Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

46. Préface du tome I de la Vie du P. d’Alzon par le P. S. Vailhé (1926)

Le P. Vailhé put enfin donner en 1926 le premier tome de la magnifique biographie qu’il consacra, sur le désir de la Congrégation, au P. d’Alzon décédé 46 ans auparavant. Des essais avaient bien été tentés jusque-là, mais ils n’avaient ni le caractère scientifique, ni le ton littéraire ni encore la sûreté documentaire de cette étude magistrale. L’ouvrage du P. Vailhé fit date, il fut d’ailleurs couronné par un prix de l’Académie française. On peut même dire que tout ce qui parut ensuite comme biographies du P. d’Alzon, à part quelques corrections et précisions portant sur des points particuliers, ne put véritablement s’en affranchir.

« Sans être un saint au jugement de l’Eglise et sans que nous voulions le moins du monde prévenir les décisions de ce suprême tribunal, le prêtre dont nous essayons de reconstituer l’existence n’en fut pas moins un bon serviteur de Dieu, de l’Eglise et des âmes. Bien que sa forte personnalité, son caractère hardi et entreprenant aient suscité des appréciations diverses, son désintéressement absolu n’a jamais été contesté, pas plus que son dévouement. Un de ses intimes disait de lui : ‘S’il fallait se jeter dans les flammes du purgatoire et y rester pour sauver une âme, il n’hésiterait pas un seul instant’. Un autre ajoutait : ‘Quand il sera mort, il descendra au purgatoire, où les meilleurs de nous font un petit séjour ; du premier coup d’œil, il aura tout examiné et dira aussitôt au maître du lieu : Bah ! il n’y a pas de bien à faire ici, et alors je m’en vais’.

Ce jugement, qui semble différer du premier, dit au fond la même chose : l’impétuosité de son zèle et la pureté de ses intentions. Evidemment, cet homme-là n’a pas à redouter les indiscrétions. C’est pourquoi, la vie que nous écrivons ne fait guère appel qu’à ses lettres, à celles de ses correspondants, aux souvenirs de ceux qui furent mêlés de près à son apostolat et à la banalité de ses actions journalières… ».

Extrait de la Préface, par le P. Siméon Vailhé (1873-1960), de la Vie du P. d’Alzon, t. I, Paris, B.P., 1926, p. VI-VII.

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