Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
38. Augustins de l’Assomption dans l’Annuaire Pontifical Catholique (1899)
Il est arrivé que les Assomptionnistes aient tiré quelque bénéfice ou avantage de leurs productions journalistiques à Bayard Presse. Ce n’est pourtant pas leur habitude et ce n’est pas, en tout cas, un traitement de faveur que leur offrit la publication de Mgr Battandier en 1899, puisqu’il était étendu à toutes les familles religieuses au fur et à mesure des années de parution de la revue. L’article offre un intérêt documentaire certain pour l’année en question, 1899, année même où la Congrégation va entrer dans le cyclone médiatique et dans la caisse de résonance politique. Publié dès sa création en 1898 par la maison de la Bonne Presse, la revue fut reprise à la mort de Mgr Battandier en 1921 par le P. Chardavoine (1869-1944), collaborateur de longue date.
« Le R. P. d’Alzon, né au Vigan, le 30 août 1810, et mort à Nîmes, le 21 novembre 1880, fondait en 1845 l’Institut des Augustins de l’Assomption. Le but du nouvel Institut était d’abord la sanctification de ses membres par la dévotion au Saint Sacrement, l’amour de la Sainte Vierge et de l’Eglise, puis les principales œuvres de zèle par lesquelles on peut ramener à Dieu ceux qui en sont éloignés, ou retenir dans le droit chemin ceux qui ont le bonheur d’y être. Les corporations d’ouvriers, les confréries, les œuvres populaires et de prière, la diffusion des principes catholiques par l’enseignement et la presse, les pèlerinages ont été leurs principaux moyens d’action. A ceux-ci, il faut ajouter, bien qu’elles soient encore moins connues parce qu’elles sont plus récentes, leurs œuvres dans l’Orient, et qui font partie de leur but primitif.
Le Souverain Pontife leur a dernièrement assigné une part importante dans le grand travail de retour des Orientaux schismatiques à la foi catholique et la réforme du clergé oriental. Les Augustins de l’Assomption ont donné toute leur ardeur à cette entreprise, la traitant comme leurs autres œuvres et avec le même succès. La commençant par les pèlerinages de Jérusalem, qui ont été les premiers pas dans cette voie, ils ont continué par des missions en Bulgarie, puis à Constantinople, où ils ont paroisses et collège, et enfin par les revues qui font connaître aux latins l’Orient et ses multiples besoins.
Mais les œuvres des Pères de l’Assomption, et surtout leurs œuvres de presse, ont un cachet spécial qu’il faut signaler. Ce sont avant tout des armes de combat, de lutte contre la révolution, de guerre aux Sociétés secrètes par les associations de tout genre et ligues de prières. Les œuvres de presse des Pères de l’Assomption ont eu un développement qu’ils n’espéraient pas eux-mêmes.
Les chiffres que nous donnons ci-dessous et qui remontent au commencement de l’année 1898, montrent à quel point le succès a couronné leur audacieuse initiative. Si on veut en trouver la raison, il a suffit de se rappeler que le grand moteur de toutes ces œuvres est la prière, et que leurs principales publications ne sont pas seulement une arme de combat, un enseignement perpétuel de la doctrine catholique, mais une prière continuelle.
Croix quotidienne 180 000
Croix du dimanche 510 000
Croix des Marins 10 000
Pèlerin 176 000
Vie des Saints 500 000
Cosmos 4 000
Questions actuelles 7 000
Contemporains 35 000
Noël 10 000
Causeries du dimanche 150 000La Congrégation des Pères de l’Assomption, nom sous lequel on les désigne plus communément, reçut, le 1 er mai 1857, le décret de louange, et, le 23 septembre 1864, celui d’approbation de l’Institut. La devise de l’Assomption est la parole du Pater : Adveniat regnum tuum, et toutes ses œuvres portent ce divin cachet. Les Augustins de l’Assomption ont semé dans la prière : Dieu a béni la moisson ».
D’après l’Annuaire Pontifical Catholique de Mgr Albert Battandier (1850-1921), B.P., 1899, page 314.
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Mgr Albert Battandier (1850-1921)