Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
43. Opinion de Jacques Rocafort, dans L’Univers (1910)
Le journal L’Univers fut le quotidien préféré du P. d’Alzon qui communiait à toutes les idées ultramontaines défendues par la publication. Il arriva au P. d’Alzon de s’en démarquer sur tel ou tel point, lorsqu’en particulier une polémique lui paraissait inopportune ou lorsqu’une cause lui semblait traitée de façon outrancière. Le journal La Croix attendit la mort de Louis Veuillot en 1883 pour paraître et ne pas créer à sa rédaction une situation de concurrence.
« Je n’ai pas connu personnellement le P. d’Alzon, mais presque, tant j’en ai entendu parler par des témoins directs de sa vie : au Vigan, son pays natal ; à Nîmes, dans ma famille et parmi les religieux de la Congrégation qu’il a fondée. Je vois encore, au milieu de la cour du collège de l’Assomption, le marbre blanc de Falguière qui le représente, sévère et dominateur, les bras croisés sur la poitrine suivant un geste familier. Un homme qui n’est pas un pur bavard, même éloquent, un homme qui a fait quelque chose, plaît toujours. Quand c’est un catholique, et un catholique romain, il m’enthousiasme. C’est pourquoi la vie et les œuvres du P. d’Alzon me comptent depuis longtemps parmi leurs admirateurs, et son centenaire, que viennent de célébrer dans la bonne ville de Nîmes, en présence de son digne successeur actuel, le P. Emmanuel Bailly, trois évêques dont l’estime amicale m’honore depuis de si longues années, a éveillé dans mon âme un écho que volontiers je dirai aux lecteurs indulgents de ce journal… ».
Extrait de l’article paru dans L’Univers, du journaliste Jacques Rocafort, du 2-3 novembre 1910, reproduit dans Pages d’Archives, mai 1958, n° 8 nouvelle série, page 226.