Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 4

L’Orient Chrétien

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

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L’Eglise catholique orientale en Bulgarie(1)

Mgr Christo PROYKOV

Premières tentatives d’union

Les tentatives d’union avec Rome commencent avec l’admission même du christianisme en Bulgarie en 864 par Byzance. Le Tzar Boris a réclamé de Photius la constitution de la patriarchie autonome bulgare, mais cela lui a été refusé. En août 866, sont venus à Rome les messagers bulgares, qui ont remis au pape Nicolas un texte étendu contenant plus de cent questions. Les réponses du pape étaient très concrètes et approfondies, mais elles ne donnaient pas une réponse catégorique sur le thème de l’autonomie de l’Eglise bulgare. Le 13 novembre 866 celles-ci ont été remises à Boris par les messagers – les évêques Formosa et Paul.

En 867 d’autres messagers sont venus à Rome et ont remis au Pape la demande de Tzar Boris d’ordonner l’évêque Formosa comme archevêque bulgare. Le pape Adrien II a refusé. Au mois de février 868, Boris a présenté une nouvelle demande, qu’on ordonnât pour archevêque bulgare le diacre Martin. Le pape a de nouveau refusé, et il a présenté la candidature du sous-diacre Silvestre, qui ne fut pas bien accueilli et fut forcé de rentrer à Rome peu après. Alors, Boris a décidé de se tourner vers Byzance.

Du 5 octobre 869 au 28 février 870 le Concile œcuménique s’est tenu à Constantinople. Le Tzar Boris y a envoyé une délégation qui a exposé sa demande de résoudre le problème de l’Eglise Bulgare. Et, lors de la séance extraordinaire du 4 mars 870, il fut décidé de soumettre l’église bulgare à la souveraineté du Patriarcat de Constantinople.

Durant le règne de Kaloyan, eut lieu une nouvelle tentative d’union avec l’Eglise Romaine. En 1199, le pape Innocent III (1199-1216) a envoyé chez Kaloyan l’archiprêtre Dominique, en réponse des « aspirations d’union de l’Eglise bulgare ». Les Grecs ont alors essayé d’empêcher ces préparatifs d’union. Ils ont proposé à Kaloyan une couronne et une titre de patriarcat, mais celui-ci a refusé et les négociations en vue de l’union avec Rome se sont déroulées avec succès. Le 15 octobre 1204, le cardinal Léon est arrivé à Tarnovo. Le 7 novembre, Basile a été nommé primat de toute la Bulgarie et, le lendemain, Kaloyan a été couronné Tzar. En 1207, Kaloyan a été tué près de Thessalonique, mais l’union et les rapports avec l’Eglise romaine ont continué pendant le règne de son successeur Boril. En 1218, Assen II est monté sur le trône. Et, pendant son règne, entre 1232 et 1235, l’union a été violée.

Au début du 17 e siècle, l’Eglise catholique occidentale (latine) est arrivée en Bulgarie, en lien avec le travail missionnaire des franciscains. C’est ainsi que sont apparues les premières communautés catholiques, créées par la conversion au catholicisme de quelques villages pauliciens. Ils constituent la communauté principale, la plus ancienne, la plus grande et la plus stable, des catholiques occidentaux en Bulgarie. L’effort de conversion des habitants de la Bulgarie du Nord (Nikopol), a commencé peu avant 1610 et, pour ceux de la Bulgarie du Sud (région de Plovdiv), dès 1623. Il a pris fin, dans les deux régions, après une cinquantaine d’années.

L’union

L’Eglise catholique orientale a été instituée pendant la deuxième moitié du 19 e siècle. Elle est née en lien avec le développement du processus d’émancipation spirituelle des Bulgares, qui cherchaient à se séparer du Patriarcat grec et s’efforçaient d’avoir une hiérarchie ecclésiastique nationale autonome.

