Le P. d’Alzon et la presse 

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Ce serait faire injure à des journalistes et à des employés de la maison Bayard que d’y faire passer le P. d’Alzon ou l’Assomption pour de célèbres inconnus(1) ! Et cependant la fonction de la mémoire dans une grande entreprise comme la vôtre qui absorbe quotidiennement l’actualité à haute dose, ne peut être surchargée par le poids sans cesse alourdi de son passé. Je remercie donc l’organisateur de ces conférences, Robert Migliorini, pour l’occasion qui m’est donnée en ces lieux de raviver la figure du P. d’Alzon dans le cadre du bicentenaire de sa naissance (1810-2010) ou de son jubilé.

Je ne vous infligerai pas le rappel des grandes étapes de la vie du P. d’Alzon que l’on trouve maintenant bien détaillées grâce aux ressources d’Internet et à un ensemble de fiches actualisées. Le site qu’a mis en forme depuis une vingtaine d’années le Frère Didier Remiot, est enrichi d’une belle bibliothèque(2) qui peut satisfaire les curiosités les plus exigeantes. A l’occasion des célébrations du Bicentenaire, un ‘musée-lieu de mémoire’ va être inauguré à Nîmes rue Séguier(3), accessible également au public, selon une conception moderne mise en œuvre par un scénographe professionnel, M. Henri Rouvière, de Montpellier.

Ce qui m’a paru le plus approprié pour ce matin et le plus inédit aussi, c’est à propos du P. d’Alzon d’évoquer sa pratique de la presse. Ses opinions et ses convictions à ce sujet ont souvent été traitées soit directement(4) soit à travers la présentation des premiers assomptionnistes ‘journalistes’(5), il n’est pas nécessaire d’y revenir. Leur but est clair : la presse est vue comme outil apostolique d’évangélisation . Par contre l’évocation du P. d’Alzon, homme de presse : lecteur-consommateur et producteur-informateur, mérite le détour, même s’il serait hasardeux et abusif de le qualifier lui-même de journaliste ou de figure du journalisme du XIXème siècle.

Emmanuel d’Alzon, lecteur-consommateur de presse.

Nous connaissons bien les us et coutumes de la vie quotidienne d’Emmanuel d’Alzon, adolescent, adulte et senior, grâce à son abondante correspondance(6) maintenant intégralement publiée. C’est la consultation par voie informatique de cette masse documentaire (indexation : Titres des périodiques) qui m’a permis de vérifier une donnée statistique essentielle, à savoir que l’on trouve mentionnés pas moins d’une centaine de titres de revues, périodiques et journaux dans sa correspondance conservée de 1822 à 1880 ! Dois-je vous en infliger l’énumération indigeste ? J’ai cru préférable de la relever dans une note avec toutes les occurrences pour les tenants de la critique et de l’acribie textuelle, et de privilégier pour vous une petite présentation synthétique avec à l’occasion l’une ou l’autre citation alzonienne pour assaisonner le menu !

Il y a d’abord la catégorie des journaux-quotidiens qu’un homme de condition se doit de fréquenter, selon la nuance politique de son milieu : au château de Lavagnac comme au domicile parisien de la rue de Vaugirard(7), les d’Alzon royalistes sont abonnés à La Quotidienne(8), organe monarchiste par excellence, lancé en 1790 par M. de Coutouly, transformé en 1792 en Tableau de Paris, supprimé sous le Consulat et ressuscité en 1814 par Joseph-François Michaud. La Quotidienne, à partir de 1830 se transforma en feuille d’opposition légitimiste au gouvernement de Juillet. Emmanuel s’en fait l’écho 6 fois entre 1831 et 1846(9). Il ne semble pas avoir été un inconditionnel de la ligne politique du journal si l’on en juge cette réflexion de janvier 1831 à son ami d’Esgrigny : « La Quotidienne m'assomme, quand elle ne me fait pas rire  ». Il est vrai que le royalisme nuance légitimiste d’E. d’Alzon est devenu mennaisien,anti-gallican : primat absolu du religieux sur toute attache ou préférence politique. Il en va de même pour son appréciation sur La Gazette de France(10), feuille-mère de toutes les Gazettes de province dont celle de Nîmes(11) et du Bas-Languedoc. Le jugement de d’Alzon est sans appel ou sans pitié pour la Gazette ou encore le Drapeau Blanc(12) : « La méprisable, l’hypocrite Gazette : on n’y prend la religion que comme une arme de parti, qu’on délaisse si elle veut être autre chose » : t. A, p. 260 (janvier 1832). L’information d’E. d’Alzon ne se limite cependant pas aux journaux royalistes, il fréquente aussi à l’occasion la presse gouvernementale, notamment les gros titres et gros tirages : Le National (6 mentions), Le Journal des débats (5 mentions), Le Constitutionnel (5 mentions), Le Moniteur universel ((16 mentions), Le Messager (6 mentions), Le Siècle (3 mentions), LeGlobe (2 mentions), La Presse (8 mentions), Le Citoyen(13) (16 mentions) ou encore bien sûr les titres régionaux : Le Courrier du Gard (9 mentions), journal de la préfecture à Nîmes adversaire de L’Opinion du Midi (15 mentions), ne fût-ce que pour les besoins de la polémique.

Comment expliquer cet intérêt précoce du jeune d’Alzon pour la presse ? Depuis 1828, il fréquente les salons, réunions et conférences de M. Bailly (1794-1861)(14), créateur de presse et éditeur catholique impressionnant. Dans ce groupe de jeunes étudiants, on collabore activement à une pléïade de revues très actives, toutes confessionnelles, plutôt agressives d’après le ton général de la presse de l’époque : Le Mémorial catholique (1824)(15), Le Catholique (1826)(16), Le Correspondant (1829)(17), L’Avenir (1830)(18), La Tribune catholique (1831)(19), La Revue européenne(20), sans oublier un ‘monument contemporain’ : L’Univers (1833)(21). Un jeune étudiant comme lui ne peut manquer de se lancer à fond dans les débats et controverses de la société. Durant les années de son séminaire (1832-1833), il va être sevré de lectures ‘mondaines’, car elles sont filtrées à la porte ; mais il a trop goûté aux joies et au poids de la presse pour oublier.

Cette faim d’information par la presse chez d’Alzon est accompagnée de la constitution d’une véritable bibliothèque dans le but approfondir sa soif de culture et de compréhension du monde contemporain. La dominante des ouvrages est d’ordre littéraire, religieux, philosophique et théologique, mais avec deux caractéristiques fortes : intérêt pour les questions d’actualité et ouverture au champ européen. D’Alzon lit aisément l’italien, suffisamment l’anglais et s’est mis avec ardeur à l’allemand, en plus des langues bibliques (latin, grec, hébreu). Il n’est pas étonnant de trouver mention de journaux-revues anglais (The Month(22)[Moine], The Tablet(23) [Journal]) et italiens (La Civiltà cattolica(24) des Jésuites italiens (équivalent des Etudes(25), Il Divin Salvatore(26), L’Osservatore(27), L’Unità cattolica(28), La Voce della verità(29)…) sa vie durant. A la fin de sa vie, on le verra passionné dans ses articles donnés au Pèlerin par tout ce qui touche à l’Amérique ou à la Russie, préoccupation apostolique oblige et référence à un horizon catholique romain, ‘ultramontain’, se voulant vraiment universel.

