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Saint-AugustinRéjouissez-vous et soyez dans l'allegressepar Soeur Douceline |
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VERS PLUS DE BONHEUR Frères, soyez miséricordieux « Bienheureux les miséricordieux » parce que Dieu leur fera miséricorde. Quel est l'homme miséricordieux qui ne désire que par un juste retour Dieu exerce à son égard la miséricorde qu'il a exercée à l'égard du pauvre ? S 53.8. = Si tu veux obtenir de Dieu miséricorde, sois toi-même miséricordieux. Si toi qui es homme tu refuses d'être humain pour l'homme, ton semblable, Dieu à son tour refusera de te faire participer à sa divinité... Tu es homme ; aie pitié de l'homme, et Dieu aura pitié de toi. S 259.3.
« Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » Si tu veux que Dieu use de miséricorde envers toi, sois miséricordieux... Si on t'a fait du tort, pardonne et donne de ton abondance. De qui tiens-tu ce que tu donnes ? Donner du tien serait une largesse ; mais donner du sien, c est restItutIon. « Qu'as-tu en effet que tu n'aies reçu ? » PS 95.15.
Tu donnes ce que tu tiens de Celui qui te dit de donner. Sois donc généreux, et surtout n'accapare pas le bien d'autrui.
PS 147.13.
Aussi longtemps qu'il y aura des hommes pour réclamer notre miséricorde, ne nous lassons pas de semer au cour de la misère. PS 125.14.
Ton avoir, quel qu'il soit, voilà le prix du Royaume ! « Venez les bénis de mon Père, recevez... » Le Royaume. Pour quelle bonne ouvre ? « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger. » Est-il rien de plus normal que de partager le pain avec celui qui a faim ? Et pourtant le Royaume des cieux s'achète à ce prix. Romps ton pain avec celui qui a faim ; ouvre ta maison à l'indigent sans abri et, s'il est sans habit, couvre-le. Mais il se peut que tu n'aies ni de pain à lui donner, ni de toit à partager, ni rien pour le vêtir. Donne-lui alors un verre d'eau froide, jette deux piécettes dans le Trésor du Temple. Avec ces deux deniers la veuve a fait la même acquisition que Pierre quittant ses filets, que Zachée en donnant la moitié de son avoir. Ton avoir, quel qu'il soit, voilà le prix du Royaume ! PS 49.13 . A qui te demande, donne Pais tout le bien qui est en ton pouvoir ; c'est pour cela que le Sauveur ajoute : « Donnez à qui vous demande et ne vous détournez pas de celui qui veut vous emprunter. » Il dit : « Donnez à tout homme qui vous demande », mais non pas tout ce qu'il vous demande ; seulement ce qui est honnête et juste... Lorsque tu estimeras devoir refuser, explique le motif de ce refus ; ainsi, tu ne renverras personne sans qu'il ait rien reçu. C'est ainsi que tu donneras à tout homme qui te demande, sans lui donner toujours ce qu'il demande. Il se peut même que tu lui donnes quelque chose de meilleur en lui faisant comprendre ce qu'il y avait d'injuste dans sa requête.
SM 1.20.67.
« Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » « Gardez-vous de faire vos bonnes ouvres devant les hommes pour être vus d'eux... » A-t-il voulu dire que, quelque bien que nous fassions, nous devions nous cacher aux yeux des hommes et craindre d'en être vus ? Si tu crains les spectateurs, tu n'auras pas d'imitateurs : il faut donc qu'on te voie. Mais tu ne dois pas agir pour qu'on te voie. Là ne doit pas être la fin de ta joie, le terme de ton bonheur, comme si tu estimais avoir obtenu tout le fruit de ta bonne action quand on t'aura vu et loué. Cela, c'est néant. Méprise-toi quand on te loue : que celui-là soit loué en toi qui agit par toi. Le bien que tu fais, ne le fais donc pas pour ta propre gloire, mais pour la gloire de celui qui te donne de bien faire... Quand je fais le bien, c'est à lui que je dois de bien faire ; car tout ce que je fais de moi-même est mal. Cet aveu affermit le cour et jette le fondement de la dilection. Car si nous devions cacher nos ouvres bonnes, de peur d'être vus des hommes, que devient le précepte que donne le Seigneur dans le Sermon sur la Montagne, quelques lignes avant le texte que je viens de citer : « Que vos bonnes ouvres brillent devant les hommes » ? Et il ne s'arrête pas là, il ne s'en tient pas là ; il ajoute : « Et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » 1 JN 8.2.
