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Sommaire
• Orientations fondamentales
Notre vie de prière
Le Père Emmanuel d’Alzon et la prière
Contemplation et action
La prière est difficile pour tous
Sous le regard de Dieu, l’oraison
Membres du peuple de Dieu, ouvriers du Royaume
Selon les intentions du Christ et pour les besoins de l’Église
Le trésor de la parole de Dieu
• Trois priants exceptionnels
Jésus prie pour l’unité des disciples
«Être Un dans la Parole et dans la gloire » (Bruno Chenu)
Sous la protection de Marie
Saint Augustin : « Ne dis rien sans lui, il ne dira rien sans toi »
Nous prions comme Jésus (Lettre à Proba)
• Richesses et variétés de la prière
L’heure solennelle des religieux
Un immense peuple pèlerin
Tournés vers Dieu avec confiance, chacun à sa manière
Les appels du prochain ouvrent notre prière
Une prière universelle pour l’Assomption
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Emmanuel d’Alzon. Le connaissez-vous ?
Vous connaissez bien son cri ? « Père,
vienne ton Règne. » Et ses passions : Jésus
Christ,Marie, sa mère et l’Église, son épouse!
Oui, vous les connaissez bien!Mais connaissez-
vous sa prière, les chemins de sa prière?
Les pages qui suivent pourront vous aider à
faire route avec Emmanuel d’Alzon vers ce
qui fut le coeur de sa prière.
Le P.Marie-Bernard Kientz les a écrites pour
nous à partir d’une longue expérience de vie
assomptionniste. Et, comme maître de
novices, il a conduit de nombreux jeunes
frères vers ce qui est la source de la prière de
notre fondateur : « La contemplation et l’action
sont unies pour nous dans unmême but : servir
à l’extension du règne de Jésus Christ.»
J’ai souvent entendu un ancien nous dire :
« À l’Assomption il faut travailler comme
quatre ! Oui ! Mais à la condition de prier
comme quatre, ne manquait-il jamais
d’ajouter. » La prière assomptionniste veut
et doit être un engagement, une mission et
un travail. C’est la prière d’un « ouvrier du
Royaume » (Père Emmanuel d’Alzon). C’est
la prière d’un homme apostolique.Ni paresseux
ni agité. C’est la prière d’un homme
engagé dans, pour et avec le Christ.
Cette prière n’est pas facile. Le fut-elle, la
prière de Jésus, commencée sur terre la
nuit de Noël et accomplie sur la Croix ?
Avec, tout au long des jours, la tendresse,
la présence, la compassion, la miséricorde.
Mais cette prière est un droit de Dieu; le
Père l’attend de nous pour continuer celle
de son Fils. Et elle est un droit des hommes.
Nos frères humains l’attendent de nous.
Père d’Alzon, souviens-toi de nous, et prie
pour nous ! Avec toi et tes mots, nous
voulons prier : « Seigneur, faites que je sois un
homme de prière, un homme d’évangélisation.
Faites que, dans le travail, je me sanctifie, je
procure l’avancement de votre Règne et le
salut des âmes. »
Père Hervé Stéphan
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La Règle de vie est notre charte de vie communautaire.
Elle balaie le vaste champ de la prière des Augustins
de l’Assomption et en trace les axes incontournables
dans un texte vigoureusement structuré. Elle laisse
cependant ouvert l’espace des sensibilités personnelles.
44. Comme le P. d’Alzon, homme de foi, nous reconnaissons la
nécessité de la prière. Elle nous ouvre à l’action de Dieu. Elle est
la source toujours renouvelée de notre action apostolique.
45. Par la fidélité à l’Évangile dans nos choix, dans notre travail quotidien,
dans notre ouverture aux autres et notre disponibilité devant
les événements, notre vie tout entière, sous l’action de l’Esprit
Saint, devient rencontre de Dieu.
46. Elle s’exprime en louange au Père pour la révélation de son
amour et en action de grâces pour ce qu’il fait en nous et dans les
hommes. Elle nous conduit aussi à demander, pour le monde et pour
nous, son pardon et la force d’accomplir sa volonté. En retour, la prière nous obtient intimité filiale avec Dieu,
vigueur dans la foi et générosité dans l’action.
47. Notre vie de prière se nourrit de la parole
de Dieu, particulièrement dans la méditation
de la Sainte Écriture, la célébration de l’Office
divin et l’action liturgique. L’Eucharistie en est
le centre.
La communion au Corps du Christ nous presse
de vivre dans l’amour fraternel et de servir
l’unité entre les hommes.
Par la réception fréquente du sacrement de
pénitence nous nous ouvrons au pardon de
Dieu et nous participons ainsi plus pleinement
au mystère pascal.
48. Après le Christ, notre unique médiateur,
la Vierge Marie tient dans notre prière une
place privilégiée, comme Mère du Seigneur et
son humble servante en son dessein
rédempteur.
Avec elle nous contemplons les mystères du
Verbe incarné, particulièrement dans la prière
du Rosaire.
49. Nos grandes intentions sont celles de
l’Église. Nous portons aussi le souci de nos
frères vivants, puisque le lien de la
communauté nous unit plus étroitement à
eux, et celui de nos frères défunts pour
lesquels nous offrons fidèlement les prières
prescrites à leur intention.
50. Notre prière met en question notre vie à
la lumière de l’Évangile. Nous avons à nous
demander comment notre vie passe dans notre
prière et comment notre prière agit dans notre
vie et celle de la communauté.
51. La prière est difficile pour tous. Elle
entraîne dans une lutte pour que l’expérience
de Dieu éclaire en permanence notre regard
sur le monde. Elle exige une discipline de vie,
personnelle et communautaire, qui nous garde
attentifs aux appels de l’Esprit.
52. Chaque religieux doit pouvoir compter sur
ses frères pour trouver avec eux des conditions
favorables à la prière : recueillement, soutien
mutuel, lieu adapté, esprit de liberté et de
créativité.
53. En chapitre local, les religieux détermineront
le rythme et les formes de prière communautaire, concernant particulièrement :
la liturgie quotidienne des Heures (de
préférence Laudes et Vêpres), l’Eucharistie
communautaire, les temps de retraite et de
silence qui conviennent le mieux. Tous en
portent la responsabilité.
54. Chaque religieux est responsable
d’organiser selon sa sensibilité spirituelle son
programme de prière personnelle.
Il déterminera des moments réguliers de
ressourcement spirituel, et spécialement celui
de la retraite annuelle.
Il prévoira pour chaque jour :
– la participation à l’Eucharistie,
– la célébration de l’Office divin,
– au moins trente minutes d’oraison,
– et un temps d’adoration du Saint Sacrement.
Nous nous souviendrons que « la contemplation
et l’action sont unies pour nous
dans un même but : servir à l’extension du
règne de Jésus Christ. » (« Directoire »,
in Écrits spirituels, p. 79.)

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Moines-apôtres, curieuse association de concepts.
