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3ème jour: UNE VIE QUI INSPIRE LA NOTRE
Voici le troisième jour dans ce temps béni de Dieu, d’une retraite dans la vie. Le troisième jour est toujours un temps béni. En ce jubilé du bicentenaire de la naissance d’E. d’Alzon, pour nous attacher au Christ, nous prenons E. d’Alzon comme premier de cordée. Ma vie c’est le Christ En chemin, comme il est bon de se rapprocher du maître ou du premier de cordée. Redécouvrir Emmanuel d’Alzon comme ce passionné de Dieu dont l’ardeur entraîne la nôtre. Son seul maître, sa passion, sa vie, c’est le Christ. Il ne peut en être autrement pour nous. Mais pourtant, regarder ce visage de l’ouvreur de chemin que fut E. d’Alzon, pour mieux nous y élancer nous-mêmes. Vous disposez du livre d’André Sève : Ma vie c’est le Christ: Emmanuel d’Alzon (1810-1880), Paris, Centurion, 1980 (réédité ensuite, 184 pages). Relisez-le. Vous ne l’avez pas, en voici les grandes lignes, les têtes de chapitres, parce qu’ils sont à eux seuls, chaque fois, une provocation. André Sève, assomptionniste et journaliste – 1913-2001 – a tracé d’Alzon en traits vifs disant toute son actualité. [Proposition : relire… ma vie à l’aune de ces titres et sous-titres qui sont comme autant d’appels, qui peuvent être également comme un chemin de cailloux blancs à reprendre posément au fil des jours, pour poursuivre le chemin… le terreau est si dense] : 1. 1810-1880 (il a fait son propre miel, mais avec les fleurs de son temps) 2. Un monde meurt, un monde naît (Et nous ? A côté de quoi sommes-nous en train de passer) 3. La foi-amour du P. d’Alzon (Je veux t’aimer, Seigneur, mais qui es-tu ?) 4. Un grand vivant : le magnifique (On ne peut pas être vraiment croyant et manquer d’humanité) 5. Le tendre (J’ai un désir démesuré de vous voir) 6. Le bourreau d’action (Un Assomptionniste doit être mécontent de soi tant qu’il n’a pas fait cent fois plus qu’il ne peut) 7. L’homme qui a souffert (Même en ce moment, je sais que Tu m’aimes. Je n’ai pas peur parce que Tu es là) 8. L’homme de la prière (La prière ? C’est ce qui se passe entre Dieu et nous) 9. Aimer tout Jésus-Christ (Toutes les affections de mon cœur, toutes les puissances de mon être, doivent tendre vers Jésus-Christ) 10. Le triple amour (L’esprit de l’Assomption se résume dans ces quelques mots, l’amour de Notre-Seigneur, de Marie, sa mère, et de l’Eglise, son épouse) 11. Vivre l’Eucharistie (L’eucharistie nous donne tout Jésus-Christ) 12. Des Christ par milliers (C’est en toi que Jésus doit naître. Que Christ naisse mille fois à Bethléem, et non en toi, tu restes perdu à jamais) 13. Que vienne ton Règne ! (Je ne puis aimer Jésus-Christ sans vouloir que tous l’aiment) 14. ‘Que penser ? Que faire ? Lancez-vous !’ (Pourquoi dormez-vous pendant qu’un monde naît ?) Homme de foi et homme de son temps Les choses essentielles se disent d’un mot, d’un élan sans mélange du cœur. « Ma vie, c’est le Christ », dit E. d’Alzon, reprenant les mots de l’apôtre Paul, forgé au feu d’une passion semblable (Ph 1,21). Mais il faut donner une devise à la congrégation naissante. Elle ne peut être tirée que des mots de Jésus lui-même, désirant de tout son être la venue du Royaume de son Père : Que ton règne vienne, Adveniat regnum tuum… tout un ART, une vie ! Suis-je artisan de cet ART là, de ce désir de feu pour le Royaume ? Et dans les mots encore d’E. d’Alzon, avec le désir chevillé au cœur de ‘former le Christ par la foi dans les âmes’ ? Car voilà comment « la contemplation et l’action sont unies pour nous dans un même but : servir à l’extension du Règne de Jésus-Christ » (ES p. 79). Et voilà aussi pourquoi l’assomptionniste – tout assomptionniste, religieux ou laïc – veut être à la fois « homme de foi et homme de son temps » et faire siennes « les grandes causes de Dieu et de l’homme », se porter « là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu » (RV 4).
Proposition
Au même rythme, du matin et du soir, qui éclaire toute une journée,relire ma vie comme une vie qui porte dans son filigrane la marque de Dieu et le désir du Royaume. Dans la bible, relire les Béatitudes, qui poursuivent le chemin de lumière de la prière de Jésus, qui l’imprime doucement dans les êtres (Mt 5). Et un texte fort d’E. d’Alzon, à méditer. Il porte dans sa formulation la marque d’une époque, mais sur le fond pas une ride, la trace d’une passion ancrée totalement en Dieu :
Notre vie spirituelle, notre substance religieuse, notre raison d’être
comme Augustins de l’Assomption, se trouve dans notre devise : Adveniat regnum Tuum. L’avènement du règne de Dieu dans nos âmes, par la pratique des vertus chrétiennes et des conseils évangéliques, conformément à notre vocation ; l’avènement du règne de Dieu dans le monde par la lutte contre Satan et la conquête des âmes rachetées par Notre Seigneur et plongées pourtant dans les ténèbres de l’erreur et du péché ; quoi de plus simple, quoi de plus vulgaire, si j’ose dire ainsi, que cette forme de l’amour de Dieu ! Si, à cet amour principal, vous ajoutez l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’amour de la Sainte Vierge sa Mère et de l’Eglise son épouse, vous, vous connaîtrez sous son expression la plus abrégée l’esprit de l’Assomption. (Instruction de clôture du Chapitre général de 1868 ; ES p. 130-131) Dans ma prière, je demande cette grâce : de désirer appartenir tout entier à lui, corps, cœur, âme, pensée… Apôtre du Royaume. Je repense aussi à ces mots qu’aimait répéter E. d’Alzon : "Le règne de Dieu en nous et autour de nous". Je passe ma vie à ce tamis, la mesure à cette aune. Et je demande à Dieu de forger en moi l’apôtre animé de cette unique passion dont il est la source. Et je rends grâce. Vous pouvez télécharger cette troisième étape à l'adresse suivante : http://www.croire.com/mm/ --- http://www.croire.com |