la masse des écrits modernes sur saint Jean Chrysostome ». Il est membre de l’institut archéologique russe de Constantinople. Il meurt à 35 ans, brutalement emporté par une méningite foudroyante le 17 août 1907 dans son village natal. Il est inhumé au cimetière de Saint-Pons. Mgr de Cabrières fera élever à sa mémoire un monument en octobre 1907.

  Ses œuvres nombreuses sont  toujours des références pour l’histoire des Eglises d’Orient. « Histoire de Byzance de 527 à 847", "Le début du monachisme à Constantinople", "Vie de saint Auxence". Il participe  au "Recueil des inscriptions chrétiennes de l'Athos", écrit de nombreux articles dans "Les Echos d'Orient", "La Revue des Etudes Byzantines", "Le Dictionnaire de Liturgie et d'Archéologie", "Le Dictionnaire de théologie catholique"... Il est un de ceux qui ont ouvert le dialogue entre catholiques et orthodoxes.

PEYTAVI Gustave, père SALVATOR 1881-1954, un savant au destin curieux

  Né le 7 avril 1881 à Nissan.  il fait ses études au collège Saint–Joseph de Béziers de 1894 .I l se présente au noviciat de Livry-Gargan et prend l‘habit sous le nom de frère Salvator à 1899. Profès à Phanaraki en Turquie, on l’envoie à ND de France à Jérusalem pour sa philosophie (1901-1903). Il y prononce ses vœux perpétuels. Au cours des trois années suivantes, on le trouve successivement en Bulgarie, à Varna, (1903-04), puis à Bethnal Grenen, à Londres, enfin en Espagne, où il enseigne la poésie et apprend l’espagnol. Il va ensuite étudier la théologie à Rome (1906-1909). Il passe son doctorat. Il a une excellente mémoire et une forte intelligence. Ordonné prêtre le 4 juillet 1909, il est renvoyé en Espagne, à Elorrio, comme professeur de première. Après un an, le P. Emmanuel Bailly l’appelle à Paris pour travailler à la Bonne Presse. De 1910 à  1913, le P. Salvatore collabore à la rédaction de La Croix. Il revient comme professeur à Rome de 1912 à 1915. Il enseigne la morale aux étudiants qui suivent les cours à l’Université. En 1915, il est mobilisé et affecté à un service d’infirmerie à Montpellier. Réformé en 1917, il rejoint Rome et reprend ses cours.

  En 1919, à 38 ans, il quitte la vie religieuse, se marie civilement et adhère à la Franc-maçonnerie. En 1933, il va accepter un temps de reprise à la Trappe d’Aiguebelle et il se réintègre progressivement à la vie de communauté à Florence, obtenant la levée de toutes les sanctions canoniques qui l’ont frappé. Il passe quatre ans à Florence (1933-1937). Il écrit la vie de sainte Gemma Galgani, En 1937, il gagne quelques mois Jérusalem. Comme il connaît bien l’espagnol, ses supérieurs l’envoient en Argentine. L’adaptation est dure. De 1938 à 1942, il travaille au sanctuaire de Santos Lugares. En 1942, il passe au Chili, à la maison de Santiago, au service du sanctuaire de ND de Lourdes. Pendant dix ans, il prend en charge les mouvements de jeunes, les accompagnant dans leurs sorties en campagne et les soutenant dans leurs formations artistiques et théâtrales sur des représentations à thèmes religieux. Il compose un recueil de chants liturgiques pour l’année mariale, rédige le Rosario des las ninos organe du chapelet des enfants, mouvement de prière répandu dans toute l’Amérique de langue espagnole. Il laisse de nombreux manuscrits lors de sa mort qui a lieu le 19 mars 1954 à Santiago. Il avait 73 ans.

OLLIER  AMEDEE 1864-1913, AA, USA, un défenseur de la communauté noire

    Né le 4 octobre 1864 à  Montpellier, il fait ses études secondaires au petit séminaire, de 1875 à 1882, puis sa philosophie et sa théologie au Grand séminaire de cette ville,   de 1882 à 1887. Le 25 mars de cette même année, il demande son admission à l’Assomption. Il fait son noviciat et prononce ses premiers vœux à Livry-Gargan, puis il est affecté à l’Alumnat d’Arras de 1891 à 1894.  Il est ordonné prêtre le 10 août 1894 à Livry. Après une année de surveillance et d’enseignement à l’Assomption à Nîmes (1894-1895), il est  nommé chapelain des petites sœurs de New-York (1895-1897). Il participe à la fondation assomptionniste d’évangélisation des Noirs de Louisiane, basée à Klotzville. Les Blancs du pays estiment que l’œuvre des pères en faveur des Noirs est une nuisance. Le P. Ollier rentre en France en 1900. Chapelain, il s’occupe alors des mariniers à  l’Isle-Saint-Denis. Il est envoyé ensuite à Londres de 1903 à 1905, puis transféré à Charlton, (1905-1906), puis à Brockley ((1906-1908), enfin à Newhaven (1908-1913) pour le ministère paroissial. Malade, il est envoyé à San Remo où il meurt le 24 décembre 1913. Il n’a que 49 ans. 