Elle exprime pourtant quelque chose de central de
notre charisme: notre quête absolue de Dieu ne peut
jamais être séparée de l’urgence qui nous tient
d’annoncer l’Évangile du Seigneur et demettre enoeuvre
l’unique commandement de l’amour.
Notre vie chrétienne ou profane, laïque ou religieuse, est tissée
de tensions inévitables. Certaines nous écartèlent, d’autres,
heureusement, sont d’une étonnante fécondité. L’équilibre est
un art difficile à trouver, jamais totalement acquis, sans cesse
à réinventer : équilibre entre vie de famille et vie professionnelle,
entre solitude indispensable et commerce avec les autres
sous des formes multiples et complexes, entre engagements
sociaux, politiques et temps de détente, loisirs, entre intérêts,
gains, profits et gratuité, entre vie communautaire et tâches
apostoliques, entre vie de prière et apostolat…
Certaines interprétations spirituelles excessives nous ont
entraînés dans des impasses. Que n’a-t-on dit ou écrit sur les deux figures évangéliques de Marthe et de
Marie, le plus souvent pour les opposer de
manière factice et stérile !
Pour le P. d’Alzon, contemplation et action
sont en profonde synergie. Il n’y a aucune
contradiction entre ces deux attitudes. En
fondant une congrégation nouvelle qu’il a
voulue ordre moderne, Emmanuel d’Alzon
trouve cette formule qui nous surprend
encore aujourd’hui : « moines-apôtres ».
Deux références seront proposées à notre
vie de prière : Jean de la Croix, le contemplatif,
et saint François de Sales, le pasteur.
Une autre figure est constamment sousjacente.
C’est celle de saint Augustin, à la fois
vivant en communauté avec ses frères prêtres
: « Vivez unanimes à la maison, ayant
une seule âme et un seul coeur tournés vers
Dieu », et tout entier livré à son peuple dont
il a la charge pastorale: « évêque pour vous ».
La prière dont le P. d’Alzon nous trace la
trame est une prière d’apôtre, entièrement
tournée vers Dieu et entièrement tournée
vers l’homme et les sociétés à évangéliser.
Louange, action de grâce, adoration, ne
neutralisent pas le zèle dévorant pour le
« salut des âmes ».
Certaines phrases résonnent fortement
dans nos coeurs même si nous en avons
parfois oublié la matérialité textuelle :
- « L’apostolat n’est pas simple action
humaine mais oeuvre de Dieu, l’action est
donc inséparable de la prière. » (Chapitre
général 1987 : « La Prière apostolique », in Actes
officiels, p. 33.)
- « Suis-je convaincu que mon premier travail
de religieux apôtre c’est la prière pour le
Royaume? » (Id. p. 36.)
- « Sans exercices pratiques, la communauté
apostolique est plus théorique que réelle.
Elle s’édifie à travers la prière apostolique,
le chapitre de communauté, le partage
apostolique. Ces médiations lui sont
indispensables pour exister. » (Chapitre général,
Rome, 2-21 mai 1999, in Passionnés de Dieu pour un
siècle nouveau, n° 20.)
Équilibre difficile, mais indispensable pour
garantir la disponibilité du coeur et de l’esprit
et la fécondité d’une mission qui ne nous
appartient pas : transmettre aux autres ce
que nous avons contemplé à la source.
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“La prière est difficile pour tous. » Voici une phrase
d’un réalisme encourageant au coeur de notre
propre expérience spirituelle. Pour pointer cette difficulté,
le P. Emmanuel d’Alzon utilisait volontiers l’image
de la lutte, du combat : « L’oraison est une lutte entre
Dieu et l’âme, jusqu’à ce que l’âme, subjuguée par Dieu
et purifiée par toutes les épreuves qu’il plaira à Dieu de
lui imposer, arrive à l’union parfaite. » (« Directoire », in
Écrits spirituels, p. 91.) « Dans cette prière vous lutterez avec
Jacob, vous lutterez mieux que les disciples au jardin
des Oliviers. » (« Sermon de vêture, 24 mai 1880 », in Écrits
spirituels, p. 1219.) La Règle de vie reprend cette même
image : « La prière entraîne dans une lutte pour que
l’expérience de Dieu éclaire en permanence notre regard
sur le monde. » (Règle de vie, n° 51.)
En 1875, le P. François Picard écrira au P. Emmanuel d’Alzon,
parlant de ses religieux : « Vous pouvez compter sur un
dévouement absolu ! Mais que peu de religieux savent prier! » En d’autres circonstances, le P. Emmanuel
d’Alzon fera une observation analogue :
« Dans la vie d’oraison, il y a bien des âmes
qui n’arrivent pas au but, et de même que
les juifs disaient à Notre Seigneur : “Ces
paroles sont dures à entendre”, de même
on trouve des religieuses pour lesquelles
l’oraison est pénible et qui viennent aux
heures d’oraison pour se distraire, se reposer,
je ne dirai pas pour dormir ! Et c’est ainsi
qu’un temps consacré aux communications
avec Dieu devient un temps perdu, s’il n’est
pas un temps coupable. » (« L’Esprit d’oraison,
septembre 1871 », in Écrits spirituels, p. 1155.)
Chacun fait cette expérience à longueur de
vie. Spontanément, nous ne sommes pas
tournés vers Dieu, même si le désir de
Dieu habite mystérieusement notre
conscience. Et lorsque nous goûtons parfois
ces moments privilégiés, il nous est
difficile de nous y installer, de nous y maintenir
: « Je dois penser sans cesse à ce qui
a toute l’affection de mon âme. Si j’aime
Notre Seigneur, je dois penser sans cesse à lui. » (« Directoire », in Écrits spirituels, p. 25.)
« Dieu est le bien suprême ; c’est à la
posséder dans l’éternité que doit consister
mon bonheur. Pourquoi n’en suis-je pas plus
préoccupé ici-bas, pourquoi n’y pensé-je pas
sans cesse ? Pourquoi mes pensées s’égarentelles
ailleurs? » (Id. p. 27.)
La prière exige silence et solitude. Nos
silences et nos solitudes sont pollués,
squattés, encombrés et souvent réduits à
leur plus simple expression : « Notre prière
doit être solitaire et recueillie, oui, nous avons
tous besoin de retraite et de solitude, et il
faut bien se persuader que si le surcroît de
travaux nous ôte le bienfait d’une vie retirée
et silencieuse, nous devons y aspirer au moins
pour un certain temps chaque année. Mais
que d’occasions où nous pourrions nous
recueillir et où nous nous dissipons. »
(« La Perfection du religieux de l’Assomption »,
in Écrits spirituels, p. 615-616.)
Nous ne savons pas nous occuper de Dieu,
ni dans la prière ni dans nos travaux :
« Le religieux qui s’occupe trop des choses de
la terre, ne trouve pas le temps de s’occuper
des choses de Dieu. » (« Septième circulaire,
Nîmes, 13 juillet 1874 », in Écrits spirituels, p. 243.)
