L’Alliance laïcs-religieux : chacune des congrégations de l’Assomption la vit à sa manière, en fi délité avec l’intuition de ses fondateurs, mais avec toujours le même souci d’écoute, d’ouverture et d’accueil, au service de l’autre. Si les modes d’engagement sont divers et si chacune de ces branches laïques de la famille de l’Assomption vit pour l’instant à son rythme, elles apprennent peu à peu à mieux se connaître. Pour témoigner de cette diversité, rencontre avec cinq de ces laïcs qui ont trouvé à l’Assomption une véritable famille spirituelle et vivent passionnément de son charisme. Marie Dancer,

Céline Hoyeau et Nicolas Senèze

Jeanne Palombieri, un « tricotage » de plus de 30 ans avec l’Assomption

Comme une évidence. Lorsque l’Alliance laïcs-religieux naît en 2005 au sein de l’Assomption, Jeanne Palombieri y voit l’aboutissement de ce qu’elle porte, mûrit, et vit depuis plus de 30 ans. L’Assomption, cette mère de trois enfants l’a connue avec son mari, alors qu’ils étaient encore étudiants à l’aumônerie de Cachan. Le couple se lie d’amitié avec de jeunes assomptionnistes. Un, puis deux, puis trois… « Ensemble, on a ré- fl échi à nos vocations respectives, on s’est “boosté” mutuellement. C’était un tricotage, un tissu dont on faisait ensemble les mailles », se souvient-elle. Des échanges, des vacances passées ensemble, et surtout, le même idéal de justice et de fraternité, dans lequel le couple s’enracine. « Nous avons découvert un lieu d’Église novateur, où se côtoyaient étudiants, religieux et jeunes en difficulté, tous sur un pied d’égalité ». Un engagement social qui a pris de plus en plus de place dans la vie de Jeanne. Cette assistante sociale énergique et chaleureuse a décidé de quitter son métier pour se consacrer à 100% à des actions bénévoles, comme la péniche « Je sers » (voir L’Assomption & ses oeuvres n° 708), à Confl ans. Chaque année, cette fonceuse, qui a pour devise « se rendre proche », organise pour des personnes en grande difficulté un pèlerinage à Lourdes, des vacances au Château, dans le Beaufortain, en équipe avec des Assomptionnistes. Un engagement qui ne se fait pas au détriment de son couple. Au contraire, « Gérard est plus discret, mais toujours présent. Sans lui, je ne pourrais pas faire tout ce que je fais, confi e-t-elle. Nous avons trouvé notre place en tant que couple dans l’Assomption ».

 


Maria Neves Zinha, en famille avec les petites soeurs

« Ma vie a été faite de beaucoup de souffrances et de luttes ». À 63 ans, Maria Neves Zinha vit à Betim, une des villes les plus pauvres de l’État du Minas Gerais, au sud-est du Brésil. C’est dans son quartier qu’elle a rencontré les petites soeurs de l’Assomption (PSA). « Elles sont simples, sympathiques, accueillantes. Elles étaient toujours présentes dans nos luttes. Leur manière d’être nous parle de Dieu », témoigne cette mère de cinq enfants, dont deux sont décédés. « À mesure que je connaissais mieux ces soeurs, j’ai commencé à entendre beaucoup parler du père Étienne Pernet et de Marie de Jésus, raconte-t-elle. J’ai découvert leur histoire qui ressemble beaucoup à la mienne ». En plus d’être responsable de sa communauté de base, Maria Neves Zinha participe aussi à un groupe de laïcs en lien avec les petites soeurs (l’ILFA). « Je ne peux m’empêcher de Leur histoire ressemble beaucoup à la mienne. faire mémoire du chemin parcouru avec le groupe : c’est là que j’ai découvert la spiritualité des PSA, ce qui a fait grandir en moi le désir d’en vivre, reconnaît- elle. C’est là que je sens que nous pouvons être une seule famille. Oui, le monde peut être une seule famille avec des relations de solidarité et de fraternité ».


