Fondations
LE SUIVI DES FONDATIONS
VIETNAM, AN 3
Un peu plus de deux ans après l’arrivée des premiers religieux, l’Assomption masculine compte maintenant trois communautés au Viet-Nâm, des jeunes religieux en formation sur place et un nombre important de candidats. A son retour d’une visite canonique des communautés, le Provincial a accepté de répondre à nos questions sur son voyage et sur le suivi des fondations et refondations.
Quel a été ton programme au Vietnam ?
Les Frères m’avaient préparé un programme substantiel, roboratif même en ce qui concerne les repas, et durant cette dizaine de jours, je n’ai vraiment pas chômé : réunions de communautés, rencontres individuelles avec les religieux, les jeunes des foyers, les postulants, les regardants, les novices, célébration d’entrée au postulat, messes en paroisses et dans les communautés avec prédications devant 3.000 personnes (traduction en vietnamien assurée par un Frère AA), soirée festive avec les enfants de l’orphelinat, rencontre avec les Oblates, le P. Bosco, inauguration officielle du noviciat de Ba Ria, quelques « grands » repas… Si on ajoute les levers matinaux, les longs trajets à l’arrière d’une moto, je peux dire que ce n’était pas un séjour de vacances.
Comment s’est déroulée l’inauguration du Noviciat ?
Très bien. Les Frères ont bien fait les choses.
Je suis arrivé le 24. Le lendemain, les autorités politiques et administratives étaient invitées à visiter la maison du noviciat et on avait jugé utile que je m’éloigne. On m’a donc conduit en moto au Cap Saint Jacques. Mais à mon retour, le soir, quand je me suis présenté pour demander des précisions sur le lendemain, « ils » étaient encore là ! C’est sans conséquence. L’inauguration elle-même a consisté en des discours, une prière et la bénédiction des locaux, suivie d’une Eucharistie à laquelle ont participé une assistance d’environ 150 personnes et des prêtres amis ou des environs qui ont concélébré. Bien sûr, cela s’est terminé par un repas, commandé à un traiteur. L’ambiance était sympathique.
Il fallait faire une inauguration officielle ?
Oui, c’était important. Elle contribue à la bonne insertion de la communauté dans son environnement. Des membres du clergé et des paroissiens sont venus manifester leur sympathie, parfois avec des cadeaux, tels des plants pour arborer la propriété… qui l’était déjà. C’était aussi l’occasion de faire connaitre l’Assomption, de faire comprendre qu’un noviciat ce n’est pas un séminaire diocésain, que la vie religieuse, assomptionniste en l’occurrence, a des spécificités. La vie religieuse masculine n’est pas encore bien comprise par le peuple chrétien et une partie du clergé.
Je souligne le gros travail qu’ont fait les religieux et les novices de Ba Ria pour mettre la maison et la propriété en état. Une belle maison, assez fonctionnelle, dans un environnement plutôt pauvre.
Et le noviciat lui-même ?
Cette première année se déroule bien, grâce à l’équipe des formateurs, Paul Dong, Paul Hung, François-Marie Khai, aux interventions de Frères de Saigon et de Marie-Paulette (O.A). Plusieurs intervenants vont aussi venir de France passer un moment, tels Claude Maréchal, Patrick Zago, Marie-Bernard Kientz. Les quatre novices sont sérieux et sympathiques. Ce qui est vraiment le plus important, c’est d’assurer les fondations personnelles pour une vie religieuse assomptionniste.
As-tu retiré de ce voyage quelques réflexions pour l’avenir ?
Oui, plusieurs, mais elles ont encore besoin de décanter. Concernant la consolidation de l’Assomption dans ce pays, je note avec satisfaction qu’une Assomption vietnamienne prend naissance et que des liens fraternels se nouent avec les Religieuses de l’Assomption qui ont une petite école primaire, les Oblates qui font un bon travail de discernement et de vocations auprès d’étudiantes, les PSA qui ont un foyer pour jeunes femmes dans une zone industrielle, et nous.
Je vois aussi que les Frères ont eu le souci de diversifier l’origine géographique de notre recrutement. C’est bien. Les vocations et la formation resteront encore longtemps une grande préoccupation. Songez qu’il y a une centaine de jeunes dans les foyers dont nous assurons le suivi et l’animation ! Les Frères accompagnent un nombre important de regardants et de postulants. Il nous faut déjà rechercher un terrain pour construire un scolasticat, la maison de Binh Loi n’étant qu’une solution d’attente.
Mais la formation ne doit pas capter toutes les énergies. Il nous faut trouver de nouvelles activités apostoliques.
Tu en vois quelques unes possibles ?
C’est un pays, une Église, où il y a une jeunesse nombreuse. C’est déjà un secteur dans lequel nous agissons, mais qu’il nous faut approfondir. Je pense aussi qu’il y a un manque dramatique d’accompagnateurs spirituels, qui ne soient pas que de simples confesseurs. C’est un besoin et donc une piste pour les Assomptionnistes. Un investissement dans la formation des laïcs serait également utile à l’Eglise. Et puis, il y a Bayard à développer et l’utilisation locale de ses productions à surveiller. Pourquoi pas une librairie ? Sans compter que tel évêque peut aussi nous solliciter pour la prise en charge d’un secteur pastoral…
Mais, en l’état actuel où les besoins sont énormes et les religieux encore peu nombreux, il y a un risque de dispersion. Les Frères devront veiller à privilégier des apostolats communautaires. Enfin, je vois une autre préoccupation : le témoignage de la pauvreté religieuse dans une société de consommation, qui se développe très vite en créant de grandes inégalités sociales.
Tu assures aussi le suivi de la fondation en Corée ; il y a peu tu étais au Togo et tu reviens du Vietnam…Vois-tu des points communs à ces fondations ?
Elles nécessitent une proximité forte et un soutien important. Le mot qui convient est celui d’accompagnement. L’échange d’informations est un préalable nécessaire. La communication entre les responsables de la Province et le supérieur local doit être fréquente et de bonne qualité. Que ce soit au Togo, au Vietnam, mais aussi à la Péniche, à Saint Lambert, il est bon d’avoir un aperçu assez exhaustif de ce que vivent les frères.
Quelles autres formes prend cet accompagnement ?
En plus de la correspondance, des visites et des échanges sur place, comme au Vietnam. Ainsi, la communauté de Sokodé a été visitée trois fois dans l’année 2008-2009. Une évaluation avec les Provinciaux fondateurs (Madagascar, Afrique, France) a eu lieu pour le troisième anniversaire de la fondation en mai dernier. Le “Je Sers” bénéficie aussi d’un accompagnement régulier avec des visites et des échanges avec le supérieur. La Province s’engage aussi dans des instances d’animation et le père Michel Carrière accompagne directement la communauté. Il en est de même pour le projet Saint Lambert. L’investissement de la congrégation dans les instances associatives est important. Le frère Robert Migliorini suit directement la communauté….
…et le programme des refondations et fondations n’est pas pour autant terminé !
Non. Aujourd’hui, de nombreuses communautés sont en refondation et nécessitent elles aussi un suivi de proximité. Ce sera le cas de Nîmes, mais la liste est bien plus longue. ND des Vignes, à Albertville, est une nouvelle fondation. L’Auberge de jeunesse en est une. Bucarest est au programme. La liste est bien longue.
Recueilli par Jean-Michel Brochec
|
Réalisation: Avenir Internet |
|