Documents Ecrits      Powerpoint      Photos     Vidéos     Intranet     Calendrier de l'année jubilaire
Message du Supérieur Général
Eng  Fr  Esp              

Le père d’Alzon, la prière et l’action

 

Fondateur de l’ordre des Assomptionnistes, le père Emmanuel d’Alzon (1810-1880) fut un visionnaire dont l’action et le message restent étonnamment actuels. A l’occasion  du bicentenaire de sa naissance, faisons mieux connaissance avec cet homme de caractère et de conviction.

 

Sans le père d’Alzon, sans doute ne seriez-vous pas en train de lire Vermeil…  Pourquoi ce raccourci un peu audacieux ? Parce que ce prêtre inspira la fondation, en 1873,  d’une entreprise de presse catholique dont, cent trente sept  années plus tard, Vermeil- avec La Croix, Pèlerin,  Notre Temps, et bien d’autres - est un des titres.  Cet homme de foi fut aussi un homme d’action, un bâtisseur, un visionnaire, débordant d’activités et de projets dont tous trouvaient leur source dans la prière et sa « passion pour le Royaume de Dieu ». Prier et agir furent les deux piliers de la vie de ce Cévenol né le 30 août 1810 au Vigan (Gard) dans une famille aristocratique marquée par l’idéal chevaleresque et l’engagement chrétien.

Au seuil de l’âge adulte, le jeune Emmanuel hésite entre une carrière dans la magistrature ou dans l’armée, tradition familiale oblige. Ayant opté pour le droit, il entame des études universitaires à Paris. Mais les événements de 1830 le contraignent à les interrompre. Cherchant quel cours il souhaite donner à son existence, il passe deux ans dans sa région natale, comme en retrait, loin des  bouleversements politiques de ces temps troublés, lisant la Bible et les grands auteurs chrétiens. Et il prend sa décision : il sera prêtre.  Pour lui, au cœur des changements politiques et sociaux brutaux, la vocation sacerdotale apparaît indissociable d’une volonté  d’agir sur la société, de la transformer. Après des études au grand séminaire de Montpellier, il part pour Rome en novembre 1833. C’est là que, un an plus tard, il est ordonné prêtre, au lendemain de Noël 1834.

De retour dans le Gard, il gravit les échelons; à 29 ans seulement, il est nommé  vicaire général du diocèse de Nîmes.  Il y restera… presque 40 ans. Refusant de loger au palais épiscopal, il préfère l’indépendance d’un logement en ville, au contact de la vie de la cité, près des gens.  Dès le début de son sacerdoce, il place au centre de ses préoccupations la dimension éducative et scolaire, soucieux, comme il l’écrit, de « former Jésus-Christ dans les êtres ». En 1843, à partir d’un modeste pensionnat, cet homme au caractère bien trempé établit à Nîmes une maison d’éducation qui, en quelques années, deviendra un des collèges les plus réputés du Midi.

Ce lieu dans lequel il peut donner libre cours à sa passion pour l’enseignement devient le berceau de la vie et de l’action spirituelle du père d’Alzon, sa base arrière. Au sein du collège, il fonde alors un mouvement  spirituel placé sous le patronage de saint Augustin, qui lui donnera son nom : les Augustins de l’Assomption (ou Assomptionnistes). Dans l’idée de son fondateur et de ses quatre compagnons d’aventure venus chacun d’un des quatre coins de la France – Henri Brun, Victor Cardenne, Etienne Pernet et Hippolyte Saugrain -, ce mouvement né à Noël 1850, mêle la ferveur d’une vie monastique et l’entrain apostolique des congrégations modernes, autour de la devise choisie par le père d’Alzon : « Adveniat regnum tuum » (Que Ton règne vienne). Ce père spirituel avait une triple exigence vis-à-vis de ses fils en Assomption : être francs (« dites ce que vous êtes sans arrière-pensées »), hardis (« qu’importe si certains vous traitent de téméraires ») et désintéressés (« rejetez les mesquines et personnelles considérations »). La règle de la vie communautaire qu’il mit en place pouvait se résumer en deux mots - charité fraternelle et humilité – et une formule - « le Royaume de Dieu en nous et autour de nous ». Dès la fondation de leur mouvement, les Assomptionnistes appellent à leurs côtés des laïcs, dans un rapport de pleine confiance réciproque.

Durant tout son chemin spirituel, le père d’Alzon mena une action rigoureuse, novatrice et engagée, avec toujours le souci de maintenir un lien très étroit avec la papauté : « Travailler pour Rome, quelquefois sans Rome mais jamais contre Rome », disait-il.  Tout autant contemplatif – il débutait ses journées par deux heures de méditation – qu’actif, le père d’Alzon eut des intuitions prophétiques en s’appuyant, en plus de l’éducation, sur les pèlerinages et la presse. Un de ses proches, le père Picard fonda le Pèlerinage National à Lourdes, organisé chaque année depuis 1873, puis, dès 1882, des pèlerinages vers Jérusalem et les hauts lieux de Terre Sainte.

