1 - UNE SOCIETE ET
UNE EGLISE DESTABILISEES

« Le peuple est bon, la bourgeoisie déplorable. C’est au peuple qu’appartient l’avenir. Il faut absolument que nous arrivions à un ordre nouveau et que nous reprenions la société par fragments pour la reconstituer chrétiennement et catholiquement dans son ensemble » (E. d’Alzon, lettre à l’abbé Léon Dehon, 19/12/1870).

Emmanuel d’Alzon est un né en 1810 au Vigan, dans le sud de la France. C’est un jeune homme de famille aristocratique, généreux, fougueux, moderne, plein d’idées, un peu contestataire, actif. Il a fait ses études à Paris, fréquenté les grands intellectuels catholiques de l’époque qui après la tourmente révolutionnaire, l’Empire et la Restauration,  recherchaient les fondements sur lesquels construire une société stable, juste, paisible et réconciliée avec l’Eglise. Quand il décide d’entrer au séminaire de Montpellier, il trouve que les études y sont de mauvaise qualité et il part à Rome. C’est là qu’il est ordonné prêtre. Dès son retour en France, il est nommé vicaire général de l’évêque de Nîmes et il le reste quarante quatre années durant.

 

La révolution industrielle déstabilise profondément l’organisation sociale. Elle creuse des inégalités et fait apparaître des nouvelles formes de pauvreté. Une société de classes se met en place : face à une bourgeoisie d’affaires qui détient le pouvoir économique et politique se constitue un monde ouvrier durement exploité, coupé de ses racines rurales, culturelles et religieuses. Le travail des femmes et des enfants est inhumain, les conditions de vie et de travail insalubres, les droits sociaux n’existent pas.

Les luttes pour la liberté et la justice s’identifient souvent à la lutte contre l’influence de l’Eglise perçue comme alliée des forces conservatrices et oppressives. C’est l’époque où s’élabore le marxisme et où se développent un anticléricalisme militant, les premières formes d’un syndicalisme ouvrier, des mouvements et partis politiques révolutionnaires. Les sciences et la culture s’émancipent aussi de la foi. Rationalisme, positivisme, approches critiques de l’histoire et de la Bible  sont perçus comme autant d’attaques contre la doctrine traditionnelle de l’Eglise. Enfin, on assiste à une forte poussée des idées libérales portées par la bourgeoisie, par des forces politiques

 

Webmestre: D. Remiot

Réalisation: Avenir Internet