Que la charité intérieure n'ait pas de cesse Que vos ouvres soient tantôt ceci, tantôt cela, selon le temps, l'heure, le jour. Peut-on toujours parler ? toujours se taire ? toujours refaire ses forces ? toujours jeûner ? toujours donner du pain à l'indigent ? toujours vêtir celui qui est nu ? toujours visiter les malades ? toujours faire cesser les brouilles ? toujours ensevelir les morts ? Tantôt ceci, tantôt cela. Ces actions commencent et finissent : mais le principe qui les commande ni ne commence ni ne doit finir. Que la charité intérieure n'ait pas de cesse ; que les ouvres de charité soient accomplies à leur heure. 1 JN 8.3.
Vous avez Dieu pour témoin « Quand je distribuerais tous mes biens aux pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. » De l'agitation qui éclate au-dehors, l'Ecriture nous rappelle au-dedans. Rentre dans ta conscience, interroge-la. Ne regarde pas ce qui fleurit au-dehors, mais la racine qui est en terre. La convoitise est-elle à la racine ? il peut y avoir apparence de bonnes ouvres. La charité est-elle à la racine ? Sois tranquille, rien n'en peut sortir de mal. Rentrez en vous-mêmes, frères, et en tout ce que vous faites voyez que vous avez Dieu pour témoin. Voyez sous son regard dans quel esprit vous agissez. Si votre cour ne vous reproche pas d'agir par ostentation, eh bien, soyez sans inquiétude.
1 JN 8.9.
Mendiant toi aussi « Bienheureux les miséricordieux, parce que Dieu leur fera miséricorde. » Sois miséricordieux et tu obtiendras miséricorde ; sois miséricordieux pour les autres, et Dieu le sera pour toi. Tu es à la fois riche et pauvre ; riche des biens terrestres, pauvre des biens de l'éternité. Tu entends un homme qui mendie ; mais toi, tu es toi-même mendiant devant Dieu. On te demande l'aumône ; tu l'implores aussi. Ce que tu feras pour ce mendiant qui t'appelle, Dieu le fera pour toi qui le supplies. Tu regorges d'un côté, et tu es vide de l'autre. Remplis de ta plénitude le vide des pauvres, alors ton vide sera comblé par la plénitude de Dieu. S 53.5.
Tendre l'autre joue Tendre l'autre joue à celui qui nous a frappés, donner notre monteau à celui qui veut nous enlever notre tunique, faire double chemin avec celui qui nous oblige de marcher avec lui : tout cela est fait pour que celui qui nous veut du mal soit vaincu par le bien ; pour le délivrer non d'un mal qui lui est extérieur et étranger, mais bien d'un mal qui est en lui et qui est le sien ; mal intime, bien plus grave et plus dangereux que la cruauté venant du dehors. Celui donc qui peut vaincre le mal par le bien, supporte avec patience la perte des biens temporels dans le but d'apprendre aux autres qu'il faut les mépriser, dans la foi et la justice, car un trop grand amour de ces choses conduit au mal. Ainsi, l'homme qui a commis une injustice apprend de celui qu'il a blessé le peu que valent ces biens... Vaincu non par la violence, mais par la bonté et la douceur de sa victime, il se repent et revient à ces sentiments d'entente et de concorde si utiles aux sociétés humaines. Tel doit être toujours notre but, même si le résultat ne répond pas à notre attente.
L 138.11.
Bienheureux les doux Les hommes doux sont ceux qui cèdent devant les injustices dont ils sont victimes, qui n'opposent point de résistance au mal, mais qui triomphent du mal par le bien.
SM 1.2.4.
Si, malgré tes rappels, ton débiteur refuse de te rendre l'argent qu'il te doit, remets-lui sa dette. S'il refuse, c'est ou bien parce qu'il ne peut pas, ou parce qu'il convoite le bien d'autrui. Or, ce sont là deux pauvretés : pauvreté matérielle ou pauvreté morale. En lui remettant sa dette, tu la remets à un pauvre homme et tu fais là une ouvre de chrétien toujours disposé à perdre ce qui lui est dû.
SM 2.8.28.
« Bienheureux les doux, dit le Sauveur, ils hériteront la terre. » Tu veux posséder la terre ? Qu'elle ne te possède pas ! Tu la posséderas si tu es doux ; tu en seras possédé si tu ne l'es pas.
S 53.2.
« Garde ta langue du mal. » Vois comme une parole dite contre toi te met en colère ! Tu t'irrites contre celui qui a parlé mal de toi ; irrite-toi contre toi-même lorsque tu médis des autres. « Que tes lèvres ne profèrent aucun mensonge. » Qu'il y ait toujours harmonie entre ce que tu dis et ce que tu penses. Que ton cour n'éprouve pas de sentiments contraires à ceux que ta langue exprime.
