Ceux qui ont pris la route
NICOLAS - J'ai vu ... et suis resté
Bienvenu chez un ch’ti ! C’est dans le Nord que je suis né en 1979, à Roubaix, très exactement. Je suis le dernier d’une famille de trois enfants, mon père était ingénieur des télécommunications et ma mère assistante de direction.
La découverte de l’EgliseNe sachant pas exactement que faire plus tard, je suis entré dans une école d’ingénieur, celle des Hautes Etudes d’Ingénieurs, à l’Université Catholique de Lille, dont je suis sorti en 2001. Que voulais-je faire dans ma vie ? A peu près comme tout le monde, marié, avec des enfants, une belle maison, un travail intéressant…. Au niveau spirituel, ma famille a toujours été pratiquante, je suivais mes parents à la messe, mais sans grand enthousiasme. Je sentais qu’il pouvait y avoir quelque chose d’intéressant, mais l’Eglise m’apparaissait avant tout destinée au troisième âge…
En arrivant à Lille, j’avais cependant pris contact avec l’aumônerie de l’école pour assister – à vrai dire plus par curiosité - à la visite du Pape Jean-Paul II à Reims, en 1996. Et là, surprise, de voir tant de jeunes chrétiens se rassembler autour d’un si vieux Pape ! La même année, j’ai eu la chance de participer au JMJ de Paris qui fut pour moi le début d’une grande aventure. Je voyais enfin que l’Eglise pouvait proposer quelque chose de dynamique, d’attractif, de fraternel. Mais plus profondément, que c’était l’expérience du Christ qui en était à la source et que nous étions appelés à le laisser diriger notre vie. Et comme disait le Père d’Alzon, le fondateur des Assomptionnistes, « je ne puis aimer Jésus-Christ sans vouloir que [tout le monde] l’aime ».
Que faire de ma vie ?
De retour, j’ai eu envie de m’engager dans ma paroisse d’abord, puis au sein de l’aumônerie universitaire de la Catho de Lille. Et c’est en 2000, alors que j’étais dans l’équipe d’organisation d’un spectacle entièrement monté par les étudiants qu’a surgi la question de la vocation. Les études d’ingénieur me plaisaient, mais il manquait quelque chose. La fraternité vécue au sein de l’aumônerie, les enseignements sprituels et théologique reçus m’attiraient, et je voyais dans les deux aumôniers des hommes heureux dans le choix qu’ils avaient fait.
Un beau matin, sans trop savoir pourquoi, je me suis réveillé en me disant que plus tard je me verrai bien prêtre. De quoi avais-je rêvé ? Je n’en sais rien, mais sans doute l’Esprit Saint avait-il soufflé cette nuit-là ! Tout de suite, j’ai pensé à la vie religieuse. Sans doute parce que les deux aumôniers étaient des religieux, mais aussi attiré par la vie fraternelle que j’avais vue au sein de l’équipe des responsables de l’aumônerie. C’est alors que l’un des deux aumôniers – assomptionniste, on finira par s’en douter - a fait la proposition aux membres de l’aumônerie de venir loger à la communauté d’accueil de Lille.
La découverte de l’Assomption
Il s’agit d’une communauté assomptionniste donc, qui accueille des étudiants ou des jeunes professionnels pour un an ou deux. La vie est totalement partagée avec les étudiants, dans une ambiance fraternelle, simple et cordiale. Le but de l’expérience est de permettre aux jeunes de faire l’expérience de la vie communautaire, et/ou de les accompagner dans un éventuel chemin de discernement, quel qu’il soit, en vue du sacerdoce, de la vie religieuse ou du mariage. Je savais qu’un ancien étudiant accueilli venait de se fiancer : perspective ouverte, je ne sentais donc pas ma liberté menacée. En décembre 2000, j’arrivais donc à la communauté de Lille.
Je suis venu, j’ai vu … et je suis resté. Après un temps d’observation, je me suis dit que ce que je vivais me plaisait, sentant que c’était là que Dieu m’appelait. Une vie fraternelle donc, une spiritualité augustinienne centrée sur le Christ, un regard ouvert sur le monde, un service désintéressé de l’Eglise, un appel à être des hommes de communion, un apostolat diversifié allant de la recherche universitaire à l’organisation de pélerinages, de la mission en pays orthodoxe à l’aumônerie d’hôpital en passant bien sûr par la presse…. En février 2003, je demandais le postulat.
Parcours assomptionniste
Parallèlement à cela, une fois les études terminée, j’ai quand même décidé de chercher du travail. Pour que les études n’aient pas été vaines, pour poursuivre mon discernement, mais aussi pour connaître l’expérience parfois ardue du monde du travail. C’est ainsi que j’ai travaillé pendant trois ans dans une Société de Services en Ingénérie Informatique. La période paraît peut-être longue, mais j’ai eu besoin de tout ce temps pour approfondir en moi cet appel, le Christ en était il vraiment au centre ? Et cet approfondissement n’est pas terminé.
Je quittais l’entreprise en 2004 pour passer un an à Leganés, près de Madrid, dans une communauté assomptionniste espagnole, puis j’entrais en 2005 au noviciat de Juvisy (Essonne). En 2006, je faisais mes premiers vœux, avant d’être envoyé à la communauté de Strasbourg-Orangerie, pour les études de théologie, dans le même type de maison qu’à Lille. Où m’emmènera la suite du Christ à l’Assomption ? Je l’ignore, mais j’espère pouvoir y « travailler à l’avènement du Règne de Dieu en nous et autour de nous » .