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Jean-Paul SAGADOU, a. a
Pour un bicentenaire Avant-propos Les pages de cette brochure n’ont
pas été écrites par un historien. Elles ne sont pas écrites non plus par un
spécialiste du fondateur des Augustins de l’Assomption : le Père Emmanuel
d’Alzon (1810-1880). Elles sont le fruit d’un travail de lecture. Lecture de
divers écrits du Père d’Alzon[1]
et sur le Père d’Alzon. Elles ont été écrites par un jeune qui met définitivement
ses pas dans les pas du fondateur des Augustins de l’Assomption. C’est un acte
de reconnaissance et un hommage au Père Emmanuel d’Alzon à l’occasion du
bicentenaire de sa naissance. On l’a déjà écrit : « Chaque fois qu’un
Assomptionniste rend hommage au R. P. d’Alzon, il revoit cet homme-là, dans la
réalité de sa famille terrestre, de sa province, de son temps. Un prêtre parmi
d’autres, éducateur, prédicateur, directeur spirituel, vicaire général de son
évêque »[2].
Emmanuel d’Alzon est un homme qui ne se prête pas aux flatteries de la légende.
Il est tel qu’il est : un homme qui respire une profonde humanité et qui
sait prendre la mesure de la présence de Dieu dans sa vie. C’est un homme qui
est proche de nous : il est proche même de ces jeunes, de l’Afrique de
l’Ouest, qui veulent vivre de son esprit et qui demandent à faire route
avec les Assomptionnistes. Il est encore proche de ces laïcs, qui entendent
parler, pour la première fois, de la possibilité, de la nécessité même d’une
« Alliance » entre laïcs et religieux pour travailler ensemble à l’avènement
du Royaume de Dieu. Pour les jeunes Africains en recherche d’une vocation
religieuse, j’aimerais que ces lignes soient comme « un chemin » et
un « appel » à suivre le Christ dans la vie religieuse à la manière d’Emmanuel
d’Alzon et pour les laïcs, comme une « provocation » à oser
« l’Alliance » pour participer au charisme et à la spiritualité des
Augustins de l’Assomption en vue de la mission au service du Règne de Dieu. C’est
à eux que je confie ces lignes. Ma gratitude est grande envers le Père
Jean-Paul Périer-Muzet[3], et
envers le Frère Nicolas Potteau qui m’ont aidé avec compétence, tant pour la
relecture que pour la bibliographie ainsi que pour de multiples précisions de
dates. Qu’ils en soient remerciés.
I.
Itinéraire d’un homme passionné de
Dieu et de l’homme 1. L’enfance
d’Emmanuel d’Alzon[4] Le
vrai nom du fondateur des Augustins de l’Assomption est
Emmanuel-Joseph-Marie-Maurice Daudé d’Alzon. Il est né au Vigan, en France,
dans le Gard, le 30 août 1810. Il a été baptisé le 2 septembre, deux jours
après sa naissance dans l’Eglise paroissiale Saint-Pierre. Emmanuel d’Alzon est
descendant d’une famille noble, une famille de seigneurs. Son Père s’appelait Henri
Daudé d’Alzon (1774-1864) et sa mère Jeanne Clémence de Faventine Montredon (1787-1860).
Il semble qu’à l’instant même où Henri aurait appris la naissance de son fils
Emmanuel, il se serait écrié évangéliquement: « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »[5].
Très
tôt, Emmanuel laissa paraître en lui le caractère d’un homme fougueux qui
n’aimait pas qu’on mette des obstacles sur sa route. « Quand j’étais enfant, confiera-t-il plus
tard, ma mère me disait qu’elle ne savait pas par quel bout me prendre et j’ai
dû être corrigé souvent. Si l’on n’avait plus d’une fois usé de la verge avec
moi, je ne sais trop ce que je serais devenu »[6].
Les
parents d’Emmanuel gardaient la pureté de leur foi catholique et c’est dans
cette ambiance que le futur fondateur de congrégations à baigné. Emmanuel
d’Alzon confiera d’ailleurs plus tard à un de ses amis que « jusqu’à l’âge de dix ans ou douze ans l’idée
du sacerdoce lui avait singulièrement plu, puis, qu’il l’avait peu à peu
abandonnée pour celle de la carrière militaire »[7].
2.
Une vocation
militaire ? Tout
petit, Emmanuel d’Alzon rêvait d’embrasser une carrière militaire. C’est ce que
certains ont appelé « l’appel des
armes »[8]. Emmanuel
est alors élève à Paris au collège Saint-Louis (1823-1824), puis au collège
Stanislas (1824-1828). Et quand son père apprend qu’il nourrit le désir
d’embrasser les armes, il lui écrit : « Il paraît, mon cher Emmanuel que l’urticaire que tu viens d’avoir t’a
mis non seulement le sang, mais l’imagination en mouvement. Dans des
précédentes lettres, tu ne manifestais que des goûts paisibles et
tranquilles ; tu ne rêvais que de charmes et l’agrément d’avoir une
bibliothèque, et pour m’engager à satisfaire à ton désir d’en avoir une, tu
mettais en usage tout ce que tu as déjà appris de rhétorique. Mais aujourd’hui,
je ne sais quel son de trompette s’est fait entendre à tes oreilles. Adieu les
livres ! Ce n’est plus d’une bibliothèque qu’il retourne, mais du métier
de soldat, de l’école de Saint-Cyr»[9].
Derrière la réaction ironique du Père se cache sa colère. Le jeune adolescent
se voit condamné à abandonner son idée. En 1827, autre chose est envisagé avec
ses parents, des études de droit. Objectif : entrer dans la diplomatie,
l’administration ou la magistrature. 3. Etudiant en droit à Paris[10] Les
parents, comme cela arrive souvent, ont dû rêver pour et avec Emmanuel d’Alzon,
d’un brillant avenir avec son entrée à la Faculté de Droit à Paris : une
place d’auditeur au Conseil d’Etat, un siège de député au Parlement etc.…Pourtant,
quelque chose d’autre va se profiler dans l’esprit du jeune étudiant. Armé de
principes solides de la foi, l’étudiant au cœur pur et généreux, s’adonne à des
œuvres de miséricorde dans les milieux les plus déshérités de Paris. En même
temps, il entre en contact avec des institutions et des hommes qui vont
éveiller en lui l’idée d’une « vocation
supérieure » : le désir de se consacrer, dans le sacerdoce et par
le sacerdoce, à la « défense de la
religion catholique ». Esprit très ouvert, le jeune d’Alzon tire donc
un immense profit de la fréquentation de milieux distingués de la capitale
française. Il participe à de nombreuses réunions où se traitent les sujets les
plus divers et les plus passionnants, des questions de culture générale,
d’apostolats et des problèmes que l’Eglise de France rencontre. C’est
pendant ces années, notamment en 1828, qu’il fait la rencontre d’hommes célèbres
et influents tels que Lamennais (1782-1854), Montalembert (1810 -1870),
Lacordaire (1802-1861) etc.…Au cœur des événements qu’il vivait et des
personnes qu’il rencontrait quelque chose se tramait dans le cœur d’Emmanuel
d’Alzon : devenir un homme d’Eglise pour mener le bon combat, non plus
celui des armes, mais celui pour défendre la religion dans le sacerdoce. A
partir du moment où sa décision fut prise, le jeune d’Alzon se donne les moyens
d’accroître son amour pour le Christ : il a pour objectif d’acquérir des
connaissances en histoire, en philosophie, en sciences. Il a alors vingt ans. Entre
1830 et 1832, il fait une retraite studieuse à Lavagnac (Hérault) au programme
très chargé : prière, méditation, lecture approfondie de l’Ecriture
Sainte, il lit Tertullien (v. 155 – v. 222), saint Augustin (354-430), Platon
(v. 428 – v. 347), Origène (v. 183-v. 252), François de Sales (1557-1622),
sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), saint Jean de la Croix (1542-1591) etc.…et
finalement, le jeudi 15 mars 1832, il entra au Séminaire de Montpellier. 4. Séminariste à Montpellier[11] Emmanuel
d’Alzon a pris la soutane le 18 mars 1832. Il écrivait : « la vie du séminaire n’est point ennuyeuse »[12],
même s’il trouve le temps trop court. Il n’aime pas trop la cloche qui morcelle
trop l’emploi de la journée et par conséquent ne lui laisse pas assez de temps
pour approfondir ses études. Il trouve aussi que c’est trop tôt de se coucher à
21h00. Le 16 juin, il reçoit la tonsure
et il écrit à un ami : « voilà
que j’ai un autre héritage que le monde, d’autres espérances que le monde, que
je ne suis plus du monde. (…) Priez Dieu, mon ami, pour qu’à mesure que je
m’avancerai dans la hiérarchie ecclésiastique, j’en prenne tout l’esprit,
esprit sublime qui renouvellera le monde… »[13].
Ainsi, le désir de notre séminariste est de renouveler le monde qui s’éloigne
de Dieu. Quel grand motif apostolique admirable pour un jeune de son âge !
Et
quand il part en vacances, ce qui le préoccupe encore ce sont les études :
étude de la Bible, des Pères de l’Eglise, de la théologie etc. Il s’applique
même à l’étude de ce qu’il appelle « des
idées mères, c’est-à-dire des principes qui sont propres à féconder l’esprit de
quiconque est appelé, par sa vocation, à prendre quelque ascendant sur les
hommes, idées qui, pour n’être pas admises dans la tête de certains prêtres,
les laissent sans influence aucune sur la société »[14].
Après les vacances, Emmanuel retourne sans enthousiasme au séminaire en octobre
1832. Il est très conscient de la force et de l’ampleur de sa vision
apostolique et perçoit que le séminaire ne répond pas à ses exigences : il
trouve les études trop faibles, la méthode et les programmes insuffisants et
inefficaces pour former les prêtres que réclame le renouvèlement de la société.
L’enseignement théologique du séminaire lui paraît inadéquat par rapport aux
nécessités de la mission et par rapport à ses propres ambitions apostoliques.
Pour lui, deux choses sont essentielles au prêtre : l’esprit de sacrifice
et la science. Et c’est à Rome qu’il va à la recherche de cet esprit de
sacrifice et de cette science. 5.
Etudes et ordination presbytérale à
Rome[15] En
1833, Emmanuel est âgé de 23 ans. Ayant reçu les ordres mineurs, « ces chaînes qu’il a tant désirées et qui lui
sont si douces », il décide d’aller à Rome en novembre 1833. Là, sa
vie d’étudiant est partagée entre les cours publics et les études personnelles.
Il s’inscrit au Collège romain (Grégorienne), dirigé par les jésuites et suit
deux cours sur le dogme et un sur la morale. Il n’apprécie pas le professeur
qui enseigne l’Ecriture sainte. Il le trouve trop obscur et trop diffus ce qui
le pousse à aller s’inscrire dans une autre université pour les cours bibliques
(Apollinaire). Il a ainsi la chance de suivre les leçons des meilleurs maîtres
en diverses Universités, sans être astreint à un seul établissement. Au bout de
quatre mois, il renonce aux cours publics et travaille en étudiant solitaire en
chambre, dans sa pension aux Minimes (Sant’Adrea delle Fratte). Il consacre à
ses études huit à dix heures par jour et bien que Rome soit une « ville enivrante »[16],
il ne se promène pas beaucoup. Sa conviction est la suivante : « quand on veut travailler, il ne faut pas
faire trop de visites »[17].