S 108.7.
Hausser son cour d'homme jusqu'au pardon Non seulement celui qui donne de la nourriture à qui a faim, de la boisson à qui a soif ou un vêtement à qui est nu ; celui qui assure un gîte au voyageur ou une retraite au fugitif ; celui qui visite le malade ou le prisonnier, rachète le captif, soutient le faible, guide l'aveugle, console l'affligé, soigne le blessé, remet l'égaré sur son chemin, conseille l'hésitant et procure à tout indigent le nécessaire, mais encore celui-là fait l'aumône qui pardonne au pécheur. Aucune n'est plus grande que celle qui consiste à remettre à quelqu'un les offenses qu'il a commises contre nous. C'est, en effet, un acte moins généreux de se montrer bienveillant, ou même bienfaisant, envers celui qui ne nous a rien fait de mal. Il est beaucoup plus grand et d'une bonté particulièrement éclatante d'aimer jusqu'à notre ennemi, d'être prêt envers celui qui nous veut du mal - et nous en fait s'il le peut - à vouloir toujours du bien et à lui en faire quand nous le pouvons, d'après la parole de Dieu : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent. » Mais ceci n'appartient qu'aux parfaits enfants de Dieu. Tout chrétien, certes, doit y tendre et hausser son cour d'homme jusqu'à de telles dispositions au moyen de la prière ainsi que de l'action et de l'effort sur soi-même. Cependant un aussi grand bien n'est pas accessible à la foule de ceux que nous pouvons croire exaucés quand ils répètent dans l'oraison dominicale : « Remettez nos dettes comme nous aussi nous les remettons à nos débiteurs... » Quant à celui qui, en présence d'un coupable qui l'implore et se repent de son péché, ne lui pardonne pas de cour, il ne doit absolument pas s'imaginer que ses péchés lui sont remis par le Seigneur. Car la Vérité ne saurait mentir. Or quel lecteur ou auditeur de l'Evangile ignore qui a dit : « Je suis la Vérité » ? C'est celui qui, après nous avoir enseigné l'oraison dominicale, en appuyait vivement la formule qui s'y trouve contenue : « En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs péchés, à vous aussi votre Père céleste vous pardonnera les vôtres. » Celui qu'un tel coup de tonnerre ne réveille pas, n'est pas endormi : il est mort. Et pourtant l'auteur de cette parole est capable de ressusciter également les morts. EN 19.72-74.
Lors donc que nous nous souvenons d'avoir commis quelque offense contre notre frère, il nous faut aller au-devant de la réconciliation, y aller non avec nos pieds, mais par l'élan de notre cour. Prosterne-toi humblement aux pieds de ton frère vers qui t'a poussé l'affection de ton cour, en présence de celui à qui vous présentez votre offrande. Ta sincérité apaisera ton frère et vous vous réconcilierez sous le regard de Dieu. Alors seulement vous pourrez poursuivre l'ouvre commencée : offrir le sacrifice. . Qui donc ne se met pas en colère sans raison contre son frère, qui ne lui dit «Tête d'oiseau» sans raison, ou encore, également sans motif, « Tu es fou ! ». Qui donc, s'il tombe dans une de ces fautes, ne demande pas humblement pardon, si ce n'est le chrétien dont l'esprit n'est point enflé par la vanité ? « Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux. » SM 1.10.27-28.
La charité ne peut souffrir d'être à l'étroit Le fleuve de la charité qui jaillissait d'une source intérieure se répandait dans ton cour ; si tu gardes de la haine contre ton frère, tu as fermé cette source. Non seulement tu ne perds rien lorsque tu pardonnes, mais le fleuve de la charité coule plus abondamment dans ton âme. La charité ne peut souffrir d'être à l'étroit. La haine est dans ton cour une pierre d'achoppement qui resserre le cours de la charité. « Je me vengerai, je lui apprendrai, je lui ferai voir... » Te voilà dans l'agitation ; ton sang bouillonne. En pardonnant, tu retrouveras le calme et la paix ; le calme de la vie, la paix dans ta prière. S 352.7.
