Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

ISRAEL-JORDANIE : PALESTINE

Fondation de l'Assomption en Palestine, 1887.

Louis de Baudicour, colon, publiciste et homme d'œuvres catholique, avait proposé en 1860 à Mère Marie-Eugénie une fondation à Beyrouth, province syrienne de l'Empire ottoman à l'époque. Le P d'Alzon qui avait donné son concours à l'œuvre des Maronites persécutés par les Druzes, conçut en septembre 1861 le projet d'établir de préférence les R.A. et les A.A. à Jérusalem, premier centre historique du christianisme, les Religieuses à la Dormition et les Religieux au Cénacle(1). Ces deux lieux saints offraient l'opportunité d'être disponibles selon des sources locales. On peut voir dans cette première intention du Fondateur le germe d'une Mission en Orient qui ne cesse pas d'avoir Jérusalem pour point de mire symbolique dans la grande perspective de l'unité chrétienne(2)>. Le projet ébauché en 1861 prit forme pour l'Assomption dès 1862, mais en Bulgarie et en Turquie.

Ce n'est qu'avec l'épopée des pèlerinages de pénitence en 1882, au temps des PP. Picard et Vincent de Paul Bailly, que la question d'une implantation à Jérusalem même, prit corps. En 1883-1885, le Comte Amédée de Piellat qui achetait tous les terrains disponibles à Jérusalem pour en faire bénéficier des congrégations catholiques, réussit à acquérir pour l'Assomption deux grands lots, en bordure immédiate des remparts de la ville, où va être construite, sur le premier, à partir de 1885, l'hôtellerie Notre-Dame de France. Le bâtiment servit également de scolasticat pour les religieux qui allaient faire leurs études de théologie à Jérusalem et bénéficier des débuts de l'Ecole Biblique dominicaine voisine, couvent Saint-Etienne, dont le P. Marie-Joseph Lagrange (1855-1938) fut une figure de proue avec la création de la Revue biblique. Sur le deuxième lot, situé également en bordure des remparts, mais à l'Est, sur la pente de Siloé et en contrebas du Mont Sion(3), le P. Etienne Boubet (1865-1934) architecte qui a déjà décoré de mosaïques avec Paul-Hippolyte Flandrin (1856-1921) la chapelle de Notre-Dame de France, édifia entre 1923 et 1934 le sanctuaire de Saint-Pierre en Gallicante. Le P. Joseph Germer-Durand (1845-1917), amateur d'archéologie biblique, fut le véritable fondateur de l'Assomption à Jérusalem où il prit pied le 20 mai 1887(4), à la tête d'une communauté assomptionniste bien étoffée jusqu'en 1914.

Les deux couvents-sanctuaires de l'Assomption ont connu des fortunes diverses. Notre-Dame de France, occupé comme siège de l'état-major turc de 1914 à 1917, a beaucoup souffert des troubles des guerres jusqu'en 1967. De 1948 à 1967, les deux communautés assomptionnistes de Jérusalem se trouvèrent établies, l'une en Israël, l'autre en Jordanie (Cisjordanie), aux frontières étanches(5). La Curie chercha à se dessaisir de Notre-Dame de France en 1970. Après intervention du Vatican(6), l'ensemble fut finalement dévolu au Saint-Siège en février 1972 qui restaura les lieux de 1973 à 1978 et lui donna le nom de Pontifical InstituteNotre-Dame of Jerusalem Center, animé depuis 2005 par Les Légionnaires du Christ (Motu Proprio de Jean Paul II du 26 novembre 2004). Dans les années 1990-2000, grâce à l'esprit d'entreprise du P. Robert Fortin, les lieux de Saint-Pierre en Gallicante(7) furent entièrement réaménagés et modernisés pour servir les activités de pèlerinages, d'accueil et de dialogue tant œcuménique qu'inter-religieux. Une partie de la propriété a été aliénée au profit de la fondation de Chiara Lubich,Focolari, mais sans obtenir jusqu'à aujourd'hui un permis de construire. Une communauté de Sœurs Oblates, déjà au service de la communauté A.A. à Notre-Dame de France de 1935 à 1956, est venue relever en 2003 les R.A. présentes à Saint-Pierre en Gallicante, de 1991 à 2003.