« Que les religieux de notre petite famille se
souviennent de ne jamais rien demander dans
leurs prières qui ne tende à la plus grande
gloire de Dieu. Dans les épreuves que Dieu
nous enverra, de ne jamais demander d’en
être délivrés qu’autant que leur délivrance
concourra à la plus grande extension du règne
de Jésus Christ. Tout en cherchant
l’affranchissement de leurs épreuves
temporelles, qu’ils se proposent uniquement
une plus grande facilité pour le service de
Dieu auquel ils doivent être entièrement et
absolument consacrés. » (« Directoire », in Écrits
spirituels, p. 56.)
« Quand je considère l’influence qui est
promise à la prière par Notre Seigneur Jésus
Christ lui-même : “Demandez et vous
obtiendrez, cherchez, vous trouverez,
frappez on vous ouvrira”, et que je vois d’un
autre côté le peu de résultats que nous
obtenons, je suis tout naturellement porté à
conclure que nous ne sommes pas des
hommes de prière. » (Écrits spirituels, p. 1360.)
La prière est nécessaire : une certitude ; la
prière est difficile : une évidence. Il nous
faut donc apprendre à prier. |
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L’oraison est le privilège des coeurs simples, entièrement
et gratuitement tournés vers Dieu, Père, Fils
et Saint-Esprit. Elle est le temps et l’espace où l’être
humain prend conscience de ce qu’il est sous le regard
de Dieu, enfant bien-aimé du Père, et ce que Dieu est
pour lui, Père, source d’amour et de vie. Lieu etmoment
privilégiés où Dieu existe comme Dieu, et l’homme
comme créature. L’un en présence de l’autre : « Je l’avise
et ilm’avise. » « Donc, le terme de l’oraison est que nous
parlions à Dieu et que Dieu nous parle. » (« L’Esprit d’oraison,
septembre 1871 », in Écrits spirituels, p. 1155.)
Ce n’est pas une question de technique, de performance,
encore moins de mérite ou de récompense. C’est un moment
de lucidité, un moment d’existence pure. L’homme sait quelle
est sa source et sa destinée ; il n’est pas un être de hasard, jeté
dans l’existence par inadvertance, il est né de l’amour, il est
invité à entrer en communion avec Celui qui l’aime. L’oraison :
le lieu où je m’occupe de Dieu, non de mes questions et de mes problèmes personnels. « La vie du
religieux sera une vie d’oraison et de recueillement
en présence de Dieu. » (Écrits spirituels,
p. 61.)
D’une manière plus pointue, l’oraison est,
pour le P. d’Alzon, l’anticipation dans la
vie de foi de sa vocation ultime d’homme :
voir Dieu et vivre définitivement en sa
présence, dans la connaissance et dans
l’amour.
On appelait cela jadis la vision béatifique :
« Dieu est mon bien suprême, je dois donc
chercher à me rapprocher de lui : mon bonheur
doit être de le posséder » (« Directoire »,
in Écrits spirituels, p. 26.)
« Le terme est l’union à la Trinité dans le ciel :
“La vie contemplative, dit saint Grégoire,
après avoir foulé aux pieds tous les appétits
terrestres, s’embrase d’un ardent désir de
voir le visage de son Créateur.” Tel est le
terme de l’oraison. C’est, en quelque sorte, le
noviciat du ciel. Ici l’effort, là-haut la
jouissance. » (« QuinzièmeMéditation, l’Oraison »,
in Écrits spirituels, p. 437.)
« Partons de trois vérités incontestables :
1. Le terme de la vie de perfection est l’union
à Dieu, union qui se consomme par la vision
béatifique dans la gloire, mais qui commence
sur la terre par la foi.
2. Le Saint-Esprit souffle où il veut et, pour
s’unir les âmes, il prend les moyens qu’il sait,
et que personne n’a le droit de lui imposer.
3. Toutefois, l’oraison a sa science, et, par
conséquent, elle a une méthode basée sur l’enseignement
des Saintes Lettres, la doctrine et
l’expérience des saints. » (« Cinquième circulaire,
Nîmes 27 juin 1874 », in Écrits spirituels, p. 215-216.)
« Étant donné que notre vie doit être une vie
de prière, que nous laissons aux âmes la liberté
de leurs mouvements vers Dieu, et que
l’oraison est pour nous le moyen de nous unir
de la manière la plus parfaite à Dieu, notre
unique terme, ne pensez-vous pas que notre
application doit être d’aller à Dieu par la
connaissance du Fils dans l’amour du Saint-
Esprit. » (Id. p. 217.)
« Ah! Il sait bien que Dieu est le Bien suprême,
celui à qui seul il est bon de s’attacher ; il sait
que la foi seule peut le conduire à Dieu ici-bas, et sa foi s’embrase en quelque sorte par un
immense amour pour celui qu’il ne voit pas
encore, mais à qui il veut adhérer par le plus
intime de son être. » (« Quinzième Méditation,
l’Oraison », in Écrits spirituels, p. 431.)
Cet état d’âme n’est pas circonscrit dans
les rares moments que je consacre à
l’oraison proprement dite, c’est tout au long
de la journée que je dois veiller à ce « sentiment
de la présence de Dieu » et m’y tenir
éveillé. « Commencer et s’arrêter, c’est ne
rien faire, il faut poursuivre. » (Id. p. 431.)
« Je dois penser sans cesse à ce qui a toute
l’affection de mon âme : si j’aime Notre
Seigneur, je dois penser sans cesse à lui. » (« Directoire », in Écrits spirituels, p. 24.)
« Dieu est mon bien suprême ; je dois donc
chercher à me rapprocher de lui : mon bonheur
doit être de le posséder. » (Id. p. 26.)
L’oraison est cette expérience privilégiée,
que je vis dans la foi, d’une présence et de
l’avant-goût du vrai bonheur. |
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“Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je
suis au milieu d’eux. » (Mt 18, 20.) Cette certitude
nous vient droit de l’Évangile. Mais le Christ a voulu aussi
nous apprendre à prier « en esprit et en vérité » (Jn 4, 23),
non plus dans un temple fait de main d’homme : désormais
Dieu accueille la prière de son Fils qui jaillit de son
corps entier qui est l’Église. Depuis ses origines,
l’Assomption puise sa prière dans cette double certitude.
L’Église, patiemment au long des siècles, élabore sa prière de
louange, d’action de grâce, de sacrifice, d’adoration, de
supplication, unie à l’unique prière du Christ. Elle puise dans le
trésor des psaumes. Ils ont façonné lamarche du peuple premier
choisi. Ils modèlent sa prière de peuple nouveau-né.
Elle recueille les grands récits de l’histoire sainte, elle les médite
à la lumière du Ressuscité ; elle scrute les textes prophétiques
qui, tous, d’une manière ou d’une autre, annoncent le mystère
à venir ; elle met en exergue les faits et gestes des grands
personnages bibliques qui ont marché dans la foi, figures mystérieuses du Fils de l’homme à venir. À
la lumière de l’Évangile et de sa propre histoire,
conduite par l’Esprit Saint, elle «évangélise
» la prière des hommes de tous les
temps, pour la purifier et en faire la prière
des enfants de Dieu.
