Saint-Augustin

Ces frères que tu m'as donnés

par Soeur Douceline

Annexes

 

QUELQUES DATES REPÈRES POUR LA CORRESPONDANCE D'AUGUSTIN

Septembre 386 - Mars 387 : retraite à Cassiacum {selon O. Perler, probablement l'actuel Cassago de la campagne lombarde}. Baptême à Milan par Ambroise le 24-25 avril.

Automne 388 - Janvier 391 : vie commune au mo­nastère de Tagaste, après son retour en Afrique.

Janvier 391 : ordination à Hippone par l'évêque Va­lère, sur l'acclamation du peuple : « Augustin prêtre ! Augustin prêtre ! »

395-430 : épiscopat d'Augustin.

411 : Concile de Carthage où est condamné le schisme donatiste existant depuis un siècle. Les donatistes prétendaient être l'Eglise des purs, la seule Eglise sainte, et rebaptisaient les chrétiens venant à eux; limitée à l'Afrique, présente surtout en Numidie. Se rattachaient à eux des bandes de paysans incon­trôlées, les Circoncillions, prêtes à toutes les vio­lences.

410 : prise de Rome par les Goths d'Alaric. Avec le flot des réfugiés, arrivée de Pélage en Afrique.

429 : les Vandales passent le détroit de Gibraltar et envahissent l'Afrique.

430 : mort d'Augustin, le 28 août, dans Hippone assiégée.


PRÉSENTATION DES LETTRES

Les lettres sont présentées ici suivant l'ordre dans lequel elles sont citées dans le cours de l'ouvrage.

CHAPITRE l

Lettre 2 (fin 386) écrite de la retraite de Cassiacum (l'actuel Cassago probablement) à Zénobe, ami et disciple de Milan, destinataire du dialogue philoso­phique « De l'Ordre ».

Lettre 3 (387), du même endroit, peu après l'achève­ment des Soliloques, adressée à son cher ami Nébride, jeune et riche Carthaginois qui l'avait suivi, avec Alype, à Milan et partagé sa quête de Dieu. Il n'avait pas rejoint le petit groupe de Cassiacum, afin de ren­dre service à Verecundus, professeur à Milan et pro­priétaire de ce domaine. Mais la correspondance avec Nébride reflète les thèmes des discussions de Cassia­cum.

Lettre 4 (387) à Nébride.

Lettre 10 (389), du monastère de Tagaste, à Nébride qui rêvait de partager cette vie, mais était retenu dans son domaine par sa mère. De santé délicate, il devait mourir l'année suivante, probablement peu après Adéo­dat, le jeune fils d'Augustin.

Lettre 19 (390), du monastère de Tagaste, à un ami. La renommée d'Augustin commence à se répandre : on vient le trouver, on lui pose des questions par écrit, ce qui donnera, plus tard, « Le Livre de 83 questions » sur des sujets les plus variés.

Lettre 27 (395) à Paulin de Nola. Ce fut une belle et longue amitié épistolaire. Paulin, né à Bordeaux d'une noble famille romaine, après une brillante carrière et sa conversion par l'évêque Ambroise, distribua tous ses biens et se retira avec sa femme Therasia, d'abord en Espagne, puis à Nola, en Campanie, dans l'Italie du Sud. Ils y vécurent dans la continence, l'austérité et la pauvreté. Il admirait les dons d'Augustin, et celui-ci, la sainteté de Paulin.
Il s'ensuivit une correspondance affectueuse, une cor­diale amitié, à peine ternie pendant les temps difficiles de la controverse pélagienne.

Lettre 28 (395) à Jérôme. Tout autre fut l'amitié épistolaire avec le docte solitaire de Bethléem: tra­versée d'orages dus aux malentendus, à des disputes exégétiques et surtout au caractère irascible et domi­nateur de Jérôme. Elle fut sauvée par la patience et l'humilité d'Augustin et malgré tout par une sincère admiration réciproque. « Toi qui es un jeune évêque - écrit Jérôme (L 75) - enrichis les maisons et les greniers de Rome des nouvelles productions de la terre d'Afrique. Il me suffit, à moi, de parler bas. dans un coin du monastère...» Elle dura jusqu'à la mort de Jérôme (420) qui dans sa dernière lettre à Augustin et Alype trouve des paroles d'une profonde affection.

