LA PASSION DE LA COMMUNICATION
ON DECRIT SOUVENT LES ASSOMPTIONNISTES COMME LES HOMMES " DE IA BONNE PRESSE ": OUTRE QUE LA VENERABLE INSTITUTION A CHANGE D'APPELLATION, CETTE DEFINITION MASQUE LE FAIT QU'A PEINE UNE DOUZAINE DE RELIGIEUX TRAVAIILENT AUJOURD'HUI A BAYARD PRESSE. MAIS L'ENSEMBLE DE LA CONGREGATION, CREATRICE ET TOUJOURS RESPONSABLE DE LA PREMIERE MAISON D'EDITION RELIGIEUSE DE FRANCE, Y TROUVE PLUS QU'UNE LEGITIME FIERTE : LE SYMBOLE DE SA PASSION POUR QU'ADVIENNE LE REGNE DE DIEU AU COEUR DU MONDE. UNE PASSION COMMUNICATIVE !
"U ne famille
religieuse a eu la passion de la communication à l'heure où bien
des responsables d'Eglise voyaient dans la liberté de la presse un danger"
: c'est Mgr. Georges Gilson qui parle ainsi lors d'un colloque d'histoire organisé
pour le centenaire du journal La Croix. Une passion qui était
une originalité: aucun autre Institut religieux n'avait compté
la presse et le journalisme parmi ses moyens d'apostolat. Depuis 1872 (création
du Pèlerin qui deviendra hebdomadaire en 1877) et 1883,
date à laquelle La Croix devient un quotidien à un
sou, la Congrégation des Assomptionnistes a toujours choisi un certain
nombre de ses religieux pour l'apostolat de la presse catholique.
L
e P. Vincent de Paul Bailly, rédacteur en chef de La Croix,
voulait, comme le P d'Alzon, une presse qui soit "catholique autant qu'on
peut l'être", et une presse populaire, ce qui était nouveau.
L'heure était, pour ces pionniers d'esprit militant, à la lutte
(c'est le mot utilisé), à la défense des droits de Dieu,
à la défense de l'Eglise contre ses "ennemis"; l'anticléricalisme
n'était pas un fantasme; le climat de polémique régnait
partout, pas seulement chez les catholiques. Remarquons pourtant que la Maison
de la Bonne Presse, devenue plus tard Bayard Presse, si elle donnait une priorité à
la vie de l'Eglise, aux informations religieuses catholiques, à une "action
catholique" par la plume, a toujours tenu à diffuser, dans l'hebdomadaire
et dans le quotidien, les informations générales. On tenait à
faire du journalisme d'information, du journalisme tout court.
C 'est ce qui n'a cessé d'inspirer
les responsables, religieux et laïcs des publications de la "Bonne
Presse", spécialement avec les revues pour l'enfance et l'adolescence,
ou pour les "seniors".
" FAIRE EXISTER UNE
OPINION CHRETIENNE DANS UN MONDE PLURALISTE "
{Chapitre général, 1993)
L 'Eglise, la
foi, le christianisme du XXe et bientôt du XXIe siècle, ont-ils
encore un quelconque besoin d'une presse qui se déclare catholique ?
Pour l'heure, même si l'Eglise hiérarchique ne s'appuie plus comme
jadis sur tel ou tel journal catholique, et si elle comprend et encourage un
pluralisme, un "consensus" demeure pour affirmer que la presse catholique
a sa place dans l'Eglise et la société d'aujourd'hui, et qu'elle
est pour la présence chrétienne un élément positif.
N ous ne raisonnons plus guère, comme
nos anciens, en termes de lutte, de défense, de combat, bien que les
prises de position courageuses, fidèles à la pensée de
l'Eglise, s'imposent encore, en pas mal de situations, qui engagent la cause
de Dieu et la défense de l'homme.
I maginons que toutes les voix chrétiennes
de la presse et des médias se taisent tout à coup. Il y aurait
un étrange silence; il manquerait au concert des cultures des idéologies
et des points de vue, une tonalité que les journalistes catholiques s'emploient
à faire entendre Ils ne sont pas infaillibles; ils croient avec leur
foi de disciples du Christ qu'ils ont le droit et le devoir de prononcer une
parole bien à eux et ils essaient de s'éclairer à la lumière
de l'Evangile. Ils le font pour qu'existe dans l'Eglise une " opinion publique
". La liberté du chrétien se prouve et se forge à
ce prix.
Q uand, de surcroît, des publications se donnent pour but l'éducation de la foi chez les adultes, l'éveil religieux chez les enfants et adolescents, elles coopèrent à l'évangélisation de façon très directe. Le journaliste du quotidien, plus requis par l'information, y coopère, lui aussi, par le souci qu'il a de faire passer un souffle de foi, un esprit d'humanisme, à travers la relation des événements du monde. Là est, je puis l'affirmer, un des défis d'une presse catholique: un journalisme qui soit professionnel, une information qui aide à la formation des consciences en même temps que des intelligences. Quand nos fondateurs nous indiquaient cette voie, sans d'ailleurs prévoir où elle conduirait, c'est ce défi qu'ils nous demandaient de relever après eux. La tradition n'est pas interrompue.
Lucien Guissard, a.a
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