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Saint-AugustinJ'espère ton royaume aujourd'huipar Soeur Douceline |
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AUGUSTIN D'HIPPONE
« La maison de Dieu se construit parmi les chants ; elle est fondée sur la foi, elle s'élève sur l'espérance, elle s'achève dans l'amour... « Que les pierres vivantes s'empressent donc de s'unir pour chanter un cantique nouveau, qu'elles s'empressent d'entrer dans la construction du temple de Dieu... »
S 2.7.1.
Qui ne voit pas, qui ne sent pas, que pierres, briques, tuiles sont, en même temps, tout et rien pour devenir une maison ? En tas, elles ont valeur d'espoir. Au service d'un plan, vivant l'unité, elles forment un ensemble, et l'ensemble est plus grand que les parcelles dispersées.
(D. HELDER CAMARA, Le désert est fertile.)
INTRODUCTION
Dans l'ouvre immense léguée par Augustin à l'Occident chrétien, un modeste opuscule contient son projet de vie religieuse en communauté fraternelle. Cette Règle, écrite il y a seize siècles pour des moines d'Afrique, demeure à ce jour la charte d'un grand nombre de familles religieuses. Ce projet de vie religieuse, pensé et écrit à la charnière des IV' et V' siècles, est riche de toute une expérience humaine : le long itinéraire d'Augustin vers Dieu. Il est en train de le réactualiser en écrivant vers la même époque ses Confessions. « Le cour de l'homme... Quoi de plus profond que cet abîme ! » Il en sonde la complexité, les tentations et les lassitudes. Cette exploration des eaux profondes passera dans sa Règle : l'homme divisé contre lui-même, « béni d'un côté et boiteux de l'autre », créé libre vers Dieu, ouvert sur un ailleurs. Tournant le dos à un monachisme ascétique, Augustin va créer un type de vie religieuse où le désir de Dieu est vécu dans un réseau d'amitié et de soutien fraternel, et en esprit de liberté chrétienne. Une vie de prière et de service. Dans sa mémoire habitent le souvenir de la retraite sereine de Cassiaque1, en compagnie d'amis très chers, et celui, tout proche, de son premier « monastère », dans sa ville natale de Tagaste. A la date où il écrit sa Règle, il a déjà une riche expérience pastorale au service de son peuple d' Hippone. Bientôt viendra la certitude que l'on ne peut faire l'unité en soi sans passer par l'unité avec ses frères. C'est aussi l'époque d'une réflexion profonde sur le mystère trinitaire perçu comme l'essence de l'unité, et l'unité entre nous comme un reflet et une approche de ce mystère. Il y a surtout la Parole de Dieu. Depuis le jour où il a entendu dans le jardin de Milan (en août 386) le mystérieux appel « Tolle, lege ! » (« Prends ! Lis ! » ), elle est la trame de sa prédication et de sa vie. Certains passages de l'Écriture sont devenus comme des mélodies très aimées qu'il ne se lasse jamais de réentendre. Ainsi, à travers les Actes des Apôtres, l'enthousiasme de la jeune Église de Jérusalem : « La multitude des croyants n'avait qu'un cour et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun » ( Ac 4, J 2). Son projet de vie religieuse si trouve résumé. A la différence des autres règles monastiques, la Règle de saint Augustin repose sur une ouvre écrite considérable,. elle fixe, pour ainsi dire, des simples points de repère d'un enseignement beaucoup plus vaste et plus riche. Pour découvrir la richesse de la Règle, et les orientations essentielles de vie chrétienne qu'elle met en valeur pour les communautés mais qui valent pour toute vie en Église, rien de plus stimulant que d'exploiter ce sous-sol plus vaste où elle plonge ses racines. Nous l'avons fait en recueillant à travers toute l'ouvre d'Augustin ces idées-forces qui, depuis l'Église primitive, inspirent toute vie chrétienne. On trouvera le texte même de la Règle en annexe à l'ouvrage. Ainsi ce recueil voudrait aider à réfléchir à l'enjeu de la vie commune, sa signification, ses valeurs, ses grands aspects, et en élargir les horizons. Si le Royaume de Dieu est pour la conscience chrétienne un projet de Dieu pour tous les hommes, dans quelle mesure ces orientations essentielles d'Augustin peuvent-elles nous interpeller aujourd'hui et hâter sa venue en nous et parmi nous ? La pierre est ôtée ; l'eau peut jaillir. « La source l'emporte sur l' homme assoiffé. »
1. Rappelons qu'Augustin avait reçu le baptême de la main de l'évêque Ambroise, à Milan, dans la nuit de Pâques 387. Avant, il avait fait une retraite dans une propriété à la campagne, non loin de Milan, Cassiciacum (l'actuel Cassiago probablement). | |
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