Ainsi, dans ses relations, il retient seulement celles qui lui sont utiles
intellectuellement et spirituellement. « Ceux qui l’approchent, écrit Adrien Pépin, sont surpris et gagnés par
l’originalité et la supériorité de son esprit, la puissance de ses vues
intellectuelles et apostoliques, la générosité et la simplicité de son âme
rayonnant dans ses traits, enfin la distinction de ses manières »[18] Avant
même son ordination, Emmanuel d’Alzon s’était forgé une bonne théologie du
sacerdoce. La condamnation d’un de ses amis du nom de Lamennais en 1834 le fait
souffrir et lui donne à penser : « Je crois, dit-il, que la
mission du prêtre peut être aujourd’hui plus belle encore que par le passé, à
cause des difficultés mêmes dont elle est entourée. Pour moi, je ne demande à
Dieu qu’une chose, un amour des hommes aussi grand que leurs misères »[19].
Le
23 août 1834, deux mois après la condamnation de Lamennais, il écrit à son ami
l’Abbé Fabre : « Pour mon
compte, j’étudie tous les jours et je me confirme dans quelques maximes, dont
mon voyage me fait comprendre l’importance. La première, c’est qu’il faut
toujours travailler pour Rome, quelque fois sans Rome, mais jamais contre Rome.
La deuxième, c’est qu’il ne sert à rien de se brouiller avec son évêque et
qu’il n’y a qu’à savoir s’y prendre avec une certaine adresse…. »[20].
Son amour de l’Eglise tire profit, soit des abus qu’il aperçoit et qui
l’attristent, soit des choses qui le consolent et raniment son espérance. Le
14 décembre 1834, le cardinal Odescalchi (1786-1841) lui
confère le sous-diaconat
dans sa chapelle privée, et le diaconat le 20 décembre,
à Saint Jean de Latran.
Enfin, le 26 décembre, il l’ordonne prêtre dans
l’oratoire de son palais. Ce
même jour, Emmanuel reçoit la lettre de ses parents qui
lui apportent leur
bénédiction. En la fête de l’apôtre
saint Jean, le 27 décembre, le jeune prêtre
qui rêve d’être l’apôtre des temps
modernes, célèbre sa première messe dans la
crypte de Saint-Pierre de Rome, près du tombeau du ‘prince
des apôtres’. Quelques
mois après, il décide de rentrer en France pour se mettre
au service de son
diocèse à Nîmes. 6.
Prêtre au service du diocèse de Nîmes[21] Pendant
les dernières semaines qu’il passe à Rome, le jeune prêtre Emmanuel d’Alzon se
préoccupe de son avenir proche. Il s’interroge sur le genre d’activités
apostoliques qui vont lui permettre d’atteindre son idéal : défendre la
religion. Ses meilleurs amis romains lui donnent des avis : être
missionnaire, prêcher, professeur dans un séminaire, faire des conférences aux
jeunes gens, se vouer à la conversion des protestants etc.… Mais en définitive,
c’est l’évêque de Nîmes qui décidera et Emmanuel obéira : « Je ne pense pas, écrit-il, qu’il y ait de
voie plus sûre que celle de l’obéissance, et c’est celle que je suis résolu à
suivre »[22].
Ainsi,
pendant plus de quarante ans, sous quatre évêques successifs (Mgrs de Chaffoy,
Cart, Plantier et Besson), Emmanuel d’Alzon va servir l’Eglise, dans le diocèse
de Nîmes. Son premier évêque, Mgr de Chaffoy (1752-1837), le nomme, dès
novembre 1835, chanoine honoraire et vicaire général du diocèse de Nîmes.
D’Alzon n’a que 25 ans. Ses projets personnels sont mis en veilleuse, mais on
lit les traces de son avenir dans ses lettres à ses amis : « J’ai certes une carrière à Nîmes autrement
plus belle que celle d’administrateur. Il me semble que Dieu me fournit tous
les jours les moyens de travailler à la conversion des hommes et des
protestants…Je suis à peu près maître de tous les enfants de Nîmes, de douze à
quinze ans, et avec le temps, je puis espérer d’étendre mon influence sur les
plus avancés »[23]
(26 décembre 1837) Entre
1837 et 1855, c’est Mgr Cart (1799-1855) qui est à la tête du diocèse de Nîmes.
Lui aussi, appellera Emmanuel d’Alzon à ses côtés, parce qu’il le jugera
« homme de Dieu et homme capable ».
D’Alzon à son tour apprécie et fait l’éloge de son évêque : « Monseigneur, votre cœur est un tombeau pour
les secrets ; vous respectez vos prêtres comme personne ne les respecte,
et vous êtes un saint »[24]. De
1855 à 1874, c’est le tour de Mgr Plantier de prendre la charge pastorale de
Nîmes. Les relations entre Plantier et le clergé sont un peu difficiles au
début. Entre le Père d’Alzon et le nouvel évêque, les divergences sont fortes,
mais la confiance règnera et Emmanuel sera le bras droit de Plantier. A la mort
de Plantier, le Père d’Alzon propose et soutient auprès du Saint-Siège, la promotion
de M. l’abbé Besson (1821-1888) au siège de Nîmes. Entre d’Alzon et Besson va
régner une forte amitié au service de l’Eglise. « Le P. d’Alzon et moi, nous nous connaissons depuis vingt-cinq ans,
confie Mgr Besson aux maîtres et aux élèves du collège de l’Assomption dans la
première visite qu’il leur fait. Ailleurs, il sera l’homme de ma droite, mon
conseiller ; ici, il est mon père. Auprès de vous, il est mon introducteur
et partout il est mon ami »[25].
Ainsi,
pendant plus de quarante ans de sa ‘carrière sacerdotale’, Emmanuel d’Alzon sera
au service, en toute confiance, des évêques de Nîmes et sera pour eux un
puissant appui chaque fois qu’ils feront appel à lui. A plusieurs reprises, le
P. d’Alzon a été perçu par son entourage comme un évêque potentiel. Mais
Emmanuel servira l’Eglise sans recevoir la mitre. Il avait fait, en 1844, à l’église
de la Consolata, à Turin, le vœu de
n’accepter aucune dignité ecclésiastique, sauf par ordre du pape. Voici comment
à Marie-Eugénie de Jésus (1817-1898), il s’expliquait à ce sujet en juin 1844 :
« Je
vous avouerai d’abord avec une
espèce de honte, que j’ai fait ici un vœu, dont je
ne sais que vous dire. Je
fus extrêmement frappé, un soir, de l’état
déplorable où l’ambition de certains
mettait l’Eglise, et aussi d’une autre chose dont
j’ai perdu le souvenir. Je
sais que le résultat qui me resta fut celui de renoncer à
toute dignité
ecclésiastique, et le lendemain, à la messe, je fis le
vœu de refuser toute
charge, dans le même sens que le font les Jésuites…
Depuis lors, une idée que
j’avais eue autrefois et qui n’était plus
qu’à l’état de souvenir m’est revenue
plus forte que jamais, c’est de me consacrer à me former
une communauté religieuse »[26]. 7.
Vers la vie religieuse[27] Le
Père Siméon Vailhé rapporte que dans un fragment de Mémoires, Emmanuel d’Alzon
faisait la confidence suivante : « Les pensées d’une communauté religieuse se remuaient dans mon esprit.
La supérieure de l’Assomption, que j’avais vue en 1843, à Paris, m’avait
demandé si je n’avais pas l’idée de me dévouer à la vie religieuse. Je lui
avais répondu que j’y avais à peu près renoncé, parce que je n’en voyais pas
l’exécution réalisable, du moins de bien longtemps »[28].
En fait l’idée de la vie religieuse est
toujours restée présente dans la pensée de l’abbé d’Alzon. Il avait un désir fort de faire naître une forme de vie religieuse qui
soit enracinée dans la tradition où puisse retentir à plein le dynamisme de la
vie communautaire alliée à la passion apostolique pour le Royaume[29].
L’idée de l’abbé d’Alzon a
été encouragée par Mère
Marie-Eugénie de Jésus
(1817-1898) qui souhaitait que d’Alzon fonde une
congrégation préoccupée avant
tout de former des caractères et de diriger les jeunes gens par
le sentiment de
l’honneur. Mais
l’abbé d’Alzon avait déjà des
idées très claires dans sa tête au cas où il
venait à fonder un Institut : « La
base nouvelle que je voudrais donner à une Congrégation nouvelle serait :
1° L’acceptation de tout ce qui est catholique ; 2° la franchise ; 3°
la liberté. Vous comprenez que je n’ai rien à dire de ce qui est nécessaire à
un Ordre pour être Ordre ; je n’indique que ce qui devrait distinguer une
Congrégation moderne de celles qui subsistent déjà. Je reprends : Je ne
connais rien, pour faire mourir l’esprit propre et l’amour-propre, que
l’acceptation de tout ce qui est bien, hors de soi ; je ne connais rien
qui gagne les hommes de nos jours, comme la franchise, et je ne sache rien de plus
fort pour lutter contre les ennemis actuels de l’Eglise, comme la liberté…quant
à la pensée dogmatique, si je puis me servir de cette expression, elle se
résume en ces quelques mots : aider Jésus à continuer son incarnation
mystique dans l’Eglise et dans chacun des membres de l’Eglise ; car c’est
en suivant cette donnée, je crois, que l’on peut poser la vérité catholique
dans tout son avantage contre les erreurs panthéistes et matérialistes de nos
jours »[30]. 8.
La réalisation d’un désir Au
fil du temps et des événements, la vocation religieuse et éducative de l’Abbé
d’Alzon s’affermissait de plus en plus. A partir de septembre 1844, il
travaille à l’organisation du collège de l’Assomption qu’il avait acheté
pendant l’été de 1843[31].
Le 20 décembre 1844, il écrit à Marie-Eugénie de Jésus : « je suis très préoccupé, depuis quelques
temps, de ce qui m’est personnel dans l’ordre où la Providence peut vouloir me
faire marcher. Lorsque j’ai pris les saints ordres, il y a dix ans, je fus
comme aveuglé en ce sens que je ne vis plus clair dans mon avenir. Aujourd’hui,
il me parait que l’étoile reparaît, et je crois découvrir quelque chose vers
quoi je dois marcher. Des répugnances furieuses se soulèvent parfois au fond de
mon cœur, mais il me paraît que ma volonté n’y est pour rien ou pour bien peu
de chose. Je suis prêt à tout. D’autre part, certaines circonstances
extérieures paraissent bien disposer toutes choses pour me faciliter les moyens
d’accomplir les projets que je crois ceux de Dieu »[32].
En
juin ou juillet 1845, l’abbé d’Alzon se rend à Notre Dame des Victoires, et
devant la Vierge, il s’engage à mener la vie religieuse et à fonder une
Congrégation[33]. En
plus des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, il ajoute deux vœux qu’il
exprime en ces mots : « 1°
Par
le vœu de me dévouer à l’extension du
Règne de Jésus-Christ, je me consacrerai
spécialement à faire régner notre divin
Maître dans les âmes de mes élèves et
des enfants qui nous seront confiés ; 2° je fais
vœu de me consacrer
entièrement à l’œuvre de ma
Congrégation, jusqu’à ce qu’il me soit
positivement
défendu par mes supérieurs légitimes de m’en
occuper désormais »[34].
Au
cœur de la gestion de son collège, la Congrégation à fonder reste la pensée
dominante de l’abbé d’Alzon. Les religieuses de l’Assomption l’encouragent par
la prière. Il s’entoure de quelques maîtres du collège parmi lesquels on compte
trois prêtres, un diacre, quatre laïcs, et deux mariés. Du 26 septembre au 1er
octobre 1845, il leur prêche une retraite où il leur communique son esprit. C’est
en pensant à eux qu’il écrit à Marie -Eugénie en 1845 : « A la messe du 30 septembre, ils se sont
offerts à Dieu. D’ici à Noël, nous nous mettrons en état de probation ou de
postulat ; de Noël à un an, nous ferons notre noviciat. Tout a été
adopté…Ainsi, voilà une première pierre posée. De l’Association sortiront,
comme deux branches, l’Ordre et le Tiers-Ordre. Il faut seulement compter sur
l’action providentielle de la grâce, qui envoie ses rayons et sa pluie partout
où il y a à féconder quelques grains jetés par la main du père de famille »[35].