 La liturgie chrétienne, née de lamort et de
la résurrection du Seigneur, célèbre d’abord
le Christ qui s’est fait obéissant jusqu’à la
mort de la croix et que Dieu rétablit dans
sa gloire première.
L’Eucharistie, qui en est le mémorial et
l’actualisation, est au coeur de la prière de
l’Église. Cette liturgie n’a pas fini d’épuiser
toutes les richesses de cemystère. Elle nous
fait ainsi traverser toutes les étapes du salut,
de l’Avent jusqu’à la fête du Christ, Roi de
l’univers qui récapitule en lui toutes choses
pour les soumettre à son Père.
Cette liturgie est aussi annonce du monde à venir. Elle justifie et stimule notre passion
pour l’avènement du règne de Dieu. Elle
n’enlève rien au poids des responsabilités
qui nous incombent dans le monde des
hommes. C’est une prière qui nous pousse
à nous immerger dans la pâte humaine
pour la transformer, non à nous en extraire
comme des déserteurs. Curieusement,
l’annonce de ce monde à venir nous « compromet
» avec le monde présent, car
l’humanité tout entière, et l’univers avec
elle, « gémit dans le travail d’enfantement »
(Rm 8, 22).
La prière de l’Église est ainsi célébration
des gestes de Dieu à travers l’histoire,
mémoire vivante de l’agir de Dieu ; elle
actualise pour nous la richesse de la grâce qui nous appelle à grandir dans l’amour de
Dieu et des autres ; elle annonce le monde
à venir, non comme une réalité étrangère à
notre monde qu’elle viendrait coiffer de
l’extérieur, mais comme l’épanouissement
de la Bonne Nouvelle, jetée dans nos sillons
comme les graines en pleine terre, comme
le levain enfoui dans la pâte.
Ainsi, la prière de l’Église nous protège
contre toute forme de dévotion
extravagante. La prière aussi court le risque
de l’idolâtrie et de la superstition,
faussement mystiques, qui la détournent
de ses sources, de son but et de la
communauté priante. Le P. d’Alzon
exprimait cette conviction dans une phrase
moins abrupte enmettant l’accent sur « l’estime
que nous voudrions inspirer pour les
grandes prières de l’Église au-dessus d’une
foule de pratiques que nous ne blâmons pas,
mais que nous plaçons après cette prière
solennelle qui est la prière publique par
excellence » (« Directoire », in Écrits spirituels,
p. 113). C’est bien ce que nous appelons
« prier dans la nef, devant le maître-autel et
non dans les bas-côtés ».
Si l’Assomption accepte la prière de
l’Église prioritairement et de préférence
à toutes les autres – dans l’ordre même
où l’Église les choisit et les aime :
l’Eucharistie, l’office, la prière mariale –
elle en accepte aussi le style: une prière « ni
élitiste ni cérébrale, attachée à la vérité,
humble en vrai peuple de Dieu. Elle a un
coeur de pauvre. » (L’Esprit de l’Assomption d’après
Emmanuel d’Alzon, p. 71.)
Oui, une « tonalité » propre « en équilibrant
rites et parole, intelligence et émotion, primat
de Dieu et attention aux fidèles présents. Elle
se veut créatrice sans brader des rites
traditionnels. » (« La Prière d’un ouvrier du règne
de Dieu », de Claude Maréchal.)
« Notre prière commune sera celle de l’Église. »
(Règle de vie, n° 3.)
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“Ils prieront surtout selon les intentions de Notre
Seigneur, trouvant leur bonheur à unir leurs prières
à celle que le Pontife éternel offre sans cesse à son Père
pour les pécheurs. Ils prieront pour tous les besoins de
l’Église, et c’est dans cette prière de fils dévoués qu’ils
s’exciteront à enflammer leur zèle pour l’extension du
Règne de Jésus Christ. » (« Directoire », in Écrits spirituel, p. 61.)
Il en va de sa prière comme de sa mission!
À plusieurs reprises, le P. d’Alzon revient sur cette attitude
d’âme et sur les intentions qui doivent habiter le coeur des
priants. Souvent il en fait une sorte de liste synthétique :
« Obtenir la conversion des pécheurs, la ferveur pour les tièdes,
la persévérance pour les saints, le triomphe pour l’Église,
l’extension du Règne. » (« Méditation sur l’Eucharistie », in Écrits
spirituels, p. 950-951.)
« Priez-la pour l’Église, le pape, son chef, pour la France exposée
à tant de dangers. » (« ImmaculéeConception », in Écrits spirituels, p. 1001.)
« Prions pour les morts, les personnes connues, pour soulager les âmes du purgatoire. » (« Commémoraison
des morts », in Écrits spirituels, p. 1057.)
Nous avons hérité de cette prière largement
ouverte sur le monde et sur l’Église comme
dans une sorte de prière universelle
permanente. Deux soucis majeurs,
cependant, doivent habiter notre prière
d’apôtres : les vocations et l’unité. Les textes
récents de nos chapitres provincial et
général nous le rappellent fermement :
« Tout chapitre local doit se poser la
question de l’action de la communauté pour
les vocations. Commençons par la prière.
Mais ne nous arrêtons pas là. » (Actes du
chapitre provincial 1998-1999, p. 12 § 2.)
« Pour les vocations, [chaque province]
suscitera des pratiques concrètes, comme le
triduum des vocations, qui encouragent à
la prière et suscitent les désirs de vocation. »
(Actes du chapitre général 2005, n° 97.)
« Les vocations doivent devenir l’affaire de
chaque assomptionniste et de chaque
communauté. La radicalité et la visibilité de
nos engagements religieux, la qualité de notre
vie fraternelle et de notre prière sont déterminantes
comme source d’appel. » (Id. n° 97.)
« Le chapitre général […] demande que
l’Assomption tout entière célèbre un
triduum annuel pour les vocations
du 19 au 21 novembre. » (Id. n° 107.)
Le P. d’Alzon nous a légué cette préoccupation
en décidant de fonder les « alumnats
», ces petits séminaires assomptionnistes
qui ont accueilli durant de
nombreuses décennies les enfants de
condition modeste et qui ont permis le
développement conséquent de notre
famille religieuse et la mise en oeuvre de
nombreux projets apostoliques audacieux
et novateurs.
L’autre préoccupation est tout aussi
prégnante. Nous trouvons dans l’énoncé
du projet original de l’Assomption ces
trilogies célèbres qui nous caractérisent :
« Doctrinal, social, oecuménique » ou
« Vérité, charité, unité ».
« Il est nécessaire de sensibiliser à cette
mission [l’unité] l’ensemble de la province
ainsi que les laïcs liés à l’Assomption en
demandant aux communautés de veiller à
l’organisation de la prière de l’unité, spécialement pensant la semaine de
l’unité. » (Actes du chapitre provincial 2004-2005,
n° 36.)