Bien entendu la formation proprement théologique et les fonctions directement ecclésiales du P. d’Alzon lui font fréquenter des revues proprement ecclésiastiques et les bulletins d’informations religieuses donnés dans des revues, à commencer par la Semaine religieuse de Nîmes(30), les Annales de la Propagation de la Foi(31), les Annales des Ecoles d’Orient(32), les Annales de philosophie chrétienne de Bonnetty(33), L’Université catholique(34), le Bulletin de l’Association catholique de Saint-François de Sales(35), le Polybiblion(36), la Revue des Bibliothèques paroissiales(37), la Revue du Monde catholique(38), la Revue des sciences ecclésiastiques(39)etc… La création des Instituts catholiques en France ne commence qu’en 1875, on peut relever la relative faiblesse des instruments de formation et de réflexion proprement théologiques dans l’aire culturelle française, si on la compare à la vigueur allemande. Prolifèrent surtout des bulletins de piété, de mouvements, d’associations et d’œuvres en toutes directions. Pour autant le P. d’Alzon n’a jamais cessé de prêcher en faveur d’une solide formation intellectuelle, religieuse et théologique de la jeunesse, du clergé et des congréganistes. Il a beaucoup lu plume à la main.

Enfin son intérêt pour tout ce qui concerne une presse régionale spécifique n’est pas vain : il guette la parution des Mélanges occitaniques(40), donne des articles à la jeune Revue catholique du Languedoc(41), encourage la fondation du Messager du Midi repris par le musicologue Danjou(42) et des Annales catholiques de Nîmes(43). On sait par ailleurs qu’il a accueilli avec éclat le groupe du Félibrige (Mistral, Aubanel et Roumanille salués par Reboul) dans son collège le 12 mars 1859(44), marquant ainsi son intérêt pour la renaissance de la culture occitane.

Il reste une petite interrogation à nous poser sur ce qui pourrait nous paraître comme une lacune dans ce tour d’horizon de la presse à propos du P. d’Alzon et de son époque, l’absence de références marquées à une culture technique ou scientifique. Soyons rassurés : le P. d’Alzon n’était pas technophobe : il a même été l’un des premiers à sauter dans un train (1839)(45), à découvrir le téléphone (1878)(46), à utiliser le télégraphe électrique des 1848(47), à être photographié (daguerréotypes de 1838-1839)(48), à acheter une machine à coudre pour les Oblates (1869)(49)… Il est parfaitement au courant des applications touristiques, postales et militaires de l’aérostation(50). Le P. Germer-Durand lui fait découvrir à Paris en 1875 le procédé de la lanterne magique(51). S’il est vrai qu’au XIXème siècle le débat entre science et foi est obscurci par les prétentions du scientisme, le monde du clergé ne fait pas spécialement preuve d’inhibition devant les conquêtes de la science qui compta nombre de croyants illustres comme le physicien Ampère (1775-1836), le physicien Biot (1774-1862), le mathématicien Cauchy (1789-1857), le paléontologue protestant Cuvier (1769-1832), le paléontologue Albert Gaudry (1827-1908), l’archéologue Laborde (1807-1869), le médecin Laënnec (1781-1826), l’archéologue Lenormant (1802-1859), l’homme politique et écrivain Ch. de Montalembert (1810-1870), le professeur de lettres et chrétien social Ozanam, le chimiste biologiste Pasteur (1822-1895), le médecin Récamier (1774-1852), le magistrat Riambourg (1776-1836), l’historien de l’art Rio (1797-1874)), l’archéologue de Saulcy (1807-1880), le journaliste Louis Veuillot (1818-1883) etc…

Le P. d’Alzon eut affaire à un prêtre savant mathématicien, ex-jésuite, l’abbé François Moigno (1804-1884) fondateur d’une belle revue de vulgarisation scientifique, la plus ancienne des revues scientifiques françaises, Le Cosmos (1852-1864)(52) dont la trajectoire devait croiser l’histoire de la Bonne Presse. Il y eut de même pourparlers en août 1858 avec un fameux abbé Paul Chantôme (1810-1877) publiciste, prédicateur, auteur d’ouvrages de dévotion(53). Affaire sans suite. Le P. d’Alzon rencontra et fréquenta d’autres notabilités du monde des sciences religieuses dont Lacordaire, Mgr Affre (1793-1848), le fondateur en 1845 de l’Ecole des Hautes Etudes ecclésiastiques au couvent des Carmes ; il s’intéressa aux ateliers d’imprimerie de l’abbé Migne au Petit Montrouge qu’il visita(54) et d’où sortirent 1019 volumes en trente ans (dont les 369 de la Patrologie). Il entra en contact avec l’abbé François-Denis Martin (1814-1877), curé de Ferney entre 1855-1861, préoccupé comme lui d’apologétique anti-protestante(55). C’est dans ce même contexte qu’il convient de situer les appréciations louangeuses que le P. d’Alzon porte par exemple sur l’œuvre apologétique d’un Auguste Nicolas, théologien laïque (1807-1888).

Donc la lecture de la presse, au sens large (journaux, périodiques, revues), fait partie des habitudes de vie d’Emmanuel d’Alzon depuis sa jeunesse. Il n’est pas seulement un lecteur passif, mais réactif et, en plus, à l’occasion, un rédacteur collaborateur(56) avec pour prédilection le champ des informations religieuses et ecclésiales, comme on le voit en ce qui concerne le choix d’ouvrages de sa bibliothèque(57).

Emmanuel d’Alzon, homme de presse, producteur et communicateur.

Plus encore, il convient maintenant d’aborder deux périodes particulières de la vie d’Emmanuel d’Alzon où il est entré directement dans le champ de la presse et du journalisme : les années 1848-1851 et la dernière décennie 1870-1880.

En février 1848, le P. d’Alzon est aux premières loges comme observateur de la Révolution parisienne qui renverse la Monarchie de Juillet et proclame la IIème République(58). On sait que dans l’effervescence et même l’enthousiasme de ce mouvement politique, la presse connut un développement sans précédent mais éphémère. Il est évident que la promulgation du suffrage universel (masculin) y est pour beaucoup, chaque camp politique se donnant pour consigne d’informer l’opinion et de récolter le maximum de voix aux élections législatives à venir : « Ici, on s’agite beaucoup pour faire des journaux. Le P. Lacordaire veut en faire un, Montalembert un autre ; avec L’Univers cela fera trois. C’est absurde. J’ai promis mon concours pour procurer des fonds au P. Lacordaire, mais il n’y a pas moyen d’espérer le moindre succès ; ils ne veulent paraître que dans six semaines, et dans six semaines les élections seront faites. C’est amer de bêtise »(59). Cette année 1848 qui fut très politique pour le P. d’Alzon(60), devenu ‘républicain du lendemain(61), ne confirme pas ses espérances : les sanglantes émeutes et répressions de juin renforcent le parti de l’Ordre, républicain de surface, conservateur dans l’âme ; les élections municipales de Nîmes en août boycottent la préférence du P. d’Alzon en faveur de listes de panachage confessionnel (liste d’union) ; les élections présidentielles de décembre ne donnent pas la victoire à son candidat, Cavaignac, mais à un dictateur en puissance, Louis Napoléon.