9.
La fondation des Assomptionnistes[36] Emmanuel
d’Alzon et ses amis font une sorte de postulat qui dure trois mois. D’autres
amis les rejoignent et ils forment « l’Association
de l’Assomption », nom qu’ils donnent à leur nouvel Institut. Derrière
cette appellation, liée au nom du collège repris par d’Alzon[37],
se cache l’idée d’un Ordre et d’un Tiers-Ordre ouverts à l’apostolat
moderne : l’Ordre que formera les religieux sera consacré à la diffusion
spirituelle du Règne de Dieu et le Tiers-Ordre formé de laïcs se vouera
davantage aux milieux plus scientifiques de la société. Mais les deux Ordres
sont comme deux ailes qui travaillent à faire
advenir le Royaume de Dieu. C’est le 25 décembre 1845 que se met en
place le premier noviciat de la Congrégation de l’Assomption avec Emmanuel
d’Alzon, le fondateur, quatre prêtres, les abbés Paul-Elphège Tissot
(1801-1895), Eugène Henri (1815-1874), François Surrel (1806-1857), Charles
Laurent (1821-1895), un frère de Chœur, René Cusse (1822-1866). Le 26 décembre
quatre autres se joignent à eux, mais cette fois dans le cadre du
Tiers-Ordre : deux prêtres, les abbés Elzéar-Ferdinand Blanchet (1821- ?)
et Léon d’Everlange (1820-1889) et deux laïcs, Victor Cardenne[38]
(1821-1851) qui passera en 1849 dans la catégorie des religieux et Jules
Monnier (1815-1856). Au
point de départ, aucune marque extérieure ne distinguait les membres de
l’Association ; ecclésiastiques et laïcs étaient habillés comme tout le
monde, seul le fondateur revêtait de temps en temps la robe blanche avec
capuchon que les religieuses de l’Assomption lui avaient confectionné, sur le
modèle de celle de Lacordaire. Chez tous, la ferveur était la même :
« leur souplesse, leur obéissance,
leur bonne volonté m’édifie extrêmement, déclare leur directeur, et la seule
chose qui m’étonne, c’est que la providence ait arrangé les événements pour que
je fusse le pilote d’une pareille embarcation »[39].
Constitué en noviciat la nuit de Noël 1845, c’est cinq ans plus tard, en 1850
que les premiers vont prononcer les premiers vœux publics. Ils étaient
cinq : Emmanuel d’Alzon (1810-1880), Henri Brun (1821-1895), Victor
Cardenne (1821-1851), Etienne Pernet (1821-1899)[40],
et Hippolyte Saugrain (1822-1905). Dans une lettre du 11 décembre à la Sœur
Thérèse-Emmanuel O’Neill (1817-1888) R.A., Emmanuel d’Alzon avait déjà prévu
que lui et ses compagnons seront longtemps des novices : « Notre noviciat sera long. Il nous faudra une
grande prudence pour ne pas empêcher l’autorisation nécessaire ; mais je
ne suis pas précisément fâché d’avancer lentement, pourvu que nous n’ayons
jamais à reculer »[41].
Déjà en mai 1847, le Père d’Alzon avait reçu les encouragements du Pape Pie IX
quand il lui demande une forme de « reconnaissance »
pour son Ordre : « Je connais
ce digne prêtre, s’exprime le Pape à propos d’Emmanuel d’Alzon. C’est de tout
cœur que je lui accorde cette grâce. Faites-lui dire qu’il me trouvera toujours
disposé à seconder ses pieux désirs et ses travaux. Qu’il demande et il recevra »[42].
10.
Le But de « l’Association de l’Assomption »[43] Dès
les premiers pas de cette nouvelle famille religieuse, les buts sont très
précis : « Notre petite
Association se propose de se sanctifier, en étendant le Règne de Jésus-Christ
dans les âmes »[44].
Emmanuel d’Alzon et tous ceux qui s’engagent avec lui dans cette nouvelle forme
de vie, veulent étendre le Règne de Dieu,
d’abord dans leur vie, ensuite dans celle de leurs frères et dans celle de tous
les chrétiens. Comme devise, d’Alzon choisit Adveniat Regnum Tuum. Tout est centré sur le Règne de Dieu
qu'est Jésus-Christ continué et manifesté dans son Eglise qui est son corps. A
juste titre le P. Hervé Stephan, ancien Supérieur général de l’Assomption,
avait bien repéré dans la fameuse allocution au Chapitre général de 1868 la
teneur de l'amour principal. « Notre vie spirituelle, notre substance religieuse, notre raison d'être
comme Augustins de l'Assomption se trouve dans notre devise : Adveniat regnum
tuum. L'avènement du Règne de Dieu dans nos âmes, par la pratique des vertus
chrétiennes et des conseils évangéliques, conformément à notre vocation ;
l'avènement du règne de Dieu dans le monde par la lutte contre Satan et la
conquête des âmes rachetées par Notre Seigneur et plongées pourtant dans les
ténèbres de l'erreur et du péché ; quoi de plus simple ! quoi de plus vulgaire,
si j'ose dire ainsi, que cette forme de l'amour de Dieu ! Si, à cet amour
principal, vous ajoutez l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'amour de On
le voit donc : l'amour principal, c'est l'avènement du Règne de Dieu,
l'amour du Christ n'étant que second par rapport à cet amour fondamental. Par
ailleurs cet avènement est à double face mais c'est son instauration en nous
qui précède et sans doute conditionne son instauration autour de nous. Et c’est
aussi là le cœur de la spiritualité assomptionniste. Une autre citation du P. d'Alzon,
la seule mentionnée explicitement dans la Règle
de Vie des Augustins de l’Assomption en témoigne : « La contemplation et l'action sont unies pour
nous dans un même but : servir à l'extension du Règne de Jésus-Christ »[46].
Le Règne de Dieu est donc la référence centrale chez les Assomptionnistes, hier
et aujourd’hui[47] :
« Le Règne de Dieu, c’est le grand
projet de Dieu pour l'humanité tout entière manifesté en Jésus-Christ. C'est le
point de référence à l’Assomption pour apprécier événements et situations,
dénoncer ce qui est incompatible avec lui. C'est le cœur de notre charisme.
C'est le noyau dur permettant d'opérer les grands choix évangéliques dans
l'histoire complexe de nos sociétés. Confronté à ce règne, notre monde apparaît
alors sous son vrai jour. Ce qui nous caractérise, c'est la passion du règne de
Dieu dans le monde de ce temps. C'est le règne de Dieu dans l’actualité. C'est
l’actualité du Règne de Dieu »[48]. Chez
Emmanuel d’Alzon, l’avènement du Règne de
Jésus-Christ, c’est l’avènement de ce
règne pour nous et pour le prochain. Voilà ce qu’il
se propose de faire, et il
se donne des moyens pour passer à l’action. 11.
Les moyens que l’Assomption se donne Après
avoir déterminé les buts, le fondateur passe à l’énumération des moyens[49].
Là aussi, Emmanuel d’Alzon est très clair : « nous nous proposons plus spécialement, écrit-il, d’étendre le règne de
Notre Seigneur par les œuvres suivantes : l’enseignement dans le sens le
plus étendu ; la publication des livres qui peuvent aider à
l’enseignement ; les œuvres de charité pour préparer les chrétiens à leurs
devoirs dans le monde ; les retraites ; les missions étrangères et
les travaux autour de l’unité » selon les Premières Constitutions de 1855. Mais ces domaines d’action
apostoliques ne peuvent se réaliser qu’à travers la pratique des vertus
religieuses, c’est-à-dire à travers la foi, l’espérance et la charité. On est
résolument dans un type de spiritualité active. D'Alzon
est d'abord un passionné de Jésus-Christ, attaché à lui par toutes les fibres
de son être, ne se lassant pas de le contempler, s’émerveillant à longueur de
pages du dessein d'amour de Dieu pour le monde et chacun de nous en
Jésus-Christ. L'action apostolique valorisée certes comme elle doit l'être dans
une Congrégation apostolique, naît d'une surabondance de l'amour, d'un trop
plein d’amour. L'apostolat est un agir trinitaire que l'évangélisateur se doit
d'accueillir d'abord en lui-même en étant persuadé qu'il n'est que
l'intermédiaire de l'action de Dieu s’effaçant pour lui laisser la place en
mobilisant pourtant ses aptitudes humaines mais dans une visée permanente de
foi. Tu ne peux être évangélisateur qu'en te laissant évangéliser en profondeur
toi-même pour appartenir totalement à celui que tu annonces. La souveraineté de
Dieu n'est pas une vague notion mais une idée-force chez E. d'Alzon. 12.
L’Esprit de l’Assomption[50] Dans
les Premières Constitutions de
l’Assomption, on peut lire : « L’esprit de l’Assomption se résume dans ses quelques mots :
l’amour de Notre Seigneur, de la Sainte Vierge sa Mère, et de l’Eglise, son épouse »[51].
La génération des religieux et des simples fidèles formés par le Père d’Alzon
portera la marque spécifique de cet esprit : ils seront des hommes
d’Eglise, enracinés dans le Christ. Le Père d’Alzon porte ses religieux à des
œuvres d’Eglise. Il refuse l’esprit étroit qui voit les choses par rapport à sa
petite personne. Il ne supporte pas ceux qui ont la tête sous un couvercle et
croient que le monde entier est enfermé avec eux et pour eux dans les
dimensions d’un vase clos. Au contraire, il respire et il voit grand. Le
Père Fulbert Cayré (1814-1971) a très bien exposé dans un article de l’Année Théologique (1941), la
caractéristique de l’esprit assomptionniste : faire penser et vivre les hommes de notre temps non seulement en bons
chrétiens qu’ils doivent être, mais en hommes d’Eglise qu’ils peuvent être[52].
C’est dans cette dynamique qu’on comprend les multiples tâches apostoliques des
assomptionnistes : enseignement, presse catholique, pèlerinages etc.… Ailleurs,
d’Alzon écrit : « Notre vie
doit être une vie de foi, de dévouement, de sacrifice, d’oraison, d’esprit
apostolique et de franchise »[53].
A l’Assomption on attache un grand prix à la franchise. Esprit de foi et de
franchise, sentiment du devoir, droiture, générosité sans limite, hardiesse,
désintéressement sont les traits qu’il communique à ses élèves du Collège de
l’Assomption et par la suite à ses religieux. Le fondateur des Assomptionnistes
a l’esprit large et il veut des gens qui ont l’esprit large. L’esprit large,
c’est l’esprit qui envisage les problèmes avec une intelligence ouverte et un
cœur généreux. Il oppose l’esprit large à l’esprit étroit : « l’esprit large se dévoue à une cause,
l’esprit étroit se dévoue à lui-même dans une cause quelconque ». Et
il s’écrie finalement : « Heureux
les esprits larges servis par un beau caractère ! »[54].
II.
Traits caractéristiques d’un religieux Profondément
humain Le
Père d’Alzon a donné une place très importante aux valeurs humaines. Pour lui,
c’est en utilisant pleinement les richesses de sa nature et en leur donnant une
destination divine qu’on s’engage à avancer résolument dans les voies de la
sainteté. Pour Emmanuel d’Alzon, détruire les passions de l’homme, c’est se
priver des instruments qui peuvent être mis à la disposition de très grandes
vertus. Pour lui, on est quelque chose qu’avec sa nature, une nature dont il
faut prendre soin, car c’est dans et avec notre nature que Dieu a voulu faire
le chef-d’œuvre de sa création[55].
