Etienne Pernet et Marie-Antoinette Fage, fondateurs des Petites Soeurs de l’Assomption
" Petites Soeurs de l’Assomption,
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Aujourd’hui, dans le contexte du 21ème siècle, habitées par l’Évangile, mobilisées par l’urgence d’annoncer la BonneNouvelle du Christ, les Petites Soeurs de l’Assomption sont provoquées à vivre une fidélité créatrice à l’héritage transmis. Selon les contextes des pays, elles travaillent avec d’autres par des actions diversifiées au service des familles ouvrières, des personnes exclues de la société et émigrées. Leur action estmarquée par le souci de la Paix, de la Justice, de l’Intégrité de la Création. Le partage du charisme avec les laïcs et l’internationalité sont des accents forts afin de « Refaire un Peuple à Dieu » au-delà des frontières. Marie-Claude Prat
Petite Soeur de l’Assomption |
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Des parcours contrastésÉtienne a grandi dans un petit
village, Vellexon, au sein d’une
famille nombreuse et chrétienne.
Antoinette, elle, est issue d’une
famille parisienne au quotidien
incertain, où elle a peu reçu au
niveau religieux.
Les chemins vocationnels
d’Étienne Pernet et d’Antoinette
Fage sont aussi bien différents.
Pour Étienne l’appel a été précoce,
dès les années de catéchisme
avec une ligne droite jusqu’à
la dernière année de
séminaire. Tandis qu’Antoinette,
naturellement donnée aux autres
avec une
fougueuse
générosité,
semble ne
s’être vraiment
posé
la question
de l’orientation
de sa
vie qu’à l’âge
de 40 ans.
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C’est en cet instant de leur rencontre que se joua l’avenir de ces deux êtres, et que se décida la fondation de la Congrégation des Petites Soeurs de l’Assomption. Car si l’intuition du Père Pernet en fut l’origine, la réponse d’Antoinette à la demande inattendue qui lui était faite fut déterminante. Antoinette n’a jamais livré ce qui l’avait habitée en cet instant où, avant de donner une réponse positive au Père Pernet, elle a vécu un discernement l’amenant à une décision libre. Dans l’inconnu, elle a obéi,mais comprenons bien ce terme dans ce qu’il signifie réellement : Obéir, c’est écouter. Cette aventure qu’elle vivait est bien de la manière de Dieu dans sa relation avec les humains que nous sommes. Un soir, ayant quitté l’Orphelinat, elle arriva chez le Père Pernet : « Je vous arrive, mon Père. Tout est fini, je ne repars plus.» Tout était fini de son travail précédent, disait-elle, et tout pouvait commencer. Tout, c’està- dire la mise en route de ce qui s’appela modestement dans les débuts « la petiteoeuvre», originale et atypique dans la mentalité de ce milieu du 19ème siècle. |
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Inutile d’insister sur l’originalité de cette action, la « charité»à cette époque consistant surtout à passer dans les familles avec des aumônes. L’objectif du Père Pernet et d’Antoinette Fage, d’abord humain, était aussi et surtout apostolique : annoncer Jésus Christ Serviteur et Sauveur de toute l’humanité à ce monde ouvrier qui ne le connaissait plus. |
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Le 17 juillet 1865, Antoinette Fage rejoignait le premier groupe des gardes-malades dans un quartier populaire de Paris. Commençait alors pour elles une longue période d’incertitude quant à leur vie matérielle, et elles vécurent des moments difficiles. Leur foi jointe à leur amour de Dieu dans la personne des pauvres leur permit de tenir, fortes de la reconnaissance des familles qui recevaient leurs soins. Quand on se lance dans une action aussi originale que radicale, on peut s’attendre à des incompréhensions. Cela n’a pas manqué : les gardes-malades furent en butte à de nombreuses critiques venant de personnes cherchant à les décourager.Mais elles ont tenu contre vents et marées, et la petite oeuvre a gardé le cap, appuyée sur la fermeté des Fondateurs et sur la certitude qu’elle était voulue de Dieu, comme le dira plus tard le Père Pernet. Les malades pauvres et leurs familles connurent vite l’adresse des Petites Soeurs, et ils furent bientôt nombreux à frapper à leur porte. De même, peu de temps après la fondation des jeunes rejoignirent les Petites Soeurs, plus nombreuses d’année en année. La jeunesse n’est-elle pas attirée par la radicalité ? Car la vie religieuse proposée par le Père Pernet était exigeante, c’était l’alliance entre la contemplation et l’action dans un service humble et concret habité par la tendresse du Christ. Le Père Pernet disait :
En 1870, le groupe des Petites Soeurs arriva rue Violet, future Maison-Mère. La Congrégation avait dès lors
pris sa vitesse de croisière.