A la fin des années 50 du 19 e siècle, une groupe agissant pour l’autonomie ecclésiastique de la Bulgarie et pour l’obtention d’une juridiction séparée pour le patriarcat de Tsarigrad, eut l’idée d’une union avec Rome. L’acteur principal de cette initiative fut le journaliste et éditeur Dragan Tzankov. En décembre 1860, une délégation d’une centaine de personnes, conduite par des représentants importants du clergé bulgare et des laïcs éminents, se sont rendues auprès du représentant du pape à Tsarigrad, Monseigneur Paolo Brunoni, et lui ont remis une pétition, signée par des milliers de Bulgares, qui demandaient une protection apostolique pour leur autonomie ecclésiastique. Un acte d’union avec Rome fut signé, dans lequel étaient formulées les deux principales demandes de la société bulgare de la « Renaissance » : une hiérarchie ecclésiastique autonome et écoles pour l’éducation nationale. En plus, ils insistaient pour conserver intact le rite ecclésiastique oriental existant.

Quelques mois plus tard, le 2 avril 1861, à la Chapelle Sixtine à Rome, l’archimandrite Yossif Sokolski était ordonné archevêque par le pape Pie IX, pour être à la tête de l’Eglise bulgare, en présence d’ecclésiastiques de haut rang, de figures politiques influentes, de représentants diplomatiques et d’une délégation des Bulgares unis à Rome.

Débuts difficiles

Le développement historique de l’Église catholique orientale bulgare, jusqu’au milieu du 20 e siècle, peut être divisé en trois périodes.

La première commence en 1860 et s’achève une dizaine d’années plus tard. C’est la période la plus brève, mais la plus dramatique. Durant ces années, tous les efforts portèrent sur la préservation de ce qui avait été entrepris. En effet, peu après l’union, l’Eglise nouvelle subissait un coup très dur, avec l’enlèvement et l’envoi en Russie de son guide spirituel, l’archevêque Yossif Sokolski. Cet enlèvement fut l’œuvre de la diplomatie russe qui prétendait défendre l’unité de la religion orthodoxe en Turquie. Ce coup de force a provoqué la première crise grave dans l’histoire de l’Eglise nouvelle, entraînant un sérieux reflux de l’union.

Après plusieurs tentatives infructueuses de nommer un autre prélat à la tête de l’Eglise, la crise fut surmontée avec l’ordination épiscopale de Rafaïl Popov, en novembre 1865. La ville d’Edirne fut choisie comme siège épiscopal. Le début du gouvernement de Monseigneur Popov inaugurait une deuxième période de l’histoire de l’Eglise catholique orientale en Bulgarie, qui a duré jusqu’aux du début du 20 e siècle, les Guerres des Balkans (1912-1913) et la 1 ère Guerre mondiale (1915-1918).

Le Traité de Berlin (1878), au terme duquel la Bulgarie a été constituée comme un pays indépendant, n’a pas influencé notablement la situation des catholiques orientaux bulgares, dont la plus grande partie est restée sur le territoire de la Turquie. Mais l’administration des affaires ecclésiastiques à partir d’un seul centre n’était plus efficace, à cause des grandes distances et des communications peu sûres dans l’Empire. Le souci pastoral des catholiques bulgares, entourés par des orthodoxies, et peu fermes encore dans leur foi, a imposé qu’en 1883 la Macédoine et la Thrace fussent divisées en deux régions ecclésiastiques, avec une administration séparée, chaque région ayant son propre diocèse et son évêque. Et, en ce qui concerne la représentation de l’Église catholique orientale, Rome prévoyait de nommer un archevêque à Tsarigrad. Les évêques nommés pour la Thrace et pour la Macédoine furent les premiers évêques catholiques orientaux bulgares à recevoir leur formation dans instituts et les universités catholiques de théologie.

Les Guerres des Balkans (1912-1913) et la 1 ère Guerre mondiale (1915-1918), ainsi que la période d’après-guerre, furent des années de grandes épreuves. Elles marquent ainsi le début de la troisième période de l’histoire de l’Eglise catholique orientale en Bulgarie. Ce que l’Eglise catholique orientale avait réalisé dans les décennies précédant la guerre, avait été complètement détruit, et l’Eglise se trouvait face à des structures toutes nouvelles, qui ont complètement modifié les orientations de son développement.

Ces épreuves nouvelles furent notamment la conséquence de l’éloignement de l’Eglise catholique orientale par rapport aux lieux de sa création et de son développement initial. Les plus grandes difficultés pour le rétablissement de l’Eglise, après la 1 ère Guerre mondiale, ont été provoquées par la dispersion des émigrés bulgares catholiques de Thrace et de Macédoine parmi la population orthodoxe sur tout le territoire national de la Bulgarie.

