Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
54. Une rue d’Alzon à Nîmes (1934)
A Nîmes, ‘ville blanche’ du Midi jusque dans les années 1880, devenue par la suite ‘ville rouge’, la persistance du souvenir d’un P. d’Alzon, croisé anti-protestant ou figure catholique conservatrice tenant de l’Ancien Régime, n’encourageait guère la municipalité plutôt radicale-socialiste à honorer une rue de son nom et à lui faire la faveur d’une reconnaissance posthume. Le pas fut cependant franchi entre les deux guerres ; mais le quartier retenu, à l’écart du centre-ville, et la modestie de la voie choisie, de l’autre côté du mur du cimetière Saint-Baudile, ne pouvaient donner à ce geste l’éclat d’une revanche ou d’une victoire posthume de quelque importance.
« Emmanuel d’Alzon, né au Vigan (1810-1880), fonde à Nîmes en 1850 (sic) la Congrégation des Pères Augustins de l’Assomption. Il créa à Nîmes le collège de l’Assomption (collège Feuchères aujourd’hui). Son tombeau et sa statue se trouvaient dans cet établissement où il mourut. Ils ont été transférés à l’Institut d’Alzon, rue Séguier, à la suite de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le professeur nîmois Guy Dupré a publié un ouvrage sur le Père d’Alzon.
Jusqu’à l’arrêté du 23-4-1934, la Rue du Père d’Alzon s’appelait Rue de la Cité Jeanne d’Arc. En 1933, le maire Hubert Rouger attire l’attention du conseil municipal sur les cas de deux ou plusieurs rues portant la même appellation ; entre autres la Rue Jeanne d’Arc près de la préfecture et la Rue Cité Jeanne d’Arc au quartier de Grézan. Cette dernière devient alors Rue du Père d’Alzon. Il avait été demandé que la Rue des Rosiers, et la Rue de la Cité Dumas qui faisaient suite à la précédente, malgré un décrochage au niveau de la Rue de Grézan, s’appellent aussi Rue du Père d’Alzon. La proposition fut rejetée et on créa la Rue Numa Baragnon (le décrochage existe pourtant aujourd’hui encore, pour la Rue de la Samaritaine) ».
D’après Aimé Serre, Les rues de Nîmes, Espace Sud éditions, 1989, page 22.