« Le chapitre général demande que la
prière pour l’unité des chrétiens soit intégrée,
dans toutes les communautés, à l’intercession
de l’office du jour. Pour aider les
communautés, le Conseil général proposera
un choix de prières. » (Id. n° 53-54.)
« Le chapitre général souhaite que soient
mises en valeur dans nos chapelles et églises,
une icône du Christ, de la Vierge Mère de
Dieu et de nos bienheureux martyrs. Pour la
Semaine de prière pour l’unité, nos
communautés et nos paroisses auront à
coeur de prendre des initiatives significatives
en valorisant, là où c’est possible, nos liens
avec l’Orient et sa spiritualité. » (Id. n° 54.)
Une fois encore prière et zèle apostolique
s’entrecroisent. Le contraire nous choquerait.
«Nous travaillons à l’édification de
l’Église par l’annonce de Jésus Christ. Nous
privilégions l’éducation de la foi, la formation
des laïcs responsables, l’éveil et le soutien
des vocations, particulièrement des vocations
religieuses et sacerdotales ; l’annonce
de Jésus Christ est inséparable de la promotion
de tout l’homme dans la justice, l’amour
et l’unité. » (Règle de vie n° 16.)

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Le P. d’Alzon accorde une place de choix à l’étude de
l’Écriture. Le travail de l’Écriture, c’est le labeur du
religieux. « Les sources de la théologie mystique sont
évidemment les mêmes que celles de la dogmatique
mais employées différemment. La première et la plus
importante est l’Écriture. C’est une grande garantie de
sécurité pour nous que d’avoir comme base de notre
vie la parole de Dieu; nous devons donc nous appliquer
ardemment à la connaître à fond. » (« Des sources de la
théologie mystique », in Écrits spirituels, p. 853.) « Jésus Christ
est donc le livre vivant que nous devons étudier, livre
parfait : en lui sont renfermés tous les trésors de la
sagesse et de la science. » (Id., p. 856.)
De façon étonnante, nous détectons dans la pensée du
P. d’Alzon les intuitions récentes de Benoît XVI : « Dieu luimême
a placé les bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et
leur tâche [aux moines] consistait à la trouver et à la suivre. Cette
voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu
requiert donc intrinsèquement une culture de
la Parole […] puisque, dans la parole biblique,
Dieu est en chemin vers nous et nous vers lui
[…] Une limite claire est mise à l’arbitraire et
à la subjectivité. » (Discours au monde de la
culture, 12 septembre 2008, Documentation
catholique, n° 2409, p. 827.)
Le Synode des évêques qui s’est tenu dans
la suite ne fera que préciser et accentuer
cette urgence. « Seule la parole de Dieu
peut changer profondément le coeur de
l’homme et il est alors important que chaque
croyant et chaque communauté entrent dans
une intimité toujours plus grande avec elle. »
(Documentation catholique, n° 2411, p. 947.)
Ce ne sont là que quelques trop rares
citations qui nous laissent à penser qu’il en
va ainsi de la prière.

La parole de Dieu en est la source
et la substance.
Dans l’Écriture, nous contemplons l’initiative
d’amour de Dieu pour l’humanité
depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse.
L’histoire du peuple de Dieu retrace les
jalons majeurs de sa réalisation au cours
du temps depuis les origines jusqu’au jour
où tout sera récapitulé dans le Christ, alpha
et oméga. Là se trouve la source de toute
contemplation, de toute action de grâce.
La parole de Dieu est la substance même
de la prière du Seigneur. La prière du
Seigneur est pétrie de l’Écriture. À travers
cette prière, le Christ nous apprend à prier
le Père en esprit et en vérité, comme luimême
a prié son Père. L’Écriture devient
ainsi la matrice de toute prière authentique,
une prière qui permet à Dieu de
rester Dieu, jamais une idole, et à l’homme
de devenir homme, jusqu’à atteindre sa
stature plénière, comme fils de Dieu. C’est
dans la prière que le Christ se reçoit
comme Fils.
Il en est ainsi parce que cette prière est
habitée par l’Esprit de Dieu lui-même,
inspirée par lui. Elle est suscitée par lui. En
lui, nous apprenons à appeler Dieu « notre
Père » comme le Christ appelle Dieu « Abba,
Père ».
La parole de Dieu au coeur de la prière
nous préserve ainsi de tout égarement
fantaisiste ou par trop subjectif. Elle est,
pourrait-on dire, mater et magistra de toute
prière vraie. L’Écriture nous ramène sans
cesse au centre, évite tout éparpillement
et toute superficialité. Elle « évangélise » le
mouvement même de la prière: elle la rend
conforme au mouvement même de la prière
du Seigneur.
À travers l’Écriture,
Dieu nous apprend à prier
« Notre vie de prière se nourrit de la parole de
Dieu, particulièrement dans la méditation de
la Sainte Écriture, la célébration de l’Office
divin et l’action liturgique. L’Eucharistie en est
le centre. » (Règle de vie, n° 47.) |
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‘‘Maintenant je vais à toi et je parle,
tant que je suis encore de ce monde,
pour que ma joie les remplisse.
Je leur ai donné ta Parole
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils ne lui appartiennent pas
tout comme je n’appartiens pas au monde.
Je ne te prie pas de les ôter du monde
mais de les protéger du mal.
À ce monde ils n’appartiennent pas
de même qu’à ce monde je n’appartiens pas.
Imprègne-les de vérité
de ta Parole qui est vérité.
Comme tu m’as envoyé dans le monde
je les y envoie aussi.
Je me suis imprégné de vérité
pour qu’ils soient aussi imprégnés de vérité.
Je ne prie pas seulement pour eux
mais pour ceux qui,
à travers leur parole, me croiront
et pour que tous soient un.
Comme tu es en moi, Père,
comme je suis en toi,
qu’ils soient un en nous
et que le monde croie
que tu m’as envoyé.
Le glorieux éclat que tu m’as donné,
je le leur ai donné,
pour qu’ils fassent un comme nous,
moi en eux et toi en moi,
que leur unité soit parfaite,
ainsi le monde connaîtra
que tu m’as envoyé
et que tu les aimes comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés,
je veux qu’ils soient là où je suis
et contemplent le glorieux éclat
que tu m’as donné par amour
avant la création du monde.
Père équitable,
le monde ne t’a pas connu
mais moi je te connais
et les miens savent que tu m’as envoyé.
Je leur ai révélé ton nom
et je continuerai à le révéler
pour que l’amour dont tu m’as aimé
soit en eux, et moi en eux. »
Jean 17, 13-26
(traduction Bayard) |
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Àl’âge de vingt ans, le futur P. d’Alzon confiait déjà au
Christ dans sa méditation sur le discours d’adieu
(Jn 13, 31-17, 26) : « De toutes les pages de votre vie mortelle,
il n’en est pas qui me touche plus que ce dernier
discours. » (19 février 1831, in Écrits spirituels, p. 741.) Car en
cette circonstance solennelle Jésus fait sa dernière recommandation
à ses disciples : « L’unité, voilà le bien suprême
qu’il leur souhaite, le dernier mot des enseignements
de son évangile. » (13 février 1869, in Écrits spirituels, p. 701.)
