Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

53. Impressions d’un ancien élève de l’Assomption de Nîmes (1930)

Un potache se souvient de ses années d’étude au Collège de l’Assomption qu’il revit dans l’aura épique des bons mots ou des hauts faits auxquels la connaissance du futur finit toujours par donner une couleur ou une lumière prophétique.

« Toute l’histoire de l’Assomption témoigne de cet entrain. Pour ce qui est des débuts, je puis vous dire que ceux de ma classe ne furent pas des endormis, ah ! mais non ! Ce n’était pas un endormi, certes, mon bon ami de Négrier qui devait plus tard se couvrir des plus beaux lauriers militaires. Pourtant permettez-moi de vous citer ce trait de lui. Un jour que nous étions sur les rangs et que nous marchions sous les yeux d’acier de M. Saugrain, avec un ensemble impeccable, voilà que, devant moi, brusquement, de Négrier fit un écart contraire à la discipline. Cet écart avait pour cause l’arrivée d’un vol de moustiques. Quelques instants après je me moquais de mon ami en lui disant : ‘Comment donc feras-tu sous la mitraille, puisque tu veux être soldat, toi qui as capitulé devant un vol de moustiques ?’ De Négrier me regarda avec son beau regard plein de fierté : ‘Ne sais-tu pas, me dit-il, que Napoléon Ier tremblait devant une toile d’araignée ?’ ».

Souvenir de Camille Olive, doyen des anciens élèves de l’Assomption en 1930, âgé de 94 ans. Propos rapporté par le P. René Bertrand (1874-1938), Marseille, novembre 1930. Pages d’Archives, mai 1958, nouvelle série n° 8, p. 251.

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