Et pourtant, pour diffuser ses idées, le P. d’Alzon n’a pas lésiné sur les moyens : il a lancé un journal à Nîmes en se faisant inspirateur et bailleur de fonds pour La liberté pour tous, quotidien tri-hebdomadaire, paru la première fois le mardi 21 mars 1848, sous la direction du gérant Eugène Germer-Durand, jusqu’au 31 décembre 1848. Il y donna 9 articles reproduits dans Lettres t. C, pages 664-700(62). Idées politiques et aventure journalistique : même fiasco final ! Ces mésaventures, aggravées par le martyre des écus, vont éloigner pour un temps le P. d’Alzon et du journalisme et de la politique. On trouve ce titre de journal mentionné 17 fois dans les écrits du P. d’Alzon.

Autre tentative marquante de journalisme de la part du P. d’Alzon, la fondation en 1851 cette fois d’une revue spécialisée, dans le cadre de son combat en faveur de la liberté de l’enseignement : la R.E.C. ou Revue de l’enseignement chrétien(63). Elle comporte deux séries, la première pour les années 1851-1855 (n° 1 du 1 er novembre 1851 au n° 31 décembre 1854 et n° 1 janvier au n° 12 décembre 1855) et la 2 ème de 1871 à 1877 (n° 1 mai 1871 à avril 1877) : les articles programmes sont du P. d’Alzon(64). On peut dire d’elle qu’elle a innové : elle est en effet la première revue de ce type, et qu’elle a cherché à étendre le bénéfice de la loi Falloux d’abord dans le champ assez neuf des établissements autorisés par la loi de 1850, de façon à coordonner les efforts pour tirer le meilleur parti de la liberté accordée à l’enseignement secondaire par cette loi, puis à partir de 1871 de préparer le vote en faveur de la liberté de l’enseignement supérieur (Laboulaye 1875). Son but étant atteint, elle s’est sabordée, pour renaître sous une autre forme, La Croix-Revue, pour un combat plus général.

C’est en effet dans la dernière décennie de sa vie que le P. d’Alzon a davantage pris conscience du rôle et du poids de la presse, sous l’influence certaine des deux ‘religieux parisiens’ (Picard et Vincent de Paul Bailly) qui ont établi et assis la congrégation dans la capitale. Jusque là, le journalisme était le fait du fondateur ; dorénavant il devient le fait d’une petite congrégation. En 1871 est décidée la reprise de la R.E.C. mais l’horizon du combat va grandissant, du champ de l’enseignement à celui de la société toute entière; en juillet 1873 avec la création modeste du petit bulletin Le Pèlerin au comité des pèlerinages de La Salette, le P. Vincent de Paul s’initie modestement au métier de journaliste qu’il a respiré toute sa jeunesse en famille ; à partir de janvier 1877 il transforme la publication en un véritable magazine d’actualité avec illustrations, caricatures, chronique politique ; le P. d’Alzon qui n’y apprécie pas le genre léger qu’il appelle zozo, accepte cependant d’y apporter sa contribution sous la forme d’une centaine d’homélies, écrits à partir de l’évangile des dimanches et fêtes(65) ; pour lui, il ne s’agit plus seulement d’entraîner les foules dans les centres de pèlerinage, il faut planter le christianisme au cœur de la vie publique et former l’opinion publique trop souvent dégradée par la ‘mauvaise presse’ ; en 1875, le P. d’Alzon, de Nîmes, a senti la nécessité de diffuser un bulletin interne, L’Assomption, pour établir un lien entre les religieux dispersés et leurs activités multiples, développer un réseau de donateurs(66) ; en 1880, on hésite encore sur la marche à suivre en fondant la revue La Croix, perçue comme 3 ème série de la R.E.C. (sous-titre) : périodique mensuel (3.000 ex.) se donnant pour programme de combattre la Révolution, c’est-à-dire le laïcisme athée : pour le P. d’Alzon, l’objectif du journalisme chrétien est clair, combattre. Pourtant la controverse autour du titre à choisir donne la mesure de l’obscurité dans laquelle baigne l’entreprise au départ : le P. d’Alzon écrit au P. Picard le 10 décembre 1879 :

« Vous avez pu voir si nous avons pris au sérieux l’idée de la Revue, mais le genre farce que l’on semble vouloir lui donner nous dégoûte assez. Reprenez le titre de Revue de l’enseignement chrétien. Tout à l’heure, en réponse à Charlemagne, P. Laurent a proposé Le roi Dagobert ; P. Edmond, Dagobert ou Pourceaugnac ; moi Le roi David. Charlemagne n’est-il pas un grand pot de chambre ? Nous tenons à être sérieux. Ni L’Apôtre ni Charlemagne ne le sont. Le P. Laurent fait comme moi, il désire que son article lui soit renvoyé, si le titre est absurde. Nous voulons à la Revue un autre genre que Le Pèlerin. Non que nous excluions quelques pages gaies, au contraire. Mais devant les circonstances si graves qui se préparent, il faut plus que le genre badin. Croyez-moi Le Lutteur était un bon titre. Nous avons autre chose à faire qu’à cabrioler. Les cabrioles amusent les bons, agacent les mauvais, mais laissent peu de fruit »(67).

La presse à l’Assomption ne peut avoir comme seule fin la distraction des masses, mais elle a à devenir, à, ses yeux, une véritable arme du combat apostolique. On entre dans le champ du militantisme.

Dans le sillage du Pèlerin et de La Croix-Revue(68) est née le 2 février 1880 une feuille hebdomadaire, La Vie des Saints(69), une sorte de supplément de dévotion qui devint par la suite une véritable publication autonome et fut même reprise en une série de volumes(70).

Avec cette ultime initiative, prend fin l’aventure journalistique du P. d’Alzon, mais il a passé la relève à ses fils de Paris qui, grâce à leurs multiples relations et à l’engagement de militants chrétiens laïcs, vont se lancer dans une aventure de presse collective qui n’est pas seulement une entreprise commerciale en plus d’un groupe d’édition, mais une passion partagée en vue de l’extension du Règne de Jésus-Christ.

© P. J.P. P.-M., octobre 2009.