Et il n’est pas facile d’accueillir aujourd’hui une convocation à
l’unité. Tout ce que nous désignons sous le terme de « mondialisation
» est une forme de réalisation de l’unité du monde :
un seul marché (la libre concurrence), un seul modèle (le
capitalisme), une seule monnaie (le dollar), un seul mode de
communications (l’informatique), une seule culture (Hollywood).
Mais ces processus convergents suscitent immédiatement
notre réserve : ils laminent les différences culturelles
et assurent la domination des forts sur les faibles. Nos frères et soeurs du tiers-monde parlent immédiatement
d’une nouvelle forme d’impérialisme.
Nous avons envie d’entendre :
« Qu’ils soient divers! » plutôt que : « Qu’ils
soient un! » Nous préférons la pluralité à
l’uniformité.
Et pourtant, au centre de cette prière de
Jésus, il y a non seulement l’unité, mais
l’un. C’est encore plus abrupt et plus
percutant. Et cet « un » concerne les deux
cercles de personnes évoquées : les
disciples de la première heure et les
disciples à travers l’histoire, les chrétiens
d’hier et les chrétiens d’aujourd’hui. Cet
« un » sera signe pour le monde et pourra
ainsi découvrir la parole de l’Envoyé du
Père et le poids de l’amour de Dieu.
Un. Quelle qualité de communion est
immédiatement requise entre tous ceux
qui suivent la trace de Jésus ! Alors que
l’histoire nous raconte les cent actes divers
de la division des chrétiens, nous sommes
appelés à être un, un seul être, un seul
corps, un seul coeur, une seule âme.
Au cas où nous n’aurions pas bien saisi, Jésus
ajoute un « comme ». « Qu’ils soient un
comme nous sommes un. » Le « nous » désigne
le Père et le Fils. L’unité que Jésus
demande à ses disciples estmise en rapport
avec l’unité qui existe entre le Père et le Fils.
Mais comprenons bien ce rapport : il n’est pas
d’imitation mais de fondation. Nous ne
comparons pas deux relations, celle des
hommes entre eux et celle du Père et du
Fils, mais nous confessons que « l’un » des
disciples est toujours un don de Dieu. La
communion humaine n’est possible que par
l’impulsion divine. C’est l’amour de Dieu qui
nous soulève jusqu’à devenir un seul Christ.
La remise en perspective de l’un de Dieu et
de l’un de la communauté a de quoi nous
rassurer un peu. Ce n’est pas à la force du
poignet que nous réalisons l’unité, c’est à la
force de la prière, quand les relations entre
les humains s’ouvrent au courant de la vie
trinitaire. Jésus ne commande pas, il implore
le Père. L’Esprit, non nommé, est l’acteur
principal de l’opération.
P. Bruno Chenu,
assomptionniste
Extrait de Héritiers de l’Évangile. Prier 30 jours avec les
religieux de l’Assomption, Bayard Éditions/Centurion,
1999, p. 81-83. |
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On entend dire parfois que les congrégations fondées
par le P. d’Alzon ne sont pas des « congrégations
mariales ». Il faudrait sans doute s’expliquer sur les sousentendus
de cette affirmation et les justifier.
Le P. Emmanuel d’Alzon a recueilli dans une formule assez
percutante l’esprit qu’il entendait imprimer à sa congrégation.
On pourrait l’énoncer de la façon suivante : travailler à
l’avènement du Règne, en aimant le Christ et ce qu’il a aimé le
plus, Marie, sa mère et l’Église, son épouse. « L’esprit de
l’Assomption se résume dans ces quelques mots : l’amour de
Notre-Seigneur, de la Vierge, sa mère et de l’Église, son épouse. »
(« Directoire », in Écrits spirituels, p. 20.)
Dans nos familles religieuses, nous avons été fortementmarqués
du sceau de ce « triple amour ».
Le P. Emmanuel d’Alzon a voulu explicitement placer sa
congrégation sous la tutelle deNotre-Dame de l’Assomption, en
nous donnant « LesConstitutions desAugustins de l’Assomption ».
Beaucoup de ses oeuvres naissantes
s’épanouissent sous la protection de Marie:
le collège de l’Assomption àNîmes, berceau
de la congrégation, l’association Notre-
Dame-de-Salut, le premier noviciat des
Oblates de l’Assomption au Vigan, Notre-
Dame de Bulgarie, le premier
alumnat Notre-Dame des
Châteaux, source de nombreuses
vocations.
Le P. Emmanuel d’Alzon s’est
réjoui de la proclamation
du dogme de l’Immaculée
Conception, par le pape Pie IX,
en 1854. Il espérait secrètement,
mais sans impatience intempestive,
celle du mystère de
l’Assomption.
Lui-même fréquentait assidûment,
avec les élèves, les professeurs,
les confrères, les lieux de
pèlerinage de son diocèse et des environs :
Notre-Dame de Rochefort, Notre-Damede-
Grâce, Notre-Dame de Bonheur à
l’Espérou. Il aimait s’arrêter à Notre-Dame
des Victoires, à Paris, Notre-Dame de
Fourvière, Notre-Dame de la Garde.
Ne se rendra-t-il pas, sans précipiter les
événements, à La Salette, puis à Lourdes, dix
ans après les apparitions ?
Dans tous ces lieux et dans la
contemplation des divers mystères de
Marie, le P. Emmanuel d’Alzon retrouve la
Vierge des évangiles, docile à
la Parole, disponible au projet
de Dieu sur l’humanité, présente,
discrète, aux tournants
cruciaux de la vie de son Fils,
debout au pied de la Croix,
assidue à la prière, au milieu
des disciples, dans l’attente de
l’Esprit. « Pour connaître la
Sainte Vierge, l’évangile suffit. »
Ceci nous convient parfaitement.
Les rares échos qui nous sont
parvenus de la prière de Marie
dans les évangiles sont humble acquiescement,
louange émerveillée, confiance absolue.
Le P. d’Alzon s’en est largement imprégné.
Ils pourraient féconder, sans la
moindre réticence de notre part, notre
propre élan de la prière des serviteurs du
Royaume.
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Dire que le P. Emmanuel d’Alzon est un familier de saint
Augustin, c’est peu dire. Sans doute a-t-il été sensible
à l’une ou l’autre de ses directions fortes, qui peuvent
nous orienter aujourd’hui encore sur le chemin de la prière.
Tout d’abord, saint Augustin est à l’écoute du Maître intérieur.
Il nous entraîne sur ce chemin d’intériorité. Dieu nous est plus
profond à nous que nous-mêmes. Et pourquoi donc chercher
hors de nous celui qui nous est plus intime que nous-mêmes ?