Ne juge pas, ne condamne pas Limitons-nous à juger ce qui est évident, et laissons Dieu juger ce qui est caché... Evitons les jugements téméraires, et cela en deux circonstances : lorsque l'intention nous est inconnue, et que nous ne savons pas ce que deviendra par la suite celui qui nous paraît bon ou mauvais... Ne blâmons jamais les actes dont nous ne connaissons pas l'intention, et quant à ceux qui sont mauvais, ne désespérons jamais de la guérison du malade. Nous éviterons ainsi le jugement dont parle le Seigneur : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. SM 2.18.61.
Tu ne sais pas ce que vaut réellement cet homme ; tu ne perdras rien à croire qu'il est bon. S'il y a doute, sois vigilant de peur que le mal ne soit vrai ; mais ne condamne point l'homme comme si le mal était réel. PS 147.16.
Tu ne sais ce qu'il est devant Dieu Nous sommes tous le prochain les uns des autres par la condition de notre naissance terrestre, et nous devenons des frères par l'espérance du ciel. Tu dois regarder tout homme comme ton prochain, avant même qu'il ne soit un frère dans le Christ. Car tu ne sais ce qu'il est devant Dieu ; tu ignores ce que Dieu sait de lui dans sa prescience. Quelquefois, celui que tu railles parce qu'il adore les pierres, se convertit à Dieu, et l'adore peut-être avec plus de ferveur que toi qui peu auparavant te moquais de lui... Nous ne connaissons pas l'avenir. Nous devons regarder tout homme comme notre prochain non seulement par la condition commune des hommes mortels qui nous a fait naître sur terre dans les mêmes conditions, mais encore par l'espérance de l'héritage ; car nous ne savons pas ce que sera dans l'avenir celui qui n'est rien aujourd'hui. PS 25(2).2.
Enlève d'abord la poutre de ton oil « Tu vois une paille dans l'oil de ton frère et tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. » Comment ce fétu de paille est-il devenu une poutre ? Parce que tu ne l'as pas arraché aussitôt. Tu as laissé le soleil se lever et se coucher bien des fois sur ta colère ; c'est ainsi qu'elle s'est invétérée. Tu as amassé dans ton âme de mauvaises pensées, tu as arrosé ce fétu de paille ; en l'arrosant, tu l'as nourri, et en le nourrissant, tu en as fait une poutre... « Celui qui hait son frère est homicide. » Tu n'as pas tiré le glaive contre lui, tu ne l'as pas blessé, tu ne lui as porté aucun coup mortel ; une seule pensée de haine s'est emparée de ton cour, et te voilà homicide, coupable aux yeux de Dieu. Il est vivant, et cependant tu l'as tué. S 58.8.
Il n'appartient pas à l'homme de tuer l'homme L'homme et le pécheur sont deux choses différentes : c'est Dieu qui a fait l'homme ; c'est l'homme qui s'est fait pécheur. Détruisez l'ouvre de l'homme, afin de sauver l'ouvre de Dieu. N'allez donc pas jusqu'à donner la mort au coupable, car en voulant punir le mal, vous perdriez l'homme. Ne va pas jusqu'à lui ôter la vie pour lui laisser la possibilité de se repentir ; ne lui donne pas la mort, afin qu'il puisse s'amender. Si votre cour est rempli d'amour pour vos semblables, alors seulement vous pouvez les juger, leur inspirer une crainte salutaire ; mais faites-le par amour... Vous êtes sortis de la même fabrique, vous êtes l'ouvre du même artisan, vous avez été formés du même limon. Si tu condamnes un homme parce que tu ne l'aimes pas, tu perds la justice par ce défaut d'amour. S 13.7.
La justice est une sorte de beauté de l'âme Les hommes n'auraient jamais le sentiment de la justice si Dieu ne prenait soin des affaires humaines. Cette justice humaine que l'âme garde en faisant le bien et qu'elle perd en faisant le mal, ne serait pas gravée en elle s'il n'existait une justice immuable que trouve le juste dans sa plénitude quand il se tourne vers elle ; et qui demeure intacte lorsque le pécheur l'abandonne en se détournant de sa lumière. Cette justice immuable, c'est la justice de Dieu, et il ne la ferait pas briller aux yeux de l'homme qui se convertit s'il ne prenait pas soin des choses humaines. Si abondante que puisse être en nous la justice, elle n'est qu'une rosée en comparaison de cette source divine, elle n'est que quelques gouttes, comparée à cette grande fontaine ; mais cette rosée et ces gouttes d'eau adoucissent notre vie et atténuent la dureté de notre cour. Désirons donc, dès à présent, d'être abreuvés à la source même de la justice. PS 122.11.