AUBE Saturnin, 1875-1947, Assomptionniste, « un fils du Midi sur les chemins du  monde » en Orient, Palestine, Turquie, Bulgarie

  Marius Louis Jacques est né le 30 décembre 1875, à Lunel. Son père, Louis Gérard 38 ans, est cultivateur. Sa mère née Marie Dalard  a 33 ans.  Marius fit ses classes primaires chez les Frères des Ecoles Chrétiennes  de la ville, et  ses études secondaires dans les alumnats assomptionnistes de Roussas et de Brian, de 1888 à 1893. Il passe sa première année de noviciat à Livry, la deuxième à Phanaraki, en Turquie (1894-1895). Il prend le nom de frère Saturnin. Il ira poursuivre ses études ecclésiastiques à Jérusalem, puis Kadi-Keuï (1899-1900) où il est ordonné prêtre le 25 mai 1902.

  Il va rester en Orient  de longues années : 17 ans à Andrinople-Karagatch (1902-1919), comme professeur, économe, supérieur, huit ans vicaire provincial de la Mission d’Orient (1923-1930) en résidence à Kadi-Keuï, deux ans supérieur à Varna en Bulgarie, pays dont il possède bien la langue. Malade, il est obligé de regagner l’Europe. Son collège, Saint Michel de Varna, va fermer deux ans plus tard (1934) Il fut souvent sur des zones de batailles dans une région du monde, où se disputent les intérêts des puissances : Turcs, Grecs et Bulgares. Il est ensuite rappelé à Lyon comme premier assistant de la province et ses conseils sont précieux vu son expérience, à un moment où les Assomptionnistes redéployent leurs missions vers la Roumanie,  la Yougoslavie et la Mandchourie. Il s’occupe de la procure et du Bulletin des Missions. En 1946, déchargé de ses fonctions, il est envoyé à Carnolès dans les Alpes-Maritimes. Il s’active dans cette région de Menton : confessions, économat… Il meurt frappé de deux hémorragies successives à l’âge de 71 ans au cours de la Semaine sainte 1947.

   C’est lui qui chanta la messe à Lourdes, lors du pèlerinage diocésain de Montpellier, en 1922, où fut célébré un service funèbre pour le cardinal de Cabrières qui venait de décéder le 22 décembre 1921. Il résidait alors à Andrinoples. Le P. Périer-Muzet relate les traits de son caractère et le qualifie ainsi : austérité personnelle, religieux fervent, calme et serein dans des situations difficiles, d’un tempérament plus positif que spéculatif ; il savait mettre la main à la pâte pour faire prendre des décisions qui trainaient, il entraînait nombre de sympathies ; c’était un homme de conviction, à l’application assidue et méticuleuse.

 

FABRE Abel, Plaissan, 1872-1929, Turquie, Palestine, un spécialiste de l’art

    Né à Plaissan dans l’Hérault, le 5 mai 1872, le P. Abel n’est pas au sens strict un missionnaire, mais il s’est formé en Orient, pour devenir le critique d’art avisé qu’il fut. Il fait ses premières études à l’école publique du village, mais aussi chez le curé de la paroisse  de 1881 à 1883. L’abbé Vailhé le fera entrer dans l’alumnat de l’Assomption d’Alès, où il reste de 1883 à 1885. De là, il passe à celui de Roussas, dans la Drôme, (1885),  puis de Nîmes, de 1885, à 1888. Ses parents résistent à son entrée chez les Assomptionnistes. Il n’a que 16 ans et demi. Abel fait montre d’une volonté de fer. Son supérieur le déclare « doué de qualités précieuses et d’une heureuse intelligence, doué pour les études artistiques[31] ».

   Il va faire ses années de philosophie et la première de théologie à Jérusalem, puis va terminer ce cycle à Phanaraki en Turquie en 1894-1895. Ordonné à Livry, il va s’inscrire à La Sorbonne et à l’Institut  catholique de Paris, pour suivre des cours de littérature,  ainsi qu’aux Hautes Etudes, à Paris, sur l’art byzantin. Il fera durant ses années de cours de suppléance, mais malade, on va le retrouver à San Remo, à Plaissan, à Laubat.  Il obtient un indult de sécularisation, ce qui lui permet de travailler à la Bonne Presse de Féron-Vrau, à Paris, sa résidence habituelle de 1896 à 1905. Il lit l’hébreu et l’arabe.