Sources documentaires :
Revues Echos de Notre-Dame de France, Jérusalem et Croisés du Purgatoire. Dominique Trimbur, Une présence française en Palestine : N.-D. de France, dans Bulletin du Centre de recherche français de Jérusalem, automne 1998, n. 33-58. Dominique Trimbur, Les Assomptionnistes à Jérusalem, les Juifs de Jérusalem et le Sionisme, 1999, 28 pages. Sébastien Franken, Saint-Pierre en Gallicante dans La Terre Sainte (revue franciscaine), juillet-septembre 1964, p. 206-216 ; octobre 1964, p. 258. M. Chalendard, A JérusalemNotre-Dame de France (1882-1970), aujourd'hui Notre-Dame de Jérusalem, Téqui, 1984, 109 pages. D.H.G.E., tome XXVII (1999), fascicule 160, col. 1102-1103. P. Gervais Quenard, L'Assomption à Jérusalem, dans Pages d'Archives, nouvelle série n° 13, avril 1961, p. 415-430. Bible et Terre Sainte et Le Monde de la Bible (Bayard Presse). L'Assomption et ses Œuvres, automne 1994, n° 659, p. 30-33 ; été 1998, n° 674, p. 12-14 ; juillet-septembre 2004, n° 698, p. 4-7.

Palestine, année 1810.

Un lambeau de l'empire ottoman :

La situation politico-religieuse de ce que l'on appelle communément la Palestine ou dans le langage chrétien la Terre Sainte, n'a pas grand chose de commun avec la réalité d'aujourd'hui. Cette région du Moyen-Orient, Syrie-Palestine, rattachée administrativement à Damas, appartient depuis 1517 à l'Empire ottoman. Lorsque Bonaparte quitte l'Egypte pour entrer en Terre Sainte en février 1799, il s'empare des villes d'El-Arich, de Gaza et de Jaffa, mais, malgré sa victoire au Mont-Thabor (avril 1799), il ne peut s'emparer d'Acre et regagne l'Egypte où il est prisonnier de la flotte anglaise, avant de regagner discrètement les côtes françaises. Les Lieux Saints continuent à être fréquentés par de petits groupes de pèlerins chrétiens et des célébrités curieuses d'antiquités, d'archéologie ou d'exotisme : Chateaubriand en 1806, Lamartine en 1832, Nerval en 1843, Renan en 1860-1861, de Saulcy 1863, Warren 1865. L'Orient est à la mode chez les littérateurs et les peintres romantiques. En 1831, la région est conquise par les armées de Méhémet-Ali (1769-1849) et reste occupée par les Egyptiens jusqu'en 1840. L'histoire moderne de la Palestine ne commence qu'en 1882, avec l'installation de la première colonie agricole juive près de Jaffa. Théodore Herzl (1860-1904) fonde le sionisme.

La résurrection d'Israël :

De 1917 à 1947, la Palestine est sous mandat britannique ainsi que la Transjordanie. L'immigration juive est rapide, amplifiée par la vague antisémite que le IIIème Reich appuie d'une violence terrifiante, encore inouïe. L'O.N.U. propose un plan de partage en novembre 1947. L'Etat d'Israël est créé le 14 mai 1948, proclamé par David Ben Gourion (1886-1973), provoquant en contrepartie la formation de camps de réfugiés palestiniens. De 1948 à nos jours, l'antagonisme israélo-arabe ne cesse d'alimenter des conflits armés (1948, 1956, 1967, 1973, première intifada de 1987 à 1993, deuxième intifada de 2000 à 2002, actes d'un terrorisme exacerbé), sans cesse espacés de tentatives de paix désespérément cherchés. Jérusalem, totalement investie en 1967, est déclarée par l'Etat hébreu en 1980 'capitale éternelle d'Israël'. Une autorité palestinienne voit le jour en 1994 pour les territoires de Gaza et de Jéricho, mais le terrorisme n'est pas éradiqué de cette terre où se concentrent et se répercutent toutes les tensions qui agitent le Proche-Orient.