Lettre 31 (395) à Paulin de Nola, à son élévation à l'épiscopat.

Lettre 37 (396) à Simplicien, qui avait été, à Milan, un père spirituel pour Augustin. Voir dans les Confessions au ch. 8.2. son récit sur la conversion de Victorien, étape importante dans la recherche d'Augustin. » Des livres que j'ai composés étant évêque, les deux premiers sont adresses à Simplicien, évêque de l'Eglise de Milan, qui a succède au bien heureux Ambroise. Ils traitent de diverses questions. », écrit Augustin dans ses « Révisions ».

Lettre73 (404) à Jérôme, au sujet de la farouche querelle origéniste qui éclata entre lui et Rufin d'Aquilée, vivant lui aussi en Terre Sainte. Elle eut un grand retentissement dans tout le bassin méditerranéen.

Lettre 84 (difficile à dater) à Novat, évêque de Sétif, qui lui réclamait Lucille, son propre frère, diacre du diocèse d'Augustin.

Lettre 110 (409) à Sévère, évêque de Milève, un des plus chers amis d'Augustin, son compatriote et condisciple à Tagaste. Il l'avait suivi au monastère de Tagaste et dans celui d'Hippone.

Lettre 130 (412 ? 423 ?) à la patricienne romaine Proba réfugiée en Afrique après la chute de Rome ; C'est une longue lettre sur la prière. Ici, deux passages sur l'amitié.

Lettre 143 (412) à Marcellin, commissaire impérial, l'ami préféré d'Augustin parmi les laïques ; fervent _chrétien, cultivé, ayant un sens aigu de la justice. Augustin eut la grande douleur de le perdre en 413, lorsqu'il fut victime d'un meurtre politique, fausse­ment accusé d'avoir participé à un complot. Réhabilité ensuite, il figure au martyrologe. Il admirait Augus­tin qui lui dédicaça plusieurs de ses ouvrages, entre autres la Cité de Dieu.

Lettre 166 (415) à Jérôme.

Lettre 155 (414) à Macedonius, gouverneur général de l'Afrique romaine, qui fut aussi un de ses grands amis.

Lettre 167 (415) à Jérôme. Toutes deux confiées au prêtre Orose venu d'Espagne auprès d'Augustin eî envoyé par celui-ci à Bethléem.

Lettre 192 (418) au diacre Célestin qui succédera plus tard au Pape Boniface.

Lettre 231 (429?) au « comte» Darius, envoyé en Afrique comme pacificateur. Le titre de « comte. désigne à l'époque un haut grade militaire. Du latin « comitari », accompagner, les comtes étaient les com­pagnons de l'empereur dans ses expéditions guerrières... Ce fut la dernière amitié d'Augustin, une amitié uniquement épistolaire, tout à fait à la fin de sa vie. Mais son cour avait gardé sa chaleur de jeunesse.

Lettre 258 (ne se laisse pas dater) à Marcien, un ami de ses jeunes années, qui lui annonce son inscription sur la liste des catéchumènes.

 

CHAPITRE II

Lettre 266 (ne se laisse pas dater) à la jeune Floren­tine qui avait demandé à Augustin des conseils pour sa vie spirituelle.

Lettre 140 (412) à Honoré, un catéchumène de Car­thage. C'est une longue lettre que saint Augustin pré­sente dans ses « Révisions» comme « Un livre à Honorat ». Réponse à des questions qu'il lui pose, mais non séparément, de sorte que la lettre est un petit traité de théologie dogmatique et morale. On y trouve intercalée « l'explication du Ps 21, au début duquel figurent les paroles prononcées par le Seigneur du haut de la croix - écrit Augustin dans les "Révi­sions" - que mon ami m'avait présentées comme le sujet de sa première question. »

Lettre 203 (420) à Largus, un proconsul d'Afrique, ayant eu des revers de fortune.

Lettre 15 (vers 390) à Romanien, son grand bienfai­teur et ami, destinataire du dialogue philosophique « Contre les Académiciens» et de l'ouvrage La vraie religion. « Que ne te dois-je pas, Romanien ? - écrit
Augustin dans le dialogue - Quand je n'étais qu'un enfant pauvre commençant mes études, tu m'as pris en charge, m'ouvris ta maison, ta bourse, bien plus, ton cour... »

Lettre 263 (ne se laisse pas dater) à Sapida, vierge consacrée. Par bonté d'âme, il y fait exception à la règle qu'il pratiquait: se servir du vestiaire commun et porter comme ses frères une simple tunique de laine.