Un nouveau développement

La régularisation du statut légal de l’Eglise catholique orientale, sur le territoire bulgare et au sens des lois de l’Etat bulgare, a provoqué de grandes difficultés. De même aussi, l’établissement de son diocèse, le statut de son clergé, l’obtention de la nationalité bulgare (jusqu’à cette époque, la plupart des fidèles étaient sujets turcs), les autorisations légales pour la construction des églises, etc. Le mérite principal dans cet effort de stabilisation et pour surmonter les difficultés concernant l’organisation de l’Eglise sur le territoire bulgare revient aux efforts du clergé, mais il faut mentionner aussi l’importance de l’appui de Rome pendant cette période critique.

En 1925, l’archevêque Giuseppe Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII, est arrivé en Bulgarie comme délégué apostolique. Ses efforts et son action ont largement contribué à surmonter cette grave crise. Grâce à sa collaboration, l’évêque Kiril Kourtev fut choisi comme chef spirituel des catholiques orientaux. Le 5 décembre 1926, à Rome, il fut ordonné évêque titulaire de Briula et Exarque apostolique des catholiques orientaux en Bulgarie, dont il réalisa l’unité.

Le gouvernement de Mgr Kourtev donna une nouvelle impulsion au développement de l’Eglise catholique orientale en Bulgarie. Le projet de l’évêque, dans la perspective d’un renouveau de l’Eglise catholique orientale, était ambitieux : parfaire la structure administrative de l’Eglise sur le territoire bulgare, déployer le service divin et les pratiques ascétiques, développer des structures de formation et diverses formes d’activité sociale inspirées par le catholicisme. Le résultat fut l’apparition de paroisses dotées d’un clergé éclairé et respecté, le développement des communautés de religieuses eucharistines et carmélites, l’entretien des écoles et la fondation d’un séminaire pour l’Eglise catholique orientale, le soutien apporté à la presse catholique et à diverses associations de laïcs consacrées à l’éducation, aux œuvres de charité, à la culture et à des initiatives civiques. Les bonnes traditions et l’activité spirituelle des communautés des Sœurs Joséphites, des Sœurs Oblates et des Pères de l’Assomption exercèrent également une influence bienfaisante dans cette même ligne d’activité.

Au printemps 1941 l’évêque Kourtev démissionna pour motifs de santé. L’administration apostolique fut poursuivie par le prêtre Ivan Garoufalov, ordonné évêque le 1 er novembre 1942, qui administra le diocèse jusqu’à sa mort, le 7 août 1951. Après ce décès, Mgr Kourtev dut reprendre l’administration du diocèse et s’efforcer de le sauver de la destruction pendant le régime communiste, et cela jusqu’à sa mort, le 9 mars 1971.

La période communiste

Après la signature du Traité de Paris, le 10 février 1947, le régime communiste sentit qu’il avait les mains libres pour changer le statut des hiérarchies spirituelles dans le pays et pour entreprendre la destruction systématique des communautés religieuses. Chaque religion devait jouer son rôle dans la transition vers la « nouvelle société ». L’autorité voyait dans l’Eglise orthodoxe bulgare un pont pour le rapprochement du peuple bulgare avec les peuples de l’URSS et de la Yougoslavie dans leur lutte commune contre l’impérialisme.

Une loi de confiscation de la grosse propriété urbaine fut édictée (1948). Au début mai 1949, la loi spéciale sur les religions entra en vigueur. L’esprit et la portée de cette loi visaient à obtenir un contrôle de l’Etat sur le domaine de la foi. Les dispositions de la loi organisant la séparation des communautés religieuses de l’Etat, subordonnaient pratiquement celles-ci aux structures de l’autorité exécutive de l’Etat. L’autorité spirituelle de chacune des religions devait être dotée d’une administration responsable auprès de l’Etat. Un statut spécial déterminait les organes administratifs et de représentation de chaque religion et les modalités de leur élection ou nomination. L’approbation des directions dépendait complètement du Ministère, de même que l’approbation de chacun des prêtres appartenant à des religions qui avaient des relations canoniques avec d’autres pays. Au sens de la loi sur les religions, l’Etat communiste exerçait son contrôle sur les revenus et les biens des organisations religieuses et leur imposait de sévères restrictions. Ainsi tout travail dans le domaine social et de l’éducation, qui constituent une des activités essentielles de l’Eglise, leur était interdit. L’Etat interdisait aussi les manifestations publiques de la foi, et s’opposait à la communication avec Rome, le centre spirituel des catholiques. Cette loi marquait le début de l’écrasement de l’Eglise catholique en Bulgarie, au début des années 50.

