Vienne Ton Règne

Etienne Pernet et Marie-Antoinette Fage, fondateurs des Petites Soeurs de l’Assomption

Version PDF du livret.

" Petites Soeurs de l’Assomption,
nous sommes des femmes, religieuses apostoliques,
vivant en communautés souvent internationales,
selon l’intuition de nos Fondateurs
Étienne Pernet et Antoinette Fage.
Habitées par l’Évangile,
mobilisées par l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle
et de témoigner de la joie de croire,
nous travaillons à l’avènement du règne de Dieu
et à procurer sa Gloire
par le salut des « pauvres et des petits ».



Histoires étonnantes que celles d’Étienne Pernet, un rural de l’Est de la France, et d’Antoinette Fage, ouvrière à Paris en cette deuxième moitié du 19ème siècle. Ce qui leur est commun : une recherche ardente de la volonté deDieu, un coeur ouvert à la souffrance humaine et spirituelle des jeunes, un amour des familles ouvrières marquées par le « mal de la société » dû à l’industrialisation. Le fruit de la rencontre de cet homme et de cette femme : la naissance de la Congrégation des Petites Soeurs de l’Assomption. Tous deux sont des passionnés du Règne de Dieu : Étienne Pernet, devenu religieux des Augustins de l’Assomption, pressent que pour la mission de service et d’évangélisation des familles ouvrières, il faut « une femme et une femme religieuse ». Antoinette, femme à la foi vive, s’engage de toutes ses forces et déploie ses qualités de coeur, d’intelligence, d’organisation pour donner corps au charisme d’Étienne Pernet et le transmettre aux premières Soeurs. Tous deux, dans leur complémentarité, sont à l’écoute de l’Esprit pour répondre aux appels apostoliques qu’ils entendent.

Aujourd’hui, dans le contexte du 21ème siècle, habitées par l’Évangile, mobilisées par l’urgence d’annoncer la BonneNouvelle du Christ, les Petites Soeurs de l’Assomption sont provoquées à vivre une fidélité créatrice à l’héritage transmis. Selon les contextes des pays, elles travaillent avec d’autres par des actions diversifiées au service des familles ouvrières, des personnes exclues de la société et émigrées. Leur action estmarquée par le souci de la Paix, de la Justice, de l’Intégrité de la Création. Le partage du charisme avec les laïcs et l’internationalité sont des accents forts afin de « Refaire un Peuple à Dieu » au-delà des frontières.

Marie-Claude Prat Petite Soeur de l’Assomption



Les portraits croisés de ces deux personnes nées la même année 1824 : Étienne le 23 juillet en Franche- Comté, et Antoinette le 7 novembre à Paris, nous montrent comment, dans le mystère de leur rencontre, quelque chose de grand et de durable a pu naître.

Des parcours contrastés

Étienne a grandi dans un petit village, Vellexon, au sein d’une famille nombreuse et chrétienne. Antoinette, elle, est issue d’une famille parisienne au quotidien incertain, où elle a peu reçu au niveau religieux. Les chemins vocationnels d’Étienne Pernet et d’Antoinette Fage sont aussi bien différents. Pour Étienne l’appel a été précoce, dès les années de catéchisme avec une ligne droite jusqu’à la dernière année de séminaire. Tandis qu’Antoinette, naturellement donnée aux autres avec une fougueuse générosité, semble ne s’être vraiment posé la question de l’orientation de sa vie qu’à l’âge de 40 ans.

Et pourtant...

Étienne devint orphelin de père à 14 ans, à la suite d’une maladie foudroyante de Monsieur Pernet. Il était l’aîné de cinq enfants et sa famille se retrouvait menacée dans sa vie matérielle. Il aurait pu aider sa mère en travaillant. Cela n’empêcha pas cette dernière, dans sa foi et sa générosité, de l’encourager à commencer sa formation en vue du sacerdoce. À la suite de cela et malgré les efforts d’Étienne pour aider sa mère, la famille amorça un processus implacable vers l’appauvrissement.

Antoinette, orpheline à 13 ans, et recueillie par une famille amie, prit son indépendance dès qu’elle le put, et vécut de travaux de couture peu rémunérés, jusqu’à ce que, à l’âge de 36 ans, on lui propose un poste de Directrice d’un Orphelinat. Elle en fut d’abord très heureuse, car l’amour des jeunes l’habita toute sa vie. Mais elle n’y resta que quatre ans, car des difficultés surgirent entre elle et les fondatrices de l’Orphelinat, et elle dut démissionner.

