Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
4. Nouvelles données au nom du P. d’Alzon sur l’Assomption de Nîmes (1848)
C’est dès la fin de l’année 1843 que l’abbé d’Alzon s’est trouvé à la tête d’une institution scolaire à remonter à Nîmes, le collège de l’Assomption, qui va devenir son véritable milieu de vie jusqu’à la fin de ses jours et le berceau de sa première Congrégation. Après une année d’organisation et de mise en place d’un corps professoral à la hauteur, la préoccupation de l’abbé d’Alzon fut d’obtenir pour son collège une pleine liberté d’exercice, à une époque où la question de la liberté de l’enseignement secondaire pour l’Eglise faisait la une de l’actualité politique et parlementaire.
« Ne vous alarmez pas si je vous écris encore aujourd’hui au nom de M. d’Alzon : nous avons tous ici, grâce à Dieu, une santé suffisamment bonne, mais l’Assomption vient de perdre un de ses jeunes enfants, et M. le Directeur n’a pas un moment à lui ; il tient cependant à vous faire part de certains faits. M. Chapot, s’il vous est possible de le voir à son arrivée, vous parlera en détail des entretiens qu’il a eus avec notre Père, d’une démarche expresse faite par une partie de la députation du Gard auprès du Préfet en faveur de notre plein exercice. Il vous dira la bienveillance toute particulière témoignée par ce fonctionnaire à M. d’Alzon. Mais je dois vous annoncer, comme contre-partie de ces heureux présages, que le ministre n’a encore demandé aucun renseignement ni pris à Nîmes aucune information, ce qui justifie peu la confiance de M. Buchez ou témoigne au moins d’une négligence complète dans les bureaux. Pendant que nous sommes à attendre, le 10 décembre approche rapidement : si Napoléon réussit, toutes nos espérances sont brisées ; si Cavaignac l’emporte, nous devons après l’issue de l’élection nous attendre à rencontrer moins de bonne volonté dans le gouvernement. Il y a donc urgence et nécessité de presser jusqu’à l’importunité M. Freslon, en ne négligeant aucun moyen, aucune démarche pour obtenir de lui une décision immédiate ; peut-être en consultant directement M. Monnier, notre ex-commissaire extraordinaire qui nous serait très favorable, pourrait-on éviter les longueurs de la filière administrative ?
Vous êtes, Madame la Supérieure, la seule personne en qui M. d’Alzon ait une confiance absolue pour mener à bonne fin, vite et convenable, une affaire de quelque importance. Aussi s’en remet-il complètement à vos bons soins dans cette circonstance. Vous ferez toujours pour le mieux. Intéressez vos bonnes religieuses au salut de l’âme de notre petit défunt, en leur demandant quelques ferventes prières… ».
D’une correspondance, inédite, du Frère Victor Cardenne (1821-1851), un des premiers religieux A.A., adressée à Mère Marie-Eugénie de Jésus (1817-1898), Nîmes, 2 novembre 1848 (ACR OF 180).
Collège de l’Assomption à Nîmes,
fondé par l’abbé Vermot en 1838, repris et agrandi par le P. d’Alzon en 1843.