La prière nous permet de ramener notre coeur à notre coeur,
notre conscience à notre conscience, « ab exterioribus ad
interiora » (« de toutes choses extérieures au centre de notre
coeur »). Nous sommes faits « désir » de Dieu. Lui seul peut
donc combler notre désir : « Tu nous as faits tournés vers toi, et
notre coeur est sans repos [insatisfait] tant qu’il ne repose en toi .»
« Toute la vie du chrétien est un saint désir […] c’est ainsi que
Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il
élargit l’âme, en l’élargissant, il augmente sa capacité de recevoir. » (« Sermon sur la première épître de saint
Jean ».) La prière me révèle mon désir et
accueille la réponse de Dieu.
Dans la prière communautaire, saint
Augustin expérimente avec ses frères la
force et le bonheur du « cor unum et anima
una », un seul coeur et une seule âme tendus
vers Dieu. Dans la prière, Dieu réalise
l’unité des coeurs et des consciences, il
permet à la communauté rassemblée de
chanter d’une seule voix, comme les cordes
d’une cithare merveilleusement accordée.
Mais l’unité des voix et des coeurs ainsi
réalisée dans la prière permet aussi à chacun
et à tous ensemble d’accueillir cette
présence de Dieu tant désirée.
Saint Augustin, enfin, en bon pasteur, fait
de la prière des psaumes sa prière préférée,
parce qu’elle est à la fois la prière de
l’individu dans sa situation concrète et la
prière de tout un peuple en marche, la
prière du peuple de la Première Alliance ;
mais elle est aussi la prière du Christ et,
aujourd’hui encore, la prière de l’Église. Ses
nombreux commentaires des psaumes nous
montrent comment la prière des psaumes
est à la fois prière du Christ et prière de
l’Église. Tantôt c’est le Christ qui prie seul,
comme tête de l’Église, tantôt l’Église prie,
en tant que Corps du Christ. Mais en toute
vérité, c’est toujours le Christ total qui
s’adresse au Père.
« Quand donc nous présentons à Dieu nos
supplications, ne nous séparons pas du Fils et
quand prie le Corps du Fils, qu’il ne se sépare
pas de la tête. Que lui-même, l’unique Sauveur
de son corps, Notre Seigneur Jésus Christ, le
Fils de Dieu, en même temps, et prie pour
nous, et prie en nous et soit prié par nous. Il
prie pour nous comme notre Prêtre, il prie en
nous comme notre tête, il est prié par nous,
comme notre Dieu. Reconnaissons donc, et
nos paroles en lui, et ses paroles en nous. […]
Nos prières donc sont vers lui, et par lui, et en
lui. Nous les disons avec lui et il les dit avec
nous, nous disons en lui, et il dit en nous la
prière des psaumes. »
Ce ne sont là que quelques indices mais
l’Assomption les reconnaît volontiers
comme balisant son itinéraire spirituel. |
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“C’est à nous que les mots sont nécessaires, pour
appeler notre attention sur ce que nous demandons
mais non pour en instruire le Seigneur et le fléchir.
Lors donc que nous disons : “Que ton Nom soit sanctifié”, nous
nous avertissons nous-mêmes d’avoir à désirer que son Nom,
qui toujours est saint, le soit aussi devant les hommes et qu’il
n’en soit jamais méprisé – ce qui est utile non à Dieu mais aux
hommes.
Lorsque nous prions : “Que ton Règne vienne” – et il viendra que
nous le voulions ou non –, nous tournons notre désir vers ce
règne, afin qu’il arrive pour nous et que nous méritions d’y
avoir part.
Quand nous disons : “Que ta volonté soit faite sur la terre comme
au ciel”, nous lui demandons pour nous une obéissance telle que
sa volonté soit accomplie par nous comme elle l’est par ses
anges dans le ciel.
Lorsque nous lui demandons : “Donne-nous
aujourd’hui notre pain de ce jour”, ce mot
aujourd’hui signifie le temps présent. Nous
y implorons, soit les biens nécessaires à la
vie, les désignant tous
par le nom du plus
important, le pain, soit
le sacrement des
fidèles, qui nous est
nécessaire en ce
monde pour obtenir
non point le bonheur
du temps présentmais
la félicité éternelle.
Quand nous disons : “Pardonne-nous nos
offenses, comme nous
pardonnons aussi à
ceux qui nous ont offensés”,
nous nous rappelons à nous-mêmes ce
que nous demandons et ce que nous avons
à faire pour le mériter.
Lorsque nous disons : “Ne nous soumets pas à la tentation”, nous nous avertissons nousmêmes
de présenter cette demande à Dieu,
de peur que, privés de son secours, nous
nous laissions séduire par quelque tentation
ou que l’affliction nous y fasse succomber.
Quand enfin nous disons : “Délivre-nous du
Mal”, nous rappelons à notre esprit que
nous ne sommes pas encore établis dans
ce Bien où nous n’aurons
plus aucun mal à
endurer.Ces dernières
paroles de la prière du
Seigneur s’étendent si
loin que, dans quelques
tribulations que se
trouve un chrétien,
c’est par elles qu’il doit
exprimer ses gémissements,
tempérer ses
larmes, commencer,
prolonger et finir sa
prière.
Nous avions donc
besoin des paroles de cette prière pour
rappeler à notre mémoire les biens euxmêmes
qu’il nous faut demander. »
Saint Augustin,
Lettre à Proba, n° 21 |
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On pourrait dire que la congrégation des Augustins
de l’Assomption naît de l’adoration, en cette nuit
de Noël 1845. Tout au long de sa vie, le P. Emmanuel
d’Alzon nous y ramène. Toujours tournée vers lamission.
C’est pour cela que nous sommes sensibles à la prière
bigarrée du peuple de Dieu dans les lieux de pèlerinage,
attentifs et accueillants à la supplication des hommes
de notre temps, soucieux de prier non seulement avec
le P. Emmanuel d’Alzon et pour lui,mais aussi comme lui.
« Adorer », voilà bien un verbe galvaudé et de longue date : on
a adoré le veau d’or, aujourd’hui on adore tout et son contraire.
L’attitude d’adoration est pourtant la posture qui convient le
mieux à l’homme devant son Dieu. Dans l’adoration, l’homme
reconnaît ce que le P. d’Alzon a revendiqué tout au long de
sa vie : « redonner à Dieu tous ses droits » ; « rapporter à Dieu
tout ce qui lui revient ». Dans cette attitude, aucune dialectique
du maître et de l’esclave. Dieu est Dieu et l’homme est l’oeuvre
de ses mains, faite à son image et à sa ressemblance, « créé avec sagesse et par amour ». (Prière
eucharistique IV.)
Dans l’adoration, l’homme offre à Dieu son
libre hommage, au nom de ceux qui n’adorent
pas. C’est « l’heure solennelle des
religieux » (« Quatorzième méditation, La Prière »,
in Écrits spirituels, p. 425.) « Quelle idée me suisje
faite de l’hommage, du culte, de la bénédiction,
de la gloire que je lui dois, en union avec
l’adoration et la gloire que lui rend son Fils. »
(« Directoire », in Écrits spirituels, p. 23.)