Ce fut alors que…

Rejoignons Étienne sur le chemin qu’il poursuivait , à vrai dire bien peineusement. Parvenu presque à la fin des années de Séminaire, il le quitta, à 20 ans, et revint dans un premier temps chez samère. Garçon sensible et conscient de ses limites, il pensait ne pouvoir assumer les responsabilités du sacerdoce.Mais il gardait, chevillé au coeur, le désir de se donner à Dieu et aux autres. Comment ? Il ne le savait pas. En attendant, il devait travailler. Il le fit d’abord dans sa région puismonta à Paris, où il vécut un long temps de recherche de sa vocation, exprimant son désir :

« Mon Dieu, que voulez-vous que je fasse ?»

La réponse lui fut donnée, par des intermédiaires. Un prêtre qu’il rencontrait, décelant chez lui une vocation sacerdotale dans un Institut religieux, l’envoya à Mère Marie Eugénie de Jésus, fondatrice des Religieuses de l’Assomption. Cette dernière lui fit connaître le Père Emmanuel d’Alzon qui à son tour suscitait les Augustins de l’Assomption à Nîmes. Ils étaient au départ voués à l’enseignement. Bientôt Étienne entra au Noviciat, fit profession à Noël 1850 et pendant plusieurs années fut professeur dans un collège.

Mais voilà qu’un jour, les Pères ouvrirent un patronage pour les enfants de familles ouvrières. Il fut confié à Étienne, qui à la vue de leurmisère reçut un véritable choc : cette misère-là, dira-t-il, il la connaissait à peine de nom. Telle une flèche, une intuition le traversa : il fallait faire quelque chose, mais quoi, comment, avec qui ? Étienne sut attendre, laisser mûrir, prier, longtemps, à Nîmes, puis à Paris où un ministère pastoral d’écoute lui fut proposé. Ce fut sa chance, en même temps que l’instant du passage de l’Esprit : c’est en ce lieu imprévu que sa mission allait lui être dévoilée.

Pendant ce temps, que vivait Antoinette ?

Elle aussi attendait, conseillée par des religieux qui la soutenaient humainement et spirituellement. Elle aussi voulait donner sa vie à Dieu, mais dans un projet personnel précis : vivre seule, libre, et s’occuper de jeunes filles pauvres. N’avait-elle pas toujours vécu ainsi, entourée de jeunes ? Dans sa générosité envers elles, la démesure l’habitait, et elle avait bien besoin du langage vigoureux de son accompagnateur pour la ramener à la raison, car elle y aurait laissé sa santé et son équilibre. Ajoutons qu’elle ne se sentait pas du tout attirée par la vie religieuse…

Or un des premiers jours de mai 1864, un prêtre vint la voir : c’était Étienne devenu le Père Pernet, qui venait lui demander de l’aide pour une personne de son entourage. Comment qualifier ce premier entretien ? Nous pouvons seulement penser que dans le silence, l’Esprit Saint passa entre le Père Pernet et Antoinette, appuyé sur leur commune passion pour Dieu et les pauvres. Ils surent en cet instant que leurs vies allaient s’entrecroiser, même si les contours du « comment » étaient encore bien flous. Étienne avait cherché et attendu, et Antoinette commença par résister à cet appel.

Et ensuite ?

Ensuite ? Pendant un an encore il attendit, priant, dialoguant avec Antoinette, la préparant peu à peu à unemission qu’elle ignorait encore.

Enmai 1865, il lui offrit de l’aider à réaliser l’oeuvre qu’il venait d’entreprendre : venir en aide aux familles ouvrières soumises à un travail dur, souventmal logées. Car le projet entrevu à Nîmes dans le quartier pauvre de l’Enclos Rey lui avait donné des ailes, sa vie avait pris un sens, et il avait trouvé sa place dans l e projet de l’Assomption. Fortement motivé, il avait de suite perçu les capacités d’Antoinette : Dieu avait mis sur son chemin la collaboratrice dont il avait besoin.

