Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
20. Opinion du P. Freyd (1871)
Autre confident de l’abbé Dehon à Rome, le directeur du Séminaire pontifical français, le spiritain Melchior Freyd que le P. d’Alzon connaissait également personnellement et auquel il venait de confier pour le temps de leurs études théologiques deux religieux, les PP. Alexis Dumazer (1844-1894) et Jules Ferret (1845- ?). Ces derniers avaient laissé percer des sentiments qui n’honoraient pas l’enseignement supérieur ecclésiastique de Rome.
« A propos de l’Assomption, je vous dirai que la ferveur du P. d’Alzon pour les hautes études des siens est tombée comme une omelette soufflée. Les PP. Alexis et Jules, qui ont pris leur doctorat en philosophie, ne reviendront plus. Je sais que le P. Alexis est parti peu content de l’enseignement philosophique et théologique du Collège Romain, et je crois qu’il a communiqué ses impressions à son Supérieur et à ses collègues. Le jugement du P. Alexis est bien superficiel et il est étonnant qu’un jeune homme qui s’est occupé de littérature se pose en juge de professeurs et d’un enseignement tels que les a le Collège Romain. Je regrette qu’on n’ait pas laissé arriver jusqu’à vous le pauvre ami Désaire. Ce cher enfant est toujours enfant par le cœur. On l’a lancé un peu dans la prédication à Paris et dans une activité qui lui va bien. Mais enfin je me demande ce que c’est qu’un noviciat pareil pour acquérir un esprit religieux qui doit être la base solide d’une vie d’abnégation, de sacrifices et de sanctification… ».
D’après une lettre de l’abbé Melchior Freyd (+ 1875), spiritain, alors supérieur du Séminaire pontifical français de Rome, du 23 août 1871 à l’abbé Léon Dehon (1843-1925), lettre publiée par les Pères du Sacré Cœur, dans Notes sur l’histoire de ma vie, IX, p. 134.