  Il deviendra un critique d’art éminent. Il publie de nombreux articles, et concentre sa pensée dans trois œuvres principales : Les Pages d’Art chrétien, l’Artiste chrétien, et le Manuel d’Art chrétien. En 1917, l’Académie Française couronne d’un prix les Pages d’art chrétien. Il meurt à 57 ans d’une attaque d’apoplexie,  le 16 janvier 1929.

   Le P. d’Alzon, on le voit par cette présentation, a contribué par sa fondation religieuse, à enrichir le diocèse de Montpellier, qu’il a tant fréquenté, d’œuvres et d’hommes, sans compter nombre de prêtres et de laïcs qui se sont formés dans ces établissements depuis la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu’à nos jours. La paroisse Saint- Augustin de l’Aqueduc et un certain nombre de pères continue à entretenir son esprit. Cette conférence est, à sa manière, une petite contribution à la mémoire que les Assomptionnistes d’aujourd’hui ont à cœur d’entretenir et de faire vivre. Nous sommes heureux d’y contribuer. 



[1] Nous avons fabriqué ce terme de géographie pour cerner une région qui n’a aucune unité, mais qui délimite la zone principale où le père d’Alzon exerça son action dans le Midi. Cette partie est rédigée à partir des notes de tous ceux qui ont écrit sur le père d’Alzon, en particulier Siméon Vailhé et Jean-Paul Perier-Muzet.

[2] Ou des Trésoriers de la  Bourse selon d’autres  auteurs. Nous avons préféré le choix du P. Vailhé par suite d’un contrat du 17e mentionnant un maître Roche.  Reste à poursuivre des recherches sur ce point.

[3] L. Secondy, De Saint-Pons à Saint-Roch, p. 35  à 53.

[4] G. Cholvy,  Religion et Société …Le diocèse de Montpellier.

[5] Patronage du Sacré-Cœur , Le Livre d’or de la Charité, Montpellier, 1899, p. 125 et suivantes.

[6] Les péripéties concernant cette affaire de la rue Bonnard sont racontées dans l’ouvrage de Serge Bouquier Histoire de la paroisse Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de Montpellier, p. 27.

[7] A.E., 3 R, Ordres et congrégations religieuses, texte signé par l’évêque et le P. Emmanuel Bailly, supérieur général des A.A.,  le 28 octobre 1910.

[8] La Croix de Poussan p. 189.

[9] Lettre du cardinal pour le soixantième anniversaire de son ordination, A.E. 1 H 4.

[10] A.E., 3 R texte daté du  31 août 1921.

[11] La Croix de Saint-Guilhem, n° 1, de janvier-mars 1922, p. 3. Cette revue comportera 7 numéros, de janvier 22 à août 23. (Archives de Saint-Guilhem).

[12] Pour les détails, voir Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats, Le sacerdoce des pauvres, Paris, Bonne Presse, 1954, p. 276.

[13] Lettre de Mgr Mignen datée du 24 mai 1923, : A. dioc.. 1 H 4 .

[14] A. dioc. 3 R, Lettre de l’évêque au supérieur général 26 juin 1923.

[15] A. dioc. 3 R, lettre du Père Quénard à l’évêque de Montpellier, 9 mai 1923.

[16] Ibid., lettre 10 juillet 1923.

[17] La Croix de Saint-Guilhem, n° 7, p. 48, La correspondance est désormais à adresser  à l’abbé L. Couderc, Institution Saint-Roch, Poussan.

[18] Sur cet  établissement et celui de Vérargues  voir l’ouvrage bien informé du P. Polyeucte Guissard, Histoire des Alumnats, op. cit. le chapitre II, Alumnats de la Province de Paris 1° Poussan, Vérargues, p. 385-392. Ces données sont complétées par les quelques éléments plus maigres tirés des archives diocésaines.

[19] A.E.. 3 R, Citation extraite de la lettre du supérieur général des AA à Mgr Mignen, 6 mai 1923.

[20] La Croix de Poussan, N° 1, p.2.

[21] La Croix de Poussan, p. 150

[22] Ibid., p. 342, en italique dans le texte.