Hanté par la détresse de ces familles, il n’avait cessé de chercher quelle réponse inventer face à ce mal qu’il qualifia rapidement de « mal de l’ouvrier. » En visionnaire, il ne cherchait pas seulement à répondre à la situation de certaines familles, mais il percevait réellement qu’il s’agissait d’un mal général de la société. Mal moral et spirituel aussi, car venant des campagnes, plongées dans l’anonymat des grandes villes elles perdaient vite leurs repères chrétiens.

Réaliste, le Père Pernet savait que seules des femmes étaient qualifiées pour mener à bien cette action, puisqu’il s’agissait de répondre aux besoins des mères et des enfants. Et des femmes religieuses, appelées à soigner les malades à domicile, mais aussi et surtout à « refaire un peuple à Dieu », dira-t-il. Ce peuple, quimalgré les efforts des catholiques sociaux s’éloignait inexorablement de l’Eglise.

Or voilà qu’Antoinette était entrée dans la vie du Père Pernet. Cette femme de quarante ans déjà, comme lui, aussi ardente que maladive, profondément croyante et TertiaireDominicaine, se sentait à l’aise dans un accompagnement de jeunes. Et voilà qu’il lui était demandé de prendre la responsabilité de l’oeuvre : il y avait lieu pour elle de se récrier, et elle ne s’en priva pas.


C’est en cet instant de leur rencontre que se joua l’avenir de ces deux êtres, et que se décida la fondation de la Congrégation des Petites Soeurs de l’Assomption. Car si l’intuition du Père Pernet en fut l’origine, la réponse d’Antoinette à la demande inattendue qui lui était faite fut déterminante.

Antoinette n’a jamais livré ce qui l’avait habitée en cet instant où, avant de donner une réponse positive au Père Pernet, elle a vécu un discernement l’amenant à une décision libre. Dans l’inconnu, elle a obéi,mais comprenons bien ce terme dans ce qu’il signifie réellement : Obéir, c’est écouter. Cette aventure qu’elle vivait est bien de la manière de Dieu dans sa relation avec les humains que nous sommes. Un soir, ayant quitté l’Orphelinat, elle arriva chez le Père Pernet : « Je vous arrive, mon Père. Tout est fini, je ne repars plus.» Tout était fini de son travail précédent, disait-elle, et tout pouvait commencer. Tout, c’està- dire la mise en route de ce qui s’appela modestement dans les débuts « la petiteoeuvre», originale et atypique dans la mentalité de ce milieu du 19ème siècle.

C’est sur Étienne Pernet
et Antoinette Fage,
saisis par le Christ et
l’amour des pauvres,
que repose la
Congrégation
des Petites Soeurs
de l’Assomption.


Jésus disait : "Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme ou qu’il se lève, la nuit ou le jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment.” (Mc 4, 26-27)

L’histoire des Petites Soeurs peut vraiment s’éclairer de cette parole de Jésus. De cette petite semence jetée en terre par deux personnes passionnées pour le salut des pauvres, est née une Congrégation religieuse bien spécifique. Elle n’eut jamais d’institutions importantes, écoles ou hôpitaux. Envoyées en plein coeur de l’humanité, les premières gardesmalades y découvrirent leur identité et leur mission.

Il s’agissait au début d’un petit groupe de jeunes femmes ayant accepté de vivre ce projet du Père Pernet. Concrètement, il s’agissait d’aller au domicile des familles ouvrières à l’heure de la maladie en proposant de multiples services : soin desmalades, des enfants, tenue de la maison. Tout ceci gratuitement, vu la pauvreté des familles et l’inexistence demesures sociales.Mais pour le Père Pernet et Antoinette Fage, il s’agissait avant tout d’accomplir la justice envers les pauvres, bien-aimés du Seigneur.

 


Inutile d’insister sur l’originalité de cette action, la « charité»à cette époque consistant surtout à passer dans les familles avec des aumônes. L’objectif du Père Pernet et d’Antoinette Fage, d’abord humain, était aussi et surtout apostolique : annoncer Jésus Christ Serviteur et Sauveur de toute l’humanité à ce monde ouvrier qui ne le connaissait plus.