Le Saint-Siège n'a cessé de revendiquer le caractère sacré de Jérusalem, de demander l'internationalisation de la Ville sainte et le libre accès de tous les Lieux Saints pour les pèlerins chrétiens, ce du moins jusqu'aux récents processus de paix israélo-arabes. La France a joué jusqu'en 1917 son rôle de protectorat des catholiques latins, qui lui avait été reconnu depuis les Capitulations de 1536 sous François Ier (1494-1547), re-confirmées en 1856, à l'issue de la guerre de Crimée, au traité de Paris. Le tsar a cherché dans la même logique à protéger les pèlerins orthodoxes et à favoriser l'implantation de communautés et institutions chrétiennes orientales. En 1840, un évêché anglican est fondé à Jérusalem, en 1898 une église luthérienne, suite à la visite éclatante de Guillaume II (1859-1941) à Jérusalem(8). Le pape Pie IX en 1847 y a rétabli le Patriarcat latin. Jérusalem reste le symbole de l'unité chrétienne, mais offre aussi le spectacle le plus irritant de toutes ses divisions historiques et de toutes les interférences de ses juridictions confessionnelles (pas moins de 14 !).

Dans les actuelles frontières de l'Etat d'Israël, l'Eglise catholique(9) bénéficie depuis décembre 1993 d'un Accord fondamental, renforcé par l'établissement de relations diplomatiques normalisant une situation jusque-là provisoire (juin 1994). Mais l'exode des communautés chrétiennes, activé par le contexte de violence politique et de fondamentalisme religieux, fragilise de plus en plus cette minorité chrétienne, tous rites confondus. Ce sont les Franciscains qui ont depuis le XIIIème siècle la garde des Lieux Saints (Custodie).

JERUSALEM  : patriarcat latin restauré en 1847 et patriarcat des Grecs-Melkites catholiques.

ACRE  : évêché des Grecs-Melkites remontant au IIIème siècle, pourvu jusqu'en 1753, érigé en archevêché en 1964.

HAÏFA et TERRE SAINTE  : évêché des Maronites, érigé en 1996 par détachement du siège de Tyr.

La Terre Sainte a fait l'objet d'une attention privilégiée de la part de la papauté. En janvier 1964, le pape Paul VI, premier pape à s'y rendre en pèlerinage, y rencontra le patriarche œcuménique Athénagoras (1886-1972). Jean Paul II qui avait déjà innové dans ses relations avec le monde juif en étant reçu à la synagogue de Rome (avril 1986), se rendit aussi sur les lieux en mars 2000. Son successeur, Benoît XVI, a déjà exprimé l'espoir de pouvoir un jour porter ses pas en Terre Sainte. Ont été reçus au Vatican aussi bien Golda Meir (1898-1978) en 1967 que Yasser Arafat (1929-2004) en 1992.

Fiche d'identité de la Palestine 1810.

Population  : La population en 1810 était essentiellement arabo-palestinenne avec une forte présence de nomades. Elle était estimée à 275. 000 habitants en 1800 dont 7. 000 pour la cité de Jérusalem. De nos jours, l'Etat hébreu a plus de 7 millions d'habitants, dans les limites de ses frontières actuelles. En 1810, la Palestine est quasi désertique. Selon une expression courante devenue slogan : « La Palestine est une terre sans peuple : les Juifs sont un peuple sans terre ». L'Etat d'Israël actuel couvre 21 946 km2, et même 27. 552 si on ajoute les territoires annexés et administrés à partir de 1967 (Golan et Jérusalem-Est). L'autorité palestinienne couvre 5 879 km2 des territoires administrés par Israël (Cisjordanie) et 363 km2 (bande de Gaza). Israël compte un peu plus de 7 millions d'habitants en 2006.

Superficie  : En 1810, cette province ottomane de Syrie-Palestine s'étendait de la Phénicie (Liban) à la Judée des anciennes douze tribus (Galilée, Samarie et Judée), aux pays d'Ammon et de Moab (Jordanie ou Pérée) et à l'Idumée septentrionale.

Langue  : L'arabe palestinien, définie comme langue sémitique. L'hébreu moderne a été forgé par Eliézer Perlman dit Ben Yéhouda (1858-1922).

Départements  : La province ottomane formait sous l'administration turque un pachalik, ressortissant de l'eyalet de Damas. Elle était divisée en 9 districts : 1/ El-Kods ou al-Quds (Jérusalem et Nord-Judée) 2° El-Khalil (Hébron et Sud-Judée) 3/ Gaza ou Palestine 4° Loudd (Ouest-Judée) 5° Naplouse 6° Aréta (Samarie) 7° Saphad (Galilée) 8° Belad-Schéky et Belad-Hauran (Trachonitide et Auranitide) 9° El-Gaur (Pérée).

