Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
57. Qu’est-ce qu’un Assomptioniste (1941)
Le P. Gervais Quenard fit paraître en 1941 ce fascicule de 32 pages, de petit format, présentant les grandes lignes de l’histoire des Assomptionnistes et les différentes familles religieuses de l’Assomption. Le monde est alors en pleine guerre ; mais dans la France du temps, coupée en deux, la législation de Vichy entendait revenir sur celle de la IIIème République radicale et anticléricale qui avait banni tous les Instituts religieux de son sol, spécialement les congrégations enseignantes, à commencer par celles dites non autorisées. Les activités apostoliques de l’Assomption sont résumées en 5 catégories : collèges, vocations, Bonne Presse, ministère des âmes, missions.
« On a appelé les Assomptionistes des moines ligueurs et, comme tels, ils ont eu l’honneur d’être condamnés avant les autres au temps de la dictature anticléricale.
Moine, le P. d’Alzon, fondateur de l’Assomption, tenait à l’être, pour rompre plus nettement avec le monde, pour donner aux siens l’armature de la vie commune et pour leur inspirer le goût des grandes liturgies, si anémiées de son temps. Mais ces moines modernisés ne sont point voués à la stabilité, et s’ils tiennent à rester ancrés aux grandes institutions du passé, ils prétendent user librement pour le règne de Jésus-Christ, des moyens techniques de notre monde mécanisé. Ce pauvre monde, hélas ! se trouve désaffecté du sens divin et il ne pourra retrouver une âme qu’en se soumettant sans réserve à l’empire de Dieu.
Ce beau rêve d’impérialisme sacré, qui fait battre tous les cœurs d’apôtres, représente la seule ambition des prétendus ligueurs et il forme la devise de l’Assomptioniste : Adveniat regnum tuum. Au début, il faisait pour lui l’objet d’un vœu spécial : ‘Notre raison d’être comme Augustins de l’Assomption, disait le fondateur, se trouve dans cette devise’, et il ajoutait : ‘Nous sommes tout simplement catholiques’ (Chap. gén. de 1868)… ».
Extrait du livret du P. Gervais Quenard, Qu’est-ce qu’un Assmptioniste, Paris, L’Arc, 1941, pages 3-4.