POSTULATIONS
Une guérison peu connue en Bulgarie
Le 23 septembre 1938, mourait à Yambol une religieuse jeune encore, elle avait 46 ans. Une maladie de cœur dont elle souffrait depuis quelque temps l’emportait en peu de jours, après de grandes souffrances généreusement endurées. (...)
Or, Sœur Marie-Ancilla, Oblate de l’Assomption et Bulgare de naissance, était une miraculée guérie en janvier 1909 d’une tumeur à la jambe, par l’intercession de notre vénéré fondateur, le P. d’Alzon. La relation suivante a été établie par Sœur Ancilla elle-même sur la demande de ses supérieurs en 1923. En voici les principaux extraits :
... Les premières sensations douloureuses que j’éprouvai dans la jambe datent de l’année 1908. J’avais alors 15 ans et j’étais déjà aspirante au postulat des Oblates de l’Assomption, à l’Alumnat de Varna, en Bulgarie. Une tumeur blanche s’était formée un peu plus bas que le genou à la jambe droite. (...)
Le docteur consulté ordonna un traitement, mais la tumeur s’étendant toujours, il déclara qu’il fallait une intervention chirurgicale. Une première ponction eut lieu le 14 mai; le chirurgien retira environ trois quarts de litre de pus et injecta par l’ouverture qu’il venait de pratiquer un liquide qui, se répandant par toute la jambe, me fit bien souffrir. Cette première ponction n’ayant pas suffi, le docteur en fit une seconde à peu de temps de là, à une petite distance de la première. (...)
Au bout de trois semaines ma jambe allait beaucoup mieux, il n’y avait plus de pus. (...) Mais au mois de septembre de la même année 1908, le mal reparaissait avec des symptômes très alarmants : les deux ouvertures formées au mois de mai par les ponctions se rouvrirent, laissant s’écouler à nouveau un pus très abondant. La marche me devint impossible et les souffrances étaient très vives. (...)
Le jour de Noël 1908, le docteur, en découvrant la plaie, vit avec surprise que les deux ouvertures n’en formaient plus qu’une, les chairs qui les séparaient s’étant transformées en pus. Cette unique ouverture avait trois centimètres de diamètre, plus de dix centimètres de profondeur, et il s’en exhalait une odeur nauséabonde. Le praticien diagnostiqua alors la tuberculose osseuse, et le soir de ce jour je m’alitais définitivement. (...)
La guérison devenait impossible. Le docteur ne pouvait plus cacher la gravité de mon état. II aurait même dit que l’amputation serait nécessaire et que même en ce cas le mal pourrait se porter aux autres articulations, aux coudes par exemple. J’entendis la Mère lui dire.
– Docteur, ne serait-il pas possible de gratter l’os?
– Impossible, répondit-il, le mal est trop avancé.
Les choses en étaient là, lorsque le Père supérieur de la maison de Varna vint me voir la veille du jour de l’an pour me confesser et me dire quelques mots d’édification, selon son habitude, et me conseilla de faire une neuvaine au P. d’Alzon, le fondateur de l’Assomption. J’acceptais et le Père me promit de prier avec moi. (...)
Je commençais donc ma neuvaine le 1er janvier 1909. Les jours suivants, loin d’éprouver du soulagement, je me sentais plus fatiguée; les nuits étaient surtout pénibles. Le 3 janvier, deux de nos Sœurs faisaient profession et la supérieure eut la délicatesse de les envoyer accompagner le Saint Sacrement dans ma chambre de malade. (...)
Le jour de l’Épiphanie, plusieurs Sœurs vinrent me voir. Je lisais sur leur visage la grande pitié que mon état leur inspirait et elles semblaient penser :
– Bientôt, elle ne sera plus de ce monde.
Le dernier jour de la neuvaine fut des plus pénibles et le docteur, étant venu dans la soirée, retira de la plaie plus d’un demi-litre de pus. Ne voyant aucune amélioration dans mon état, bien au contraire, les souffrances allant en augmentant, une sombre tristesse envahit de nouveau mon âme.