"Ce qui te manque pour avoir la vie ? dit Jésus à l’homme riche. Une seule chose : Va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens, suismoi." (Mc 10, 21)

Le 17 juillet 1865, Antoinette Fage rejoignait le premier groupe des gardes-malades dans un quartier populaire de Paris. Commençait alors pour elles une longue période d’incertitude quant à leur vie matérielle, et elles vécurent des moments difficiles. Leur foi jointe à leur amour de Dieu dans la personne des pauvres leur permit de tenir, fortes de la reconnaissance des familles qui recevaient leurs soins.

Quand on se lance dans une action aussi originale que radicale, on peut s’attendre à des incompréhensions. Cela n’a pas manqué : les gardes-malades furent en butte à de nombreuses critiques venant de personnes cherchant à les décourager.Mais elles ont tenu contre vents et marées, et la petite oeuvre a gardé le cap, appuyée sur la fermeté des Fondateurs et sur la certitude qu’elle était voulue de Dieu, comme le dira plus tard le Père Pernet.

Les malades pauvres et leurs familles connurent vite l’adresse des Petites Soeurs, et ils furent bientôt nombreux à frapper à leur porte.

De même, peu de temps après la fondation des jeunes rejoignirent les Petites Soeurs, plus nombreuses d’année en année. La jeunesse n’est-elle pas attirée par la radicalité ? Car la vie religieuse proposée par le Père Pernet était exigeante, c’était l’alliance entre la contemplation et l’action dans un service humble et concret habité par la tendresse du Christ. Le Père Pernet disait :

« Peu de paroles, beaucoup d’actes. Les sermons fatiguent, les délicatesses et les attentions d’une charité discrète attirent et gagnent les coeurs. » (13/11/1890)

En 1870, le groupe des Petites Soeurs arriva rue Violet, future Maison-Mère.

La Congrégation avait dès lors pris sa vitesse de croisière. Comme la semence dont parle Jésus, elle va se développer au cours des années, « on ne sait comment. »



Voilà donc le Père Pernet et Mère Marie de Jésus embarqués dans une même tâche. Ils avaient en commun leur fragilité : Antoinette sortait d’une lourde épreuve, et le Père Pernet émergeait tout juste d’une longue période de recherche anxieuse de sa vocation. Les voir tous deux se mettre à l’action avec audace fut surprenant pour tous ! Ils avaient surtout en commun une foi vivante et une ferme décision de servir le Christ et les pauvres.

À vrai dire, seul le Père Pernet voyait désormais avec clarté l’accomplissement de son intuition, possible grâce à sa rencontre avec Antoinette Fage. On dit souvent que les extrêmes s’attirent. Les origines et les tempéraments du Père Pernet et d’Antoinette étaient diamétralement opposés. Lui, un rural, était un homme sage, lent, qui prenait le temps de la réflexion tout en étant capable d’audace.

Parisienne, Antoinette était malgré toutes ses épreuves vive, dynamique, joyeuse, pleine d’initiative et de sens pratique.

Responsables ensemble de la petite oeuvre qui se développa rapidement, comment se situèrent- ils l’un par rapport à l’autre ? Un an après lamort d’Antoinette devenue Mère Marie de Jésus, le Père Pernet eut ce mot :

« Depuis vingt ans que nous étions ensemble avec votre Mère, il n’y a jamais eu le moindre dissentiment entre nous : nous n’avons toujours fait qu’un. » (16/09/1884)

En effet dès le début la confiance s’établit rapidement entre eux. Ils était liés par un projet commun : mener à bien ce qu’ils avaient décidé ensemble, même si pour Antoinette cela avait représenté un véritable saut dans l’inconnu.

Tout naturellement ils se partagèrent les responsabilités au service de la Congrégation.

Le rôle d’accompagnateur et de formateur spirituel et apostolique revint au Père Pernet qui avait reçu une bonne formation théologique et scripturaire. Les Petites Soeurs en bénéficièrent, autant individuellement que collectivement, ce qui était nécessaire dans leur type d’action.

Et Antoinette, qui avait pris le nom de Mère Marie de Jésus ? Pouvons nous penser qu’elle vécut à l’ombre du Père Pernet ? Ce serait compter sans sa forte personnalité. Elle sut rapidement prendre des initiatives, se positionner par rapport à lui, n’hésitant pas à exprimer sa pensée quand elle le jugeait nécessaire. La correspondance entre eux se montre parfois pleine de sel à ce propos.

