Pastorale Paroissiale

LES ASSOMPTIONNISTES SONT-ILS A LEUR PLACE EN PAROISSE ?
Le Supérieur Général propose des points de repères.
Près de 80 % des Assomptionnistes sont impliqués dans un apostolat paroissial à travers le monde. C’est un paradoxe quand on sait que d’Alzon voulait laisser ce travail aux prêtres diocésains, et que le Supérieur Général actuel note, dans la préface du document dont il est question ici, « l’absence d’une réflexion substantielle sur le ministère paroissial dans la congrégation ». Pour combler cette lacune il a demandé à un groupe de travail international (1) de réfléchir à la question. C’est le résultat de leur travail qui est publié sous le titre « Assomptionnistes en paroisse. Points de repère ».
Dans un premier temps, le document apporte un certain nombre de justifications à la présence de l’Assomption en paroisse : des motifs théologiques, missionnaires, sociologiques, en particulier les changements qui affectent mentalités et comportements. Pour conclure, cependant, à la spécificité assomptionniste : une vision missionnaire et non pas uniquement « fonctionnelle » de l’activité paroissiale.
« Les Assomptionnistes auront, même en paroisse, toujours le cœur large et les yeux ouverts aux apostolats d’évangélisation qui sont parfois inhabituelles dans l’Église locale, notamment :
La manière assomptionniste d’être en paroisse fait l’objet de la partie centrale de la réflexion du groupe international. On ne sera pas étonné que soit mise en exergue la vie communautaire, « grâce qu’il nous est donné de vivre et de partager ». « Elle donne un caractère spécial à notre mission en paroisse et nous oriente vers des apostolats qui rassemblent les fidèles laïcs dans l’esprit des Actes des Apôtres, chapitres 2 et 4… » .
Quels sont les traits d’une vie apostolique communautaire – apôtres pour les fidèles, fidèles avec les fidèles ?
On n’en reste pas qu’à un état d’esprit. Pour chacun de ces points, des exemples concrets de mise en œuvre sont proposés qui constituent des éléments pour un projet pastoral. On voit ainsi de dessiner les trais d’une paroisse assomptionniste.
Enfin, la troisième partie énonce des recommandations pratiques : huit pour les supérieurs majeurs et cinq pour la communauté en charge d’une paroisse.
Avec d’autres documents tels que le projet éducatif de l’Assomption, la lettre du supérieur général sur la vocation religieuse apostolique et le ministère sacerdotal, cette réflexion sur les Assomptionnistes en paroisse constitue un apport supplémentaire dont le Chapitre Général pourra bénéficier pour définir une identité apostolique plus affirmée et adaptée aux temps actuels. 
Jean-Michel Brochec
(1) Ce groupe était composé de Guy Clerc (France), Luis Ramon Rendon (Argentine), Protais Kabila ( Kenya), Daniel Tedeschi (France) et Emmanuel Kahindo, assistant général.
Espagne, Angleterre, France
DES ASSOMPTIONNISTES EN PAROISSE
PARTAGENT LEURS REFLEXIONS
La première rencontre « Service des Eglises Locales » (SEL) de l’année 2010 s’est déroulée à Londres, à la communauté assomptionniste de Bethnal Green. Elle avait deux questions à l’ordre du jour : « En quoi mon identité assomptionniste colore-t-elle mon travail pastoral ? » et « En quoi mon travail pastoral influence-t-il ma façon d’être assomptionniste ? ». Voici ce qu’en retient Bernard Robert, invité comme observateur.
Pour les Assomptionnistes travaillant en paroisse, le travail pastoral est intimement lié à la vie en communauté. L’un ne va pas sans l’autre, l’une se nourrit de l’autre. Au témoignage de la Parole s’ajoute le témoignage de la vie vécue en communauté, lieu de vie, de discernement, de soutien et d’accueil. L’accueil en paroisse est l’affaire de toute la communauté : on peut se relayer, s’épauler et ainsi se rendre plus facilement disponible à toute personne.