Toute l’organisation mise en place au cours des années d’activité sociale de l’Eglise catholique fut placée sous l’administration du Ministère de la santé publique ou du Ministère du travail et de l’assistance sociale, et tous les biens mobiliers et immobiliers de l’Eglise devinrent propriété de l’Etat. Le Ministère des Affaires Etrangères instaura une surveillance sévère et incontournable sur les rapports de l’Eglise catholique avec les représentants de sa hiérarchie, ses organisations ou ses autorités supérieures, qui résidaient hors du territorial national. On interdit l’entrée en Bulgarie de toutes les organisations d’Eglise (ordres, congrégations, missions, etc.), dont le siège était à l’étranger. Il leur fut défendu d’ouvrir en Bulgarie des filiales, institutions de bienfaisance ou de n’importe quel autre type. Et les établissements existants devaient être fermés dans un délai d’un mois après l’entrée en vigueur de la loi. Tous les biens et objets, construits ou recueillis au cours de décennies par les grands efforts de l’Eglise catholique et de ses fidèles : hôpitaux, orphelinats, colonies de vacances, collèges, pensionnats, écoles, etc., devinrent propriété de l’Etat, avec une promesse de « juste indemnité».

L’étape suivante de cette entreprise de destruction commença au début des années 50. En 1950, le Parquet de Sofia releva des charges contre deux prêtres catholiques et un laïc, employé de l’église. Les accusés furent condamnés respectivement à vingt, douze et dix ans de réclusion rigoureuse et à la confiscation totale de leurs biens. Au mois de juin 1952 « à huis clos », le Tribunal de Plovdiv examina « les actes subversifs » de deux prêtres catholiques locaux. Le premier fut condamné à mort et exécuté au début de 1953, et l’autre condamné à plusieurs années de prison. La machine judiciaire amplifiait ainsi son mouvement. Dès la fin du mois de juin et au mois de juillet 1952, des dizaines de prêtres catholiques et quelques fidèles éminents, l’élite de l’Eglise catholique en Bulgarie, furent arrêtés et accusés d’activités hostiles à l’Etat, comme membres d’une « organisation catholique d’espions et de conspirateurs ». Au mois d’août de la même année, le nombre de personnes arrêtées dépassait soixante-dix.

Du 29 septembre au 3 octobre, quarante personnes furent inculpées. Monseigneur Bossilkov, Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Yossafat Chichkov ont été exécutés le11 novembre de la même année, et trente-six sentences de réclusion rigoureuse furent prononcées. En novembre 1952, un nouveau procès était intenté contre des prêtres et des laïcs catholiques. Le Tribunal prononça encore une sentence de mort et neuf condamnations à plusieurs années de prison. Un grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses de différents ordres, qui n’étaient pas appelés au tribunal, furent envoyés au travail forcé dans les « pensionnats de travail et d’éducation ». Le résultat de tout cela fut une longue période d’effondrement de la vie spirituelle et la destruction pratiquement totale des communautés spirituelles catholiques en Bulgarie.

Le 12 mars 1953 fut édicté un décret secret, non publié au Journal Officiel, le Décret n° 88, au terme duquel les biens qui n’avaient pas été expropriés en 1948 étaient maintenant confisqués. L’Eglise catholique de Bulgarie fut seulement laissée en possession des églises, avec, dans la majorité des cas, une bande de deux mètres de terrain autour. Les gens devaient vivre dans les églises ou dans les caves. Au milieu des années 60, l’Eglise a réussi à rétablir l’essentiel de ce qui fait son existence spirituelle : reprise des messes, de la prédication des dimanches et des fêtes religieuses. Tout cela, bien sûr, dans les limites étroites, et avec le petit nombre des prêtres restés indemnes. A cette même époque, le retour des prêtres catholiques qui avaient été condamnés exerça une influence bénéfique sur le processus de la stabilisation de la vie spirituelle dans les diocèses. La persécution directe de l’Eglise a pris fin, mais pas la surveillance. Tous les moyens étaient bons lorsque le pouvoir voulait s’opposer à une activité de l’Eglise.