Notes:

(1) Sont sortis des presses Bayard des recueils coloriés 34 pages format PEE, 15 x 16 cm, collection Vienne Ton Règne : n° 1 Découvrir la spiritualité des Augustins de l’Assomption (P. Hervé Stéphan, nov. 2006) ; n° 2 Emmanuel d’Alzon fondateur des Augustins de l’Assomption et des Oblates de l’Assomption (P. J.-P. Périer-Muzet, 2007) ; n° 3 Pèlerinages en Terre sainte. Premiers pas d’une longue tradition des Augustins de l’Assomption (Yves Pitette, 62 p., oct. 2007) ; n° 4 A la suite du Christ avec Emmanuel d’Alzon (P. Claude Maréchal, 2007) ; n° 5 Etienne Pernet et Marie-Antoinette Fage fondateurs des Petites Sœurs de l’Assomption (P.S.A., mai 2008), n° 6 Avec saint Augustin, chercheurs de Dieu et passionnés de l’Eglise (P. J.-François Petit, mai 2008), n° 7 Isabelle de Clermont-Tonnerre et François Picard fondateurs des Orantes de l’Assomption (Ora, février 2009) ; n° 8 La prière à l’Assomption par le P. M-Bernard Kientz (nov. 2009) ; n° 9 Les plus beaux textes de saint Augustin par le P. Marcel Neusch (nov. 2009). Deux autres plaquettes sont prévues pour 2010 : Les Oblates de l’Assomption et L’œcuménisme… Mais ce n’est pas parce que l’on travaille à Bayard qu’on lit forcément tout ce qui sort de Bayard ou tout ce qui porte le label Bayard !
(2) Le chercheur peut se reporter aux Cahiers du Bicentenaire d’Alzon n ° 3 : Emmanuel d’Alzon Bibliographie commentée et référencée Sources et travaux, éditions, traductions, Rome, 2007, 344 pages.
(3) Dans les locaux de l’Institut d’Alzon, établissement scolaire privé sous tutelle des Oblates de l’Assomption, au n° 28 de la rue Séguier (Nîmes).
(4)Le P. Emmanuel d’Alzon par lui-même. Anthologie alzonienne, t. I, Rome, 2003, chap. 52 : ‘Ah ! Si nous disposions d’un journal’, pages 253-256. Dans Emmanuel d’Alzon dans la société et l’Eglise du XIXe siècle, Actes du Colloque d’histoire 1980, publiés par Le Centurion, 1982 : article du P. Charles Monsch, Le Père d’Alzon et les débuts de la Bonne Presse, p. 279-300. Pages d’Archives, n° 7, octobre 1965, p. 475-570 (Les origines et les grandes étapes du journal La Croix)…
(5) Paul Castel, Le P. Picard et le P. Vincent de Paul Bailly dans les luttes de presse, Rome, 1962, 602 p. et les principales biographies consacrées au P. Vincent de Paul Bailly par Lacoste, Michel Guy, Rémi Kokel, Adrien Pépin.
(6) Estimée à plus de 40.000 lettres dont plus de 8.000 conservées et publiées de 1923 à 2003 soit au total 18 volumes, représentant 10.412 pages imprimées, avec apparat critique et notes explicatives, complétées par deux tomes d’études (prosopographie : 1155 p. et géographie 661 p.). En plus deux tomes d’Anthologie (Le d’Alzon par lui-même) ont été consacrés à l’étude de correspondances particulières du P. d’Alzon recouvrant tout l’espace de sa vie.
(7) Appartement dans l’Hôtel Crapelet, n° 9 rue de Vaugirard, d’octobre 1823 à mai 1830, à l’emplacement d’une école primaire publique de la ville de Paris de nos jours.
(8) En 1847 La Quotidienne fusionna avec La France et L’Echo français pour devenir L’Union monarchiste, dirigée par Pierre Sébastien Laurentie avec la collaboration de Poujoulat. En 1873, le comte de Chambord y fit paraître son fameux manifeste où en refusant le drapeau tricolore, il perdait ses chances d’une autre restauration monarchiste. Le journal continua sa parution jusqu’après la seconde guerre mondiale.
(9) Lettres du P. d’Alzon, t. A, p. 182 (9 janvier 1831) ; 189 (27 janvier 1831 ; 255 (3 janvier 1832) ; 260 (13 janvier 1832) ; 564 (15 mai 1834) ; 567 (20 mai 1834) ; 775 n. 1 (18 janvier 1835) ; t. C, p. 103 (13 août 1846).
(10) Journal cité 18 fois chez d’Alzon. C’est le plus ancien journal politique français, fondé en 1631 par Théophraste Renaudot : journal de la monarchie devenu l’officiel de tous les gouvernements depuis 1762 et contrôlé par le ministère, royaliste légitimiste sous la Restauration, propriété de M. de Genoude avec Janicot comme rédacteur en chef.
(11) Gazette provinciale pour Nîmes et le Gard, mentionnée 35 fois dans les écrits d’Alzon lequel mentionne aussi la Gazette du Midi (9 fois) et la Gazette du Bas-Languedoc (3 fois) qui a paru entre 1833 et 1852 pour devenir L’Opinion du Mid en 1871 : tout d’abord légitimiste, elle passait pour être la tribune officieuse de l’évêché. D’Alzon n’ignore pas non plus la presse gouvernementale ou républicaine du Gard et du Midi en général : Le Constitutionnel du Gard, né en 1831, journal des libéraux avancés ; Le Courrier du Gard (cité 9 fois), organe de la bourgeoisie protestante et orléaniste, organe prépondérant paru entre 1831 et 1873, rallié au second Empire comme L’Opinion du Midi (mais ce dernier dit ‘clérical, pro-évêché’) ; Le Midi, journal républicain et libéral et quotidien paru entre 1873 et 1887 ; Le Républicain du Gard, trihebdomadaire de 1848 à 1851. La suppression de l’autorisation préalable en 1868, celle du droit de timbre en 1870 et surtout la législation libératrice de 1881 permettent alors la création de nombreuses publications. Jean Watelet, Bibliographie de la presse française, Gard, n° 30, Paris (BN) 1985.
(12)Le Drapeau Blanc (cité 1 fois dans d’Alzon) est fondé en 1819 par le fougueux polémiste Martainville, partisan intransigeant de la Contre-Révolution, journal qui cessa de paraître en février 1827.
(13) Sous la Révolution, création de plus de 450 journaux, souvent éphémères. Le Journal des Débats et Le Moniteur Universel (1789), Le Globe (1814-1832), Le Constitutionnel (1815), Le Temps (1829) fondé par Coste dans une optique libérale, protestante et anti-catholique, repris par Nefftzer en 1842 avec une marque républicaine, Le National (1830), Le Siècle fondé en 1836 par Dutacq, journal républicain, Le Citoyen ( ?), La Presse, journal de Girardin fondé le 1 er juillet 1836, premier quotidien moderne vendu au numéro 5 centimes etc... Sous Napoléon Ier, 13 quotidiens ; en 1848, 25 titres ; 12 en 1852 ; 60 en 1880 ; 12 en 1980 (Figaro, 1866 ; La Croix, 1883, L’Humanité 1904, Le Monde, 1944 ; Le Parisien libéré, 1944, n° 1 ; France-Soir 1944 ; Libération 1973 ; Info-matin 1994).
(14) On doit à Emmanuel Bailly la création d’une Maison de hautes études (1819), d’une Société des études littéraires et d’une Société des bonnes études (1825, Place de l’Estrapade), de la Conférence Saint-Vincent de Paul (1833). Il est important de souligner que les créateurs de presse catholique et journalistes de renom en ce début de XIXe s. sont très souvent des laïcs.
(15) Le Mémorial Catholique est une revue mensuelle publiée à partir de janvier 1824, première revue catholique de dimension européenne (avant la Revue des deux Mondes, née en 1829), animée par les abbés Gerbet, de Salinis, avec la collaboration de Affre, Lamennais, Martin de Noirlieu, O’Mahony, pour cesser de paraître fin août 1830 au bénéfice de L’Avenir. Revue citée 6 fois dans la correspondance d’Alzon.
