Au milieu des déchirements que vit la Terre sainte, deux communautés de la famille assomptionniste vivent à Saint-Pierre-en-Gallicante, accueillant beaucoup de pèlerins et assurant une présence chrétienne dans ce haut-lieu marqué par le passage du Christ.
L’aventure de l’Assomption à Jérusalem a déjà derrière
elle plus d’un siècle. Cela signifie beaucoup d’aventures
riches en création, menée par des pionniers
pleins de passion.
En avril 1882, sous la direction du père François Picard, second
supérieur général des assomptionnistes, deux navires,
la Picardie et la Guadeloupe, embarquent à Marseille, plus de mille
pèlerins à destination
des lieux saints. C’est le commencement d’une longue histoire qui
verra l’implantation d’une communauté assomptionniste importante à Notre-Dame-de-France,
(jusqu’en 1972), vaste hôtellerie pour accueillir les pèlerins,
et maison d’études florissante jusqu’à la Première
Guerre mondiale. Une seconde maison naîtra plus tard, située près
de la porte de Sion: Saint-Pierre-en-Gallicante. Dans ce cadre exceptionnel,
haut lieu sacralisé par le passage de Jésus, vivent aujourd’hui
cinq religieux assomptionnistes et trois oblates de l’Assomption.
Des temps difficiles
Je suis arrivé à Jérusalem en 1999,
convaincu de recueillir les fruits d’une paix enfin espérée
entre Israël et la Palestine depuis les accords d’Oslo de 1993.
La venue de Jean-Paul II au printemps 2000 a été un moment de
grâce qui a laissé espérer que Jérusalem et la Terre
sainte pouvaient devenir enfin la terre où coulent le lait et le miel,
promise à Moïse.
Hélas, le 30 septembre 2000, éclate,
quasiment sous nos yeux, la seconde Intifada, dite Al Aqsa. En quatre ans,
la violence s’est déchaînée
avec des attentats-suicides meurtriers contre les Israéliens, et des
victimes encore plus nombreuses du côté palestinien. Des soldats,
mais aussi des civils, femmes et enfants tombent des deux côtés,
attisant la haine et le désir de vengeance et retardant d’autant
une réconciliation de moins en moins envisageable.
Saint-Pierre, un haut-lieu chargé d’histoire
Le tableau peut sembler désespérant
et pourrait décourager les pèlerins de faire le déplacement.
Ils auraient tort, car la violence reste concentrée dans des lieux particuliers
comme Gaza, parfois Naplouse ou Hébron. Jérusalem reste un lieu
très
fréquentable et sans danger particulier. Saint-Pierre-en-Gallicante
est un espace particulièrement
agréable, où l’on découvre
l’un
des points de vue de Jérusalem les plus beaux et les plus
chargés d’histoire. Haut-lieu sanctifié par le passage
de Jésus (Palais de Caïphe) et
le reniement de Pierre (Gallicante signifie: le coq chante), nous avons à portée
du regard les deux mosquées d’Omar et d’El Aqsa, et le Qotel,
(appelé souvent improprement mur des lamentations). Chrétiens,
musulmans et juifs vivent ici, côte à côte,
proches géographiquement, éloignés
idéologiquement à cause de ces lieux saints
où chacun
revendique une part d’histoire sainte.
Des religieux à Saint-Pierre
Deux communautés vivent ensemble dans cette grande résidence: cinq assomptionnistes et trois oblates. Chacune vit dans sa maison, mais le partage entre les deux communautés est très poussé: prière commune, tâches domestiques, y compris le service de la cuisine, où chacun prend sa part. Nos activités sont très diverses, certaines centrées sur le lieu saint,d’autres plus étendues. Du côté des religieuses, soeur Laurence, française, est responsable de l’accueil des hôtes et du service de l’intendance: courses, cuisine. Soeur Juliette, du Burundi, s’occupe d’un magasin très bien achalandé, ce qui demande beaucoup d’attention aux commandes et aux produits nouveaux. Soeur Viorica, roumaine, a en charge l’église, avec l’entretien des linges d’autel et des vêtements liturgiques, et l’accueil des pèlerins pour les messes. Du côté des religieux, frère Damian, anglais, entretient, avec l’aide d’un jardinier palestinien très compétent, un jardin, qui offre une variété de fleurs qui fait l’admiration des visiteurs. Le père Daniel, français, a en charge l’intendance et la gestion, ce qui n’est pas peu. De plus, il assure l’aumônerie de la Maison d’Abraham, centre géré par le Secours catholique. Le père André, français, dirige, avec une compétence, acquise par une longue expérience à Bayard Presse, le bulletin diocésain de l’Église de Jérusalem. Le père Gilles, canadien, porte deux casquettes: Il est conseiller religieux auprès du Consul général de France, chargé depuis le XIXe siècle de la protection des communautés chrétiennes sur cette Terre sainte. Dans les loisirs que lui laisse son travail principal, il veille à l’accueil des pèlerins, Le père Alain, français et supérieur de la communauté, met ses compétences de bibliste au service des communautés locales, surtout Jérusalem et Nazareth: cours, sessions, retraites. Chargé par le patriarche de présider l’assemblée des supérieurs religieux, il aide régulièrement, avec deux autres théologiens, l’assemblée des évêques de Terre sainte, dans sa réflexion et la mise en chantier de programmes pastoraux. Enfin, il continue d’écrire articles de journaux et livres.
Repères Quelques éléments pour comprendre |
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| Chacun prend sa part des activités de Saint-Pierre qui accueille de nombreux groupes dans le magasin confié à soeur Juliette. |
Alain Marchadour
B.P. 31653 IL - Jérusalem 91316