Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
33. L’Assomption par elle-même : Tu quis es ? (1893)
Après la mort du P. d’Alzon en 1880, la Congrégation des Augustins de l’Assomption qui ne s’était pas développée numériquement jusque-là, connut un vigoureux essor, grâce notamment aux alumnats et à la notoriété de quelques apostolats typés, comme les pèlerinages et la presse. Le P. Picard eut l’idée de présenter le visage de cette Congrégation encore nouvelle dans le panorama des Instituts religieux nés au XIXème siècle : effort de communication et de visibilité ad extra tout à fait conséquent pour une Congrégation qui s’intéressait au monde des médias.
« Le sort des Congrégations naissantes est semblable à celui de saint Jean-Baptiste au désert. De toutes parts on leur demande : ‘Tu quis es ?’. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Quelles sont vos œuvres ? Pourquoi agissez-vous ainsi ? Pourquoi n’êtes-vous pas comme tout le monde ? N’y a-t-il pas assez d’Ordres religieux dans l’Eglise ?
Tel est aussi notre sort, à nous, religieux de l’Assomption. Les uns nous questionnent avec cette curiosité qui laisse une certaine méfiance ou aigreur ; le plus grand nombre, avec une vraie bienveillance.
J’espère que l’avenir calmera les inquiétudes et répondra aux méfiances des premiers. Quant aux hommes bienveillants, qui aiment nos œuvres et voudraient entrer dans le mouvement qui se fait autour de l’Assomption, nous leur avons répondu jusqu’ici : Venez et voyez. Cette réponse ne saurait suffire au grand nombre. Espérons que ce livre répandra quelque lumière et nous fera mieux connaître.
Nous sommes nés d’hier, et néanmoins nous avons déjà un grand nombre d’œuvres. Il est difficile à chacun de nos amis de les embrasser toutes. Chacun d’eux s’imagine que nous n’en faisons qu’une, celle qu’il connaît, et en est étonné. De là des questions innombrables… ».
Extrait de l’article donné par le P. Picard en 1893 dans un numéro spécial de la revue L’Assomption et ses Œuvres, texte réédité à plusieurs reprises, complété et actualisé à chaque fois, reproduit notamment dans un petit livre intitulé de même L’Assomption et ses œuvres, Paris, B.P., 1914, pages 5-6.