3 - UNE VISION THEOLOGIQUE
DE L’EDUCATION

« Ma passion à moi serait la manifestation de l’Homme-Dieu et la divinisation de l’humanité par Jésus-Christ, et ce serait aussi ma philosophie» (lettre à Marie-Eugénie, 5 août 1844).

 

Emmanuel d’Alzon dénonce constamment les dommages dus aux déficiences morales et spirituelles des familles, de la bourgeoisie libérale et de l’éducation chrétienne alors en vigueur. Il est préoccupé par l’écart croissant entre la société et l’Eglise : une société qui s’éloigne des valeurs de l’Evangile au détriment des plus faibles, des sciences qui critiquent et sapent la foi traditionnelle, les classes populaires qui s’éloignent de l’Eglise, une nouvelle classe dirigeante insensible, matérialiste, âpre au gain, une liberté qui signifie liberté des mœurs, violence et pouvoir non régulé des plus forts.

 

 

Face à cela, d’Alzon déplore la timidité des chrétiens, leur foi insuffisamment instruite et réfléchie, le risque qu’ils se cantonnent dans des dévotions, qu’ils désertent le champ social et les débats intellectuels. Il lui parait urgent de sortir d’une conception tiède, piétiste et dévotionnelle de la foi - qui lui fait horreur - pour revenir à une foi solide, intelligente, étudiée et argumentée, s’appuyant sur l’Ecriture et les grands auteurs de la tradition patristique et philosophique. Dans la correspondance qu’il entretient avec Marie-Eugénie, il leur arrive de partager leur émerveillement devant la beauté de la Révélation et celle d’une société qui serait vraiment chrétienne.

Cependant, rien n’est perdu : les jeunes sont éducables, leur intelligence et leur caractère peuvent être formés. Par l’éducation à travers l’enseignement, il est possible de former des hommes de caractère et de convictions, intelligents et instruits, à la foi solide et éclairée, actifs dans les débats et les combats de la société.

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