C’est pour informer leurs participants qu’il fonda en 1873 une publication, Le Pèlerin – à l’origine, un simple bulletin de liaison -, premier titre d’un groupe de presse qui verra naître le quotidien la Croix dix ans plus tard. Ces deux titres forment les piliers de l’édifice qui sous le nom de la Maison de la Bonne Presse, avant de devenir Bayard Presse, connaîtra un très grand rayonnement en France et à l’étranger.

Le père d’Alzon, que son biographe André Sève qualifia de « vivant magnifique », meurt le 21 novembre 1880. Aujourd’hui, sa spiritualité  inspire encore plus de 3 500  religieuses et religieux à travers le monde, ainsi que de très nombreux laïcs associés. En 1991, l’Eglise lui a donné le titre de « vénérable ». La première étape d’une béatification ?

                                                                                                           Olivier Calon

 

 

 

(encadrés) 

 

 

L’héritage spirituel du père d’Alzon aujourd’hui et dans le monde

Le père d’Alzon fut un passionné de Jésus-Christ ; cette passion n’a cessé d’être transmise avec vigueur à ses frères et demeure toujours aussi vive aujourd’hui. Dans la lignée de leur fondateur, les Assomptionnistes veulent être des hommes de communion et de partage, solidaires des plus pauvres. Rejetant les préjugés et les exclusions, ils n’ont cessé de s’engager dans l’accueil et le dialogue, ayant vocation à bâtir des ponts. D’où qu’ils viennent, fidèles à la volonté du père d’Alzon, les Assomptionnistes ont toujours privilégié la vie communautaire : quels que soient le pays, la langue ou la culture d’origine, les frères vivent ensemble sous un même toit, sûrs que le Christ qui les unit est plus fort que tout ce qui peut les séparer. Ainsi, la diversité devient source de richesse et de joie. La fraternité évangélique estompe toute frontière !

Présents en France, leur pays d’origine, les Assomptionnistes le sont aussi à travers le monde. Par exemple, l’Orient chrétien les passionne et ils sont ainsi présents à Jérusalem, Istanbul, comme à Moscou ou Bucarest. La mission les pousse à voir toujours plus loin. Récemment, ils sont partis fonder au Vietnam, aux Philippines ou au Togo. Bâtisseurs de sanctuaires en Argentine ou au Chili, ils travaillent également au Congo ou à Madagascar. Partout,  appelés par le Christ, ils sont envoyés par Lui pour servir leurs frères en annonçant la Bonne Nouvelle, témoigner de la miséricorde du Père et servir l’Eglise. La clé de voûte qui unifie leur vie est résumée par cette invitation, inscrite dans leur règle de vie, à se porter partout « là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu ». 

 

 

 

Pour aller plus loin

- Un lieu : A Nîmes, a été aménagé un Lieu de mémoire, ouvert à l’automne 2009, qui présente divers documents et des objets qui ont appartenu au père d’Alzon : 28, rue Séguier, à Nîmes. (pour les visites, s’adresser aux Sœurs Oblates de Nîmes, au 04 66 76 08 94)

- Des sites internet : www.assomption.org,  www.alzon.org; www.alzon-2010.org  

- Une revue : L’Assomption et ses œuvres (4 numéros par an : 79, avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris)

- Un livre : « Ma vie, c’est le christ, Emmanuel d’Alzon », de André Sève, éditions Bayard.

 

La famille de l’Assomption

Une branche masculine, présente dans 26 pays : la congrégation des Augustins de l’Assomption.

Quatre branches féminines : Les Religieuses de l’Assomption, les Oblates de l’Assomption, les Petites Sœurs de l’Assomption, les Orantes de l’Assomption.

 

citations

« Cherchez Dieu dans toutes vos actions. Tout pour vous doit partir de Notre Seigneur, tout doit y retourner, tout en vous doit tendre à ce centre… Dieu vous attend, Dieu vous veut. Il faut tout prendre de la vie et des pensées de Notre Seigneur  pour faire divinement ce que vous faites. »

(Emmanuel d’Alzon, Lettre de direction)

 

« Nous sommes tout simplement catholiques, mais autant qu’il soit possible de l’être. Il faut avoir non seulement le cœur mais les idées catholiques et quand on parle des idées larges, je ne crois pas qu’on en trouve de plus larges que celles-là »

(Emmanuel d’Alzon, Ecrits spirituels)