Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

31. Propos rapporté par le P. Bouvy (1893)

Les années commémoratives sont favorables à l’éclosion des souvenirs. La première manifestation publique d’envergure qui suivit la mort du P. d’Alzon et les développements de l’Assomption comme Congrégation, concerne l’inauguration d’une statue en son honneur, due au ciseau de Falguière (1831-1900), placée à l’intérieur du premier collège historique de l’Assomption, à Nîmes. L’Association des anciens élèves obtenait pour la même circonstance le transfert des restes du Fondateur dans la chapelle du collège, au même lieu (avenue Feuchères).

«… J’ai fini, j’ai été long, beaucoup trop long, je ne veux pas m’en défendre. Cependant j’ai dit bien peu. J’ai laissé dans l’ombre bien des œuvres et bien des combats où le P. d’Alzon s’est montré homme de doctrine et où sa doctrine rayonna sur le monde.

Il y a un mot d’une femme du peuple qui en dit plus, dans sa simplicité, que les plus longs discours. Lorsque le P. d’Alzon passait devant elle, elle se sentait émue, saisie d’admiration. Sa haute taille, son air de gentilhomme, sa démarche imposante, presque guerrière, sa tête aux traits puissants et majestueux, son regard ferme et ouvert, tellement limpide qu’on y lisait tout son cœur, et tellement pénétrant qu’on se sentait lu par lui jusqu’aux fibres les plus intimes ; son front rayonnant de pensée, d’intelligence, de vérité, tout cela, c’était le dehors, le prestige extérieur, l’aspect visible à tous les yeux, mais tout cela révélait le dedans, l’invisible beauté d’une âme sacerdotale, lumineuse et rayonnante. Ne sachant comment exprimer cette admiration ineffable, cette pauvre femme disait : ‘Quand je vois passer M. d’Alzon, il me semble que c’est toute l’Eglise qui passe’ ».

Discours du P. Edmond Bouvy (1847-1940) à l’occasion de l’inauguration de la statue du P. d’Alzon en 1893 à Nîmes. Texte reproduit dans L’Assomption et ses œuvres, 1914, p. 146 et Pages d’Archives, 1958, nouvelle série n° 8, p. 280-281.

 

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