Comme la semence dont parle
Jésus, elle va se développer au
cours des années, « on ne sait
comment. » |
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À vrai dire, seul le Père Pernet voyait désormais avec clarté l’accomplissement de son intuition, possible grâce à sa rencontre avec Antoinette Fage. On dit souvent que les extrêmes s’attirent. Les origines et les tempéraments du Père Pernet et d’Antoinette étaient diamétralement opposés. Lui, un rural, était un homme sage, lent, qui prenait le temps de la réflexion tout en étant capable d’audace.
Responsables ensemble de la petite oeuvre qui se développa rapidement, comment se situèrent- ils l’un par rapport à l’autre ? Un an après lamort d’Antoinette devenue Mère Marie de Jésus, le Père Pernet eut ce mot :
Tout naturellement ils se partagèrent les responsabilités au service de la Congrégation. Le rôle d’accompagnateur et de formateur spirituel et apostolique revint au Père Pernet qui avait reçu une bonne formation théologique et scripturaire. Les Petites Soeurs en bénéficièrent, autant individuellement que collectivement, ce qui était nécessaire dans leur type d’action. Et Antoinette, qui avait pris le nom de Mère Marie de Jésus ? Pouvons nous penser qu’elle vécut à l’ombre du Père Pernet ? Ce serait compter sans sa forte personnalité. Elle sut rapidement prendre des initiatives, se positionner par rapport à lui, n’hésitant pas à exprimer sa pensée quand elle le jugeait nécessaire. La correspondance entre eux se montre parfois pleine de sel à ce propos. Dans ses relations avec les Soeurs et les familles, ce qu’elle avait de meilleur en elle se développa : capacité d’écoute, de discernement, d’organisation, fermeté alliée à la tendresse… |
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« Procurer la Gloire de Dieu par le Salut des pauvres et des petits. » « Je ne cesse de vous dire de regarder Notre-Seigneur, de vous identifier à votre modèle parce qu’on prend facilement les habitudes des personnes avec lesquelles on vit. » (7/06/1888) Vivre avec le Christ, c’est aimer comme Lui d’un amour qui l’a conduit à la Croix, offrant sa vie en s’assimilant à tous les humains, jusqu’au dernier. La spiritualité christologique des Petites Soeurs les situe à la suite de leurs Fondateurs au coeur du mystère de l’Eucharistie. « Un lien très fort existe entre notre mission, notre vie fraternelle et l’Eucharistie. » (R.V. n°11) Et au coeur de la vie trinitaire : la mission, l’Eucharistie et la vie fraternelle en communauté sont les facettes d’un seul mystère. |
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« Avant tout, vivez unanimes à la maison, ayant une seule âme et un seul coeur tournés vers Dieu. N’est-ce pas la raison même de votre rassemblement ? » (Règle de St Augustin n°2) Pour les Petites Soeurs, l’unanimité du rassemblement dans l’amour se traduit paradoxalement par une sortie hors de la maison pour aller vers les autres, ces deux verbes étant constants dans le vocabulaire du Père Pernet. Elles sortent de leurmaison pour une plongée au milieu des petits de la société. Et elles y retrouvent le Christ vivant, sorti d’auprès du Père comme il le dit si souvent : « Je suis sorti du Père et venu dans le monde. » (Jn 16, 28) C’est ensemble, dans la force d’une vie communautaire soutenue par la prière qu’elles reçoivent leur envoi. Une vie communautaire certes non exempte des conflits inhérents à l’humanité, mais toujours traversée par l’amour qui en Jésus triomphe du mal et du péché.