On comprend alors pourquoi il va donner tant d’importance à des valeurs toutes
humaines comme la générosité, le désintéressement, la franchise, la sincérité,
jusqu’à ce que cela devienne les traits caractéristiques de sa famille
religieuse. 1.
Un homme de prière[56] Pour
Emmanuel d’Alzon, le moyen absolument nécessaire pour se sanctifier est la
prière. Même l’étude est conçue chez lui comme une forme de prière. Il faut contempler Dieu dans ses attributs,
mais aussi « l’étudier pratiquement
dans l’oraison ». « L’oraison
a sa science et, par conséquent, elle a une méthode »[57].
Toutefois, le Père d’Alzon, soucieux
de respecter la liberté individuelle, cherche plutôt à « former l’esprit de notre oraison »,
et la trame de toute oraison, c’est d’« aller à Dieu, par la connaissance du Fils, dans l’amour du
Saint-Esprit ». Du coup, « la
vie des religieux assomptionnistes est une vie d’oraison, de recueillement et
de présence », car « sans
le silence, il n’y a pas de recueillement et sans le recueillement pas de vie
intérieure ». Homme d’action, d’Alzon a été profondément un homme de prière,
d’oraison et de foi nourri de saint Augustin. Il faut lire son gros livre
intitulé Ecrits spirituels pour
sentir la profonde vie spirituelle de ce vaillant fondateur. « Il faut prier sans cesse, écrivait-il en
1874. Cette recommandation évangélique est fondée sur la nature même de la vie
spirituelle. Je veux envisager la prière dans son terme »[58].
Et on sait que le « terme »
dont parle Emmanuel d’Alzon, c’est Dieu lui-même. Il considère le temps de
l’adoration comme « l’heure
solennelle des religieux »[59]
et il dégage les grandes lignes de la prière de l’Assomptionniste : elle
doit être basée sur la contemplation des attributs de Dieu car on n’aime
pas ce que l’on ne connait pas. Ensuite,
la prière d’un Assomptionniste doit se pénétrer de la connaissance de
Jésus-Christ, car il est le vrai modèle de l’homme apostolique. Cette prière
doit aussi être solitaire et recueillie car nous avons besoin de retraite et de
solitude. Enfin, elle doit être continue dans sa ferveur[60].
2.
La générosité, le
zèle, le désintéressement Le
Père d’Alzon a été un homme
généreux et il a voulu que la
générosité soit un
des traits caractéristiques des religieux assomptionnistes. Le
fondateur des
Assomptionnistes a vécu dans une forme de vie totalement
dépouillée. Le
désintéressement est considéré comme l’un des plus beaux caractères que le Père
d’Alzon a donné à sa famille spirituelle dans son amour pour l’Eglise. Il
voulait que le zèle de ses religieux fût désintéressé et basé sur l’oubli de
soi. Emmanuel d’Alzon ne voulait pas une famille ramassée sur elle-même,
jalouse de son bien et de ses œuvres, exclusive. Au contraire, il voulait une
famille ouverte au monde et attentive au bien commun. Il détestait l’esprit de
chapelle, le sectarisme, l’accaparement. D’ailleurs, il n’hésitait à reprendre
l’apophtegme attribué à Moïse, repris et adapté par Paul 1 Co 14 : « que tous prophétisent, pourvu que le Christ
soit annoncé ! »[61].
Ce trait de caractère qu’est le désintéressement fait aussi l’esprit de
l’Assomption. 3.
La sincérité et la franchise Sincérité
et franchise, ont été des notes importantes dans le caractère du fondateur des
Assomptionnistes. Dans une Circulaire, datée du 8 novembre 1874, d’Alzon écrit
à propos des qualités requises pour rentrer au noviciat : « On ne saurait trop déplorer l’absence de
sincérité chez quelques aspirants à la vie religieuse. Pourquoi nous
viennent-ils ? Est-ce une forme d’avenir qu’ils n’ont pas suffisamment
analysée ? Ils y trouvent des avantages dont ils comptent jouir, sans
accepter certaines dures conditions qu’ils voudraient pouvoir repousser. De là
ces combinaisons intimes et très humaines qu’ils se persuadent avoir cachées
parce qu’ils se sont tus, mais qu’un œil expérimenté a bien vite découvertes,
et pour lesquelles il faut être impitoyable, parce que du manque de sincérité à
l’hypocrisie il n’y a qu’un pas »[62].
Toute sa vie fut faite de loyauté et de sincérité. A l’âge de soixante-huit
ans, il disait aux étudiants du Séminaire français de Rome : « Mes amis, si je pensais manquer de sincérité,
je préférerais m’arracher tous les cheveux »[63].
Les
fautes contre la sincérité étaient celles qu’il châtiait le plus fortement chez
ses élèves du collège de l’Assomption et il poussait les professeurs à se
porter et à porter les enfants vers un très grand esprit de foi, de franchise,
de sacrifice et d’initiative. Dès les débuts de l’Assomption, le Père d’Alzon
donne des règles de conduite : « la
franchise et l’ouverture de cœur doivent être un des caractères de notre œuvre
et l’une des armes les plus puissantes dont nous ayons à nous servir, cette
franchise et cette ouverture je la prêcherai d’exemple dans tous mes rapports
avec mes Frères, mais de telle sorte cependant que je m’applique attentivement
à voir ce qui doit être dit en public et ce qui doit être dit en particulier »[64].
Et il dit ailleurs : « restons
dans la franchise pour être de notre temps. La position qui nous est faite nous
permet d’agir franchement. Que notre prédication soit franche. Sans doute pas
de dévotions minutieuses, pas de pratiques surabondantes, pas de mortifications
exagérées : mais des pratiques cependant, et des pratiques fortes,
catholiques. Ne soyons pas chrétiens à demi. Montrons-nous tout d’une pièce »[65].
Voilà, « un caractère franc et
ouvert », telle était la première des exigences à l’égard de ses
religieux. 4.
L’amitié pour tous et avec tous A
un de ses amis, Emmanuel d’Alzon écrivait : « Je passe ma vie à chercher des hommes. Jugez, Monsieur, quelle
satisfaction je dois éprouver, quand il m’arrive d’en rencontrer quelqu’un »[66].
Emmanuel d’Alzon a été un ami spirituel pour beaucoup d’hommes et de femmes.
Cette amitié apparaît très clairement dans son abondante correspondance. On
pense qu’il a écrit de quarante à cinquante mille lettres dont le plus grand
nombre était destiné à des Pères de l’Assomption, à la Mère Marie-Eugénie
(1817-1898), à la Mère Correnson (1842-1900)[67].
Cette abondante correspondance brille de spontanéité et de vie, de tendresse et
d’amitié sur fond de pensées surnaturelles. Homme de cœur et de délicatesse, le
Père d’Alzon a su être, dans de circonstances heureuses comme pénibles, « un ami fidèle, trouvant le mot du cœur qui
touche, donnant le conseil qui convient, l’impulsion qui permet de relancer »[68].
En
fait, « chez Emmanuel d’Alzon, écrit
Perier-Muzet, l’amitié n’est jamais loin
ou étrangère à sa passion pour le Royaume »[69].
A Luglien de Jouenne d’Esgrigny, Emmanuel d’Alzon écrit en mars 1830 :
« Il faut que j’aime, et que j’aime
quelqu’un. Je ne sais si j’éprouverai jamais, comme je l’ai éprouvé la passion
de l’amitié. (…) J’ai été quelquefois effrayé de porter devant Dieu mon amour
pour mes amis, et j’ai vu depuis que je n’avais qu’à le purifier : tout
est pur pour les purs »[70].
5.
L’énergie qui pousse en avant Il
semble qu’à vingt ans, Emmanuel d’Alzon ait poussé le cri suivant :
« Je veux devenir un saint ».
Dès lors, il n’a cessé de vivre dans cette recherche de la sainteté. L’enfant
qui désirait être militaire avait vraiment du caractère. « Ne me parlez pas, dira-t-il un jour, des caractères mous, sans ressort, sans
énergie. Ne vous découragez pas si vous êtes grognon, hargneux, insupportable.
Luttez, bataillez, vous arriverez à vous corriger. Tant pis si c’est la sueur
de votre front »[71].
Travailleur
acharné, il s’engage dans de nombreuses activités apostoliques. Prenant souvent
la parole en public, il trouve aussi du temps pour écrire. Energie dans le
travail, énergie dans la prière. « L’Assomption
doit être forte, virile, déclare-t-il fièrement, elle doit lutter contre le
sentimentalisme des cœurs affadis »[72].
Il n’aime pas, ce qu’il appelle « cette
dévotion molle, sous prétexte d’être tendre sans énergie de peur de scandale,
dont les concessions, les trahisons journalières ne savent plus montrer la
croix qu’entourée de fleurs et de parfums et le calvaire que noyé dans
d’indécises vapeurs »[73].
6.
La hardiesse Emmanuel
d’Alzon avait les allures d’un grand seigneur. Tête haute, il marchait droit devant
lui. Ses biographes rapportent de lui qu’ « enfant déjà, il courait avec l’agilité d’une antilope, enjambait les
obstacles, sautait terrasses et bordures du jardin ». Ces petits
détails n’ont l’air de rien, mais ils disent toujours quelque chose de la
personnalité d’un homme. Adolescent, face au monde il s’affirme : « On me rira au nez et on fera bien ; et
cependant il faut que je l’aime ce monde. Il faut que je l’évangélise »[74],
car « ce ne sont pas les poltrons
qui le régénéreront », ni « ces
chrétiens qui courbent la tête en disant : ‘ les jours sont mauvais’ »,
et là-dessus se croisent les bras et pensent que c’est tout. Non, l’avenir est
plutôt « à ce postillon qui lance à
toute allure ses chevaux dans la descente »[75].
Devenu
adulte, Emmanuel d’Alzon ne croise pas les bras : « Pour nous, dans notre démence, nous sommes
jaloux de la hardiesse des martyrs, de la témérité des apôtres, et c’est avec
cette hardiesse que nous prétendons aimer l’Eglise…, nous souvenant que le
monde a été sauvé par la folie de la prédication et la hardiesse imprudente des
prédicateurs ». Emmanuel d’Alzon prend ses libertés par rapport aux
conformismes de la société : Pour nous, « marchons, avançons intrépidement ; on nous traitera de fous.
Laissons passer miséricordieusement ces petits bruits d’en bas »[76].
7.
Un homme d’initiatives C’est
peut-être l’un des traits les plus caractéristiques du fondateur des Augustins
de l’Assomption. Emmanuel d’Alzon a été un homme d’initiatives. A ses religieux
il n’hésitait pas à dire : « Aux
inventions de la haine, il faut opposer les inventions de l’amour »[77].
Homme
bouillant, entreprenant, d'une énergie incroyable, passant d'un chantier
apostolique à un autre, apparemment sans difficulté, trouvant du temps, certes
pour prier mais aussi pour étudier, écrire, assurer la direction spirituelle de
nombreuses personnes, fonder deux Congrégations (les Augustins de l’Assomption en
1845 et les Oblates de l’Assomption en 1865) tout en dirigeant un établissement
scolaire, ne l'a-t-on pas souvent présenté comme un homme dévoré par la passion
du Règne de Dieu, mettant aussi bien
sa fortune que son énergie, à son service ? Omniprésent sur tous les fronts,
tout en mobilisant les compétences de personnes gagnées à cette grande Cause et
qui le suivaient volontiers. « L'esprit
toujours en éveil, il repère les besoins, imagine du neuf pour y répondre,
élargit son champ d'action. Il bouillonne d'initiatives, concertées avec
d'autres. Les grandes intuitions de ses dernières années sont parmi les plus
fécondes et les plus amples. Ce lutteur infatigable et intrépide imaginera
jusqu'à sa mort des œuvres nouvelles adaptées à son temps, utilisant les
dernières techniques de l'époque. Il veut vraiment rendre au Christ une société
qui part à la dérive en s'éloignant de lui. Toutes les entreprises qui
conduisent plus directement à ce but lui paraissent souhaitables et tout particulièrement
celles destinées au petit peuple, aux ouvriers »[78]. Ce
qu’il demande à ses religieux, c’est une charité pleine d’initiatives. « Ah ! que d’œuvres à entreprendre !
