
Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, apprécie la présence des religieux étrangers en Terre sainte : leur accueil, leur prière et leur travail intellectuel soutiennent la vie de ses compatriotes.
Recueilli par Nicolas Senèze
Que représente aujourd’hui la
présence en Terre sainte de religieux
venus du monde entier, et particulièrement
de religieux français ?
Mgr Sabbah :
Ils sont très importants
pour la Terre sainte car celle-ci
est importante pour tous les chrétiens
et pour toutes les Églises. C’est
bien que toutes les Églises y soient
présentes. Quant aux religieux français,
ils sont le signe des liens particuliers
entre l’Église de Jérusalem et
l’Église de France et manifestent une
présence de prière et de solidarité.
Comment les assomptionnistes
s’insèrent-ils dans cet ensemble ?
La présence des assomptionnistes
est d’abord une présence de
prière et d’accueil des pèlerins. Par
leur insertion dans la situation dans
laquelle nous vivons, ils sont aussi
un soutien important pour la population.
Il y a enfi n une présence intellectuelle
qui est très importante
pour l’Église de Jérusalem.
Que voulez-vous dire ?
Je pense, par exemple, au dernier
livre du P. Alain Marchadour et à sa réflexion biblique sur la terre (1) :
je suis persuadé qu’il l’aurait écrit
autrement s’il l’avait fait ailleurs, s’il
n’avait vécu en solidarité avec les
situations humaines des Palestiniens
et des Israéliens sur cette Terre
sainte. Il écrit comme prêtre français,
mais c’est une voix de l’Église
de Jérusalem qui s’exprime.
Que représente pour vous Saint-
Pierre-en-Gallicante ?
C’est d’abord un lieu saint où
passent beaucoup de pèlerins. Il
participe ainsi à l’accueil des pèlerins
qui reviennent en nombre en
Terre sainte et cela est une joie pour
nous. Français et Italiens sont revenus
parmi les premiers, juste après
la période la plus diffi cile pour nous.
Aujourd’hui, tous les Européens et
même les Américains sont de retour.
On voit même de grands groupes de
100 ou 200 pèlerins qui arrivent et
redonnent vie à Jérusalem ou Nazareth.
Et même à Bethléem où, à
cause du mur qui rend plus diffi cile
le passage avec Jérusalem, ils viennent
passer la nuit.
(1) La terre, la Bible et l’histoire :
Vers le pays que je te ferai voir,
par Alain Marchadour et Davis Neuhaus,
préface du cardinal Carlo-Maria Martini,
Bayard, 236 p., 23 €