Ceux qui ont pris la route

Ovidiu - J’ai répondu à l’appel d’un Autre.

Depuis son baptême, il est question que Ovidiu devienne prêtre. Mais, c’est plus tard, sa rencontre avec des assomptionnistes qui l’a mis sur le chemin de sa vie.

Ma vocation à la vie religieuse remonte aux souvenirs de mon baptême. Mes parents m’ont raconté plus tard, lorsque j’avais 12 ans, l’histoire suivante: au moment du baptême, le curé n’était pas content du prénom donné à l’enfant que j’étais. Il voulait que les parents ou le parrain (la marraine) trouvent un autre prénom, cette fois-ci chrétien. Il tenait beaucoup à ne pas me laisser avec un nom qui fait penser plutôt aux païens, et qui était souvent donné aux chrétiens orthodoxes de cette époquelà. Cependant mes parents tenaient ferme dans le choix qu’ils avaient fait. Que faire alors? L’ambiance était tendue. Finalement, un compromis a été trouvé – mettre en première position le prénom chrétien de mon père, et après ajouter celui qui avait été désiré par mes parents. Arrivés à la maison pour le repas de fête, mon parrain me prend dans ses bras et me dit devant tout le monde, quelques mots un peu énigmatiques, en réaction à l’événement qui venait de s’achever: «Tu verras quand tu seras prêtre. Alors, tu pourras montrer aux curés qu’il est possible de porter un prénom païen, tout en étant un chrétien exemplaire.» Cette histoire, lorsque je l’ai entendue pour la première fois, elle m’a touchée dans les profondeurs de mon être.

Le coup de foudre

Et puis, la vie faisait son chemin. À l’âge de 17 ans, au moment où je me posais beaucoup de questions sur mon avenir, le Seigneur a mis sur mes pas deux frères assomptionnistes – Maurice Laurent et Hervé Stéphan – tous deux missionnaires en Roumanie. Ils sont venus dans ma paroisse pour parler de l’Assomption, et je peux témoigner que j’ai eu un coup de foudre pour cette congrégation. Ce qui m’a marqué énormément c’était leur esprit d’ouverture et de simplicité. Depuis, c’est un peu comme si une force intérieure me faisait comprendre que j’avais trouvé le chemin de ma vie. Après un approfondissement de mon choix, j’ai décidé à l’âge de 20 ans de rentrer dans la vie religieuse assomptionniste. Depuis, c’est un peu comme si, une page blanche m’était apparue devant mes yeux, au fil des événements qui allaient se succéder jour après jour. J’étais sûr seulement d’une seule chose: j’ai répondu à l’appel d’un Autre, qui me semble-t-il ne peut être que Dieu lui-même. Ensuite, j’ai approfondi cette conviction grâce à deux passages du Nouveau Testament: le premier se trouve dans l’évangile selon saint Jean, quand Jésus dit: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis» (Jean 15,16); le deuxième est tiré de la lettre de saint Paul aux Philippiens, lorsque celui-ci se présente à cette communauté avec les mots suivants: «J’ai été moi-même saisi par Jésus-Christ» (Ph 3,12). J’ai compris alors, par ces textes, que l’appel auquel j’ai répondu ne pouvait être une initiative personnelle, mais plutôt une initiative divine. C’est pourquoi je crois que chaque vocation est une grâce, c’est-à-dire, une réponse à un appel qui vient du plus profond de nous-même.

Action et contemplation

Certes, il y a un don que Dieu nous fait à chacun et qui est essentiel pour nos vies, mais cela ne suffit pas. Il faut ajouter des heures de travail pour que ce don puisse grandir quotidiennement. Pour cela, notre effort doit s’ajuster avec le travail que fait l’Esprit Saint en nous. Car, dans la vie chrétienne, on n’est jamais seul. Et cette expérience se découvre surtout dans la prière. Celle-ci nous fait comprendre que notre vie a une valeur qui est au-delà de nos champs visuels. Il est important de tenir compte, à la fois, de la dimension horizontale et de la dimension verticale de notre existence. D’un côté, il y a le moi avec les autres, et de l’autre coté, il y a le moi avec l’Autre. Ce n’est pas pour rien que notre fondateur, le père Emmanuel d’Alzon, insiste autant dans ses écrits sur l’importance des deux pôles qui constituent nos vies: action et contemplation. Ainsi, on se trouve dans une sorte de «va et vient» qui ne fait que mobiliser nos énergies journalières. Je voudrais remercier Dieu pour tout ce qu’il a fait dans mon chemin. Je dois reconnaître que si je fais un pas de plus dans la vie religieuse c’est d’abord grâce à Lui. Il m’a choisi pour me donner totalement à lui, moi, qui ne suis qu’un homme parmi beaucoup d’autres. Ensuite, je ne veux pas oublier les hommes et les femmes que le Seigneur a mis sur mon chemin pour m’aider à mieux mesurer l’ampleur de ma vocation. Il est illusoire de faire une liste parce qu’elle risque d’être trop longue, et même si c’est ainsi, elle peut négliger telle où telle personne. Que tous soient récompensés par Celui que est au-delà

 

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