Ceux qui ont pris la route

Philippe, sur le long chemin de l’appel

Pour Philippe Berrached, né en août 1977 à Nantes dans une famille modeste, tout commence à l’âge de 13 ans, avec la lecture de l’évangile selon saint Jean : « Suis moi ! » (1, 43). Dans un premier temps, il rejette cet appel d’« un travail pour le Christ ». Car il se demande « pourquoi faire » ? Il lit « des piles de livres, pour comprendre le monde et l’Église » et prie : « Seigneur, fais que je devienne un saint pour changer le monde ! ». Dans l’Évangile, Philippe trouve un début de réponse à sa question en regardant la réaction de l’apôtre Philippe lorsqu’il est appelé (Jn, chap. 1) : il est poussé à aller vers le monde.

Le droit pour servir la société

Pour rencontrer la société humaine, Philippe entame des études de droit. « Le droit est un excellent observatoire de la société. » assuret- il. Puis, il se lance dans la recherche et termine aujourd’hui une thèse doctorale en droit public sur la réforme budgétaire de l’État. Pourtant ses recherches ne le satisfont pas vraiment. Son désir de service, de justice, est vite confronté à la réalité du terrain. Les différents stages et emplois le laissent sur sa faim. « Je sentais que j’avais besoin d’autre chose, et j’étais déçu de voir un monde si dur… En fait, j’avais besoin de suivre une autre voie. », conclut-il.

Donner à voir Jésus

Une nouvelle question se pose à lui : « comment ? » Il observe « son » saint apôtre (Jn 12,20-33) et la réponse se dessine. « Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques- uns abordèrent Philippe. Ils lui fi rent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Devant l’injustice, la haine, la souffrance… Philippe entend cet appel : donner à « voir Jésus ». Il doit parler du Christ à ceux qui n’ont plus rien à espérer, et relever les blessés de la vie dans leur dignité humaine et divine ! Ce désir le pousse à s’intéresser au travail de l’Arche de Jean Vanier.

Au rythme de l’Assomption

Monte alors la question « où ? ». Il décide de vivre dans une communauté religieuse et, par hasard, intègre le foyer assomptionniste de Juvisy-sur- Orge (Essonne) où il vit deux ans au rythme de ses études, de la prière, de la vie de communauté, et de la proximité avec l’Assomption. En 2004, une autre question le taraude : « loin de chez moi, qu’en serait-il de cet appel ? » Il demande donc à participer au Programme volontaire Assomption . Québec et les communautés du Montmartre Canadien le reçoivent généreusement. Et, petit à petit, l’Assomption s’impose comme le lieu possible de son épanouissement. Il demande donc à être postulant en juillet 2005, En communauté à Cachan, Philippe vit son postulat comme « un temps pour lui, pour qu’il fasse son oeuvre, mais aussi un temps pour moi, pour mûrir ma vocation : ou que cela m’entraîne, que la volonté du Seigneur se fasse. » Depuis septembre 2007, il est entré au noviciat..

 

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