Non qu’il faille les embrasser toutes, mais que d’efforts pour obtenir ce que
Dieu a le droit d’attendre de
nous ! On nous blâmera ; mais c’est connu, nous irons toujours plus
avant, et, à la fin, nous serons bénis…. »[79].
Précisant l’esprit de l’Assomption, il écrit : « Les trois vertus principales sont l’esprit de foi, l’esprit de
sacrifice, l’esprit d’initiative….l’initiative combat la mollesse, la paresse
et les lâchetés de l’égoïsme »[80].
8.
Un prédicateur[81] Le
Père d’Alzon n'a sans doute pas prêché autant que St Augustin, mais, comme le
disait Mgr Besson, le 4ème de ses évêques, « Sa parole se revêtait, selon le sujet, des
couleurs les plus vives. Il était, dans ses discours et ses sermons, tour à
tour ferme et précis, riche et abondant, hardi et retenu, mêlant les sentiments
les plus nobles aux considérations les plus élevées, inégal et parfois trop
familier, mais toujours capable de se relever d’un coup d’aile et de ravir avec
lui son auditoire jusqu’au sublime….il avait, d’ailleurs, toutes les qualités
de l’orateur : la taille, le port, le geste, le regard, la doctrine sûre,
la parole noble, l’accent ému et entraînant. Personne, parmi les fidèles, qui
n’ait apprécié ses belles stations d’Avent et de Carême ; personne, parmi
les ecclésiastiques à qui il a été donné de suivre ses retraites pastorales,
qui n’en ait gardé un doux et reconnaissant souvenir au fond de sa conscience.
Prédicateur populaire dans la meilleure acception du mot, il eut à Nîmes tous
les succès ; mais il n’ambitionna qu’une gloire : celle d’éclairer et
de convertir »[82].
Le prédicateur, pour lui, devait être humble et sincère. A la veille de son
ordination, il écrivait : « Celui
qui aspire à défendre la vérité doit, avant tout, ne pas lui donner ce masque
d’individualité qu’elle revêt si souvent »[83].
Pour lui, rien ne comptait, hormis instruire et convertir. Pour
être tout à tous, le Père d’Alzon fut un prédicateur universel. Il donna des
sermons, des conférences à des auditoires divers. « Parler m’a toujours plus fatigué qu’écrire »[84],
disait-il. Mais il arrivait au Père d’Alzon de prêcher deux retraites en même
temps et de parler jusqu’à six fois par jour. Il donna environ cent quarante
retraites, dont une douzaine aux prêtres ou séminaristes, une quarantaine à des
religieux et religieuses[85].
Homme accaparé par de nombreuses tâches journalières, il trouvait le temps,
plein d’énergie et de zèle qu’il était, de prêcher des retraites de Carême et
de nombreuses allocutions spirituelles. 9.
Une vie studieuse[86] Le
Père d’Alzon poussait ses religieux aux études. Jeune séminariste, il
écrivait : « c’est l’étude qui
a formé ceux qui ont eu le plus d’influence sur leur époque, depuis saint
Grégoire, saint Jean-Chrysostome, saint Augustin et Origène jusqu'à saint
Bernard… »[87].
Comment peut-on connaître Dieu, connaître ses droits, si l’on n’étudie
pas ? « Vous faites bien de
lire, le plus possible, écrivait-il à
Melle Louise Chabert, mais de grâce,
prenez des notes, puis livrez-vous à cet amour de l’Eglise qui est le vrai
phare de nos jours… »[88].
A la Mère Marie-Eugénie, il écrit en janvier 1870 : « Je me demande quelquefois si vous ne feriez
pas bien de faire faire un peu de philosophie à vos plus intelligentes novices… »[89].
La même année, il écrit au Père Emmanuel Bailly : « Il est besoin d’une forte lutte d’études, de
sciences, de sainteté. La sainteté fécondant la science, voilà à quoi il faut
tendre. Prions pour devenir des hommes forts et capables de lutter contre tout
ce que nous aurons à combattre »[90].
Comme on le voit, Emmanuel d’Alzon s’est toujours préoccupé de la formation de
ses religieux. Pour lui, c’était la condition de tout apostolat fructueux. On
ne peut se contenter de l’à-peu-près. Il faut travailler avec intelligence. En fait, en raison de la vocation de
son Institut, le Père d’Alzon exigeait que le religieux étudie toute sa vie,
quel que soit le secteur où il travaille. « J’ai parlé de la nécessité de ressusciter les mœurs chrétiennes à
l’aide des grands principes de la foi : donc il nous faut des saints, mais
des saints illuminés par la science catholique. Aussi au terme du noviciat, et
pour ceux qui ont terminé les études classiques, plaçons-nous un nombre
considérable d’années où l’étude des saintes lettres, de la philosophie et de
la théologie, avec des examens très multipliés, nous donnera, espérons-le des
hommes que cependant la science n’enivrera pas…parce qu’ils l’auront placée
sous la protection de la sainteté religieuse »[91].
Pas donc d’intellectualisme, au contraire, il faut de l’humilité dans les
études car, « la science enfle, mais
si l’esprit de science et celui de piété vont ensemble, ils se soutiennent et
se protègent réciproquement ». Il écrit encore : « Je reconnais
que quelques-uns des nôtres n’ont pas toute la science nécessaire…ils pourront
tous les jours acquérir »[92].
De là apparaît sa vision du travail. Pour
lui, les prêtres religieux, ont en vertu de leur vœu de pauvreté, l’obligation
stricte de gagner leur pain à la sueur de leur front et l’étude est une partie
essentielle du travail auquel les astreint la force même des saints vœux (Circulaire du 1er juin 1874).
Fondamentalement, le travail constitue la principale mortification des religieux
assomptionnistes et « on peut dire
que lorsqu’on étudiera plus dans 10. Un fondateur Le
Père Emmanuel d’Alzon est fondateur des Assomptionnistes, mais aussi des
Oblates de l’Assomption. Homme d’initiatives animé d’un zèle apostolique,
d’Alzon a voulu avoir une Congrégation de religieuses missionnaires pour
seconder les Pères Assomptionnistes en Orient. Il avait d’abord pensé aux Dames
de l’Assomption (Religieuses de l’Assomption), mais progressivement, il a
compris que seule une nouvelle famille religieuse pourra se consacrer à la
grande tâche d’évangéliser l’Orient. C’est
ainsi qu’en 1865 ; il engage le processus de la création des Oblates de
l’Assomption[98]. Il
le fait avec Marie Correnson (1842-1900)[99].
La particularité des Augustins et des Oblates de l’Assomption leur vient de
leur paternité commune et de leur vocation apostolique missionnaire. On se
rappelle qu’au chapitre de 1868, le P.
d'Alzon avait présenté les Oblates à ses religieux comme des auxiliaires « qui veulent se sanctifier comme nous dans un
immense et apostolique amour pour l'Eglise. Leur cachet, sous ce rapport,
creuse en quelque sorte davantage notre propre cachet »[100]. Ainsi d’Alzon aura vraiment
été un fondateur : fondateur d’un Collège, fondateur de deux Congrégations
religieuses, il partage les intuitions fondatrices de son époque. Fondateur, il
ouvre ainsi un chemin d’Evangile original qui constitue encore aujourd’hui une
interpellation pour l’Eglise et la société.
III.
Quelques
passions apostoliques assomptionnistes Le
Père Emmanuel d’Alzon a laissé à ses fils de nombreux chantiers apostoliques.
Une variété qui donne aux religieux plusieurs façons d’incarner la vie
assomptionniste. La place accordée aux valeurs humaines fait qu’une place
importante est donnée à toutes sortes de tempéraments. Et quand les
Assomptionnistes s’engagent dans plusieurs domaines, ils ont toujours en
référence les intuitions originelles qui font que la mission
assomptionniste s’inscrit dans une sorte de triple mot d’ordre : doctrinal, social, œcuménique[101],
avec une urgence qui se présente comme une hantise : les grandes causes de
Dieu et de l’homme. Un Assomptionniste
sera toujours un passionné, un serviteur de la vérité. Il aura un esprit
doctrinal, une piété doctrinale, pour avoir une action apostolique doctrinale.
Il sera toujours solidaire des hommes, et partout, homme de communion soucieux
de l’unité. 1.
L’enseignement[102] L’enseignement
et l’éducation ont été les grandes
tâches pastorales du Père d’Alzon. Il s’est
beaucoup battu pour la liberté de l’enseignement
catholique et les
Assomptionnistes n’oublient pas que c’est dans un
collège à Nîmes qu’ils ont
reçu leur nom et leur vocation. En effet, c’est dans le
Collège de l’Assomption
en 1845, avec quelques enseignants, que le P. d’Alzon
s’engage dans la vie
religieuse et fonde les Augustins de l’Assomption. Dans les buts
qu’il donne à
cette Congrégation naissante, il met en priorité
« l’enseignement entendu dans le sens le plus absolu du mot, c’est-à-dire
les collèges, les séminaires, l’enseignement supérieur »[103].
Le Père d’Alzon voyait toujours grand. Aucun des degrés de l’enseignement
n’était oublié dans son programme, puisqu’il s’agissait de l’enseignement
au sens le plus large du mot. Il rêvait
même d’une université catholique, comme nous l’avons déjà signalé. Aujourd’hui,
les Assomptionnistes poursuivent la tâche d’éducation, héritée de leur
fondateur, de plusieurs manières : enseignement, animations d’aumôneries
ou de mouvements de jeunesse. En 2008, on notait que les Assomptionnistes
dirigeaient ou animaient, dans huit pays, dix-sept établissements[104]
et que la vision qu’avait le Père d’Alzon de l’éducation peut encore mobiliser,
à travers le monde, des religieuses, des religieux et des laïcs. 2.
La presse[105] Les
Assomptionnistes sont les tout premiers à se lancer dans l’aventure de la
communication de masse. Le Père d’Alzon n’a pas manqué de faire ses premiers
pas dans le journalisme[106],
il a écrit des articles pour diverses publications a lancé un journal à Nîmes
La liberté pour tous en 1848 et il s’est intéressé à la presse comme moyen
d’atteindre le peuple pour remettre Dieu en honneur et défendre l’Eglise. Ses
disciples se saisiront de son intuition, ainsi naîtra la « Bonne Presse » qui deviendra
« Bayard Presse », puis Bayard avec, de génération en
génération, le même défi : faire exister une opinion chrétienne dans la
société et constituer au sein même de l’Eglise un lieu de dialogue. C’est le Pèlerin qui naît d’abord en 1873 et le
journal quotidien La Croix en 1883,
après l’essai de la Croix-Revue en 1880. Depuis
les origines donc, la communication par la presse est un domaine majeur de
l’apostolat assomptionniste et en 3.
La mission On
peut dire que les Assomptionnistes ne sont
pas essentiellement des « missionnaires »,
au sens où on pourrait le dire pour les Comboniens ou les Pères ‘Blancs’
(Missionnaires d’Afrique). Cela dit, il n’est pas possible de se vouloir
apôtres du Royaume – Adveniat Regnum Tuum–
sans se porter là où le Christ n’a guère
encore été annoncé. En réalité,
dès
le début, Emmanuel d’Alzon a donné une place de
choix aux « missions étrangères ». Les Constitutions de 1855 mentionnent, à
côté de l’enseignement, de la publication de livres, des œuvres de charité, des
retraites, « les missions étrangères
et les travaux pour la destruction du schisme et de l’hérésie ». Plus
explicite encore, l’instruction au chapitre général de 1868 où le Père d’Alzon
s’exprimait de la façon suivante : « Oui, les missions étrangères sont notre ambition. Par quelle
disposition providentielle se fait-il que, si peu nombreux, nous ayons déjà
fait de missionnaires ? »[111].