Olivier Le Gendre, un appel à l’engagement


« Olivier Le Gendre est responsable de la branche « laïcs » des religieuses de l’Assomption dans le monde depuis sa création au chapitre général de 2000. Ceux qui décident d’en faire partie prennent un triple engagement : prière, rencontres en équipe et service ecclésial ou caritatif à effectuer… Lui-même fait ainsi partie du conseil pastoral du diocèse de Nanterre, en région parisienne. Depuis qu’il a fait la connaissance des religieuses de l’Assomption, il y a quinze ans, Olivier Le Gendre se dit « très fortement marqué par la remarquable capacité d’accueil de la diversité » de celles qu’il appelle « mes soeurs ». À la fois écrivain (1) et conseil en stratégie d’entreprise, cet homme de 56 ans se retrouve pleinement « dans leur spiritualité, à la fois active et contemplative ». À ses yeux, l’Alliance Laïcs-Religieux procède de la même intuition, « une manière d’être en Église fondée sur une spiritualité solide ». Et si pour l’instant, « les branches de laïcs des cinq familles assomptionnistes vivent à leur propre rythme, on peut envisager qu’elles apprennent à mieux se connaître et, pourquoi pas, à collaborer ».

(1) Il a notamment écrit un ouvrage sur la fondatrice des Religieuses, la bienheureuse Marie-Eugénie, qui va être canonisée le 3 juin prochain.

Rozenn Le Menn, professeur et « élève » de l’Assomption

 

" J’ai compris qu’il se passait quelque chose d’important ». Rozenn Le Menn est toute nouvelle dans l’Alliance, mais son stage sur l’esprit de l’Assomption, en novembre à Valpré, a marqué un tournant dans sa vie. « Une soeur a beaucoup parlé de l’ouverture au monde du père d’Alzon, son souci de vivre dans son temps. C’est ce que je souhaitais vivre ». Jusque-là, cette jeune professeur de mathématiques n’avait jamais vraiment trouvé de famille spirituelle dans l’Église. Mais en arrivant en 2001 près de Bordeaux au collège Sainte- Anne du Bouscat, tenu par les oblates de l’Assomption, Rozenn s’est sentie chez elle. « J’ai apprécié leur souci de comprendre la situation de chaque élève, chrétien ou non, et de l’aider à grandir dans le monde qui l’entoure. Une écoute que je n’avais pas rencontrée dans mes précédents établissements ». Un quotidien auprès des oblates qui lui procure un réel soutien dans son métier. Une vraie collaboration aussi, puisque l’année prochaine, Rozenn Le Menn a été choisie pour remplacer soeur Christophe à la tête du collège.

Anne-Yvonne Le Buf, associée des orantes


« Ma famille de coeur, ce sont les orantes de l’assomption. » Le chemin de foi d’Anne-Yvonne Le Buf est indissociablement lié à ces religieuses contemplatives, rencontrées à Marseille en janvier 1993, quelques jours à peine après sa conversion. « Elles ont su nourrir ma soif spirituelle et m’ont permis de relire ma vie à partir des écrits de saint Augustin », se souvient-elle. Depuis qu’elle est associée des orantes de l’Assomption, en décembre 1993, la prière personnelle et l’engagement font partie de son quotidien, conformément à la Charte des associés et à leur livret d’engagement (1). « Mère Isabelle a toujours été attentive à ce que les orantes restent ouvertes sur l’extérieur », explique cette cadre administratif d’Air France qui vit aujourd’hui à Lyon. Et de s’enthousiasmer pour la diversité vécue entre laïcs de tous pays et de tous horizons : « Quelle richesse de se sentir unis par notre engagement commun et un même désir : toujours adorer, toujours aimer, toujours remercier ! » 0 (1) Intitulé « Ma mission de priant dans le monde avec les orantes de l’Assomption »

 

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