(16) Encore un périodique de cette époque, mensuel qui parut de 1826 à 1830, fondé par un juif danois, formé au protestantisme et converti catholique, le baron d’Eckstein qui s’intéressait à l’universalité des connaissances humaines sous le point de vue de l’unité de doctrine, sorte d’équivalent de la revue Der Katholik de l’allemand Goerres. Cité 2 fois par d’Alzon. « Je lis en prenant des notes. En ce moment, j’ai une indigestion du Catholique du baron » : 9 janvier 1831 dans Lettres, t. A, p. 182.
(17)Le Correspondant, paru la première fois le 10 mars 1829, sous la forme d’un journal hebdomadaire, puis bi-hebdomadaire, monarchiste selon la Charte et dévoué à la cause catholique. Il laissa place à une revue mensuelle, La Revue européenne.Le Correspondant reparaît en 1843 et retrouve des couleurs sous le Second Empire avec Cochin, avec un esprit libéral, pour ne cesser de paraître qu’en 1933. C’est dans Le Correspondant qu’Emmanuel d’Alzon signa son premier article connu en juin 1829 intitulé la Fête-Dieu (Lettres, t. A, p. 27). On trouve ce journal cité 54 fois dans les écrits d’Alzon.
(18) Le célèbre journal lancé par Lamennais avec Gerbet, Lacordaire, Montalembert, dans un esprit catholique ultramontain et libéral (16 oct. 1830-15 nov. 1831) avait pour devise : Dieu et Liberté. Très anti-gallican et polémique, il suscita l’opposition des évêques dont beaucoup en interdirent la lecture dans les diocèses, mais aussi des théologiens effrayés de l’audace de certaines expressions et de l’incertitude orthodoxe de certaines idées émises. Le journal soutint les combats des catholiques en Belgique, en Irlande et en Pologne. Il compta 3.000 abonnés. D’Alzon put le consulter en cachette au grand séminaire de Montpellier. Cité 32 fois dans d’Alzon : « Je crois faire bien en n’allant pas à Paris, parce qu’entre L’Avenir et Le Correspondant, il me faudrait choisir, et j’aime mieux suspendre encore mon avis. Ni L’Avenir ni Le Correspondant ne me plaisent absolument. Je trouve l’un plus logique et l’autre plus généreux, l’un plus entraînant, l’autre plus habile dans la conduite de ses doctrines ; mais L’Avenir dit des sottises et des injures, il veut trop être seul » : 16 mai 1831 dans Lettres, t. A, p. 206.
(19)La Tribune Catholique (1832-1833), quotidien lancé par Bailly, tente sans succès après la mort de L’Avenir une sorte de synthèse entre les positions catholiques, la traditionnelle et la libérale. Le journal se fond en octobre 1833 avec L’Univers religieux lancé par Migne en septembre 1833. Cité trois fois chez d’Alzon : « J’ai reçu pendant trois mois la Tribune catholique, mais elle a fini par me paraître si faible que j’ai suspendu mon abonnement. Les doctrines me paraissaient bonnes, mais la manière dont elles étaient présentées m’a paru peu propre à la faire goûter » : 8 juin 1833 in Lettres, t. A, p. 415.
(20)La Revue européenne succède en septembre 1834 à la première formule du Correspondant, mais elle ne semble pas avoir duré plus de dix ans. Citée 26 fois dans d’Alzon : « J’aime assez la Revue européenne. En général, les articles qui me plaisent le plus sont ceux de Cazalès » : 24 février 1832 in Lettres, t. A, p. 271. Il se la fait passer au grand Séminaire de Montpellier sous le couvert de l’abbé Vernières.
(21) Le fameux journal fondé par Migne en 1833 va devenir avec Louis Veuillot en mars 1843 la véritable voix du clergé ultramontain pendant tout le XIXe siècle (tirage maximum 12. 000 ex.). On comprend que d’Alzon l’ait adopté avec enthousiasme. Suspendu entre 1860 et 1867 et remplacé par Le Monde de Taconet, il connut son apogée au concile Vatican I. Louis Veuillot paralysé en passa la direction à son frère Eugène en 1879. On sait que La Croix attendit la mort de Louis Veuillot (7 avril 1883) avant de paraître sous la forme d’un quotidien (16 juin 1883). Elise Veuillot créa un concurrent à L’Univers, La Vérité (1893-1907). Le journal L’Univers disparut en 1914. Cité 198 fois dans les écrits d’Alzon qui y a publié une notice nécrologique sur l’abbé Soulas, le 12 mai 1857..
(22) « J’ai reçu seulement The Month de juillet » : 30 juin 1875 in Lettres, t. XI, p. 150.
(23) « Avez-vous fait demander pour moi le Tablet (journal catholique anglais) ? Somme toute, je préférerais le Weekley [hebdomadaire], mais je n’ai plus ni l’un ni l’autre depuis le 1 er février » : 6 avril 1859 in Lettres, t. III, p. 53.
(24) La Civiltà cattolica, citée 20 fois dans d’Alzon, est la revue romaine de la Compagnie de Jésus, fondée en 1850 par les PP. Cucci et Vasco pour lutter contre la vague d’irréligion qui menaçait l’Italie. Elle prit au départ un ton conservateur déclaré : « Voudriez-vous m’abonner à la Civiltà cattolica ? Je ne prends pas la Correspondance [de Rome, organe de Mgr Chaillot fondé en 1848 pour soutenir les ultramontains français. Le P. d’Alzon le trouvait trop lié à Mgr Darboy et d’un ultramontanisme pâli] » : lettre du 7 janvier 1869 in Lettres, t. VII, p. 215. D’Alzon a donné cependant deux articles dans la Correspondance de Rome en 1861 : Lettres de Madrid.
(25)Les Etudes, citées 1 fois dans d’Alzon indirectement par le biais du P. Gagarin qui en fut avec son confrère Martinov l’un des animateurs et initiateurs principaux en 1856, revue de culture générale.
(26)Il Divin Salvatore, cité 9 fois dans les écrits d’Alzon, était une sorte de semaine religieuse de Rome, fondé en in Lettres, t. XII, p. 1877 par Paolo Mencacci, contenant les nouvelles de la vie romaine : « Quand vous voudrez savoir la pensée romaine, vous la trouverez dans les Ultime Notizie du Divin Salvatore. Proposez-lui l’échange [avec Le Pèlerin] ou abonnez-vous » : lettre à V. de P. Bailly, 7 avril 1878 in Lettres d’Alzon, t. XII, p. 424.
(27)L’Osservatore ou l’Osservatore romano, cité 4 fois dans d’Alzon, est le nom du journal de nos jours officiel du Saint-Siège qui commença à paraître en juillet 1861, à la fois politique et religieux, journal officieux sous Pie IX dirigé par Marcantonio Pacelli, grand-père du futur Pie XII. Le journal fut acquis par le Vatican en 1890 sous Léon XIII. « Entendons-nous sur le journal français à Rome. Il a été question de deux. L’Echo de Rome, Moniteur du Vatican a joui d’un numéro, et puis il s’est replié dans l’ombre ; celui-là était fait par un curé français. L’autre devait s’appeler l’Observateur Romain. C’était la transformation de l’Osservatore que Franchi a voulu conserver » : lettre du 4 avril 1874 in Lettres d’Alzon, t. XII, p. 419.