Régime politique  : Empire ottoman. Diverses personnes ont proposé au XIXème siècle de créer un Etat juif : Moïse Montefiore, l'anglais Disraeli, Lord Shaftesbury (1801-1885), George Eliot, John Lawson Stoddard (1850-1931) et Théodore Herzl. Israël est une République avec une constitution (1948).

Constitution  : Lois de l'empire ottoman. Un firman du sultan, daté du 8 janvier 1852, fixe les droits et obligations de chaque Eglise, confirmé lors du traité de Berlin de 1878. Sont réglementés propriété, utilisation et entretien des Lieux Saints.

Monnaie  : La monnaie était la livre turque.

Capitale  : La ville administrative principale était Damas. Jérusalem n'était qu'une petite cité. De nos jours, la capitale proclamée par l'Etat hébreu est Jérusalem. La communauté internationale ne reconnaît que Tel-Aviv.

Fêtes nationales  : C'est au Congrès sioniste de Bâle en 1897 que Théodore Herzl fait adopter le drapeau juif et l'hymne national : Hatkivah (espoir). Fête de l'indépendance israélienne : le 15 mai (1948).



(1)Lettres du P. Emmanuel d'Alzon, t. III, Rome, 1991, p. 510-511, 516.

(2) La récente lettre du P. Richard Lamoureux, datée du 6 janvier 2007 : « En un seul corps », La mission d'Orient à l'Assomption, développe cette même idée avec bonheur.

(3) Ces précisions topographiques rendent compte de notre titre géographique un peu embarrassé : Israël-Jordanie : Palestine. Par suite des vicissitudes historiques et politiques, cette même terre de Palestine qui portait les deux lieux assomptionnistes de Notre-Dame de France et de Saint-Pierre en Gallicante, fut séparée, de 1948 et 1967, entre deux zones étanches : Israël (Notre-Dame de France) et Jordanie (Saint-Pierre en Gallicante). Sur Saint-Pierre en Gallicante : S.D.B., t. II, 1934, col. 691-756 et D.H.G.E., t. XXVII, 2000, col. 1088. Sur Notre-Dame de France : D.H.G.E., t. XXVII, 2000, col. 1102-1103.

(4)Souvenirs, décembre 1887, n° 55, p. 363. Le P. Germer-Durand faisait paraître les chroniques de ses découvertes archéologiques dans la revue de la Bonne Presse, Le Cosmos. Pour les besoins des pèlerinages, on fit ouvrir en 1889 dans les remparts de la vieille ville qui datent de Soliman le Magnifique, une porte de communication entre Notre-Dame de France et le Saint-Sépulcre, la Porte Neuve entre celle de Jaffa et celle de Damas : « Les Franciscains se sont battus à coups de pierres avec les ouvriers. En Orient, cela fait bien. C'est ce qu'on appelle, en diplomatie, la fièvre de Jérusalem. On y est plus ou moins sujet, selon les tempéraments » : Souvenirs, décembre 1889, n° 60, p. 446.

(5) Le P. Mamert Vionnet (1879-1948) fut tué le 31 mai 1948 dans les circonstances troublées du conflit qui opposa, après le départ des troupes anglaises, les forces armées israéliennes aux forces arabes. Notre-Dame de France, point stratégique entre les deux forces adverses, fut occupée, pillée, bombardée, défigurée.

(6) Notre-Dame de France avait été lourdement endommagée lors du conflit israélo-arabe de 1948. L'aile Sud, face à la Vieille Ville, fut rendue inhabitable par l'explosion de deux mines et devint un poste de garde israélien à la frontière du 'no man's land'. L'aile Nord-Ouest et les maisonnettes du jardin abritèrent de nombreux réfugiés. Même après la réouverture de la frontière, la situation ne s'améliora guère à Notre-Dame, les charges de l'entretien devenant trop lourdes pour la Congrégation. La situation étant intenable, celle-ci décida en 1970 de vendre la propriété à la société hébraïque Hamenouta, branche du 'Fonds National Juif', qui en donna la totalité à l'Université Hébraïque de Jérusalem pour y créer une résidence d'étudiants. Cependant, d'après le Droit canonique, la Congrégation n'avait pas le droit de vendre la propriété sans en avoir obtenu la permission du Saint-Siège qui, en toute probabilité, ne l'aurait pas accordée, même si elle avait été sollicitée, étant donné que subsistaient encore tant de problèmes non résolus en Terre Sainte au sujet des propriétés foncières de l'Eglise. La transaction fut donc contestée par le Saint-Siège.