[23] Ibid., 18 août-18 septembre 1924, p.62

[24] Ibid., P. 155

[25] La Croix de Poussan, Institution Saint-Roch. Les N° 1  à 35 de janvier 1924 à décembre 1930 figurent aux A. E. de Montpellier, reliés en un volume. De trimestrielle, la revue devient mensuelle en janvier 1930. La pagination reprend alors à 1..

[26] A.E. 3 R, Lettre du supérieur provincial à l’évêque de Montpellier, 12 février 1931

[27] Le Rameau de Notre-Dame, Institution Notre-Dame de la Paix, avril 1950, p. 22

[28] J.P. Perrier-Muzet, Notices biographiques…

[29] Une notice sur les missionnaires AA a été publiée dans notre dernier ouvrage Evêques et prêtres de l’Hérault au service de l’Eglise locale et universelle, 1800-2010, Montpellier 2010.

[30] J.P. Perier-Muzet, Emmanuel d’Alzon, bibliographie commentée et référencée… cahier du bicentenaire, p. 189.

 

[31] Notice du P. Perier-Muzet sur Abel Fabre  

Louis Secondy

EVEQUES ET PRETRES DE L’HERAULT AU SERVICE DE L’EGLISE LOCALE ET UNIVERSELLE (1800-2010)

     Cet ouvrage où vous retrouverez votre nom, votre commune, votre secteur, ou votre mission  selon les cas, tient à la fois d’une étude générale et d’un dictionnaire particulier. Il présente un panorama des évêques et des missionnaires issus du département de l’Hérault ou rattaché d’une quelconque manière au diocèse de Montpellier, entre 1800 et 2010. Il rassemble une série de chapitres et de notices individuelles sur les 17 évêques originaires de ce pays, nommés en métropole, de Vannes à Nice, en passant par Lyon, Grenoble et Besançon, Albi, ou en Algérie,  et des 7 prélats  qui ont exercé cette  charge dans des pays lointains : Erythrée, Madagascar, Gabon, USA), Viêt-Nam, Chine (2 à Pékin). 

  Chacun des 147 missionnaires figurant dans cet inventaire est l’objet d’une présentation personnelle relatant les éléments essentiels de sa vie, de sa naissance à son décès : origines familiale et géographique, études, formation, postes occupés, principales activités, ouvrages publiés.  Les prêtres fidei donum et les séminaristes en coopération apportent leur témoignage personnel sur  leur séjour en Amérique ou en Afrique.

    Ce travail se termine par une information générale sur les religieux issus de l’Hérault entre 1800 et 2000, regroupés par familles. La liste établie à ce jour compte 419 noms. Elle est probablement loin d’être complète. Elle sera consultable sur internet et/ou sur CD par la suite.

 

EVEQUES ET PRETRES DE L’HERAULT AU SERVICE DE L’EGLISE LOCALE ET UNIVERSELLE (1800-2010), 405 pages.

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A renvoyer à la Maison diocésaine, 31 ter, avenue St-Lazare, 34 060 Montpellier Cedex 2,  accompagné du  chèque de paiement à l’ordre du Syndicat ecclésiastique. Pour toute correspondance : Louis Secondy, 9 rue de la Frégate, 34 080 Montpellier. Louis.secondy@infonie.fr, 04-67-52-44-03 et 06 82 23 13 98. Ce livre tiré pour le compte du diocèse de Montpellier est vendu à prix coûtant. Ob peut retirer ce livre chez L.S. ou à la Maison diocésaine. Merci de votre intérêt pour le sujet.



 

 

Nous avons largement communiqué dans les trois clochers de la paroisse sous notre responsabilité. Diffusion de 300 exemplaires de La Croix avec le supplément Spiritualité "Héritiers du P. d'Alzon". Diffusion des fiches Croire intitulées "La congrégation des assomptionnistes". Mise à disposition des livrets de spiritualité sur le P. D'Alzon et St Augustin. A l'église sainte Thérèse, installation des 3 magnifiques panneaux de présentation fraîchement fabriqués.  Temps de rencontre avant la messe du samedi soir (45 participants) sur la base des articles de la Croix. Temps de dialogue et de présentation de la congrégation avec des questions très intéressantes venues des participants. 

Le lundi 23 novembre, nous avons fait une sortie de communauté sur les pas du P. d'Alzon. Visite de l'église de Montagnac à 3 kms de Lavagnac. Visite du site de Lavagnac en travaux. Voir la très belle photo du château sur le site www.lavagnac.com.

L'après-midi, marche dans les vignes à proximité du château de Lavagnac.

NB: Quant au DVD KTO envoyé en express, nous ne l'avons pas encore reçu à ce jour (25nov). Nous trouverons une prochaine occasion pour le diffuser.