(28)L’Unità Cattolica, cité une fois par d’Alzon : « Je connaissais l’article de l’Unità Cattolica. C’est à faire pitié. Trouver le salut dans le suffrage universel, c’est la pure folie. Mais tout doit se voir dans le temps présent » : lettre du 4 nov. 1878 dans Lettres d’Alzon, t. XII, p. 601-601.
(29)La Voce della Verità est la traduction italienne d’un journal français, La Voix de la vérité (1854-1857), encore fondé par l’abbé Migne, dont le rédacteur en chef fut l’abbé M.-Dominique Bouix (1808-1870), canoniste ultramontain, également rédacteur des Instutiones juris canonici et fondateur de la Revue des Sciences ecclésiastiques. D’autres revues et journaux ultramontains virent le jour à Rome : les Analecta juris canonici de Mgr Chaillot, également rédacteur de la Correspondance de Rome (citée 11 fois dans d’Alzon).
(30) Les semaines religieuses des diocèses ont commencé leur existence au milieu du XIXème siècle : celle de Nîmes, lancée en mars 1865 sous Mgr Plantier, où d’Alzon a souvent donné de la copie, est citée par lui 95 fois, ce qui ne l’empêchait pas de s’en moquer en l’appelant l’encensoir officiel (lettre du 21 juillet 1866, Lettres d’Alzon, t. VI, p. 101).
(31) Petite feuille missionnaire du bulletin de l’œuvre de la Propagation de la foi, fondé en 1822 à Lyon par Pauline Jaricot, lien entre les associés donnant des nouvelles des missions. L’abbé d’Alzon fut directeur diocésain de l’œuvre pendant une dizaine d’années. Citée 4 fois dans les écrits d’Alzon, ainsi à Galabert le 18 mai 1864 « La lettre que vous m’avez adressée est on ne peut plus intéressante ; je la fais mettre au net et je la donnerai auxAnnales de la Propagation de la foi ou aux Œuvres d’Orient, selon que je le trouverai plus intéressant dans notre sens » : Lettres d’Alzon, t. V, p. 56.
(32) Autre bulletin missionnaire liée à l’œuvre d’Orient fondée en 1856 par Cauchy, Lenormand et Lavigerie. Le P. d’Alzon en fut l’animateur et le diffuseur dans le diocèse de Nîmes. Cité deux fois dont cette lettre du 18 juillet 1865 à Galabert : « Envoyez-moi le plus tôt possible l’esquisse historique dont vous me parlez ; ce qui sera très intéressant pour le bulletin des Annales des écoles d’Orient »  Lettres d’Alzon, t. V, p. 362.
(33) Revue catholique de philosophie fondée en 1830 par Augustin Bonnety (1798-1879) qui soutint les théories fidéistes et traditionalistes analogues à celles de Bautain qui attaquaient la scolastique où il voyait une forme de rationalisme. Revue citée 16 fois par d’Alzon auquel il arriva de donner des articles à publier. Elle se maintint jusqu’en 1913. D’Alzon y a publié en 1838 et 1839 trois articles-recensions : sur le saint Jean Chrisostome de Gaume, sur les Stromates de saint Clément d’Alexandrie par de Genoude et sur un livre de Combalot, La connaissance de Jésus-Christ. En 1835 Bonnetty avait publié la lettre de d’Alzon du 18 janvier à sa sœur sur la découuverte de corps martyrs aux catacombes.
(34)L’Université catholique, citée 4 fois dans les écrits d’Alzon, est une revue fondée en 1836 par l’abbés Gerbet pour les besoins d’un enseignement supérieur qui ne peut alors être dispensé dans des facultés libres de ce rang, seulement autorisées en 1875. Elle fut absorbée en 1855 par les Annales de philosophie chrétienne de Bonnetty. Le P. d’Alzon a gardé toute la collection. Il y a publié en 1838 une recension du livre de Görres sur Athanase.
(35) Ce bulletin, cité 6 fois dans d’Alzon, est celui de l’œuvre du même nom fondée en 1856-1857 à l’initiative notamment du P. d’Alzon par Mgr de Ségur pour combattre l’esprit libéral et maçonnique grâce au réseau des écoles catholiques et des œuvres de jeunesse. D’Alzon y a publié en 1866-1867 six articles sur le mouvement religieux en Angleterre.
(36) Cité trois fois par d’Alzon, le Polybiblion est la Revue bibliographique universelle lancée en 1868 par la Société bibliographique de M. de Beaucourt (1833-1924) déjà créateur en 1866 de la Revue des questions historiques (1866-1939). On voit que le P. d’Alzon a proposé des collaborateurs à la revue de M. de Beaucourt : « Veuillez dire à M. de Beaucourt que l’abbé Gilly, supérieur du petit séminaire de Beaucaire, accepte de lui faire des comptes-rendus sur tous les livres théologiques, mais surtout sur les livres exégétiques latins et allemands qu’il désirera ; que M. l’abbé de Cabrières lui fait la même proposition, surtout pour les livres anglais ; M. Durand rechigne un peu, à cause de sa manie du parfait » lettre du 11 mars 1869 à Picard dans t. VII, p. 277.
(37) La Revue des Bibliothèques paroissiales, revue hebdomadaire (1850-1857 ?), citée 9 fois dans les écrits d’Alzon est née dans le sillage de l’œuvre du même nom, créée par l’abbé-chanoine Louis-Marie Bernard dit d’Avignon (1808-1895) mais natif de l’Ain, publiciste auteur de petites brochures de propagande catholique et de colportage à destination des campagnes. « Depuis que le Mémoire ci-joint est rédigé, l’archevêque de Reims [Gousset] me presse de me charger de la direction d’une revue théologique, que l’on voulait d’abord confier à Bonnetty. Cette revue subsiste déjà. On en parle dans le Mémoire et l’on pense qu’à Avignon sous la protection d’un archevêque romain[Debelay], on sera plus libre pour tout dire » au nonce Fornari, 15 février 1853 in Lettres, t. I, p. 241. L’abbé d’Alzon qui écrivit dans la revue deux articles en 1853, propagea l’œuvre dans le diocèse de Nîmes.
(38)La Revue du Monde catholique, citée à 4 reprises dans d’Alzon, a été fondée bimensuelle à Paris en 1861 par des membres laïcs et prêtres de L’Univers, parue sous ce titre jusqu’en 1910, puis de 1921 à 1925, avec pour objectif la défense de l’Eglise, au service de la religion : à V. de P. Bailly, le 20 sept. 1880 « Avez-vous remarqué que la Revue du monde catholique devient plus intéressante depuis l’apparition de La Croix ? On vous redoute » Lettres, t. 13, p. 409.
(39) Elle est à porter à l’actif de l’abbé Bouix déjà mentionné. Lancée en 1860 à Arras et passée en 1893 sous la direction de professeurs de l’Institut catholique de Lille, fusionnée en 1906 avec La Science catholique, elle a vécu jusqu’en 1910. Citée 6 fois par d’Alzon : « Je décachète ma lettre pour vous dire que je viens de lire deux articles du P. Montrouzier, dans la Revue des sciences ecclésiastiques, juin et juillet 69, sur les confesseurs des religieuses » : lettre du 16 août 1869 à M..M. E. de J. in Lettres d’Alzon, t. VII, p. 387.
(40) Journal cité à trois reprises. Périodique royaliste publié à Montpellier entre 1831 et 1834 : « L’on va publier, à Montpellier, un journal sous le titre de Mélanges Occitaniques. Si vous ne le connaissez pas déjà au Correspondant, je vous donnerai des détails sur son esprit, son but etc… quand j’aurai été à Montpellier » lettre du 9 janvier 1831 à d’Esgrigny in Lettres, t. A, p. 183.