Lettre 130 (vers 413) à Proba, noble Romaine dont le mari et les trois fils étaient de hauts fonctionnaires de l'Empire. Après la chute de Rome, elle se réfugia en Afrique. C'est une des plus belles lettres d'Augus­tin, un petit traité sur la prière, sur la pauvreté spirituelle.

Lettre 92 (408) à Italica, noble Romaine qui venait de perdre son mari.

Lettre 99 (409) à la même, qui se trouvait dans Rome assiégée par les Goths d'Alaric.

Lettre 26 (395) au jeune Licentius, fils de l'ami Romanien qui avait jadis confié son éducation à Augustin dont il devint le disciple bien-aimé. Nous le voyons dans les trois dialogues de Cassiacum qui nous peignent sur le vif la vie quotidienne du petit groupe: Licentius est un adolescent très attachant, espiègle, intelligent. Augustin mettait en lui de grands espoirs, mais déjà le gamin était trop attiré par la poésie. Plus tard, il abandonna les études sérieuses et mena une vie instable de dilettante. Cette lettre est la réponse à l'envoi d'un long poème de sa composi­tion.

Lettre 118 (410) au jeune Dioscore, un Grec venu faire ses études à Rome et à Carthage... Saint Augustin savait parler aux jeunes...

Lettre 147 (413) à Pauline, noble Romaine, qui lui avait demandé si Dieu peut être vu des yeux du corps. Il lui répond par une longue lettre, véritable petit traité de métaphysique chrétienne, s'appuyant surtout sur l'enseignement d'Ambroise de Milan; dans ses « Révisions», cette lettre est présentée comme « Traité sur la vision de Dieu ».

Lettre 148 (410) à Fortunatien, évêque de Sicca. Elle touche le même sujet que la précédente.
L'évêque qui n'est pas nommé et qu'Augustin craint avoir offensé, avait une idée un peu anthropomor­phiste de Dieu. Humilité d'Augustin et l'art de savoir demander pardon.

Lettre 38 (397) à Profuturus, un ami de toujours, devenu évêque de Cirta (Constantine).

Lettre 48 (vers 398) à Eudoxe, Abbé du Monastère dans l'île de Caprara, non loin de la Sardaigne.

Lettre 218 (vers 417) à un jeune moine, qu'il faut situer dans le contexte de la controverse pélagienne. Palatin, semble-t-il, s'était désolidarisé de Pélage.

Lettres 132 (412) et 137 (412) à Volusien. La pre­mière est un court billet, la deuxième, un petit traité sur l'Incarnation en réponse à ses questions. Volu­sien, païen, noble Romain, était un homme remarqua­ble, porté vers les choses élevées et se posant des questions sur le dogme chrétien. Il fut un temps pro­consul à Carthage et se lia d'amitié avec Augustin qui désirait ardemment le gagner au Christ. Après une longue et brillante carrière, il se fit baptiser, peu avant sa mort.

Lettre 261 (ne se laisse pas dater) à Audax qui lui exprimait sa grande admiration en prose et en vers...

Lettre 155 (414) à Macedonius, gouverneur de l'Afrique romaine, grand ami et admirateur d'Augus­tin. « J'ai dévoré tes livres - lui écrivait-il -. Ils se sont emparés de moi, ils m'ont arraché à mes autres occupations... » Cette longue lettre parle de la seule source du vrai bonheur: Dieu.

 

CHAPITRE III

Lettre 21 (391) à Valère, évêque d'Hippone, qui venait de l'ordonner prêtre en le chargeant de la prédication. Ecrite à l'aube de son sacerdoce, cette lettre témoigne de l'idée qu'Augustin a de son minis­tère : serviteur de son peuple, homme de Dieu par­tageant la Parole et la foi de l'Eglise. Valère lui accorda le délai qu'il demandait jusqu'à Pâques pour approfondir l'Ecriture Sainte et faire une retraite dans la méditation et la prière; au fait, il dut com­mencer l'instruction des catéchumènes au début du Carême. On pense que son premier sermon date du 15 mars 391 (S 214).