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En 1876, les Petites Soeurs surchargées de travail demandèrent à certaines dames de la haute société de venir les aider : elles venaient dans les familles et travaillaient avec les Petites Soeurs en "payant de leurs personnes," comme disait le Père Pernet. Plus tard, en 1881, le Père Pernet et les Petites Soeurs eurent répondre à une autre question après le passage des Soeurs dans les familles, que devenait leur action évangélisatrice ? Les Fondateurs trouvèrent une réponse audacieuse pour l’époque en proposant des regroupements. Les hommes d’abord, puis leurs épouses commencèrent à se retrouver régulièrement pour partager leur vie, prier ensemble, et recevoir une formation adaptée. Ce fut la création des Fraternités de l’Assomption. En ce début du 21ème siècle, elles
existent toujours, sous une
forme rénovée, répondant au
besoin de vivre, laïcs et religieuses,
une même spiritualité. |
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Mère Marie de Jésus, et le Père Pernet rejoignirent la Maison du Père, ayant accompli leurmission de Fondateurs respectivement le 18 septembre 1883 et le 3 avril 1899. L’Église a reconnu la qualité du parcours spirituel et de l’oeuvre fondatrice du Père Pernet en le reconnaissant Vénérable le 14 mai 1983. La petite graine évangélique jetée en terre avait poussé jusqu’à devenir un arbre vigoureux et fécond puisque les Petites Soeurs essaimèrent rapidement d’abord en France puis dans d’autres pays. A lamort du Père Pernet il existait vingtneuf communautés regroupant trois cent trente sept soeurs. Par la suite les Petites Soeurs s’implantèrent dans les cinq continents. L’activité apostolique des Petites Soeurs s’est réalisée d’abord par le soutien de la famille ouvrière dans une présence à domicile. Les multiples bouleversements de la société, surtout à partir de la deuxième guerre mondiale, stimulèrent leur créativité. Fidèles à leur grâce d’origine, elles restent engagées à travers des professions sociales, de santé, l’éducation, l’action pastorale. Dès la fondation, le Père Pernet et Mère Marie de Jésus exprimaient leur respect envers les familles démunies, et leur souci de justice. Selon l’invitation du Concile Vatican II, l’action des Petites Soeurs est marquée par l’engagement pour la Paix, la Justice, l’intégrité de la Création, sous des formes diversifiées (aide aux réfugiés, campagnes contre la faim, économie solidaire, etc...), souvent à la demande des personnes elles-mêmes, et de plus en plus en collaboration avec d’autres personnes ou organisations. Les nouvelles fondations au Congo Kinshasa, aux Philippines, à Madagascar invitent à d’autres actions, concernant la santé (centres médicaux ou de suivi nutritionnel), l'éducation des enfants (jardins d'enfants, soutien scolaire…) et la formation de femmes en situation précaire en vue d'améliorer la qualité de vie de leurs familles et d'accéder au monde du travail… Autrement dit, tout ce qui peut permettre à la vie de s'épanouir est lieu de mission pour les Petites Soeurs. Le charisme du Père Pernet est aujourd’hui un charisme vivant. La route continue, pleine de vie et d’espérance, quel que soit l’avenir toujours imprévisible. PROCURER LA GLOIRE DE DIEU PAR LE SALUT DES PAUVRES ET DES PETITS
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« Faites mon Dieu que ce Feu qui est Vous Père Etienne Pernet
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