(41)Revue catholique du Languedoc, citée à 24 reprises dans d’Alzon, bimensuel lancé en mars 1859 où d’Alzon publia quelques articles dont une riposte contre le pasteur Puaux, supprimée en 1861 lors de l’affrontement avec le pouvoir sur la question des Etats de l’Eglise et une présentation du livre de Wiseman. « La future Revue catholique de Nîmes compte seulement dans la ville plus de 300 abonnés. Le département, à coup sûr, en fournira autant, et avec cela nous pourrons marcher » 6 avril 1859 à Picard, Lettres t. III, p. 53.
(42)Le Messager du Midi, quotidien montpelliérain (1848-1892), cité dans d’Alzon deux fois. Danjou a aussi créé en 1845 la Revue de la Musique religieuse, populaire et classique (1845-1849). « J’écrirai à Veuillot pour Poujoulat. Si celui-ci veut m’envoyer un exemplaire de Saint Augustin, je lui ferai un article pour le Messager du Midi qui a cinq à six mille abonnés » : 10 mars 1858 in Lettres, t. II, p. 404-405.
(43) Reprise éphémère par Baragnon (février 1862-janvier 1863) de la Revue catholique de Nîmes. 7 mentions dans d’Alzon qui y a publié un article en 1862 sur saint Augustin et la liberté de conscience.
(44) Aucune allusion dans Lettres d’Alzon, t. III ! Pour l’événement, se reporter au récit donné dans L’Assomption [de Nîmes], 1 er juin 1876, n° 35, pages 82-84. Anthologie, t. II, chap. 30, pages 142-146 (Le Père d’Alzon et son ami le poète Jean Reboul 1859).
(45) Ligne établie entre Alès et Beaucaire. On dit que le nouveau vicaire général fut de la cérémonie d’inauguration, le 14 mars 1839 jour de son installation en titre !
(46) « J’ai vu des téléphones. Le P. Vincent de Paul ne rêve que téléphones. Je vous en procurerai quand ils auront été suffisamment perfectionnés » : lettre du 7 février 1878 dans Lettres, t. XII, p. 305.
(47) Le télégraphe optique remonte à Chappe en juillet 1793 ; on commença les premiers essais de télégraphie électrique en France en 1844.
(48) « Le P. Emmanuel vous aura remis deux daguerréotypes de votre serviteur : ils remontent à 1838 ou 1840, au plus tard, si je ne me trompe » : lettre du 15 avril 1869 in Lettres, t. VII, p. 294. Le célèbre Disraéli est venu à Nîmes, au collège de l’Assomption, en 1852-1853 et Nîmes a eu son atelier photographique avec Antoine Crespon..
(49) « Voulez-vous que je vous donne quelque chose de ma retraite pour une machine à coudre ? On dit que ces machines font l’ouvrage de quatre ouvrières » lettre du 23 janvier 1869 dans Lettres, t. VII, p. 230.
(50) Lettre du 15 juillet 1850 : t. C, p. 589. Lors du siège parisien de 1870, on développe l’aérostation militaire et le ballon postal.
(51) Lettre du 11 octobre 1875 : tome XI, p. 270. La lanterne magique est un appareil de projection qui agrandit sur écran grâce à une source lumineuse, la lumière oxhydrique, des images peintes sur verre.
(52)Le Cosmos, cité deux fois dans d’Alzon, fut repris par la Bonne Presse en 1884. Le frère des PP. Bailly, Bernard (1835-1920) en devint le directeur, l’améliora et l’agrandit. La revue Le Cosmos de la B.P. a vécu de 1885 à 1914 ; elle reparut e n 1922 et supprimée en 1935. Bayard a tenté de ressusciter en 1995 un magazine de vulgarisation scientifique de même type, Euréka, essai sans lendemain.
(53) Cet abbé républicain écrivit dans L’Ere nouvelle et fonda la Revue des réformes et du progrès (juin-déc. 1849), Le Drapeau du peuple, journal, de la démocratie et du socialisme chrétien (+ juin 1850).
(54) Samedi 12 juillet 1845 : Lettres, t. B, pages 525.
(55) Lettres, t. II, p. 137 n. 2 ; 155 n. 3, 156, p. 219…
(56) Dans ce domaine, je pense que l’on est loin d’avoir prospecté tous les possibles articles inédits du P. d’Alzon dans la presse de son époque : souvent les articles n’étaient pas signés et pour ce qui est de ceux que nous avons pu signaler, on le doit exclusivement au fait que le P. d’Alzon y a fait allusion dans sa correspondance conservée. Ainsi la découverte des Lettres de Madrid dans La Correspondance de Rome de juin 1861 ne remonte qu’à l’année 1993 : cf Lettres d’Alzon, t. XV, p. 110-124.
(57) A supposer que la bibliothèque personnelle du P. d’Alzon ait été intégralement ou partiellement fondue dans celle du collège de l’Assomption de Nîmes, il reste impossible, en dehors d’un inventaire détaillé constitué en 1857, d’en préciser le contenu exact en raison des déménagements, partitions, démembrements et pertes qu’elle a subis au cours du temps : 1880, 1909, 1968. Une partie qui avait échoué au Vigan, a été rassemblée et inventoriée à partir de 2005 à Rome où elle a pris place dans une salle-musée consacrée à cet effet.
(58) Le P. d’Alzon arrive à Paris le 15 janvier 1848 où il demeure jusqu’au 13 mars pour n’être à Nîmes que le 17. Le but de ce voyage est l’obtention du plein exercice pour son collège que lui promet son compatriote M. Guizot, rencontré le 17 février.
(59)Lettres du P. d’Alzon, t. C, pages 323-324. Le premier numéro de L’Ere nouvelle journal chrétien du trio Lacordaire, Ozanam et Maret, libéral et social, est daté du 15 avril 1848 ; mais Lacordaire se retira de la direction en septembre. En 1849, un légitimiste, de La Rochejacquelein, racheta le journal qui disparut le 15 avril 1849. Montalembert et le Comité central pour la défense religieuse lancèrent une feuille bihebdomadaire, L’Election populaire. Les élections législatives au suffrage universel et au scrutin de liste départementale de 1848 eurent lieu le 23/24 avril 1848 avec 16% d’abstentions seulement. 880 députés ; victoire des républicains modérés avec 600 élus, 200 légitimistes et catholiques. Echec des socialistes avec une centaine d’élus seulement. Pour le Gard, 10 députés. Le 10 décembre 1848, élection du président de la République au suffrage universel : 5. 434. 280 voix à Louis Napoléon et 1. 448. 100 à Cavaignac.
(60) L’évêque de Nîmes, Mgr Cart, aurait bien voulu que le P. d’Alzon se porte candidat à la députation, mais le vicaire général a résisté à cette pression.
(61) Par cette expression on désigne ceux qui acceptent de fait le régime républicain né après la révolution de 1848, non pour des raisons idéologiques, mais par opportunisme. D’Alzon en fait partie, en posant la condition que le nouveau régime respecte l’Eglise et développe à son bénéfice les libertés promises par la Charte. Cette étiquette lui coûta cher, en plus de la crise financière : des familles légitimistes retirèrent leurs enfants du collège.
(62) Le titre primitif prévu était La Démocratie catholique, avec un programme religieux et républicain. Le journal coûtait 20 francs d’abonnement annuel, il ne tira au mieux qu’à 500 numéros. Les élèves du collège en firent la critique avec une feuille de potache intitulée : La liberté entre quatre murs !

