Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

50. Opinion de M. Vincent (1930)

L’année 1930 est aussi une année commémorative puisqu’elle marque le cent-vingtième anniversaire de la naissance du P. d’Alzon (1810). C’est dans la profondeur de sa vie spirituelle que l’on s’attache à trouver dès lors les qualités majeures de son existence et de son expérience, laissant à la mobilité du temps le caractère forcément anachronique de certains de ses combats ou de certaines de ses actions.

« Le P. Emmanuel d’Alzon était né au Vigan le 30 août 1810. Après de fortes études à Paris, il brisa tout à coup avec la plus brillante carrière qu’aurait pu rêver un jeune homme de son rang, et entra au séminaire. C’est à Rome qu’il alla se préparer au sacerdoce et puiser cet amour du Pape et de l’Eglise qu’il a laissé en héritage à ses fils. Il fut ordonné prêtre en décembre 1834. Ses hautes qualités autant que sa science et sa piété le portèrent presque aussitôt aux plus hautes charges du diocèse. Malgré son âge, il fut nommé vicaire général de Nîmes et le resta toute sa vie.

Sa vie de prière et ses austérités étaient celles d’un moine. Veilles prolongées, cilices, disciplines sanglantes, rien ne lui manque des pratiques des saints. En l’ensevelissant, on trouva les marques de larges brûlures qu’il se fit un jour pour éprouver ce que pouvait être le purgatoire. Sa charité pour les pauvres était légendaire. Quand, il n’avait pas d’argent, il leur donnait son linge malgré les reproches sévères de sa pieuse mère, sans cesse occupée à renouveler le trousseau de celui qu’elle appelait ‘son grand pauvre’.

Un mot pour conclure. Quelle est donc la force mystérieuse qui s’empare ainsi d’un jeune homme heureux et fortuné selon le monde pour en faire un prêtre, un religieux, un ascète ? Cette force… c’est l’amour de Jésus-Christ. Le P. d’Alzon ne sera pas le dernier à en subir l’emprise fascinante et irrésistible ».

Extrait de l’article paru dans La Croix du Dimanche, le 16 novembre 1930, intitulé Les adieux d’un saint et signé M. Vincent. S’agit-il du futur Mgr Albert Vincent (1879-1968), professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg ?

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