Une particularité de taille : l’adoration du
Saint Sacrement. L’Église catholique romaine
est sans doute la seule à avoir développé à
ce point le culte du Saint Sacrement :
processions, bénédictions, saluts du Saint
Sacrement, congrès eucharistiques, visites au
Saint Sacrement, expositions perpétuelles…
C’est l’affirmation de la présence constante
du Christ à notre monde au coeur de son
Église, le signe de son amour inconditionnel.
Ne séparons jamais l’adoration de cet unique
sacrifice du Christ, mort et ressuscité, en
qui tout est achevé. Et n’oublions jamais que
l’amour du prochain, quel qu’il soit, est l’autre
« sacrement » de la présence du Seigneur
dans notre monde et dans notre société.
La « visite au Saint Sacrement ». Et si c’était
là le moment privilégié du retour auprès
du Seigneur, comme les disciples s’en
revenaient auprès de Jésus pour faire
devant lui la relecture d’une journée
missionnaire, pour lui dire les joies, les
peines, les difficultés rencontrées, les
obstacles vaincus, les barrières infranchissables,
trouver le repos après la peine et
puiser auprès de lui la force nécessaire pour
poursuivre la tâche ?
« Le religieux, à l’adoration, peut participer à
cette puissance d’intercession de Jésus. Le
Christ ressuscité nemeurt plus,mais il continue
son oeuvre d’intercession dans son corps
mystique, qui est l’Église. Que fait le religieux
quand il adore ? Il représente l’Église, il prie
avec une autorité qui n’est point la sienne,
mais avec une autorité toute-puissante ; il
transmet, par les lèvres divines du Médiateur
céleste, sa prière pour les âmes. » (« Méditation
sur l’Eucharistie », in Écrits spirituels, p. 950.) |
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Le Pèlerinage national est né avec l’Assomption, qui
y tient, non seulement parce qu’il est un trésor de
famille mais aussi parce qu’il est un lieu privilégié de la
venue du règne de Dieu.
Les Augustins de l’Assomption portent la responsabilité du
Pèlerinage national – appelé aussi « le National » – depuis 1873.
Responsabilité largement partagée avec les Petites Soeurs, les
Oblates, les Religieuses, les Orantes de l’Assomption comme
avec l’Hospitalité Notre-Dame de Salut. Pèlerinage largement
goûté et apprécié par de très nombreux malades et autres
pèlerins valides (voir www.pelerinage-national.org).
Une prière éduquée
Il n’est pas facile de conduire la prière simple et spontanée d’un
peuple immense. Les sensibilités religieuses, les traditions et les
gestes de la pratique sont tellement divers que les unifier, les
lier comme dans une immense gerbe, exige respect, éducation,
accompagnement. De nombreuses conférences et catéchèses
aident à faire naître et structurer une conscience commune.
Une prière célébrée
Chaque année, nous élaborons des liturgies
belles, ferventes, animées et largement
appréciées. Célébration d’ouverture,
célébrations eucharistiques, célébrations
pénitentielles, célébrations de l’onction des
malades, processions du Saint Sacrement,
processions mariales, particulièrement
intenses la nuit à la lumière des flambeaux,
prières du chapelet, prières du chemin de
croix, prières à la grotte, prières aux
piscines… Toutes sont particulièrement
soignées. Elles sont, chacune à sa manière,
des points culminants de la journée. Gestes
et symboles déployés, chants et musiques
choisis, particularités propres à chaque
groupe – enfants, jeunes, malades, pèlerins
valides, religieux et religieuses, hospitalité…–
mettent en valeur et déclinent le
thème général choisi chaque année.
Une prière aux mille couleurs
De plus en plus, le National tend à
s’internationaliser. Les différentes régions
de France se conjuguent harmonieusement
avec les couleurs et les tenues des Îles,
d’Afrique et d’Asie. Les intentions et textes
sont proclamés dans toutes les langues du
monde : une véritable «prière mosaïque »,
comme une large prière de Pentecôte,
lorsque chacun comprend dans sa propre
langue la foi, l’espérance, la charité de tous
les autres.
La prière d’un peuple en marche
Cette prière diverse d’un peuple rassemblé
par l’Esprit ne dissout pas la prière personnelle
mais, tout au contraire, la ravive,
la nourrit, l’enrichit, la raffermit et l’élargit
aux dimensions du peuple de Dieu tout
entier.

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Pour aller plus loin ensemble
Collectif : Héritiers de l’Évangile. Prier 30 jours avec les religieux de l’Assomption,
Bayard Éditions/Centurion, Paris 1999.
Jean-Paul Perier-Muzet, Prier 15 jours avec Emmanuel d’Alzon, Nouvelle Cité,
75, 2003.
Les Prières de la Bible, Bayard Éditions, 2003.
Itinéraires augustiniens : n° 6, La Prière ; n° 21, La Prière des psaumes ;
n° 24, La Louange.
Les Hors-séries de Prions en Église :
- Les Plus Belles Prières des Pères de l’Église ;
- Les Plus Belles Prières de nos frères protestants, catholiques, orthodoxes ;
- Prier avec Marie : rosaire biblique ;
- Psaumes et prières pour le temps du deuil ;
- Psaumes et prières pour le temps des vacances ;
- Psaumes et prières pour l’éveil des vocations ;
- Les Plus Belles Prières des papes, de saint Pierre à Benoît XVI ;
- Les Plus Belles Prières à Marie ;
- Prier avec Bernadette de Lourdes ;
- 30 prières pour tous les temps ;
- Les Plus Belles Prières pour bénir la table ;
- Chemin de croix.
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La prière à l’Assomption fait partie de la collection « Vienne ton règne ».
Comité de rédaction : Noël Le Bousse, Marie-Bernard Kientz, Claude Maréchal, Hervé Stéphan,
Benoît Gschwind, assomptionnistes. Texte : Père Marie-Bernard Kientz, assomptionniste.
Photos : © D.R.Maquette : Benoît Gschwind, Nicolas Crouzier. Secrétariat de rédaction : Cécile Toussaint.
Livret réalisé en collaboration avec Prions en Église - Novembre 2009. |
« Seigneur Jésus Christ, tu as appelé Emmanuel d’Alzon
pour être avec Toi, au milieu des hommes, au service du Père
et de son Royaume. Ce service et son amour pour Toi,
la Vierge et l’Église, tu l’as poussé à les partager avec des frères
et des soeurs à l’Assomption. Aujourd’hui, dans l’espérance
et la prière, nous attendons que l’Église reconnaisse la sainteté
du Père d’Alzon. C’est pourquoi, par son intercession,
nous Te supplions, avec les pauvres et les disciples de l’Évangile,
de nous accorder la grâce que nous demandons pour…
Prends pitié ! Partage avec nous ta passion pour le Père
et pour l’homme. Fais de nous, par ton Esprit,
des ouvriers de ton Royaume.
Toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit
maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen. »
Prière pour demander la béatification
du Père Emmanuel d’Alzon
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