Lorsqu’ils évoquent leur travail pastoral, les Assomptionnistes le déclinent selon les 3 registres : doctrinal (étude des textes de l’Église, formation catéchétique, sacramentaire,…), social (solidarité avec les démunis par la création de groupes d’aide ou partenariat avec ces groupes), et œcuménique (ouverture aux autres confessions, religions, et prières communes). On pourrait aussi décliner cette même activité pastorale selon les 3 points définis par le chapitre général de 2005, à savoir : Hommes de communion, proposant la foi, solidaire des pauvres.
Si l’identité assomptionniste colore bien l’action pastorale de tous ceux qui sont engagés en paroisse, l’activité pastorale fait aussi grandir et renforce l’identité assomptionniste.
Ainsi de par son activité et sa responsabilité pastorale, l’assomptionniste se trouve « près des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées,… ». Cette proximité devient dans certaines circonstances « partage ». Il est aussi le témoin d’un parcours de foi au fil des événements de la vie. Enfin, il se fait compagnon, partageant lui-même ce qui fait sa vie personnelle et sa vie en communauté.
Le travail pastoral transforme religieux et communautés
Ce contact auprès des « gens » façonne son être même de religieux assomptionniste. Il ne peut pas rester indemne de toutes ces rencontres et partages. Ainsi, il « se laisse humaniser » à leur contact. Ce qui fait naître chez lui compassion et tolérance, avec les autres et avec ses frères.
Conscient de cette responsabilité auprès de personnes diverses et variées, l’Assomptionniste est provoqué à se former sans cesse (formation permanente) que ce soit au niveau de la Parole de Dieu à proclamer et à actualiser, de la compréhension des événements du monde et de l’évolution de la société, de l’Église, et des transformations qui s’opèrent dans la famille, chez les jeunes, et dans le domaine de l’éducation.
L’activité pastorale, au sens large du terme, transforme aussi la vie de la communauté ou du moins l’interroge. En effet, les laïcs, les fidèles, de par leur mode de vie et leur vie de foi questionne la manière de vivre les vœux, la solidarité avec les plus pauvres et avec l’église. Si elle transforme au fil du temps la vie de communauté, elle en nourrit aussi la prière personnelle et communautaire.
Lorsque les Assomptionnistes sont engagés dans une œuvre qui n’appartient pas à l’Assomption, néanmoins ils sont convaincus qu’ils contribuent à la vie du corps qu’est l’Assomption :
- en travaillant pour la venue du Règne de Dieu, certes à travers la vie sacramentelle, mais aussi en partageant la vie des hommes et des femmes de son temps,
- en développant, là où ils sont, les axes forts que se donnent la Province et la Congrégation,
- en construisant l’alliance entre laïcs et religieux pour le bien de l’Église et du Royaume,
- en « appelant » des hommes et des femmes pour le service de l’Église,
- en vivant concrètement l’internationalité dans la communauté et dans la paroisse. 
Bernard Robert
Prochaine rencontre à Toulouse, les 26 et 27 mai 2010.

SAN DONATO IN POLVEROSA (Florence)
UNE COMMUNAUTÉ PREND EN CHARGE
UNE PAROISSE ET UN CAMPUS D’ÉTUDIANTS

C’est un acte de confiance en eux-mêmes et en l’avenir qu’ont fait les religieux de la communauté de Florence en acceptant la proposition de l’Archevêque. Florentin Halandut nous présente les grandes lignes de la mission reçue et l’esprit dans lequel la communauté l’aborde.
Depuis le 1er novembre, vous avez une responsabilité pastorale dans le diocèse de Florence. Quelle est la mission que vous a confiée l'évêque ?
Nous avons reçu la responsabilité de la paroisse « San Donato in Polverosa » et celle de créer une pastorale dans un des pôles universitaires de Florence. C’est un des plus grands campus de la ville avec ses 17000 jeunes (environ), étudiants de la faculté de science politique, économie, et droit. Actuellement, le diocèse n’a pas beaucoup de projets sur ce pôle ni d’ailleurs sur les autres campus. Notre mission est donc, avec d'autres personnes (prêtres et laïcs), d'imaginer une pastorale pour ces étudiants. La paroisse, dont les locaux jouxtent le campus, sera le lieu de référence.
Qu’est-ce qui a été déterminant dans l’acceptation de la communauté ?