La restauration du clergé et des autorités hiérarchiques de l’Eglise catholique n’a pas cessé de poser problème, en raison des restrictions difficilement surmontables imposées par l’autorité communiste. Les conséquences de ces restrictions peuvent être observées encore aujourd’hui. Durant cette période, l’ordination des prêtres ou la mise en place de responsables dans les diocèses ou dans les ordres religieux, imposait de se soumettre à un long processus, toujours accompagné d’événements inattendus et d’obstacles imprévisibles soulevés par les autorités officielles.

Pendant toute la période du gouvernement des communistes, les responsables de l’Eglise ont cherché à résoudre le problème de la reconnaissance du statut juridique de l’Eglise catholique et à obtenir la restitution des biens ecclésiastiques illégalement expropriés. Ces problèmes figuraient aussi au programme des discussions lors des rares rencontres de représentants de l’autorité avec les quelques délégations du Vatican qui ont pu venir en Bulgarie à la suite du réchauffement des relations Est-Ouest au milieu des années 70. Mais le problème est resté sans solution jusqu’à la chute du régime communiste. La reconnaissance du statut juridique de l’Eglise catholique bulgare fut un des premiers événements importants qui ont aidé à son rétablissement au début de la dernière décennie du 20 e siècle, après la chute du Mur de Berlin.

Aujourd’hui

Après le 10 novembre 1989 a commencé cette dernière partie de notre histoire, celle dont nous sommes témoins et participants. Mais beaucoup de défis se présentaient encore à nous. L’Eglise catholique était restée fidèle à sa mission, mais elle était encore affaiblie. Les prêtres étaient âgés, la base réduite, les cadres non préparés, la foi faible, et la confiance limitée.

Un processus de croissance progressive s’est mis en route. En 1990, les premiers séminaristes sont partis faire des études en Europe de l’Ouest. Le nombre de personnes en recherche de foi a augmenté. Des prêtres appartenant à des communautés religieuses ayant une longue tradition sont arrivés en Bulgarie, ainsi que d’autres, plus récentes. De nouvelles organisations spirituelles et culturelles se sont formées… Mais lorsque des prêtres devaient venir de l’étranger, on rencontrait de sérieux problèmes administratifs et financiers : visas d’entré et taxes. En 1992, le Décret n° 88 de 1953 a été aboli. Mais ce qui avait été pris en un jour, n’est pas encore toujours restitué. Les biens expropriés au sens de la loi de la grosse propriété urbaine et de la loi sur les religions ne sont pas restitués.

Au mois de mai 2002, le Saint-Père Jean Paul II a visité la Bulgarie. C’était la première visite d’un pape au cours de notre histoire de 1.300 ans, ce qui représente, sans aucun doute, un signe des changements survenus dans la société bulgare. Outre le sens spirituel mystérieux du contact avec le chef de l’Eglise catholique romaine, la visite du Pape Jean Paul II a donné aux catholiques l’espoir d’un avenir meilleur et apporté une consolation à ceux qui ont survécu aux persécutions contre l’Eglise pendant la deuxième moitié du 20 e siècle. L’évêque de Nikopol, Evgeniy Bossilkov, exécuté en 1952, avait été béatifié en 1998. Et le 26 mai 2002, à Plovdiv, le pape a béatifié Kamen Vitchev, Yoassafat Chichkov et Pavel Djidjov, religieux assomptionnistes et prêtres catholiques, exécutés le 11 novembre 1952. Mais la visite du Saint-Père ne comporte pas uniquement un message pour surmonter les blessures du passé. Après les célébrations jubilaires au début du troisième millénaire, sa venue en Bulgarie prend aussi le sens d’un bon message pour l’avenir. Plusieurs églises récemment construites en sont peut-être le témoignage.

Note :

(1) Le 28 août 2007, dans le cadre du Stage de formation à la Mission d’Orient organisé par l’Assomption à Plovdiv du 25 août au 15 septembre 2007, Mgr Christo PROYKOV, Exarque Apostolique de Sofia, a donné une conférence en forme de témoignage. Le texte que voici, dont l’intervention orale s’est largement écartée, avait été distribué aux auditeurs.

 

 

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