Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
30. Le P. d’Alzon et l’œuvre Saint-François de Sales (1881)
La mémoire du P. d’Alzon, après sa mort, fut notamment saluée avec sympathie par un ancien compagnon et ami, Mgr de Ségur (1820-1881), le directeur de l’œuvre de Saint-François de Sales qui savait tout ce qu’elle devait au P. d’Alzon. Il y eut de façon générale un concert d’éloges reconnaissants dans la presse catholique de l’époque, surtout de la part des ecclésiastiques engagés.
« Le P. d’Alzon a été, de concert avec Mgr Mermillod, le véritable fondateur ou plutôt le principal instigateur auprès du grand Pape Pie IX, de sainte mémoire. Le P. d’Alzon et Mgr Mermillod ayant appelé instamment l’attention du Pontife sur les dangers imminents que faisait courir à la foi la recrudescence de la propagande réunie des sectes protestantes, des sociétés secrètes et des libertés révolutionnaires dans lesquelles se résument et la révolution et le libéralisme, Pie IX leur exprima à deux reprises le désir qu’il avait de voir s’établir et s’organiser dans les pays catholiques une grande Association de foi, de prières et d’aumônes, qui fût, ajoutait le Saint-Père ‘comme une sorte de Propagation de la foi à l’intérieur’.
Sur cette parole, tombée de si haut, le P. d’Alzon et Mgr Mermillod vinrent à Paris, la grande ville du bien et du mal, et songèrent aux moyens de réaliser sans délai la salutaire pensée du Souverain Pontife. Ils vinrent me trouver, me demandant simplement l’hospitalité de mon modeste salon, pour y réunir, sur un terrain exclusivement catholique, les principaux représentants des hommes d’œuvres, ecclésiastiques, religieux et laïques. On ne me demanda pas d’autre concours…
Au bout de deux ou trois mois, le R.P. d’Alzon, ravi de son succès, me laissa me débrouiller de mon mieux, et retourna à Nîmes, où l’appelaient d’ailleurs ses grands travaux. C’est ainsi que le R.P. d’Alzon a été le véritable fondateur de notre chère Œuvre de Saint-François de Sales… ».
Souvenir de Mgr de Ségur, dans le Bulletin de Saint-François de Sales, janvier 1881, p. 13 et suivantes. Texte reproduit dans Pages d’Archives, mai 1958, nouvelle série n° 8, pages 253-254.