Ainsi la condition du voyageur, pour Augustin, n'est autre que celle figurée de l'homo viator, en recherche de la voie et de la patrie définitives, qui, après bien des tours et des contours en chemin, comme dans sa propre expérience de vie, ne poursuit son existence qu'en fonction de l'active union vers Dieu. L'itinéraire d'Augustin inclut cette expérience humaine et religieuse de la route parce que celle-ci conduit l'homme sur la voie de la seule recherche qui compte, le Bien Suprême, Dieu. Aussi peut-il lui adresser cette prière fervente37 quand approche la fin du pèlerinage terrestre: " Seigneur mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi pour que je ne cède pas à la fatigue en renonçant à te chercher. Au contraire, que je cherche toujours ardemment ton visage. Donne les forces de chercher, toi qui as permis qu'on te trouve et qui as donné l'espérance de te trouver sans cesse davantage. Devant toi se trouvent ma science et mon ignorance. Là ou tu m'as ouvert la porte, reçois-moi. Quant à la porte que tu as fermée, ouvre-là à celui qui frappe. Que je me souvienne de toi, que je te comprenne, que je t'aime. Augmente en moi ces dons, jusqu'à ma transformation totale Seigneur, Dieu unique, Dieu Trinité, tout ce que j'ai dit en ton nom dans mes livres, que les tiens le reconnaissent. Si quelque chose vient de moi, que Toi et les tiens me le pardonnent. Amen ".
P. Jean-Paul Périer-Muzet, A.A.