Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
26. Polémique avec Francique Sarcey (1876)
La querelle sur la question de la liberté de l’enseignement avait semblé trouver un apaisement durable et une solution satisfaisante dans l’hémicycle parlementaire avec le vote de la loi Laboulaye (1811-1883) en 1875, quant au degré supérieur. La mise en place d’Universités catholiques en France ne put s’affranchir cependant d’une franche hostilité de la part de ses adversaires déclarés : ces derniers vont mettre à profit les grands bouleversements politiques et électoraux qui se préparent dans l’opinion publique et les mentalités. Des évolutions fondamentales, à partir de 1877, vont modifier le paysage institutionnel du pays avec la victoire des républicains. L’Eglise paiera alors le prix fort de ses demi-victoires et la première législation, péniblement acquise tout au long du XIXème siècle, sera remplacée par celle du ‘rouleau compresseur’ imparable de la doctrine étatiste : un enseignement gratuit, laïc et obligatoire aux mains d’un camp qui se confond avec l’Etat.
« Monsieur,
On me met sous les yeux un article de vous, où vous dites que j’ai, dans le temps, demandé la révocation du proviseur du lycée de Nîmes. Permettez-moi de mettre au défi qui que ce soit de prouver une pareille assertion. Je fais , en mon âme et conscience, les vœux les plus ardents pour que le proviseur qui gouvernait le lycée de Nîmes, il y a plus d’un an, y reste le plus longtemps possible. A la vérité, j’ignore s’il y est encore ou s’il n’y est plus.
Vous attaquez le Conseil municipal de Nîmes. Ceci n’est pas mon affaire. Vous terminez par ces paroles : ‘Voilà le grand mot lâché, l’enseignement libre, c’est l’abbé d’Alzon’. Non, Monsieur, l’enseignement libre, ce n’est pas l’abbé d’Alzon ; car à côté de l’Assomption, dont je m’honore d’être le fondateur, il y a à Nîmes le collège Saint-Stanislas, fréquenté par deux cents élèves catholiques, et, ce qui est bien plus fort, une maîtrise que Mgr Besson va transporter dans son évêché, pour y donner l’éducation aux enfants des parents qui préfèrent l’externat. Je vous assure que j’ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour voir surgir cet établissement à côté du mien… ».
Lettre du P. d’Alzon à Francisque Sarcey (1828-1899), Nîmes, 3 juillet 1876 d’après Lettres d’Alzon, tome XI, pages 397-398.