En fondant les Oblates, il n’a pas hésité à leur dire : « Mes filles, vous irez au-delà des mers [112]».
Les
missions étrangères font donc partie du programme de l’Assomption dès le point
de départ. En effet, dès 1860, les premiers missionnaires assomptionnistes
partiront pour l’Australie. Puis d’autres missions, de plus en plus loin :
Istanbul (1862), Jérusalem (1887). La mission d’Orient[113]
naît en Bulgarie (1863), se développe en Roumanie (1923), la Russie (1903), les
Amériques (1890), l’Asie (Mandchourie, 1935), l’Afrique (1929). Et l’histoire
des missions[114]
continue avec récemment en 2006 les Philippines, le Vietnam, le Togo.
L’Assomption participe ainsi au mystère de l’Eglise dont elle est une cellule.
Aujourd’hui comme hier, le fondement de la mission sans frontière pour un
assomptionniste reste avant tout notre devise : Adveniat Regnuum Tuum. Vienne ton Règne 4.
La solidarité Les
Assomptionnistes ne sont pas hommes d’un parti, mais ils ont un parti pris,
celui pour la justice et la solidarité. C’est ce qu’on appelle l’option
prioritaire pour les plus défavorisés : un choix qui s’enracine, pour les
religieux, dans leur propre vœu de pauvreté. C’est la dimension sociale de l’apostolat assomptionniste. Depuis
des décennies, des textes vigoureux de Chapitres généraux des Assomptionnistes,
ne cessent d’appeler à œuvrer pour la justice et la paix, à être solidaires des
exclus et des déracinés. C’est un héritage spirituel et apostolique que les
Augustins travaillent encore à assumer aujourd’hui. A l’Assomption, dans de nombreux
lieux de mission, beaucoup de frères sont engagés dans ce vaste domaine de la
solidarité avec les pauvres :
hôpitaux, prisons etc… 5.
Les pèlerinages[115] Dans
les Ecrits spirituels, le Père
d’Alzon a pu écrire en 1869 : « Il
faut que nous nous fassions tout à tous. Il faut que nous nous efforcions
d’entrer le plus possible en relation avec le peuple. Nous devons nous porter,
par tous les efforts possibles, aux œuvres populaires. C’est par
l’évangélisation des pauvres que l’évangélisation du monde a commencé. Soyons
sous ce rapport fidèles à notre vocation »[116].
Pour les Assomptionnistes, les pèlerinages vont être ce lieu authentique
d’évangélisation. Les
Assomptionnistes n’ont pas inventé les pèlerinages, mais ils les ont réactivés
et popularisés à partir des années 1872-1873. Depuis, ils en sont devenus en
quelque sorte des spécialistes grâce
à leur savoir-faire. Depuis plus de 130 ans, ils animent chaque année le
pèlerinage du 15 août à Lourdes. A côté de Lourdes, d’autres pèlerinages et
croisières sont organisés par les Assomptionnistes, par exemple en Terre
sainte, sur les pas de St Paul etc…C’est dire combien, aujourd’hui encore, il
est important pour les Augustins de
l’Assomption d’aider les hommes
et les femmes de notre temps à faire
bouger leur vie en même temps que leurs pieds pour rendre à la vie sa source et
son rocher : Dieu. 6.
L’œcuménisme : l’unité[117] La
marche vers l’unité : voilà un autre pèlerinage qui passionne les
Assomptionnistes dès les origines. Toute sa vie, le Père d’Alzon « a prié, milité, agi pour l’unité chrétienne »[118].
Disons-le, le Fondateur de l’Assomption, inspiré par son esprit de foi et par
son zèle pour les ‘droits de Dieu’, à cherché, toute sa vie durant, à rétablir
l’unité et à maintenir l’union. L’œcuménisme est une des vocations profondes
des Assomptionnistes ; car ; comment le Royaume de Dieu peut-il
advenir s’il est annoncé par des chrétiens divisés ? Jésus a prié
solennellement pour l’unité de son Eglise (Jn 17). Les Assomptionnistes ne
pouvaient pas sauter pieds joints une telle injonction. 7.
La passion de la recherche de la vérité : les
publications Parmi
les moyens que le Père d’Alzon se donnait dans le service de la mission pour le
Règne de Dieu, il y avait « la
publication des livres qui peuvent aider à l’enseignement »,
l’enseignement sous toutes ses formes (Constitutions
de 1855). En fondant sa Congrégation, c’est sous la conduite de Saint Augustin
que le Père d’Alzon la place : il lui en donne le nom, la règle et la
direction intellectuelle[119].
Tout au long de l’histoire, les Assomptionnistes vont travailler à honorer ce
choix de leur fondateur, celui d’une vie intellectuelle forte au service du
Royaume de Dieu. A
Paris, en 1883, la création d’un journal est lancée et une future centrale de
presse se profile à l’horizon ; à Constantinople, en 1895 la congrégation des Assomptionnistes
érige à Istanbul un Centre d'études orientales, qu'on appela d'abord École
pratique des hautes études et qui allait devenir en réalité un Institut
d'études byzantines avec la publication de la revue les « Echos d’Orient » pour travailler à
l’unité des chrétiens. Les « Echos d’Orient »
deviendront en 1943, la Revue des études
byzantines avec le même souci : la recherche au service de l’unité des
chrétiens. Ensuite, on peut mentionner
l’édition des œuvres de saint-Augustin avec la prestigieuse « Bibliothèque Augustinienne »
inaugurée en 1933 pour promouvoir les études sur saint-Augustin. D’où aussi la
création du périodique, la Revue des
Etudes Augustiniennes qui paraît deux fois par an, avec la recension de
tous les ouvrages qui concernent Augustin. Avec la Revue augustinienne, c’est une intense activité intellectuelle, en
théologie et en philosophie qui se met en place. Un travail d’édition et de
recherche qui s’est poursuivit avec la création de La Vie augustinienne en 1929 et la revue Itinéraires Augustiniens en 1988. Aujourd’hui
encore, l’Assomption a des représentants parmi les spécialistes de l’exégèse
biblique, de la théologie, de la philosophie, de la patristique, de la presse
et de la communication, de l’œcuménisme. Tous ces domaines de recherche sont
accompagnés par des publications. Ainsi, la tradition de la recherche ne se
perd pas, car en réalité, pour reprendre les mots du fondateur, « sans vie intellectuelle, pas d’Assomption
vigoureuse »[120].
Il reste à noter que les publications chez les Assomptionnistes sont toujours
au service de la diffusion de la vérité. 8.
La paroisse[121] Les Assomptionnistes ont-ils leur
place en paroisse ? L’Assomption doit-elle œuvrer en paroisse sans
courir le risque de sacrifier la vie religieuse assomptionniste ? Telles
sont les questions qu’on se pose souvent à propos des Augustins de
l’Assomption. En réalité, on peut retenir que les Augustins de l’Assomption ont
deux grandes références dans ce domaine : Saint Augustin et Emmanuel
d’Alzon. Saint Augustin rêvait d’une vie communautaire fraternelle tournée vers
Dieu dans la prière, passionnée par la recherche et méditant les Saintes Ecritures.
Mais au cours d’un voyage à Hippone, le peuple de Dieu le choisit comme évêque
en l’acclamant. C’est malgré lui, contraint et forcé, qu’il accepte en y voyant
un appel du Seigneur. Il accepte par charité pour le Christ et ses membres.
Cependant, il demanda de continuer à vivre en communauté, ce qu’il obtient du
vieil évêque Valère : « Evêque
malgré lui, moine avant tout » (André Mandouze). Emmanuel d’Alzon a
fondé une congrégation pour répondre aux besoins de l’Eglise de son temps.
Cependant, il est resté Vicaire Général presque toute sa vie, inséré dans une église
locale, participant au concile Provincial d’Avignon et présent à Rome au
Concile Vatican I. Le Père d’Alzon n’aimait pas « vicarier » selon son propre terme, mais il l’a fait d’une
manière originale. Le lancement de nouvelles familles religieuses ne l’a pas
empêché de travailler au renouveau de l’église de Nîmes. Chez l’un comme chez
l’autre, le travail apostolique intense ne s’oppose pas à la vie religieuse.
C’est donc l’amour de l’Eglise et du peuple de Dieu qui justifie la présence assomptionniste
en paroisse. La
présence des Assomptionnistes en paroisse se veut une présence imaginative,
par-delà la « gestion »
d’une pastorale locale : elle s’efforcera, d’y promouvoir la vitalité des
communautés de base et la responsabilité des laïcs. Il s’agit de mettre en
marche tout un peuple. Dans les
grands traits, une paroisse assomptionniste pourrait être une communauté de disciples, c’est-à-dire
une communauté où prêtres, religieux (ses) et laïcs “marchent derrière le Christ”, où ils font route avec Lui, comme
dans le récit des disciples d’Emmaüs. Dans une paroisse assomptionniste, le
ministère ordonné devrait être là, pour que chacun trouve sa place, s’exprime,
accorde son pas à celui des autres, s’ouvre à une communion plus grande et
parvienne au moment de la décision en ayant élaboré un consensus large. Dans
une paroisse assomptionniste, il n’y a pas de “curé” au sens canonique, juridique du terme. L’apostolat paroissial
est communautaire. Une paroisse assomptionniste doit être une communauté où on
peut lire de façon manifeste les traces du charisme assomptionniste. Un appel à
vivre : la cause de Dieu et de l’homme en ayant un véritable amour de l’Eglise.
Précisons encore : dans une
paroisse assomptionniste, la pastorale est moins une pastorale « d’encadrement » des paroissiens,
qu’une pastorale « d’engendrement »
de la communauté paroissiale pour promouvoir sa mission. Dans une paroisse
assomptionniste, il faut passer de la « logique de guichet » où on rend des services à une clientèle
des sacrements, à une « logique de
projet » où on vit et fait des choses ensemble[122].
La paroisse assomptionniste élabore des projets qui ont pour priorité de
retrouver « des espaces de rencontre
avec nos contemporains, sans se contenter purement et simplement du cadre de la
demande des rites mais sans doute en s’appuyant sur elle »[123].