Dans ses relations avec les Soeurs et les familles, ce qu’elle avait de meilleur en elle se développa : capacité d’écoute, de discernement, d’organisation, fermeté alliée à la tendresse…



Fondées à une époque donnée avec un objectif précis, les Petites Soeurs poursuivirent leur route avec au coeur l’intention apostolique du Père Pernet restée intacte au cours des âges :

« Procurer la Gloire de Dieu par le Salut des pauvres et des petits. »

Ce qui anime leur action, c’est l’union au Christ Serviteur et Sauveur livrant sa vie par amour pour l’humanité. Cet envoi aux pauvres ne peut se vivre qu’en union profonde avec le Christ qui a un tel amour pour eux. Le Père Pernet avait des paroles simples et fortes à ce sujet :

« Je ne cesse de vous dire de regarder Notre-Seigneur, de vous identifier à votre modèle parce qu’on prend facilement les habitudes des personnes avec lesquelles on vit. » (7/06/1888)

Vivre avec le Christ, c’est aimer comme Lui d’un amour qui l’a conduit à la Croix, offrant sa vie en s’assimilant à tous les humains, jusqu’au dernier. La spiritualité christologique des Petites Soeurs les situe à la suite de leurs Fondateurs au coeur du mystère de l’Eucharistie.

« Un lien très fort existe entre notre mission, notre vie fraternelle et l’Eucharistie. » (R.V. n°11)

Et au coeur de la vie trinitaire : la mission, l’Eucharistie et la vie fraternelle en communauté sont les facettes d’un seul mystère.




Une vie religieuse ne peut être solitaire, et dès le début les Petites Soeurs vécurent en communauté, selon la Règle de St Augustin choisie par le Père d’Alzon pour son Ordre. Elle commence ainsi :

« Avant tout, vivez unanimes à la maison, ayant une seule âme et un seul coeur tournés vers Dieu. N’est-ce pas la raison même de votre rassemblement ? » (Règle de St Augustin n°2)

Pour les Petites Soeurs, l’unanimité du rassemblement dans l’amour se traduit paradoxalement par une sortie hors de la maison pour aller vers les autres, ces deux verbes étant constants dans le vocabulaire du Père Pernet.

Elles sortent de leurmaison pour une plongée au milieu des petits de la société. Et elles y retrouvent le Christ vivant, sorti d’auprès du Père comme il le dit si souvent :

« Je suis sorti du Père et venu dans le monde. » (Jn 16, 28)

C’est ensemble, dans la force d’une vie communautaire soutenue par la prière qu’elles reçoivent leur envoi. Une vie communautaire certes non exempte des conflits inhérents à l’humanité, mais toujours traversée par l’amour qui en Jésus triomphe du mal et du péché.

« A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn 13, 35)

 

" Si vous vivez
avec Notre Seigneur,
vous vous assimilerez à Lui,
vous finirez par penser, agir,
aimer comme Lui.
Il vous communiquera sa vie."

Étienne Pernet



Au point de départ de la fondation des Pères de l’Assomption, existait le projet d’un rapprochement entre toutes les classes de la société en vue de lamission. Le Père Pernet avait reçu cette idée dans sa formation, c’est pourquoi tout naturellement et par conviction elle s’incarna sous différentes formes dans laCongrégation qu’il fondait.

En 1876, les Petites Soeurs surchargées de travail demandèrent à certaines dames de la haute société de venir les aider : elles venaient dans les familles et travaillaient avec les Petites Soeurs en "payant de leurs personnes," comme disait le Père Pernet. Plus tard, en 1881, le Père Pernet et les Petites Soeurs eurent répondre à une autre question après le passage des Soeurs dans les familles, que devenait leur action évangélisatrice ? Les Fondateurs trouvèrent une réponse audacieuse pour l’époque en proposant des regroupements. Les hommes d’abord, puis leurs épouses commencèrent à se retrouver régulièrement pour partager leur vie, prier ensemble, et recevoir une formation adaptée. Ce fut la création des Fraternités de l’Assomption.

En ce début du 21ème siècle, elles existent toujours, sous une forme rénovée, répondant au besoin de vivre, laïcs et religieuses, une même spiritualité.




