Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
59. Le P. d’Alzon, L’âme d’un grand apôtre par le P. Pépin (1950)
Le P. Adrien Pépin (1894-1980) entendit marquer la célébration du premier centenaire de la Congrégation, honorée en 1950, par une nouvelle biographie du P. d’Alzon, après celle, monumentale, du P. Vailhé et après celle, plus modeste, du P. Polyeucte Guissard. Il le fit plus d’une manière hagiographique qu’historique, ce qui peut expliquer d’une part une certaine faiblesse de son essai et d’autre part son caractère caduque, l’ouvrage n’ayant guère été retenu par la postérité.
« Notre Vie du P. d’Alzon veut aussi montrer une âme de vrai saint, c’est-à-dire une âme s’exerçant continûment à la pratique héroïque des vertus. Chaque saint, a-t-on dit, transmet un message. Le message du P. d’Alzon fut celui d’une rénovation apostolique. Mais il ne s’en acquitta que par la solidité de ses vertus.
A ses dons naturels, qui étaient éminents, il superposa, avec une énergie tenace, des richesses d’ascétisme et de spiritualité analogues à celles des saints.
Profondeur de vie intérieure, soumission totale à la volonté de Dieu, charité brûlante envers les âmes, détachement et austérité à un degré rare, limpidité et pureté sans faille, droiture et vaillance extrêmes, vœu de perfection, intuitions et expériences mystiques : tout cela resplendit chez le P. d’Alzon.
Depuis son Séminaire jusqu’à sa mort, il fut chargé de croix, harcelé d’épreuves. Comme les saints, il les aima et en bénit Dieu.
Les confidences de ses lettres, en dépit de son humilité profonde, et nombre de faits fidèlement transmis appuient sa réputation de sainteté.
On reprochera peut-être à notre biographie de suivre un plan trop chronologique.
Un tel plan a des avantages et des inconvénients. Nous l’avons estimé bon pour nos points de vue.
Bon pour attirer moins l’attention sur le relief des œuvres du P. d’Alzon que sur le comportement de son âme, aux prises avec la multiplicité de préoccupations et d’entreprises qui l’enveloppaient simultanément à chaque étape de sa vie.
Bon pour lier ses projets et ses activités avec les événements qu’il ne cessait d’observer et dont l’ensemble conditionnait l’évolution de son apostolat et de sa vie spirituelle.
Bon pour marquer les stades progressifs de son ascension vers la sainteté ».
Extrait de la Préface du livre du P. Pépin sur le P. d’Alzon, Paris, Bonne Presse, 1950, pages 9-10.