Dans la paroisse assomptionniste, on est ensemble sur le chemin de la foi, pour
partager des convictions sur la route, des questions aussi, bref, pour faire
ensemble une quête de Dieu et de l’homme. Une paroisse assomptionniste est une
paroisse où se vit « l’Alliance »
avec les laïcs. Les prêtres d'une paroisse assomptionniste ne doivent pas être
des chefs d'orchestre, mais plutôt des « hommes-orchestres ». Ils mettent en contact, ils rapprochent
les uns des autres, les personnes et les groupes, ils coordonnent. 9. En « Alliance » avec les laïcs[124] Emmanuel
d’Alzon avait envisagé différentes formes de participation de laïcs à « l’Ordre de l’Assomption». Dès le départ, le fondateur des assomptionnistes
avait conçu une congrégation qui intégrait les laïcs. Ainsi, les Constitutions de 1855 définissent la
première Assomption non comme une congrégation cléricale, mais comme une Association de prêtres et de laïcs. Dès
le début, existent donc des religieux qui ne sont pas appelés au sacerdoce mais
aussi, et c’est une originalité, des frères séculiers laïcs, appelés Frères du
tiers-ordre. Il ne faut pas oublier que les deux
premiers profès furent deux professeurs de l’enseignement public, Jules Monnier
(1815-1856) et Eugène Germer-Durand (1812-1880), qui, renonçant aux avantages
d’une situation professionnelle publique plus élevée, ont rejoint le Père
d’Alzon au Collège de l’Assomption et en ont élaboré différents projets avec
lui, tant sur le plan scolaire que sur le plan spirituel. Ne vivant pas en
communauté, ils pouvaient « se livrer,
sous la direction de l’Ordre, à des œuvres de zèle, de charité et d’apostolat
». Un noviciat propre leur était réservé, avec un règlement propre comportant
des exercices spirituels soutenus et des formes de participation à la vie
apostolique de l’Assomption. Le régime des Tertiaires de l’Assomption
comprenait aussi une branche féminine : la femme du professeur Germer- Durand,
Cécile (1818-1886), Oblate de l’Assomption après son veuvage, en fut d’ailleurs
une des premières membres. Le tiers-ordre tel que le concevait d’Alzon n’était
pas une simple association de piété mais une partie constitutive de
l’Assomption et de son projet apostolique : les frères séculiers étant considérés
comme appartenant à l’Ordre, selon une disposition à faire reconnaître par
l’Église. Au-delà des difficultés d’ordre
canonique qui rendent souvent complexe ce genre de lien entre laïcs et
religieux, les Assomptionnistes, à la suite de leur fondateur, continuent la
recherche d’une forme institutionnelle d’alliance avec des laïcs partageant la
spiritualité et les œuvres apostoliques. Le Chapitre général de 1993 l’avait
rappelé : « Emmanuel d’Alzon
rêvait d’une Assomption faite de laïcs et de religieux pour porter dans le
monde de son temps, la passion du Règne de Dieu ». Et au Chapitre de
2005, on est passé de « collaboration »
à « Alliance » entre laïcs
et religieux pour partager la même mission. En faisant « Alliance », les laïcs et les
religieux veulent vivre ensemble l’Église, cette présence du Christ au cœur du
monde. L’Alliance annonce quelque chose qui nous dépasse complètement : une vie
de communion avec Dieu. L’Alliance est une famille où chacun a une place
irremplaçable. 10.
Avec saint-Augustin pour Maître Le Père d’Alzon a voulu fonder une
Congrégation doctrinale, profondément axée sur l’enseignement de l’un des plus
grands Docteurs de l’Eglise : saint-Augustin. Il s’est attaché à sa pensée
pour y puiser tout ce qui peut alimenter l’âme de ses religieux, leur prière,
leur union. « Plus je lis saint
Augustin, plus je suis frappé de la vérité de cette parole que la vie
religieuse repose sur la pratique des conseils, les conseils sur la charité, la
charité sur Dieu, à qui la charité nous unit, et que la vie religieuse est le
moyen de nous unir parfaitement à Dieu par la charité. Le reste, ce sont des
moyens de perfection »[125].
Ainsi, c’est chez saint Augustin que le Père d’Alzon trouve une Règle de vie
religieuse, mais aussi une intelligence du dessein salvifique de Dieu en
Jésus-Christ. Il considère la Cité de Dieu de saint-Augustin comme une
seconde révélation[126].
C’est encore chez Augustin que d’Alzon trouve une pédagogie de la foi au
service des fidèles, un sens de Dieu comme Absolu, un attachement passionné à
Jésus-Christ et à ses faits et gestes et un ardent amour pour l’Eglise[127].
On comprend que les Assomptionnistes
aient entrepris de publier ses œuvres, d’étudier sa pensée, de diffuser sa
spiritualité. Augustin est un traceur de chemin pour les Assomptionnistes.
Augustin est notre patriarche, affirme le Père Hervé Stephan, ancien Supérieur général
des Assomptionnistes. « Par notre
fondateur, par son esprit et ses grands textes, la sève augustinienne monte
dans l’arbre de l’Assomption. Par exemple, la place centrale du Christ et des
vertus théologales, le sens de l’Eglise, l’amour de son unité, la trilogie
(unité, vérité, charité)… » Conclusion Fondateur des Augustins et des
Oblates de l’Assomption, le Père Emmanuel est un « traceur » de chemin pour tous, religieux, religieuses et
laïcs. Aujourd’hui, 200 ans, après sa naissance (1810), des hommes et des
femmes continuent à pister ses traces pour une même cause : le Règne de Dieu. A la mort du Père
d’Alzon en 1880, le peuple disait : « c’est un saint ». L’Assomption espère que l’Eglise reprendra
un jour cet éloge à son compte, avec l’autorité qui s’attache à ses
infaillibles verdicts dixit Lucien
Guissard (1919-2009) Le Père d’Alzon fut un prophète et un précurseur selon les
termes du P. Gervais. Quenard (1875-1961), un prophète qui voyait très grand et
très large et qui savait découvrir les besoins de son temps, et « c’est le propre des grands cœurs de
découvrir le principal besoin des temps où ils vivent et de s’y
consacrer » selon son contemporain Lacordaire. D’Alzon s’est engagé
dans « la voie royale de l’amour des
petits, des pauvres, de tous les abandonnés ». Il a cultivé la
loyauté, la franchise, la générosité et le désintéressement. Sa vie ce cesse
d’appeler et interpeler…
[1] Toute la bibliographie d’alzonienne, des origines à nos jours, a été rassemblée et classée dans Cahiers du Bicentenaire n° 3, Rome, 2007, 344p, cahier rédigé et édité par le P. J.-P. Périer-Muzet à partir d’un travail antérieur composé par P. Touveneraud de 1979, ce dernier publié dans la collection Documents Assomption. [2] Lucien GUISSARD, « Au Rythme de l’Eglise », in Assomption et ses œuvres, n°543, autonme 1965, p. 1. Du même, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, Bayard, 1999, 172p. [3] Historien,
archiviste des Augustins de l’Assomption à Rome, auteurs de nombreux ivres sur
le Père Emmanuel d’Alzon. [4] Le ton d’une enfance et d’une adolescence heureuses dans J.-P. Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même, Anthologie alzonienne, t. II, Rome, 2007, pp. 9-12. [5] Tradition pieuse qui donne à la naissance d’Emmanuel d’Alzon un caractère biblique, comparable à celle de Jean-Baptiste : Lc 1, 67-79 (cantique du Benedictus) [6] Angelome CLEUX, Emmanuel d’Alzon. Homme d’Eglise, édition du Centre D’Alzon, Belgique, 1961, p. 10 [7] Idem, p. 11. D’après le témoignage exprès du P. d’Alzon dans Lettres, t. A (S.V.), p. 39 (24 janvier 1830 à Luglien d’Esgrigny) [8] Idem, p. 13. Emmanuel d’Alzon ne manquait pas de parents qui avaient embrassé la carrière militaire. [9] Idem, p. 13-14. Cité d’après P. Siméon Vailhé, Vie du P. d’Alzon, t. I, B.P., 1926, pp. 57-58 [10] Vie d’étudiant à Paris en 1828-1829 dans J.-P. Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même, Anthologie alzonienne, t. I, Rome, 2003, pp. 21-24. [11] Un séminariste en cage : d’Alzon à Montpellier dans J.-P. Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même, op.cit, t. I, pp. 37-40 [12] Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 293. [13] Le 18 juillet 1832 à Henri Gouraud, Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 317. [14] Cf. Adrien PEPIN, le Père d’Alzon (1810-1880), l’âme d’un grand apôtre, Bonne presse, 1950, pp. 3-4 [15] L’ivresse romaine et le bonheur d’être prêtre dans J.-P. Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même, op.cit, t. I, p. 41-45, 47-50. [16] Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 451. [17] Idem, p. 629. [18] Cf. Adrien PEPIN, op. cit, p. 61 [19] Cf. Adrien PEPIN, op.cit, p 65 [20] Cf. Noël BUGNARD, Le P. Emmanuel d’Alzon et les vocations, Série Centenaire, n° 3, Rome 1980, p. 10 [21] Premiers pas dans le ministère dans J.-P. Périer-Muzet, op.cit, t. I, pp. 51-54 et Une promotion rapide dans la carrière ecclésiastique, o.c., t. II, pp. 37-40. [22] Cf. Adrien PEPIN, op.cit, p. 77 [23] Lettres du P. d’Alzon, t. B (S.V.), p. 27. [24] Cf. Angelome CLEUX, Emmanuel d’Alzon, homme d’Eglise, Ed. du Centre d’Alzon saint-Gérard, Belgique, 1961, p. 49. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. I (P.T.), p. 278 n.5. [25] Cf. Angelome CLEUX, op.cit, p. 49. [26] Cf. Siméon VAILHE, Vie du P. Emmanuel D’Alzon, p. 345. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. B (S.V.), p. 161-162. [27] L’étoile de la vie religieuse dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. I ; pp. 59-62. [28] Idem, p. 346 [29] P. Jean-Paul PERIER-MUZET, le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même. Anthologie Alzonnienne, Maison Généralice des Augustins de l’Assomption, Rome 2003, p. 60. [30] Siméon VAILHE, op. cit, p. 350-351 [31] D’Alzon maître d’école dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. I, pp. 77-80. [32] Idem, p. 372 [33] Désir de fondation d’une Congrégation dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. II, pp. 59-63. [34] Adrien PEPIN, Le Père d’Alzon, op.cit, p. 129-130. Cité d’après Ecrits spirituels du P. d’Alzon, Rome, 1956, p. 788. [35] S. VAILHE, Vie du P. Emmanuel d’Alzon, op.cit, p. 383. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. B (S.V.), p. 320. [36] La naissance officielle de l’Association dans J.-P. Périer-Muzet, o.c. t. I, pp. 93-96. [37] Cette institution ne manquait pas de désignation plus ou moins contrôlées : Pensionnat de l’abbé Vermot, Institution de l’Assomption, Collège catholique de Nîmes etc…. [38] Sur la figure de Cardenne : Un destin à pas de géant dans J.P. Périer-Muzet, o.c., t. I, pp. 89-92. [39] Angelome CLEUX, Emmanuel d’Alzon, homme d’Eglise, op.cit, p. 82. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. C (S.V.), p. 10. [40] Sur la figure du P. Pernet, Formation d’un des premiers disciples dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. I, pp. 85-88. [41] Siméon VAILHE, op.cit, p. 387 [42] Angelome CLEUX, op.cit, p. 82 [43] Une alliance laïc-religieux exemplaire dans J.P. Périer-Muzet, o.c., t. II, pp. 51-54. [44] Emmanuel D’Alzon, Ecrits Spirituels, p. 648 [45] E. d'ALZON, Ecrits spirituels, p. 130-131. [46] Les expressions de cette pensée d’alzonienne sont multiples. On en trouve déjà la substance dans le Directoire, 2ème partie, chap. 11 : Ecrits spirituels, p. 79. [47] Il existe évidemment de nombreux textes du Fondateur et de nombreuses études sur ce thème central du Règne ou du Royaume : voir pour les plus récentes analyses les ouvrages du P. Georges Tavard, Emmanuel d’Alzon, Textes spirituels, Cerf, 2002, 217 et du même P. Tavard, Emmanuel d’Alzon. La foi et le Royaume, Cerf, 2003, 179p. Mais l’ouvrage inégalé d’étude sur la pensée du P. d’Alzon reste celui, bien que de présentation austère, du P. Athanase Sage. [48] Texte proposé au Chapitre général de 1999, intitulé Passionnés de Dieu pour un siècle nouveau. Pour nous redire notre charisme, p. 16. [49] Idem, p. 649 [50] Présentation synthétique, à plusieurs mains : L’Esprit de l’Assomption d’après E. d’Alzon, Rome, Rome, 1993, 101p. Voir aussi comme présentations actualisées et renouvelées : Session de Nîmes 1995, Identité religieuse et Vie assomptionniste, U.E.A n° 3, Paris, 153p. Deux siècles d’Assomption, le regard des historiens, U.E.A., Paris, 2003, 237p. [51] P. Emmanuel d’Alzon, Premières Constitutions des Augustins de l’Assomption 1855-1865, Maison généralice, Rome 1966, p. 129. [52] Cf. Angelome CLEUX, op.cit, p. 87 [53] On retrouve cet esprit central d’une vie de foi à l’Assomption dans les différentes plaquettes de présentation de la Congrégation, ainsi : Les Assomptionnistes, des hommes de foi en pleine vie, Rome, 1993 et Assomptionnistes, nous sommes des religieux vivant en communauté apostolique, Paris, Province de France, 1993. [54] Pour
toute cette partie, Voir Angelome CLEUX, op.cit,
p. 114. L’opposition entre esprit large
et esprit étroit était un thème
favori des instructions du P. d’Alzon aux collégiens de l’Assomption de Nîmes.
Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux pages 201-219 de L’Assomption et ses œuvres, année 1896
et à L’Assomption de Nîmes, juillet
1875, n° 14, pages 117-118 :
Mémoires d’un ancien de la vieille Assomption. [55] Adrien PEPIN, op.cit, p. 377. [56] A
paraître prochainement dans la collection Vienne ton Règne, La prière à
l’Assomption (texte du P. Marie-Bernard Kientz). Un témoignage écrit de prière
a été donné par 30 religieux : Héritiers
de l’Evangile. Prier trente jours avec les religieux de l’Assomption,
Bayard Editions-Centurion, 1999, 192p. Le P. Jean-Paul Périer-Muzet a esquissé
les traits majeurs d’une prière à l’Assomption : Prier 15 jours avec Emmanuel d’Alzon, Nouvelle Cité, p. 39-45 (Au miroir de la prière à apostolique).
Le P. Claude Marechal, ancien Supérieur Général de l’Assomption de 1987 à [57] 5ème Circulaire, 24 juin 1874, dans Ecrits spirituels, p. 216. [58]Mémoire Assomptionniste, Ecrits au fils des ans 1850-2000, éditions du Bugey, 2000, p. 16. [59] Expression forte tirée de la 14ème Méditation ‘sur la prière’, d’après Ecrits spirituels, p. 425. [60] Idem, p. 15-16 [61] D’après le Directoire, 2ème Partie, chap. 11 : Ecrits spirituels, p. 79. [62] Cf. Ecrits spirituels, p. 261. Il s’agit exactement de la 8ème circulaire consacrée à la formation des jeunes religieux dont le texte est intégralement reproduit dans Ecrits spirituels, pp. 255-267. [63] A. PEPIN, op. cit, p. 391 [64] Cf. Ecrits spirituels, p. 785. [65] Idem, p. 1297. Texte sur la franchise du 15 novembre 1846, adressé au collège de l’Assomption de Nîmes. [66] D’Alzon à son ami Donez, in Vie du P. Em. D’Alzon, Siméon Vailhé, p. 332 [67] Voir A.PEPIN, p. 417. Mère Marie-Eugénie de Jésus arrive largement en tête ! Pour cette comptabilité détaillée par année, se reporter aux pages 362-418 du tome XV des Lettres du P. d’Alzon, édit. 2003 (J.P.-P.-M.) [68] P. Jean-Paul Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même. Anthologie Alzonienne, Maison généralice des Augustins de l’Assomption, Rome 2003, p. 74. [69] Idem, p. 34 [70] Cf. Idem, p. 34-35 [71] Un serviteur de Dieu. Le Père Emmanuel d’Alzon, Foyer Assomptionniste, Bruxelles (non daté ?), p. 12. [72] Idem, p. 12. Cité d’après la 19ème conférence du P. d’Alzon aux R.A., 28 novembre 1870. [73] Emmanuel d’Alzon. Un serviteur de Dieu, op.cit, p. 12. Extrait de l’Allocution capitulaire de 1868, d’après Ecrits spirituels, p. 135. [74] Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 376. [75] Pour toute cette partie voir : Un Serviteur de Dieu. Emmanuel d’Alzon, op.cit, p. 12-13 [76] Allocution capitulaire de 1868 : cité dans Ecrits spirituels, p. 138. [77] 29ème Méditation dans Ecrits spirituels, p. 559. [78] Cf.
Passionnés de Dieu pour un siècle
nouveau. Pour nous redire notre charisme, Propositions au Chapitre Général
1999, p. 10. [79] Cf. Ecrits spirituels, p. 713. D’une retraite prêchée aux Religieuses de l’Assomption après 1870. [80] Idem, p. 1429. [81] Un prédicateur original dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. I ; pp. 81-84. [82] Cf. A. PEPIN, op.cit, p. 412.Ce fragment ou évocation du P. d’Alzon est tiré de l’oraison funèbre du P. d’Alzon par Mgr Besson. [83] Idem, p. 413. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 633. [84] La formulation est plus exactement celle-ci : « Prêcher m’a toujours coûté qu’écrire » [85] Cf. A. PEPIN, op.cit, p. 410-411. [86] Une étude sur ce thème donnée à Rome en 1997 dans le cadre d’une conférence a pour auteur le P. Désiré Deraedt et pour titre : De fortes études. Une conviction très ferme du P. d’Alzon (Rome, 1997, 18 pages dactylographiées). [87] Cf. Adrien PEPIN, op.cit, p. 383. Extrait d’une lettre du 5 octobre 1833 à d’Esgrigny dans Lettres du P. d’Alzon, t. A (S.V.), p. 439. [88] Cf. ART, Le 21 novembre 1960 au Collège International de Rome. Le Père E. D’Alzon et les deux Conciles du Vatican. Quelques aperçus, p. 15. Extrait de Lettres du P. d’Alzon, t. VIII (D.D), p. 34. [89] Idem, p. 15. Cité d’après Lettres du P. d’Alzon, t. VIII, p. 158. [90] Idem, P. 15. Cité d’après une lettre au P. Emmanuel Bailly du 16 février 1870 : Lettres du P. d’Alzon, t. VIII, p. 203. [91] Clôture du Chapitre de 1873 [92] 2ème Circulaire, juin 1874, d’après Ecrits spirituels, p. 199. [93] Tiré de la 4ème Circulaire, 18 juin 1974, d’après Ecrits spirituels, p. 208. [94] Cf. Pour une politique intellectuelle à l’Assomption, Rapport aux membres du Chapitre Général 1999, Document n° 18. [95] Cf. Adrien Pépin, op.cit, p. 384 [96] Cf. Ecrits spirituels, p. 585 [97] Idem, p. 208-209, d’après le texte de la 4ème Circulaire, 18 juin 1874. [98] Sur les débuts de la Congrégation des Oblates de l’Assomption : J.-P. Périer-Muzet, o.c. ; t. II, pp. 187-191.. [99] Sur Marie Correson : dans J.-P. Périer-Muzet, o.c., t. II, p. 181-185. [100] Instruction capitulaire de 1868, Ecrits spirituels, p. 144. [101] Ce langage qui exprime fortement la réalité substantielle de l’apostolat assomptionniste est cependant celui de l’Assomption postérieure au P. d’Alzon qui, lui, parlait plutôt en termes d’apostolat de ‘vérité, d’unité et de charité’, dans la ligne de saint-Augustin. [102] La bibliographie assomptionniste sur cet apostolat est abondante. Il suffit de relever la dernière production en date : Enseigner et éduquer selon l’esprit de l’Assomption, édit. Du Signe, 2008, 36p. [103] La formulation la plus ancienne se trouve dans les premières Constitutions écrites en 1855. [104] Cf. Enseigner et éduquer selon l’esprit de l’Assomption, éditions du Signe, 2008, p. 3 [105] Il existe une documentation variée sur ce sujet : se reporter au Cahier du Bicentenaire d’Alzon n° 7, pp. 52-53. [106] Le Père d’Alzon et la presse par le P. Jean-Paul Périer-Muzet, pro manuscripto, 2009. Ah ! si nous disposions d’un journal dans J.P. Périer-Muzet, Le Père Emmanuel d’Alzon par lui-même, o.c., t. I, p. 253-256. [107] Cf. La Croix, 23 décembre 1998. [108] Il ont été de tout temps présents dans les rouages de l’entreprise, notamment à la direction religieuse du journal La Croix : citons le P. Vincent de Paul Bailly fondateur (1883-1900), le P. François d’Assise Bertoye dit Franc (1902-1927), P. Léon Merken (1927-1949), P. Emile Gabel (1949-1957), P. Antoine Wenger ( 1957-1969), P. Lucien Guissard (1969-1974), P. Jean Potin ( 1974-1988), P. Bruno Chenu (1988-1997), P. Michel Kubler (1997-2009), P. Dominique Greiner ( 2010-…)…. [109] Cf. Bruno CHENU, Foi plume, Bayard éditions, Paris, 1998, p. 8. [110] Emile GABEL, L’enjeu des médias, Mame, Paris, 1971, p. 21. [111] D’après Ecrits spirituels, p. 144. [112] Cf. P. Claude MARECHAL, Missions sans frontières, Lettre n° 10, juin 1995, p.9. Mais l’expression est du Père d’Alzon lui-même : Ecrits spirituels, p. 144. [113] Toute la bibliographie assomptionniste à son sujet est rassemblée dans le Cahier du Bicentenaire d’Alzon n° 6, Rome, septembre 2008, 223p. [114] Lire à ce sujet deux ouvrages documents d’études récentes : Cahier du Bicentenaire d’Alzon n°1, Tour du Monde assomptionniste en 41 pays, 2007, 310p. et L’Aventure Missionnaires de l’Assomption (Actes du colloque Valpré 2000), paris, 2006, 751p. dans collection « Recherches Assomption » n° 1. [115] Bibliographie rassemblée dans Cahier du Bicentenaire d’Alzon n° 7, pp. 57-58. [116] Lucien Guissard, Les Assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, Bayard, 1999, p.108. Cette phrase est la reprise d’une affirmation fortement évangélique (Mt 5, 3 et 11 ? 5 ; Lc 7, 22) du P. d’Alzon : 3ème Lettre au Maître des novices, d’après Ecrits spirituels, pages 163. [117] Bibliographie actualisée sur cette dimension apostolique dans Cahier du Bicentenaire d’Alzon n° 7, pp. 55-57, 147-148 n. 280. En 2008 aux éditions du Signe a été publié une plaquette illustrée balisant les 150 ans de marche de l’Assomption en faveur de l’unité : La Mission d’Orient. L’autre poumon de l’Assomption. [118] Jean-Paul Périer-Muzet, Prier 15 jours avec Emmanuel d’Alzon, Nouvelle Cité, 2003, p. 55 [119] Sur la tradition augustinienne à l’Assomption : se reporter au Cahier du Bicentenaire d’Alzon n° 3, pp. 203-212. [120] Cf. Lucien GUISSARD, Les Assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, Bayard, 1999, p. 138. [121] Est en préparation actuellement, à partir de la Maison Généralice à Rome, un document de réflexion intitulé Assomptionnistes en Paroisse, sous la direction du P. Emmanuel Kahindo Kihugho. [122] Cf. Bruno CHENU, Disciples d’Emmaüs, p. 148. [123] Idem, p. 149. [124] Plusieurs documents assomptionnistes pré-capitulaires, capitulaires et post-capitulaires ont vu le jour en 2005, au niveau général et dans les provinces, par le biais de commissions sur cette question de l’Alliance. [125] Cf. Ecrits spirituels, p. 305. (Novissima verba) [126] Cf. Ecrits spirituels, P. 142 (Instruction capitulaire de 1868) [127]Pour toute cette partie voir : Edgar BOURQUE et Claude MARECHAL, « A l’école de saint-Augustin », in L’Esprit de l’Assomption d’après Emmanuel d’Alzon, pp. 83-88. |