Anthologie

Avant-propos

En 1999, le Conseil Général demandait à l’Archiviste de préparer un livre qui serait une forme d’anthologie du P. d’Alzon et une sorte de compendium de sa volumineuse correspondance dont l’édition quasi intégrale, commencée par le P. Siméon Vailhé en 1923, venait de s’achever avec le travail acharné du P. Désiré Deraedt en 1996. Les raisons d’une nouvelle publication, sur le style d’une méthode d’emploi ou d’usage, paraissaient à la fois simples et impérieuses : d’une part, peu de religieux entreprendraient d’eux-mêmes une lecture systématique de ce corpus imposant si une sélection ne leur était proposée, raison de plus pour les responsables de la Congrégation de susciter une forme allégée ; d’autre part, les formateurs en charge dans toutes les provinces, ne pouvant compter sur une traduction à court terme de cette masse de textes dans leur langue propre, en étaient toujours réduits à fréquenter les usuels en usage, comme les Ecrits Spirituels ou les textes fondateurs (Constitutions), autant d’écrits dont la mise en valeur pour perdurer appelle sans cesse des présentations et des actualisations renouvelées.

Depuis 1987, s’est mise en place la constitution d’une banque de données informatique qui a recensé, scanné, classé tous les écrits du P. d’Alzon, publiés et inédits, connus, moins connus ou ignorés. On peut se mettre à espérer que cet instrument de travail, rendu performant grâce à un coûteux investissement d’indexation, auquel a présidé la confection d’un thesaurus, va mobiliser et dynamiser les énergies des plus jeunes générations attirées par l’outil informatique. Un CD rend opérant le travail de recherche, mais il est encore trop tôt pour déterminer si les fleurs qui précèdent toujours la promesse des fruits délivreront dans le futur leur germination printanière, à l’approche des premières quêtes de production. L’investissement à long terme requiert la maturation de la patience ; une nouveauté ou une innovation en profondeur ne peut être estimée aux seuls prurits d’une fébrilité technicienne. Faisons le vœu que les plus de 2 000 thèmes de recherches possibles sur la pensée et l’action du P. d’Alzon, grâce aux différents index du thesaurus, susciteront dans la gent estudiantine de l’Assomption, de sérieuses études alzoniennes pour lesquelles la documentation est rassemblée, ordonnée et directement exploitable.

Nous nous proposons dans le présent ouvrage, une sélection de 50 textes du P. d’Alzon, majoritairement empruntés à sa correspondance, des années 1829 à 1880, couvrant donc toute sa vie et présentant à nos yeux un intérêt multiple mais surtout à ré-actualiser. Pour chaque thème retenu et développé sur quatre volets, la marche d’approche est uniforme :

« Pour aller plus loin dans la réflexion et la recherche », rassemble une bibliographie légère mais pointue que l’auteur de ces lignes a utilisée pour chaque sujet traité.

Enfin, « Pour une lecture personnalisée », présente une série de questions dont la liste elle-même n’a aucune prétention ou intention hégémonique : exhaustivité, pertinence ou intérêt ont à faire l’épreuve de la formation internationale à l’Assomption, tant de la part des formateurs que des jeunes concernés. C’est la raison pour laquelle cet ouvrage livré à différents traducteurs peut fort bien recevoir des corrections, des adaptations, notamment bibliographiques, ou d’autres aménagements en fonction d’objectifs propres. Tel qu’il est cependant dans sa forme actuelle, ce manuel pensé et prévu pour aider à la formation de base à l’Assomption souhaite rendre un service élargi à tous, avec les risques et les limites que lui imposent inévitablement la langue originelle, la culture de référence et les racines du milieu historique. C’est le pari toujours ouvert d’une fondation religieuse, accomplie en un lieu et en un temps particuliers, que de vouloir être perméable et que d’être diffusée là où la pousse l’Esprit, en défiant les contingences spatio-temporelles.

Il appartient aux Assomptionnistes de l’heure de rendre compte de cet esprit fondateur, à l’aube de ce nouveau millénaire, et d’en assurer une permanence féconde. Inculturation et charisme se fortifient pour inventer de nouveaux chemins dans les cœurs. Depuis plus de 150 ans, la route d’Emmanuel d’Alzon, commencée avec une poignée d’hommes au berceau de Nîmes, n’a pas fini de franchir des frontières pour servir la passion du Royaume, de dilater des existences d’hommes et de femmes pour étendre le Règne et de mettre en œuvre ce réseau du choix fraternel qui, après Augustin et tant d’autres, emprunte la large voie évangélique où l’Amour de Dieu épouse la cause de l’homme.

P. J.-P. P.-M.

(1) L’inconvénient des césures n’est pas irréparable. Le lecteur peut se reporter au texte intégral imprimé et diffusé par ailleurs pour la quasi-totalité des sélections retenues.

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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