Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
27. L’arbre de l’Assomption (1879)
Signalons cet essai d’un professeur de lettres de l’enseignement libre, philologue, critique et publiciste catholique, reconnu par Littré (1801-1881) et Sainte-Beuve (1804-1869) : Frédéric Godefroy, qui voulut entreprendre une sorte de dictionnaire de la littérature française, des dialectes de France et des institutions de l’enseignement libre. C’est dans cette optique qu’il rencontra le P. d’Alzon à Nîmes en 1877 avant d’écrire les pages qui valorisèrent la part de l’Assomption dans le développement de collèges chrétiens.
« Dieu s’était plu à bénir de bonne heure l’Ordre des Assomptionnistes et leur zélé fondateur. De 1856 à 1873, on voit se former partout, au Midi et au Nord de la France, à Rome même, de nouvelles communautés. Celle de Rome, où de nouveaux religieux furent envoyés en petit nombre, mais à quatre reprises, était destinée à devenir comme la pépinière des hommes de doctrine de l’Ordre. Puis, les œuvres se succèdent sans interruption.
En 1860, l’Australie reçoit des missionnaires de l’Assomption ; ils fondent, en 1864, une autre mission très importante dans la Bulgarie. En 1865, la maison régulière du noviciat s’établit au Vigan, dans les Cévennes. A Paris, le collège de Clichy-la-Garenne se transforme en maison de résidence pour les œuvres et la prédication, et désormais elle sera le berceau d’une foule d’œuvres qui s’épanouiront plus tard. Le nombre des religieux Augustins de l’Assomption s’accroît tellement, en 1865, et ils travaillent partout avec tant de zèle, qu’un jour le glorieux Pie IX put dire au vénéré fondateur : ‘Père d’Alzon, je bénis vos œuvres de l’Occident et de l’Orient’. Cependant, pour les écoles et les hôpitaux des Missions étrangères, des religieuses étaient nécessaires. Le R.P. d’Alzon, en 1867 (sic), crée l’Ordre des Oblates de l’Assomption, et bientôt on les voit, à Andrinople, se dévouer au service de l’enfance et des malades. Tout le monde sait que, dans la récente guerre qui a ravagé la Bulgarie, leur dévouement a excité l’admiration des Russes et des Turcs. C’est encore en 1867 que la congrégation de Nîmes reçut le R.P. Halluin et, avec lui, l’œuvre si belle et si touchante des Apprentis et Ouvriers orphelins.
Mais l’œuvre par excellence, c’est l’œuvre des alumnats. Elle est inspirée par les plus anciennes traditions de l’Eglise… ».
D’après Frédéric Godefroy (1826-1897), auteur d’un opuscule : Les Pères Augustins de l’Assomption. Etudes sur les principaux collèges chrétiens, t. VI, 1879, pages 245-246.