(7) Ce n'est que justice de rendre au P. Robert Fortin le mérite d'avoir 'sauvé' pour la Congrégation la propriété de Saint-Pierre en Gallicante qui, sans son intervention, aurait sans doute connu, à un moment ou autre, le même sort que celui de Notre-Dame de France. Ces implantations à Jérusalem relevaient en effet de la juridiction de la Curie généralice depuis leur fondation, comme l'atteste encore la visite du P. Henri Moquin, économe général, à Jérusalem en juin 1967 : B.O.A., 1968, n° 6, vol. IV, page 264. Au premier Conseil de Congrégation, tenu à Rome en juin 1969, il fut décidé de proposer et de prévoir une nouvelle organisation (B.O.A., novembre 1970, n° 1, volume V, pages 121, 124-125). L'apostolat à Notre-Dame de France passa alors à la nouvelle Province de France et à la province des Pays-Bas. C'est au Conseil de Congrégation, tenu à Londres en avril 1971, que fut approuvée la vente de Notre-Dame de France (B.O.A., mars 1972, n° 2, vol. V, pages 154-155). Quant à l'implantation de Saint-Pierre de Gallicante dont l'administration fut confiée par le Conseil général à la Province des Pays-Bas jusqu'en 1970, puis à partir de 1970 à la nouvelle Province de France, elle connut également une période d'incertitude : l'Etat hébreu détacha après la guerre de 1967 une pointe de la propriété pour y faire passer une route et une autre partie fut concédée en 1984 au mouvement des Focolari. Le P. Amarin Mertz (1907-1985), religieux français nommé Supérieur de 1973 à 1981, à la place du P. Theodoor Van de Langenberg, religieux néerlandais, n'avait pas les moyens de faire face à la situation, pas plus d'ailleurs que son successeur, le P. Adrien Masson (1981-1989). Le 15 avril 1990, le P. Robert Fortin, religieux américain, fut nommé Supérieur de Saint-Pierre en Gallicante (1990-1999). Il releva le défi d'assurer un avenir assomptionniste au lieu et, sous son impulsion énergique, le sanctuaire et le couvent furent entièrement rénovés grâce à la prospection de fonds de plusieurs provenances. Il chercha à obtenir le concours d'une communauté de moniales de Saint-Gervais de Jérusalem, acquit celui d'une communauté R.A. en 1991. Pour les travaux de rénovation : A.T.L.P., 1992, n° 88, p. 9-10 ; 1993, n° 94, p. 4-6 ; n° 101, p. 13 ; 1994, n° 110, pages 13-15 ; 1997, n° 134, pages 14-20 (dédicace du sanctuaire). En juillet 1999, le P. Alain Marchadour prenait la relève du P. Fortin comme Supérieur et une communauté d'Oblates celle des R.A. en 2003.

(8) C'est lors de cette visite de l'Empereur allemand, Guillaume II, à Jérusalem le 31 octobre 1898 que la maison de Notre-Dame de France fournit de l'électricité à la ville pour éclairer le quartier ! Le couvent fut le premier bâtiment de la ville à posséder la fée électrique. Le Pèlerin, novembre 1898, n° 1142, p. 2-5, 12-13 ; n° 1143, p. 6-7. Jérusalem fut également en mai 1893 le théâtre d'un Congrès eucharistique international aux allures triomphales, le VIIIème du genre et le premier tenu hors d'Europe, sous la présidence du cardinal-légat Benoît-Marie Langénieux, archevêque de Reims.

(9) Il est plus que juste de relever, même brièvement ici, le rôle important qu'a joué un religieux assomptionniste, le P. Jean Roger Héné (1918-1979) dans la fondation d'une communauté hébraïque catholique sur la terre d'Israël. Nous ne pouvons ici que renvoyer à la notice que nous lui avons consacrée dans le tome III des Notices Biographiques des Religieux de l'Assomption, Rome, 2001, pages 1475-1476.

 

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