Peut-on dire que les Fondateurs des Petites Soeurs ont été des précurseurs ? Sans doute, car si des Petites Soeurs continuent à exercer la profession de Travailleuse familiale, dès le début du 20ème siècle des Associations reprirent leur action et donnèrent une existence légale à ce métier. D’autre part, la Fraternité continue en tant que telle dans plusieurs pays.

Mère Marie de Jésus, et le Père Pernet rejoignirent la Maison du Père, ayant accompli leurmission de Fondateurs respectivement le 18 septembre 1883 et le 3 avril 1899. L’Église a reconnu la qualité du parcours spirituel et de l’oeuvre fondatrice du Père Pernet en le reconnaissant Vénérable le 14 mai 1983. La petite graine évangélique jetée en terre avait poussé jusqu’à devenir un arbre vigoureux et fécond puisque les Petites Soeurs essaimèrent rapidement d’abord en France puis dans d’autres pays. A lamort du Père Pernet il existait vingtneuf communautés regroupant trois cent trente sept soeurs. Par la suite les Petites Soeurs s’implantèrent dans les cinq continents.

L’activité apostolique des Petites Soeurs s’est réalisée d’abord par le soutien de la famille ouvrière dans une présence à domicile. Les multiples bouleversements de la société, surtout à partir de la deuxième guerre mondiale, stimulèrent leur créativité. Fidèles à leur grâce d’origine, elles restent engagées à travers des professions sociales, de santé, l’éducation, l’action pastorale.

Dès la fondation, le Père Pernet et Mère Marie de Jésus exprimaient leur respect envers les familles démunies, et leur souci de justice. Selon l’invitation du Concile Vatican II, l’action des Petites Soeurs est marquée par l’engagement pour la Paix, la Justice, l’intégrité de la Création, sous des formes diversifiées (aide aux réfugiés, campagnes contre la faim, économie solidaire, etc...), souvent à la demande des personnes elles-mêmes, et de plus en plus en collaboration avec d’autres personnes ou organisations.

Les nouvelles fondations au Congo Kinshasa, aux Philippines, à Madagascar invitent à d’autres actions, concernant la santé (centres médicaux ou de suivi nutritionnel), l'éducation des enfants (jardins d'enfants, soutien scolaire…) et la formation de femmes en situation précaire en vue d'améliorer la qualité de vie de leurs familles et d'accéder au monde du travail… Autrement dit, tout ce qui peut permettre à la vie de s'épanouir est lieu de mission pour les Petites Soeurs. Le charisme du Père Pernet est aujourd’hui un charisme vivant. La route continue, pleine de vie et d’espérance, quel que soit l’avenir toujours imprévisible.

PROCURER LA GLOIRE DE DIEU PAR LE SALUT DES PAUVRES ET DES PETITS

 

Pour aller plus loin ensemble

www.assomption-psa.org
Maison-Mère des Petites Soeurs de l’Assomption
57, rue Violet - 75015 PARIS
assomptionpetitessoeurs@yahoo.fr

 

Petites Soeurs de l’Assomption
8785 rue St Denis
MONTREAL Québec
H2M IN3 CANADA
psa@videotron.ca

Petites Soeurs de l’Assomption
Boîte postale 1049
301 FIANARANTSOA
MADAGASCAR
psafiana@mel.moov.mg

Petites Soeurs de l’Assomption
55 rue Violet
75015 PARIS
FRANCE
provpsa@hotmail.com

Petites Soeurs de l’Assomption
Accueil jeunes
9 rue Boïeldieu
94400 VITRY SUR SEINE
FRANCE
psapastojeune@hotmail.com

 

 

« Faites mon Dieu que ce Feu qui est Vous
nous transforme et fasse de chacun de nous un charbon ardent.
Vous nous avez enseigné les merveilles de votre Sagesse,
vous nous avez communiqué la flamme de votre amour.
Notre vie à nous doit être celle du Christ,
notre rayonnement, sa Charité.
Nous communiquerons de proche en proche
la chaleur que nous recevons,
et nous arriverons à transformer ceux qui nous entourent
sous l'action du Saint Esprit.
De nous-mêmes, nous ne sommes rien.
Dans l'humble sentiment de notre faiblesse,
nous deviendrons forts et puissants,
des charbons ardents enflammant tout à leur contact,
des producteurs de l'Amour de Dieu. »

Père Etienne Pernet
1824-1899