Ce journal de La Liberté pour tous a fait l’objet d’une étude spécifique par André Pezziardi, Université Paul Valéry de Montpellier : Un journal catholique et démocrate en 1848 : La Liberté pour tous, 1977, 101 p.

(63) Malheureusement cette Revue n’a jamais fait l’objet d’une étude un tant soit peu spécifique alors qu’elle le mériterait. Le P. d’Alzon qui avait aussi en tête son projet d’une Université libre catholique Saint-Augustin à Nîmes, avait un moment espéré acquérir la revue mensuelle L’Université catholique passée aux mains de Bonnetty dont le but était semblable. On se contenta dans l’immédiat à Nîmes de publier avec le concours des professeurs du collège de l’Assomption une collection d’auteurs classiques chrétiens, textes latins et grecs, dans l’esprit de ce qu’allait entreprendre Gaume. La contribution du P. d’Alzon pour la R.E.C., de 1851 à 1877 constitue un volume de 308 pages dans le Corpus Causae.
(64) On trouve 71 citations du titre ou allusions à la revue dans les écrits du P. d’Alzon. Description globale de la collection (1 ère formule : Nîmes-Paris : 1851-1855 : 31 numéros de la série I en 3 volumes 1851-déc. 1854 : 660 pages + 784 p. + ; 768 p. puis une série II en 1 volume 1855, 12 numéros, 767 pages, donc 4 vol. pour 1851-1855 ; 2 ème formule : Paris : 1871-1877, nouvelle série en XI volumes (vol. I : 1871 n° 1 à 6, vol. II 1871-1872 n° 7 à 12, vol. III 1872 n° 13 à 18, vol IV 1872-1873 n° 19 à 24, 640 p., volume V 1873 n° 25 à 30, 586 p., vol. VI 1873-1874, n° 31 à36, 576 p., vol. VII 1874 n° 37 à 42, 576 p., vol. VIII 1874-1875, n° 43 à 48, 574 p., t. IX 1875 n° 49 à 54, 576 p., t. X 1875-1876 n° 55 à 60, 584 p., vol. XI, 1876, six numéros, 576 p., vol. XII 1876-1877 six numéros 568 p., vol . XII  : au total pour cette série 1871-1877 : une collection de 12 volumes. Chaque numéro possède une table analytique du contenu. Mais le nombre d’abonnements trop faible n’a jamais dépassé les 450.
(65) Au total une centaine de prônes et 14 articles sur des sujets divers, ce qui représente un volume de 346 pages dans le Corpus Causae. Il y eut annuellement une table des matières et des gravures jusqu’en 1915 inclus. Jusqu’en 1895 inclus, la pagination est continue. On est passé des centaines d’abonnés de 1873 à 80. 000 en 1879 pour culminer à 500.000 dans les années 1950-1960. L’Almanach du Pèlerin est créé en 1879, son succès fut rapide et l’on dépassa rapidement les 500. 000 exemplaires.
(66) Cette revue, appelée L’Assomption de Nîmes (1875-1879), publiée au profit de l’œuvre de N.-D. des Vocations, pour la différencier d’une autre postérieure aujourd’hui déjà centenaire (fondée en 1897) dite L’Assomption et ses œuvres, comporte beaucoup d’articles du P. d’Alzon dont les connus Mémoires d’un ancien de la vieille Assomption, encore repris dans Souvenirs en 1893. Au total 48 numéros, consultables grâce à trois tables (I 213-216 ; II 389-396 ; III 382-388. Texte imprimé chez Lafare à Nîmes.
(67)Lettres du P. d’Alzon, t. XIII, p. 230. Il y eut au moins douze réunions préparatoires auxquelles ont participé le P. d’Alzon et les AA de Paris, de décembre 1879 à mai 1880 (CD 325).
(68) Le P. d’Alzon a donné dans La Croix-Revue une série d’articles, consacrés notamment à la Russie et à la persécution religieuse en France, au total un volume représentant 236 pages : ce sont là ses derniers écrits, notamment l’article intitulé Etat-Dieu, paru dans le n° de novembre 1880, p. 497-501, article souvent republié ailleurs. Revue savante, renouvelant la Revue de l’Enseignement chrétien : l’ensemble forme une collection de trois volumes 1880-1883 : t. I 1880-1881, n° 1 à 12, 986 pages ; t. II 1881-1882 n° 13 à 24, 964 pages ; t. III juin 1882 à avril 1883 n° 25 à 35, 880 pages avec à chaque tome une table analytique des matières et des gravures
(69) Le P. d’Alzon a écrit en 1880 la Préface de cette publication et quelques notices dont à coup sûr : n° 4 Saint Benoît, n° 5 Sainte Scholastique, n° 6 Saint Patrice et n° 32 Sainte Agnès. Par la suite la formule devint autonome et on brocha des séries par mois.
(70) Bayard marque en 2009 l’ouverture du Jubilé Bicentenaire d’Alzon avec quelques productions : un dossier de presse, 2010 année jubilaire du P. Emmanuel d’Alzon (1810-1880) pour le bicentenaire de sa naissance, une fiche Croire : La Congrégation des Assomptionnistes, un article dans La Croix des 21-22 novembre 2009, un artivcle dans Pèlerin premier numéro de décembre 2009. Brèves, magazine interne du groupe Bayard, n° 341 novembre 2009, est un nu :!éro spécial sur l’Assomption et Bayard.

 

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