Anthologie

Épilogue

La vie du P. d’Alzon ne prend pas fin le 21 novembre 1880, même si sa plume est tombée de ses mains ce jour-là. Il prend congé des siens un peu comme son maître, à la manière du patriarche Augustin, qui pressentait, sur son lit de mort à Hippone, un autre âge pour la vie de l’Eglise, devant l’intrusion des Vandales en Afrique du Nord. Le collège de l’Assomption de Nîmes, en novembre 1880, attend en effet les mesures de perquisition et d’expulsion, suite à la mise en œuvre des décrets de Jules Ferry concernant les congrégations religieuses enseignantes non-autorisées. L’intervention de Mgr Besson auprès du Président de la République, Jules Grévy, n’autorise guère qu’un sursis.

Le fondateur est mort lui-même dans l’incertitude quand au sort de ses Congrégations : celles des hommes, forte alors de quelque 79 religieux dispersés en 13 communautés (France, Bulgarie), n’a pas les promesses de l’avenir ; quant à celle des Oblates, il n’ignore pas sa fragilité entre les mains d’une Supérieure malade. Ses espérances se situent à un autre niveau. Ne s’est-il comparé en mars 1879 à Abraham, qui n’eut qu’un fils, lequel n’en eut que deux, dont un fut écarté, et pourtant il a été le père du peuple de Dieu ? (1). Sa sérénité quant à sa postérité spirituelle tient davantage de l’acte de foi que d’une évidence é tayée sur de solides statistiques. Remise entre les mains du P. Picard, l’Assomption, forte de la vigueur de son esprit, saura trouver son chemin de vie tant en Europe que sur les routes du nouveau monde.

Inhumés le 24 novembre 1880 au cimetière nîmois de Saint-Baudile, les restes mortels du P. d’Alzon vont connaître trois exhumations successives : transférées dans la chapelle du collège de Nîmes en 1892, puis dans celle de la rue Séguier en 1942, ils font l’objet d’une reconnaissance canonique en novembre 1964. La Cause du Serviteur de Dieu, tardivement ouverte (1930), longuement instruite en raison d’orientations plus ou moins inspirées (1958), suit un cours mouvementé. Le Pape Jean-Paul II signe enfin le décret de reconnaissance de l’héroïcité des vertus du P. d’Alzon en décembre 1991, huit ans après celui du P. Pernet (1983). L’obtention d’un miracle authentifié reste la dernière condition préalable à sa béatification, stade accompli le 9 février 1975 pour Marie-Eugénie de Jésus, déclarée bienheureuse par le pape Paul VI. Du moins, le P. d’Alzon peut-il avoir la consolation de voir réalisée sa promesse de travailler à la perfection de sa dirigée qui lui reste en partie, elle, redevable de la sienne. Puissent surtout ses filles et fils promouvoir sur tous les continents aujourd’hui ses appels en faveur d’une vie religieuse, apostolique et ecclésiale, fidèle à l’Evangile.


La prière est un genre libre, telle qu’a su l’exprimer cette évocation augustienne du Père Frans Andriessen.

« Chercher Dieu du fond de l’âme »

Seigneur, mon Compagnon,
Je te cherche.

Dans les recoins du jardin de mon âme
Où parfois tu te tiens,
Je te cherche. Sans Toi,
Le chemin n’est que silence.

Je me retourne sans cesse, cherchant où tu demeures.

Ton mystère,
Flamme dans les ténèbres
M’attire et me fascine.

Tu parsèmes
Ma route de signes, bout d’étoffes accrochés aux
arbres,
et tu arrimes
mon cœur à Ton horizon.

Mais comment retrouverais-je ton Origine
Dans les profondeurs de mon être,
Vivant au fond de mon trépas
Et Mort mais vivant profondément en moi ?
Je me tourne et retourne vers toi
Mon Compagnon.

Parfois, dans mes rêves,
Tu m’éclaires en un message ;
Tu te lèves et brilles au firmament
Comme un soleil ;
Et chez moi,
Silencieux, à la fenêtre, tu fais signe ;
Dans les conversations
Tu deviens présence muette
Et dans les enlacements,
Etincelles pour flamme nouvelle.
Ephémère, tu es Seigneur
Dans tes apparitions ;
Partout en même temps, subitement présent
Et tout à coup disparu,
Un vrai matin de Pâques,
Un spectre de jardin.

Lorsque tu me quittes, mon cœur chaque fois
Toujours plus fortement te désire.
Partout, je te cherche
Dieu de mon cœur
Et de mon âme,
De mon jardin,
De mon chemin.

Cité d’après Frans Herman Andriessen, Sans Toi le chemin n’est que silence,
page 18 (traduction française faite d’après l’original cf. p.196)

Pour aller plus loin dans la réflexion et la recherche :

Tous les textes répertoriés du P. d’Alzon sont accessibles dorénavant de façon informatique. Tu peux te les procurer sous forme de CD auprès de la Communauté de Formation, rue des Braves, 21 à Bruxelles 1081 :
• CD 150e, Les Ecrits 1810-1880 Emmanuel d’Alzon.
• CD Thésaurus AA version bêta 1. 1 (textes d’Alzon, Picard, Pernet, Galabert,
Laurent) ou encore version bêta 1.0.
• Un Diaporama Emmanuel d’Alzon est également disponible, textes et
images repris de l’album composé par le P. Pierre Touveneraud A.A. et
Sœur Suzanne (Marie-Léonie) Marichal O.A. (avril 1999).

Témoignages contemporain d’une prière avec les religieux de
l’Assomption : Héritiers de l’Evangile, Bayard éditions/Centurion, 1999.

Livres du 150e anniversaire : Lucien Guissard, Les assomptionnistes d’hier
à aujourd’hui
, Bayard, Editions/Centurion, 1999.

Mémoire assomptionniste. Ecrits au fil des ans 1850-2000, Edit. du Bugey,
2000.

Sur les Religieux de l’Assomption :
• Jean-Paul Périer-Muzet, Notices biographiques, 5 tomes, 1999-2000.
• En 2003, parution de 2 tomes complémentaires des lettres du P. d’Alzon,
t. XIV (1832-1849) et t. XV (1850-1880), textes inédits.

Pour une lecture personnalisée :

  • Les écrits du P. d’Alzon inspirent-ils ta propre prière, dans le cadre d’une retraite, d’une, liturgie, d’une oraison ?
  • Peux-tu prendre cette liberté de composer une prière, un poème, une méditation à partir d’un texte alzonien ?
  • Par quels moyens pratiques, à ta portée, comptes-tu approfondir ta connaissance de la pensée du P. d’Alzon ?
  • Quels sont les grands textes forts du P. d’Alzon qui font partie de la tradition spirituelle de l’Assomption ?

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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