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Message du Supérieur Général
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5ème jour: LA BOUSSOLE ET LE CHEMIN


Chacune des étapes de cette « retraite dans la vie » peut être
envisagée au rythme de chacun. Cinq jour, c’est si peu… Mais il est
possible aussi d’y revenir soi-même, au fil des jours, comme pour une
vérification, ou comme en musique on laisse résonner plusieurs fois
une note pour la vérifier ou pour la ‘prendre’.


Au cinquième jour

Au cinquième jour résonne en nous un peu plus nettement le désir de
Dieu, et la prière peu à peu campe plus vigoureusement au cœur de
notre vie, à la façon même de Jésus, nourri des Ecritures, de la
Parole, et aussi de la prière des psaumes, de jour, et parfois de
nuit, partant nous-mêmes comme Jésus dans la montagne – nos lieux de
silence – pour prier plus longuement. La stature d’E. d’Alzon fait un
peu plus, devant nous, figure d’ouverture. Nous l’avons adopté comme
compagnon de chemin, ouvreur, premier de cordée. Sa passion pour
l’Evangile, pour le Royaume, est contagieuse.

Mais E. d’Alzon n’est pas un maître fier. Comme le dit Paul de tout
disciple et de tout apôtre, il porte le trésor dans un vase d’argile,
pour que l’on sache que cette extraordinaire puissance vient de Dieu
et non pas de nous (2 Co 4,7). Dans le silence, E. d’Alzon relit,
partage avec François Picard sa relecture des évènements, ajuste,
consent autrement au chemin, aéré de silence et nourri de Dieu.


Le pardon

Le chemin parcouru a amené à relire notre vie sous un autre jour.
Eclairée par Dieu et par sa Parole. Cet itinéraire fait aspirer aussi
avec humilité au pardon. Pardon d’autres, pardon à donner, pardon à
accueillir au plus profond de notre être pour y être renouvelés. Le
chemin de la retraite invite à l’accueil du sacrement du pardon, à
déposer notre vie tout entière, poids et richesses, dans le creuset de
Dieu, dans l’apaisement de son pardon, à nous situer à la source pour
l’accueillir. N’est-ce pas ainsi aussi que nous accueillerons le pain
et le vin du chemin le cœur renouvelé, prêts à l’adhésion totale à ce
mystère qui fonde nos vies ?


Le pain et le vin partagés

Si elle nous touche au plus près et de façon très personnelle, la
retraite ne peut demeurer démarche solitaire, nous l’avons compris
d’emblée et à chaque moment de relecture en chemin. Ce chemin est
semblable par tant de points à celui d’Emmaüs, sur lequel le Seigneur
parle au cœur, explique les Ecritures et partage le pain. Les
disciples alors, entrés pour la nuit, repartent vers leurs frères,
parce qu’ils sont passés au plein jour.

L’eucharistie fait l’Eglise. Et c’est le chemin pour tout
assomptionniste, sa passion ne peut se vivre que dans le bonheur –
parfois éprouvé – de cette appartenance à beaucoup plus grand que lui,
au peuple que Dieu lui-même constitue pour porter son signe.

E. d’Alzon encore : « les victoires de l’Eglise seraient plus
nombreuses et notre amour pour elle plus consolé si, laissant de
mesquines et personnelles considérations, le triomphe de l’Eglise
était le désir exclusif de notre cœur. C’est ce désintéressement dans
l’amour que je ne saurais trop vous recommander » (E.S. p. 139). Oh !
j’entends bien, laissons dans ces mots le « triomphe », qui sonne
d’une autre époque, mettons passion et nous y sommes. C’est de cette
passion là aussi que nous vivons, et qu’il convient de vérifier en nos
vies. Où en sommes-nous. Une parole un jour entendue : « Si tu n’aimes
pas l’Eglise, tu ne peux pas être assomptionniste ! ». Avis…



La vie commune

« L’avènement du Règne de Jésus-Christ pour nous et le prochain
s’accomplit déjà dans notre vie commune » (RV 6). Faisant cette
retraite, les uns vivent en communauté, les autres non. Mais la
question est la même. Avec quels frères – et sœurs – je partage ce
désir, ce projet de « suivre le Christ radicalement sur les chemins de
l’Evangile »  (RV 24) ?

Car c’est aussi des autres que nous recevons la mission, l’envoi pour
l’Evangile. C’est avec eux que l’on relit les merveilles de Dieu,
celles qu’il opère pour nous et celles qu’il opère près de nous en
chemin.



Reconfiguration

La retraite est un temps de reconfiguration intérieure, du temps, des
préoccupations, de l’intelligence et du cœur.
Sous forme de clin d’œil et d’invitation à avancer sans crainte en
eaux profondes, ce texte souvent cité. Chacun fera les ajustements
nécessaires pour comprendre qu’il parle bien à tous : Le jeune homme
prêt à entrer au noviciat, qui n’a pas le feu sacré de l’amour de
Notre-Seigneur, qui n’a pas l’enthousiasme des combats de l’Eglise,
fera peut-être un bon prêtre, pieux réglé, modeste, médiocre et
vulgaire, il ne fera jamais un vrai fils de l’Assomption. […] Comment
communiquera-t-il la flamme s’il ne l’a pas ? Et comment poussera-t-il
à l’action s’il est endormi ? (E.S. p. 250-251).
Aucun orgueil, un programme !



Proposition

1. Rendre grâce du chemin parcouru

2. Mais accueillir encore les questions posées, car elles sont
essentielles, sur le pardon et le sacrement dans lequel il se donne,
sur le pain partagé et l’Eucharistie comme fondement de ma vie, comme
nourriture, comme sur le chemin d’Emmaüs. La question aussi des sœurs
et des frères à reconnaître comme ceux que Dieu me donne en chemin.

3. Et réentendre la parole de l’apôtre Paul qui guida la vie d’E.
d’Alzon : "Pour moi, vivre c’est le Christ !" (Ph 1,21). Est-ce que
j’adopte ces mots pour moi-même, comme devise, ou… comme chemin de vie
?

4. Le chant de Marie, le Magnificat, reconnaîtrait si bien le chemin
de Dieu en ma vie ces jours… Oui, le chanter. A plein cœur.

Vous pouvez télécharger cette dernière étape à l'adresse suivante :
http://www.croire.com/mm/illustrations/Multimedia/Croire/2009/eformation/2009_retraite_vie_alzon_05.pdf

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