– O mon Dieu, m’écriai-je, ne ‘voulez-vous donc pas me guérir? Je ne mérite pas sans doute le titre glorieux d’épouse du Christ, mais je puis du moins porter celui de sa servante.
Puis me tournant vers le P. d’Alzon, je lui dis :
– Mon Père, si vous voulez que je sois votre enfant, obtenez-moi de guérir; sinon, je vous en supplie, demandez au bon Dieu de me prendre car, avec ma jambe malade, que puis-je faire? Je serai à charge à tous ceux qui m’entourent.
Le Maitre qui lisait au fond de mon âme savait combien véhément était mon désir de lui appartenir et, penché sur l’infinie misère de sa petite créature, comme autrefois à la prière de l’humble Chananéenne, il laissa tomber une miette de pain de sa table opulente.
Le lendemain 10 janvier, un dimanche, jour radieux s’il en fut pour mon âme, je m’éveillai joyeuse, sans trop comprendre pourquoi. Depuis longtemps je n’avais passé une aussi bonne nuit. Je communiai comme d’habitude, et vers 8 heures la Sœur infirmière vint faire mon pansement.
– Ma Sœur, lui dis-je, il me semble que j’aurai aujourd’hui le courage de regarder ma plaie.
Depuis quelque temps, en effet, je ne pouvais la voir sans malaise. J’aidai donc l’infirmière, et quel ne fut pas mon étonnement, en tirant la mèche, de la trouver à peine humectée de pus, alors qu’à chaque pansement, aussitôt que la mèche était retirée, le pus s’échappait par jets. La Sœur s’empressa de donner ces détails à la supérieure. Quant à moi, je me sentais guérie.
Vers 10 heures du matin, je dis à une jeune Sœur qui me soignait en l’absence de l’infirmière
– Je suis guérie! Aidez-moi à faire le tour de la chambre. (...)
Je dus attendre jusqu’au mardi la visite du docteur. On lui avait dit que j’étais guérie et il s’était écrié :
– Mais, c’est un miracle!
En voyant ma jambe, il fut stupéfait de trouver à la place de la grande ouverture béante, remplie de pus, une petite ouverture de trois centimètres de profondeur à peine et de quatre millimètres de diamètre et sans aucune trace de pus. Il ne put que constater la guérison.
Le jeudi suivant, je me levai et allai à la salle de communauté. Le vendredi matin, en descendant les escaliers, je ressentis un brusque mouvement se produisant dans ma jambe droite; tout se remettait en place : muscles et nerfs. Je ne souffrais plus, je ne boitais plus, ma jambe droite était redevenue aussi longue que l’autre, et de la plaie il ne restait plus que la cicatrice.
Quinze ans se sont écoulés depuis ma guérison et jamais aucune trace du mal n’a reparu. (...)
Caragatch, décembre 1923.
Oblates de l’Assomption de Yambol en 1926
Eglise et couvent des Assomptionnistes à Yambol (photo de mai 2002)
Le Secrétariat pour la Postulation de la cause du P. d’Alzon (Assomptionnistes et Oblates) s’est réuni [déjà plusieurs fois cette année]. Les membres ont pris plusieurs décisions qui vous seront communiquées, et ils sont en train d’étudier au moins huit dossiers de guérisons attribuées à l’intervention miraculeuse du P. d’Alzon. Il est clair que ce groupe est en train de réaliser un grand travail. Moins visibles, mais peut-être plus importants, sont la dévotion toujours plus grande envers notre Fondateur, une réelle conviction au sujet de sa sainteté, et un grand désir de le faire connaître. C’est évident chez nos amis laïcs et chez les religieuses de la famille, comme chez bon nombre de nos confrères. Il s’agit déjà d’une grande grâce de ce bicentenaire. (Lettre SM 19, du Supérieur Général, du 20 juin 2009).
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