« Qui nous séparera de l'amour du Christ ? » Cet amour divin, qui doit continuellement occuper notre pensée, se répand dans nos cours par l'Esprit-Saint qui nous a été donné, afin que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. Lors donc que nous nous sentons pauvres et manquant de cet amour, qui est l'accomplissement de la Loi, ce n'est pas à notre indigence qu'il faut demander cette divine richesse ; mais pour l'obtenir, nous devons prier, chercher et frapper, afin que celui qui est la source de la vie, nous permette de nous enivrer de l'abondance de sa maison, et de nous désaltérer au torrent de ses délices. Ainsi rafraîchis et fortifiés, non seulement nous ne serons pas abîmés par la tristesse, mais encore nous nous glorifierons dans les tribulations, « sachant que la tribulation produit la patience, la patience l'épreuve, l'épreuve l'espérance, et que l'espérance n'est pas vaine ». Nous ne pouvons pas opérer cela par nous-mêmes, mais par l'amour de Dieu répandu dans nos cours par le Saint Esprit qui nous a été donné. L 145.7.
« Heureux les persécutés pour la justice » Ce n'est pas celui qui souffre persécution qui est foulé aux pieds par les hommes, mais celui à qui la peur de la persécution fait perdre sa force. SM 1.6.16.
« Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice... » En combattant pour le Royaume, nous ne devons pas attarder notre pensée sur les biens de la terre. S'il nous arrive d'en être privés (ce que Dieu permet pour mieux nous éprouver), notre idéal ne doit pas en souffrir, mais plutôt s'épurer et s'affermir. « Nous nous glorifions des tribulations, dit l'Apôtre, sachant bien que la tribulation produit la constance, la constance, une vertu éprouvée, la vertu éprouvée, l'espérance. Et l'espérance ne déçoit pas, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cours par l'Esprit saint qui nous a été donné. » SM 2.17.58.
« Heureux ceux qui font régner la paix » Monique artisan de paix. Tu avais fait à celle qui était ta servante fidèle et dans le sein de qui tu m'as créé, ô Dieu, ma miséricorde, tu avais fait cadeau d'une grande faveur : dans les dissentiments et les discordes entre n'importe quelles personnes, dès qu'elle pouvait, elle s'offrait en pacificatrice ; et elle avait beau entendre de part et d'autre ces multiples et mutuelles récriminations que vomissent d'ordinaire les cours gonflés d'une discorde mal digérée lorsqu'en présence d'une amie et en absence de l'ennemie l'aigreur des propos exhalés trahit la crudité des haines, jamais pourtant à l'une sur l'autre elle ne rapportait rien, sinon ce qui pouvait servir à la réconciliation. C 9.9.21.
Ici-bas, frères, c'est presque toujours la guerre, et cependant nous sommes appelés à vivre en parfaite union ; il nous est commandé de vivre en paix entre nous ; tous nos efforts, toutes nos forces doivent tendre vers la paix la plus parfaite, et cependant nous sommes toujours en guerre. JN 34.10.
... pour que nous puissions nous aimer les uns les autres « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix... » Il nous laisse la paix pour que nous puissions nous aimer dès ici-bas les uns les autres ; il nous donnera sa paix lorsqu'il n'y aura plus de dissentiment possible entre nous. Il nous a laissé la paix qui nous défend de juger pendant cette vie l'intérieur de nos frères ; il nous donnera sa paix lorsqu'il découvrira les pensées les plus secrètes des cours et que chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. Cependant c'est toujours en lui et de lui que vient notre paix... « Il est notre paix qui des deux peuples n'en a fait qu'un » (Ephi). JN 77.3.
« Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. » Nous sommes donc les enfants de Dieu et nous le reconnaissons ; mais on ne nous reconnaîtra pour ses enfants qu'à la condition d'être pacifiques ; car quel moyen nous resterait-il de voir Dieu si par nos querelles nous éteignions en nous l'oil destiné à le contempler ? Si donc nous voulons voir Dieu, purifions nos cours par la foi, guérissons-Ies par l'amour, affermissons-les par la paix, car la grâce qui nous inspire de nous aimer les uns les autres vient de celui dont la vue est l'objet de nos désirs. S 23.17-18.
Le bien suprême, frères, c'est la paix Ce n'est point la paix telle qu'on peut l'avoir avec soi, car nous avons dit que l'homme lutte contre lui-même et luttera jusqu'à ce qu'il ait maîtrisé ses passions. Quelle est donc cette paix ? Une paix que l'oil n'a pas vue, que l'oreille n'a pas entendue... Qu'est-elle au juste ? C'est la paix qui vient de Jérusalem, car Jérusalem signifie « vision de Paix ». PS 127.16.
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