Pour la communauté, le point de départ pour accepter cette mission a été la pastorale des jeunes. Cela reste premier dans notre projet. Cependant, la possibilité d’avoir en charge l’animation d’une paroisse nous a aussi intéressés.
C’est une grande paroisse ? Quelles en sont les caractéristiques ?
La paroisse compte environ 6000 habitants, en augmentation parce que située dans une zone en plein développement. On estime que dans dix ans, elle en comptera au moins 8000. L'église paroissiale est ancienne, avec une histoire millénaire assez riche. Elle a été établie comme telle il y a environ 50 ans. Auparavant elle a été l’église de plusieurs monastères. C’est ce qui explique qu’elle n’a pas de grandes dimensions.
Et la vie paroissiale ?
La fréquentation semble « normale » par rapport aux statistiques d'Italie : environ 10% pour les messes festives (une le samedi soir et trois le dimanche matin) ; de vingt à trente personnes en semaine. Il y a environs 80 enfants qui suivent le catéchisme chaque semaine. Par contre, le groupe de jeunes est bien faible et doit être renforcé.
En cinquante années d’existence, cette paroisse n’a connu que deux curés. L’un est resté quarante ans et l’autre six ans. Ce sont eux, avec leurs richesses et leurs limites, qui ont « construit » la paroisse. Il reste beaucoup de choses à faire et notre imagination aura du travail. Mais le désir est là !
Comment abordez-vous la mission auprès des étudiants ?
Ce n’est pas facile d’en parler. On peut évoquer nos rêves, nos désirs, construire des plans… Mais sont-ils réalistes ? Pour le moment il n’y a encore rien de concret. Les étudiants chrétiens « pratiquants » font déjà partie de mouvements chrétiens nombreux en Italie. Jusqu’à présent, sur ce campus universitaire, comme sur les autres, il n’y a rien eu de spécifique au plan pastoral, pour être juste il faudrait dire « presque rien ». C’est à la fois une chance et une difficulté. Une chance parce que le champ est ouvert, qu’il n’y a pas le poids des habitudes ; une difficulté car les premiers pas seront hésitants, et cela nous le ressentons déjà.
Quelle est l’état d’esprit de la communauté ?
La communauté comme telle veut s’engager dans ce projet. Mais pour le moment nous sommes encore en phase d’observation. Nous nous efforçons d’être très attentifs aux réalités concrètes que nous découvrons progressivement. Nous cherchons les bonnes chaussures pour avancer avec prudence, tout en gardant un esprit et une allure hardis.
Recueilli par J.M. Brochec
La communauté, très internationale, compte cinq membres : deux religieux prêtres italiens, Giuliano Riccadonna, supérieur et curé, Alessandro Laini ; deux religieux roumains : un prêtre, Lucian Dinca (adjoint au curé) et un frère étudiant, Florentin Halandut ; un religieux bulgare frère étudiant, Martin Dulchev. Depuis le 1er février, Filippo Belli qui enseignait l’exégèse à Florence, fait partie de la communauté de St Pierre en Gallicante, à Jérusalem.
Cette église s’appelait autrefois San Donato alla Torre. C’est de là que partirent, à l’automne 1087, les Croisés florentins de la troisième Croisade. Selon la tradition, l’origine de l’église remonte aux débuts de l’an 1000, quand une princesse païenne convertie acquit un terrain et y construisit une maison avec une église et une tour. A sa mort l’ensemble devint monastère, longtemps habité par des Chanoines Réguliers Augustiniens, appelés « Polverosi », c'est-à-dire « poussiéreux », à cause de la couleur de leur habit. Par la suite, y vécurent d’autres moines et moniales, en particulier des Augustines qui devinrent Cisterciennes et qui avaient des liens étroits avec les religieuses de Borgo Pinti, dont certaines, suite à une scission, rejoignirent San Donato. Les religieuses sont restées à San Donato jusqu’en 1809, date de la suppression des Instituts religieux par la France, puissance occupante ! Laissé à l’abandon par les nouveaux propriétaires, le monastère fut acheté par le prince Nicolas Demidoff qui y construisit une grande villa néoclassique. En 1960, l’ensemble est acquis par le diocèse pour en faire l’église et les locaux de la paroisse San Donato in Polverosa. D’importants travaux sont en cours pour remettre ces derniers en état. 

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