Lettre 33 (396?) à Proculéen, évêque donatiste d'Hippone qui comptait autant de catholiques que de donatistes.

Lettre 61 (vers 402) au prêtre Théodore, pour ras­surer les clercs donatistes qui reviendraient à l'Eglise catholique.

Lettre 36 (vers 397) à Casulan, prêtre africain qui l'interroge sur des questions de discipline ecclésias­tique tout en critiquant les usages établis à Rome.

Lettre 55 (401), faisant suite à la L 54 (401) à Janvier. Dans ses « Révisions », Augustin les pré­sente comme « Deux opuscules sur les rites qu'observe l'Eglise suivant les lieux ». Ils ne nous sont parvenus que sous cette forme épistolaire.

Lettre 138 (412) à son ami Marcellin. Il répond dans cette longue lettre à plusieurs questions de Marcellin, entre autres à celle-ci: si la doctrine évangélique est compatible avec le gouvernement d'un Etat ? Réponse affirmative d'Augustin. Le passage présenté reprend le thème des deux let­tres précédentes sous un autre aspect.

Lettre 139 (412) à Marcellin.

Lettre 219 (vers 426) aux évêques des Gaules, sur l'affaire Léporius. Le ton de cette lettre rappelle l'épître de Paul à Philémon. On pense que Léporius, subjugué par la bonté d'Augustin, préféra rester auprès de lui.

Lettre 122 (410 ?) au clergé et au peuple d'Hippone. Le souci des pauvres est présent partout dans la prédication d'Augustin.

Lettre 153 (413) à Macedonius, sur la justice et le rôle du juge; une des plus belles lettres d'Au­gustin.

Lettre 247 (ne se laisse pas dater) à Romulus qui exploite odieusement ses pauvres colons.

Lettre 115 (ne se laisse pas dater) à Fortunat, évêque de Cirta.

Lettre 116 (ne se laisse pas dater) à Generosus, gouverneur de Numidie, au sujet d'une arrestation illégale.

Lettre 133 (411) à Marcellin, tribun et commissaire impérial. Contre la torture...

Lettre 100 (409) au proconsul Donat. Sur le même sujet: contre la torture et la peine de mort.

Lettre 134 (411) au proconsul Apringius, frère de Marcellin. Sur le même sujet.

Lettre 250 (ne se laisse pas dater) au jeune évêque Auxilius, où Augustin, déjà vieux, intervient lavec beaucoup de tact pour réparer une injustice.

Lettre 209 (422) au Pape Célestin, relatant la péni­ble affaire de Fussala, dont Augustin se sent respon­sable. Il avait fait sacrer évêque de Fussala un jeune Antoine qui s'était fort mal conduit.

Lettre 228 (429 ?) à Honoré, évêque de Thiave ; en réponse à sa question, il trace les devoirs de l'évêque en temps de guerre et d'invasions. Ces préceptes de dévouement pastoral furent héroïquement suivis par les évêques africains lors de l'invasion Vandale.

Lettre 229 (428) au comte Darius venu comme pacificateur.

Lettre 151 (fin 413 ? 414 ?) au commissaire impérial Cécilien, où Augustin parle du meurtre de Marcellin et fait son panégyrique (voir le Prologue).

 

 

RÉFÉRENCES

Ouvres complètes de saint Augustin (34 vo1.), Paris, Vivès, 1870-1878. Pour les Lettres: vo1. 4, 5, 6. Traduction remaniée ou refaite.

 

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

BARDY, G., Saint Augustin. L'homme et l'ouvre (ch. 11), Paris, 1940.

McNAMARA, M. A., L'amitié chez saint Augustin, Paris, 1961 (trad. de l'anglais).

MANDOUZE, A., L'aventure de la raison et de la grâce (ch. 10), Paris, Etudes Augustiniennes, 1968.

OROZ, J., S. Agustin. El hombre - El escritor - El santo. (Saint Augustin. L'homme - L'écrivain - Le saint (voir ch. 17), Madrid, éd. Augustinus, 1967.

PERLER, O., Les voyages de saint Augustin, Paris, Etudes Augustiniennes, 1969.

 

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